Hématomes spontanés de la loge rénale : stratégie diagnostique et thérapeutique.

16 juillet 2001

Mots clés : Rein, hématome périrénal, Tumeur
Auteurs : Mantel A, Sibert L, Thoumas D, Pfister C, Guerin JG, Grise P
Référence : Prog Urol, 1996, 6, 409-414
BUT : Les hématomes spontanés de la loge rénale sont rares. Les auteurs rapportent 6 cas de survenue récente et tentent de proposer une stratégie diagnostique et thérapeutique en fonction de l'étiologie.
MATERIEL ET METHODES : De janvier 1993 à mai 1995, 6 patients de 36 à 61 ans ont été hospitalisés pour hématome spontané de la loge rénale révélé par une douleur lombaire aiguë associée, dans la moitié des cas, à un tableau d'hémorragie interne.
RESULTATS : L'examen tomodensitométrique a permis à chaque fois un bilan lésionnel précis de l'hématome mais l'étiologie n'a été retrouvée en préopératoire que chez 3 patients sur 6. Il s'agissait à chaque fois de lésions tumorales (1 corticosurrénalome, 1 adénocarcinome, 1 angiomyolipome). Tous les patients ont été opérés (3 néphrectomies élargies, 2 néphrectomies d'hémostase, 1 drainage d'hématome avec biopsies). Dans 2 cas, aucune cause n'a été retrouvée.
CONCLUSION : Les hématomes spontanés de la loge rénale posent essentiellement le problème de leur diagnostic étiologique dominé par les causes tumorales. Le scanner est le meilleur examen pour affirmer le diagnostic mais peut parfois être pris en défaut. L'artériographie est utile lorsque le scanner est négatif ou en cas de pathologie vasculaire. L'attitude thérapeutique, néphrectomie ou traitement conservateur, reste controversée mais la fréquence des lésions tumorales rénales fait conseiller aux auteurs la néphrectomie au moindre doute. Lorsqu'aucune cause n'est retrouvée, le bilan doit être complété après l'intervention par une surveillance étroite et prolongée, dans la crainte d'une lésion tumorale passée inaperçue.