Fracture des corps caverneux : présentations cliniques, apports radiologiques et résultats postopératoire sur 10 ans d’activité

25 novembre 2015

Auteurs : N. Kara, J. Terrier, A. Ruffion, N. Morel-journel
Référence : Prog Urol, 2015, 13, 25, 772
Objectifs

La fracture des corps caverneux est une pathologie rare survenant par courbure forcéelors d’un coït le plus souvent. Dans cette étude rétrospective sur 10ans, nous nous intéressons aux éléments cliniques, à l’apport des examens d’imagerie ainsi qu’aux complications postopératoires de la fracture des corps caverneux.

Méthodes

Il s’agissait d’une étude rétrospective monocentrique de 2005 à 2015. Les patients inclus présentaient une fracture des corps caverneux confirmée lors de l’exploration chirurgicale. Une imagerie par échographie ou IRM étaient réalisé en cas de doute diagnostique en fonction de la disponibilité. Un traitement chirurgical par incision coronale associé à un dégantage, recherche de lésions urétrale et suture du trait de fracture était réalisé. Les patients présentant une fracture de la veine dorsale ou un hématome sans fracture des corps caverneux étaient exclus.

Résultats

Vingt-cinq patients consécutifs étaient inclus. En moyenne, l’âge était de 41,1ans (22–69), la durée d’hospitalisation de 2,4jours (1–4) et le délai de prise en charge de 1,8jours (3 h–7jours). Un craquement était audible chez 69 % des patients, 60 % décrivaient une détumescence immédiate et 12,5 % une urétroragie. Une échographie était réalisée chez 37,5 % des patients permettant la localisation de la fracture dans 33 %, un patient a eu une IRM localisant le trait de fracture. Une atteinte bilatérale a été recensée dans 12,5 % et une atteinte urétrale dans 6 %. La plaie du corps caverneux était en moyenne de 1,6cm (0,5–3cm). Une reprise chirurgicale précoce a été nécessaire pour une urétrorragie. Environ 90 % des patients décrivaient des érections permettant des relations sexuelles satisfaisantes et 2 patients ont développé une courbure légère.

Conclusion

La réparation chirurgicale par incision coronale dans les délais les plus brefs permet l’absence de répercussion sur l’activité sexuelle dans la très grande majorité des cas et un résultat esthétique satisfaisant. L’échographie est utile pour repérer le trait de fracture et orienter le diagnostic en cas de doute.




 




Déclaration d'intérêts


Les auteurs n'ont pas transmis de déclaration de conflits d'intérêts.






© 2015 
Publié par Elsevier Masson SAS.