Hommage au Pr Dominique CHOPIN - Mise au point de la thérapie cellulaire de l'insuffisance sphinctérienne urétrale

14 juillet 2006

Mots clés : incontinence urinaire, Thérapie cellulaire
Auteurs : René Yiou
Référence : Prog Urol, 2005, 15, 6, 1293, suppl. 1

L'incontinence urinaire est un problème de santé publique qui peut être lié à une baisse du tonus urétral basal exercé par le sphincter strié urétral. Cette affection est caractérisée par une perte de fibres musculaires sphinctériennes et une dénervation chronique. Un programme de recherche, développé à l'hôpital Henri Mondor depuis 1998 sous la direction du Professeur Dominique Chopin, a eu pour objectif de mettre au point les bases anatomiques et biologiques du traitement de l'insuffisance sphinctérienne par greffe de cellules souches musculaires.

Nous avons mis au point chez le rat un modèle de lésion sphinctérienne par électrocoagulation qui reproduit une lésion accidentelle pouvant survenir lors d'une prostatectomie radicale pour cancer. Nous avons ensuite montré que la greffe de cellules souches prélevées dans la patte de l'animal aboutit à la formation de nouvelles fibres musculaires sphinctériennes innervées et se contractant avec stimulation électrique (Thèse d'Université, Dr. R. Yiou, 2004). Ces résultats ont mis en évidence l'action trophique que ces cellules pouvaient avoir sur le système nerveux urétral.

Avant d'envisager les premières greffes chez l'homme, nous avons cherché à établir un modèle animal plus proche d'une situation clinique. Nous avons montré que le sphincter urétral du cochon présente des caractéristiques anatomiques et histologiques extrêmement proches du sphincter de l'homme telles qu'une forte proportion en fibres musculaires à activité tonique de type I (DEA du Dr. L. Zini, 2002-2003). Cette activité tonique est quantifiable par un examen urodynamique (mesure de la pression de clôture urétrale). Nous évaluons actuellement les effets d'une greffe de cellules souches chez le cochon (DEA et Thèse d'Université du Dr. C. Lecoeur, 2003-présent). Avant d'être injectées dans le sphincter lésé, les cellules sont marquées par des nanoparticules ferriques qui permettent de suivre leur évolution par IRM, sans sacrifier l'animal. Les résultats préliminaires montrent qu'il est possible de créer par ce traitement une sorte de néo-sphincter dans la paroi même de l'urètre.

Figure 1 : Détection par IRM des cellules souches injectées dans le col de la vessie à distance du sphincter lésé (spu) chez la truie.
Figure 2 : Formation de fibres musculaires au site d'injection résultant de l'injection de cellules souches.