Hommage au Pr Dominique CHOPIN - Découverte de la protocadhérine-PC et de son implication dans la progression du cancer de la prostate

14 juillet 2006

Mots clés : Marqueur, cancer de prostate
Auteurs : Francis Vacherot, Stéphane Terry, Hugo Faucon, Luis Queires, Min-Wei Chen, Xuezhen Yang, Sixtina Gil-Diez de Medina, Anne Verdier, Sandy Azoulay, Yves Allory, Claude C Abbou, Ralph Buttyan, Alexandre de la Taille
Référence : Prog Urol, 2005, 15, 6, 1294-1302, suppl. 1

Introduction

Le cancer de la prostate (CaP) représente le premier cancer chez l'homme avec une incidence de 40 000 cas par an en France et la seconde cause de mortalité par cancer avec 12 000 décès par an. Même si le dépistage permet un diagnostic du cancer à un stade plus précoce, il persiste un problème thérapeutique pour les formes localement avancées et métastatiques pour lesquelles le traitement hormonal et plus récemment la chimiothérapie à base de taxane ne permettent qu'une approche palliative. La capacité des cellules tumorales prostatiques à résister au traitement hormonal représente donc un échec thérapeutique et la compréhension de ce phénomène devrait permettre de découvrir de nouvelles cibles thérapeutiques. Le concept actuel pour comprendre les mécanismes impliqués dans la progression vers l'hormonorésistance met en jeu plusieurs voies métaboliques. L'identification de ces différents mécanismes est probablement nécessaire pour définir une stratégie thérapeutique efficace. Le challenge est d'identifier des cibles thérapeutiques pouvant être plurielles et différentes pour chaque patient. Les mécanismes actuellement reconnus comme les plus important impliquent notamment à l'activation du récepteur des androgènes due à des mutations le rendant activable de façon non spécifique [1, 2], l'activation de la voie Wnt/b-caténine aussi nommée voie canonique de Wnt [3, 4], la transdifférenciation des cellules tumorales en cellules de type neuroendocrine [5]. Les autres mécanismes impliquent également la surexpression des gènes de résistance à l'apoptose tels que bcl-2 [6, 7], la clustérine [8-11] et l'inactivation des gènes suppresseurs de tumeurs par mutation ou par délétion tels que p53 (12), CD44 (13), KAI-1 (14), PTEN (15); (16), p27 (17), Nkx3.1 (18) et ANX7 (19). Ces différentes voies illustrent la complexité des mécanismes moléculaires mis en jeu pour permettre aux cellules tumorales d'échapper aux traitements médicaux et de progresser vers le stade de l'échappement hormonal.

Notre équipe a récemment identifié une nouvelle voie de signalisation impliquée dans l'acquisition de la résistance des cellules tumorales prostatiques au traitement hormonal par la découverte et la caractérisation d'une nouvelle protocadhérine, la protocadhérine-PC (PCDH-PC) [20].

1. Découverte d'une nouvelle protéine fortement exprimée dans les cellules tumorales prostatiques résistantes à l'apoptose, la protocadhérine-PC.

Dans le but d'étudier les gènes impliqués dans la résistance aux traitements nous avons développé deux nouvelles lignées de cancer de la prostate résistantes aux stimuli apoptotiques que sont l'ester de phorbol[TPA] (LNCaP-TR) et la culture en l'absence de sérum de veau foetal (LNCaP-SSR) à partir de la lignée hormonosensible du cancer de la prostate LNCaP ( Figure 1).

Figure 1: Schéma de sélection des variants de LNCaP résistants à l'apoptose.

Grâce à ce modèle cellulaire, le produit d'un nouveau gène fortement exprimé dans les lignées TR et SSR a été identifié par la technique d'hybridation différentielle [20]. Ce gène code pour un nouveau membre de la famille des protocadhérines, la protocadhérine-PC. Il est localisé sur le chromosome Yp11.2. Le transcrit de ce gène contient 2 sites initiateurs origines de 2 isoformes : une forme membranaire contenant un peptide signal (1037 acides aminés) et une forme cytoplasmique de 965 acides aminés avec un poids moléculaire apparent de 110 kDa. L'analyse de la séquence kozak suggère que la forme cytoplasmique est la forme majoritaire. Par des études d'immunoblot réalisées sur les fractionnements cellulaires des cellules résistantes à l'apoptose (LNCaP-SSR et -TR), cette hypothèse a pu être confirmée. En effet, la protéine n'est détectée que dans la fraction cytoplasmique et elle est absente dans les fractions membranaire et nucléaire. La protocadhérine-PC est composée de deux domaines, un domaine N-terminal contenant 7 domaines de fixation au calcium et un domaine C-terminal possédant un site de fixation à la b-caténine et un site de nucléarisation (NLS) (Figure 2).

Figure 2: Schéma représentatif de la protocadhérine-PC

Il a été récemment identifié une nouvelle protocadhérine, la protocadhérine­X, localisé sur le chromosome Xq21.3 [21]. Cette protéine présente une forte homologie de séquence avec la protocadherine- PC (98%). Par RT-PCR nous avons amplifié des séquences permettant d'identifier séparément les ARNm de ces 2 protéines. L'analyse des résultats montre que les transcrits correspondants à ces deux molécules coexistent dans la lignée parentale LNCaP. Cependant c'est la protocadherine- PC qui est préférentiellement exprimée dans les lignées résistantes à l'apoptose LNCaP-TR et SSR [20].

2. L'expression de la PCDH-PC est induite par la suppression des androgènes

Nous avons observé que lorsque les cellules LNCaP sont cultivées dans un milieu appauvri en androgène (milieu contenant du sérum strippé) elles expriment fortement la PCDH-PC comparée aux cellules cultivées dans un milieu complet. Cette observation suggère que l'expression de la PCDH-PC serait induite par la suppression des androgènes. Pour confirmer cette hypothèse, les cellules LNCaP parentales sont implantées en sous cutanée dans les souris nude mâles. Dans les semaines qui suivent l'inoculation, ces cellules forment des tumeurs palpables. La suppression des androgènes par castration de ces souris entraîne une régression temporaire de la masse tumorale. Cependant une reprise de la croissance de celle-ci est observée dans les 3 semaines qui suivent. Par des techniques d'hybridation en phase liquide et in situ, il a pu être démontré que les cellules tumorales issues des animaux castrés, c'est à dire celles résistantes à la privation en androgènes, sur expriment la PCDH-PC alors qu'un très faible niveau d'expression de celle-ci est détecté au niveau des cellules cancéreuses issues des souris non castrées (Figure 3).

Figure 3: Détection des ARNm de la PCDH-PC dans les tumeurs induites par les cellules LNCaP dans la souris nude . L'hybridation in situ est réalisée sur coupes de tumeur avant (A) et après castration (B). Le contrôle de l'expérience est effectué avec la sonde sens (D). Le cliché C correspond à l'histologie de la tumeur (coloration hémalun & éosine). Magnitude : x 200 pour les clichés A à D.

Des observations similaires ont également été obtenues chez l'homme ; un faible niveau d'expression en ARNm de la molécule est notamment détecté dans la prostate normale et adénomateuse ainsi que dans les tissus obtenus à partir des patients porteurs d'un cancer prostatique mais n'ayant pas reçu de traitement hormonal. En revanche au stade de l'échappement hormonal, les cellules tumorales expriment un niveau élevé de protocadhérine-PC .

3. La surexpression de la protocadhérine-PC permet aux cellules tumorales de résister aux stimuli apoptotiques

Afin d'étudier les fonctions de la protocadhérine-PC, l'ADNc codant pour cette protéine a été inséré dans un vecteur d'expression eucaryote. Les cellules LNCaP ont été ensuite transfectées par ce vecteur. Après sélection à la généticine, des clones ont été isolés et caractérisés. L'étude du niveau d'expression de la protocadhérine-PC dans ces cellules a été réalisée par RT-PCR et comparé à celui de la TATA binding protein (TBP). Trois clones exprimant des niveaux variables de la protocadhérine-PC ont été sélectionnés par le test à l'apoptose induite par le phorbol ester (TPA). Après 24h de culture en présence de TPA, les cellules survivantes ont été détectées avec le colorant MTT. Les résultats sur les clones montrent que la survie des cellules au traitement de TPA est associée au niveau d'expression de la protocadhérine-PC (Figure 4).

Figure 4: A, Le niveau d 'expression de la Pcdh-PC est comparé par RT- PCR à celui de la TBP sur 3 clones sélectionnés : le clone T6-5 n 'exprime pas; le clone T6-4 exprime moyennement et le clone T6-2 exprime fortement la Pcdh-PC. B, Test de résistance à l'apoptose induite par le phorbol ester. Pour chaque lignée, la valeur présentée correspond à la moyenne des expériences réalisées en sextuplets. Le % de cellules survivantes est obtenu en effectuant le rapport de la moyenne de la densité optique des puits cultivés avec 10 nM de TPA par la moyenne de la densité optique des puits références cultivés sans TPA. La lignées résistantes à l'apoptose LNCaP ­TR sert de contrôle positif. Les résultats sur les clones montrent que la survie des cellules au traitement de TPA est associée au niveau d 'expression de la la Pcdh-PC.

Il est intéressant de souligner que seules les cellules LNCaP exprimant de façon stable la PCDH-PC sont capables de proliférer et de former des colonies en agar mou dans un milieu appauvri en hormone. Ces données confirment d'une part le rôle anti-apoptotique de la PCDH-PC et d'autre part impliquent cette protéine dans la transition de l'hormonosensibité des cellules LNCaP vers le stade de l'hormono-résistance.

4. La voie Wnt/b-caténine et le cancer de la prostate

La b-caténine est une protéine de 92 kDa initialement décrite comme faisant partie intégrante du système d'adhésion intercellulaire par son association avec l'E-cadhérine (via son domaine intra-cytoplasmique) et l'a-caténine (via sa partie amino-terminale) capable de lier le cytosquelette d'actine. Au niveau membranaire, elle est capable en outre d'établir des interactions avec des mucines membranaires et certains récepteurs de la famille erbB [22, 23].

La ß-caténine est également considérée comme une oncoprotéine susceptible, après une accumulation dans le cytoplasme puis transit intranucléaire, d'activer la prolifération et inhiber l'apoptose. Ce phénomène serait lié en outre à son intervention dans la voie de Wnt (24) qui est activée de façon aberrante dans plusieurs types de cancers [25, 26] notamment le cancer du colon, le mélanome ou encore le cancer du foie. L'implication de la b-caténine dans le cancer de la prostate n'a pas encore été clairement démontrée. Par des expériences d'immunohistochimie réalisées sur des coupes de cancer de la prostate, nous avons récemment montré une augmentation de la distribution anormale de la b-caténine au niveau cytoplasmique et nucléaire des cancers au stade de l'échappement hormonal (Figure 5).

Figure 5: Localisation de la b-caténine dans les tissus prostatiques: (1) localisation membranaire de la b-caténine dans l'épithélium de la prostate normale, (2,3) la b-caténine est localisée au niveau cytoplasmique et nucléaire dans le cancer en échappement hormonal.

Nous avons également pu démontrer pour la première fois que la délocalisation de la b-caténine était corrélée au score de Gleason. L'ensemble de ces résultats suggère un rôle de la voie Wnt/b-caténine dans l'hormonorésistance du cancer de la prostate. Ces données ont pu être renforcées récemment par une autre étude avec un nombre plus restreint de patients [27]. Les auteurs montrent en outre que l'expression de la b-caténine et d'un ligand de la voie Wnt, en l'occurrence Wnt-1 augmentent avec le phénotype invasif des tumeurs. D'autres auteurs associeraient plutôt la délocalisation de la b-caténine à des pathologies prostatiques bénignes ou cancers de bon pronostic. Ainsi Horvath et al [28] associent les altérations de la b-caténine à l'HBP ou à des cancers de score de Gleason faible. Ces travaux n'ont cependant pas été confirmés.

Pour évaluer si la localisation anormale est ou non liée à une mutation de la b-caténine, l'exon 3 de cette molécule a été amplifié par RT-PCR à partir des extraits tissulaires des cancers de prostate des patients au stade de l'échappement hormonal [3]. Le produit amplifié a été ensuite séquencé. Aucune mutation n'est détectée parmi les échantillons analysés. Ces résultats sont en accord avec ceux de la littérature [29, 30]: la distribution anormale de la b-caténine n'est pas la conséquence de la mutation de son gène dans le cancer de la prostate. De manière intéressante, dans le cancer de la prostate, à ce jour, aucune mutation n'a jamais été détectée dans le gène APC pourtant muté dans près 80% des cancers du colon. Il est donc fort probable que les délocalisations de la b-caténine observées dans le cancer de la prostate fassent appel à d'autres mutations et/ou co-régulateurs.

5. La protocadhérine-PC modifie l'expression intracellulaire de la b-caténine et active la voie Wnt.

Une distribution anormale de la b-caténine au niveau cytoplasmique et nucléaire des cellules surexprimant la protocadhérine-PC (LNCaP-TR et ­SSR) a également été observée. Nous avons récemment démontré que la protocadhérine-PC possède un site de liaison à la b-caténine et que ces deux protéines sont capables d'interagir. En effet des expériences de co-précipitation suivies d'immunoblot réalisés sur des cellules résistantes à l'apoptose (LNCaP-TR et -SSR) ont montré que la b-caténine se lie à la protocadhérine-PC. Pour démontrer que la protocadhérine-PC est directement impliquée dans la modification de la distribution intra cellulaire de la b-caténine, nous avons transfecté dans les cellules LNCaP un vecteur d'expression contenant l'ADNc de la PCDH-PC. En comparant avec les cellules témoins (transfectées avec seulement le vecteur vide) nous avons observé une délocalisation de la b-caténine au niveau nucléaire des cellules transfectées avec le plasmide contenant la protocadherine-PC (Figure 6).

Figure 6: Localisation nucléaire de la b-catenine induite par la protocadhérine-PC

L'accumulation de la ß-caténine dans le cytoplasme favorise sa translocation dans le noyau et sa liaison avec les facteurs de transcription de la famille du Tcf/Lef. Ces complexes sont capables de réguler la prolifération cellulaire des cellules tumorales et l'inhibition de l'apoptose en activant l'expression des gènes codant pour des protéines comme c-Myc et de la Cycline D1 [31, 32]. Nous avons également démontré que la délocalisation de la b-caténine par la PCDH-PC va favoriser l'activité transcriptionnelle du facteur de transcription Tcf/Lef au niveau des cellules tumorales prostatiques (Figure 7) [33].

Figure 7: Augmentation de l'activité transcriptionnelle de Lef-1/TCF dans les cellules tumorales exprimant la protocadherine PC (lignées LNCaP-SSR, LNCaP-TR et LNCaP-Pcdh-PC-2) par rapport à la lignée parentale LNCaP.

Il est important de noter que l'activation de Lef/TCF par la PCDH-PC n'est pas limitée aux cellules prostatiques ; des constatations similaires sont faites dans d'autres lignées cellulaires. L' utilisation d'une puce d'ADNc dédiée à la voie Wnt, a permis de montrer que la PCDH-PC active cette voie en induisant certains de ses membres comme WNT3, 7B, 10A, 11 ainsi que certains de ses récepteurs comme FZD2, 4 et 10. L'ensemble des résultats indique donc que la PCDH-PC est impliquée dans l'activation de la voie de Wnt régulée par la b-caténine.

6. La protocadhérine-PC induit la neurotransdifférentiation des cellules tumorales prostatiques

Les cellules neuroendocrines (cellules NE) sont présentes dans la prostate normale. Elles sont disséminées en petit nombre parmi les cellules sécrétoires exocrines et les cellules basales au niveau des acini. Ces cellules n'expriment pas le récepteur des androgènes (RA) [34] et secrètent un grand nombre de neuropeptides tels que la bombésine, neurotensine, sérotonine, calcitonine, PTHrP (parathyroid hormone related peptide) et l'adrenomédulline qui participent, selon une boucle paracrine, à la prolifération et à la survie des cellules avoisinantes [35, 36]. Dans le cancer de la prostate peu avancé le nombre de cellules NE présentes est faible. Seul un faible pourcentage des cas présente d'emblée une forte population de cellules NE. Il s'agit d'une forme rare de cancers prostatiques (prévalence non supérieure à 1%, estimée à 60 nouveaux cas par an aux USA).

Les pronostics pour ces patients sont péjoratifs puisque la tumeur est extrêmement métastatique et répond peu au traitement hormonal. Au cours de ces dernières années un nombre grandissant d'études suggère un rôle important du contingent neuroendocrine dans la progression du cancer de la prostate vers le stade de l'échappement hormonal.

En effet, il a été suggéré que l'augmentation du nombre de cellules NE et des marqueurs tissulaires et sériques est associée au traitement hormonal [37, 38] et l'acquisition de ce phénotype cellulaire a été considérée comme un marqueur précoce du développement d'une hormono-indépendance [39]. Notons également que ces cellules sont résistantes à l'apoptose [40]. Par ailleurs, différents modèles de souris transgéniques ou de xénogreffes chez des souris immunodéficientes témoignent de l'implication potentielle de ces cellules dans la progression tumorale du cancer de la prostate [41-43].

In vitro, les cellules tumorales prostatiques comme les cellules LNCaP ont la capacité de se différencier en cellules NE et d'acquérir un phénotype Neuroendocrine-like (NE-like). L'inactivation du récepteur des androgènes serait une des conséquences de cette transdifférenciation [44]. L'analyse morphologique de cellules LNCaP exprimant de façon stable la protocadhérine-PC montre que ces cellules présentent une morphologie proche des cellules NE avec une augmentation du nombre et de la longueur des prolongements de type «pseudo-synaptiques» (Figure 8).

Figure 8: Morphologie des lignées LNCaP (A) et LNCaP-Pcdh-PC (B) (x 200)

De plus, par transfection transitoire dans les celllules tumorales prostatiques LNCaP et PC-3, nous avons observé que la PCDH-PC est directement impliquée dans la neuro-transdifférentiation [33]. Cette transdifférentiation induite par la PCDH-PC est abolie lorsque les cellules avec traitées avec des siRNA anti b-caténine ou transfectées avec un vecteur dominant négatif de TCF [33] démontrant ainsi que ce processus de transdifférentioation est associé à l'activation de la voie Wnt.

Conclusion

Le cancer de la prostate représente le premier cancer chez l'homme. Cependant pour les formes avancées de la maladie, il n'y a pas de possibilité thérapeutique curative. L'identification des mécanismes moléculaires impliqués dans la progression tumorale est donc primordiale pour le développement de nouvelles thérapies. La découverte d'une nouvelle voie de signalisation par la caractérisation d'une nouvelle protéine, la protocadhérine-PC (PCDH-PC) permettant aux cellules tumorales de résister au traitement hormonal, est le fruit d'une étroite collaboration entre l'équipe dirigée par le professeur Dominique Chopin et celle de Ralph Buttyan (NYC). La PCDH-PC fait partie de la famille des protocadhérines. Son expression est induite lors de la suppression androgénique et permet aux cellules tumorales prostatiques d'une part de résister à l'apoptose et d'autre part de survivre et de proliférer en l'absence d'androgènes. L'expression de la PCDH-PC serait donc associée à la résistance des cellules tumorales prostatiques au traitement hormonal. Son mécanisme d'action passe par l'activation du facteur de transcription TCF via la délocalisation de la b-caténine. Ceci a pour conséquence l'activation de la voie de Wnt et la différenciation des cellules tumorales prostatiques en cellules de phénotype neuroendocrine. La protocadhérine-PC représente donc une nouvelle cible thérapeutique pour le traitement du cancer de la prostate au stade avancé.

Le professeur Dominique Chopin est l'initiateur du projet portant sur "l'identification des paramètres moléculaires impliqués dans le cancer de la prostate au stade de l'échappement hormonal". La réalisation de ce projet a permis la découverte de la protocadhérine-PC et la démonstration de son implication dans le cancer de la prostate hormonorésistant. Cette découverte a valu au professeur Dominique Chopin le grand prix pan-européen de l'innovation décerné en décembre 2002 à Monaco.

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