Faut-il préserver la surrénale lors d’une néphro-uréterectomie pour tumeur urothéliale ?

25 novembre 2015

Auteurs : B. Peyronnet, Q. Alimi, L. Freton, L. Tondut, A. Goujon, G. Verhoest, N. Rioux-leclercq, K. Bensalah, A. Manunta
Référence : Prog Urol, 2015, 13, 25, 806-807
Objectifs

Si les indications d’exérèse de la surrénale lors d’une néphrectomie pour cancer rénal sont à présent bien définies, l’impact de l’exérèse surrénalienne lors de la néphro-uréteréctomie pour tumeur urothélial du haut appareil n’a jamais été évalué. L’objectif de ce travail était d’évaluer l’impact de l’exérèse surrénalienne lors d’une néphro-urétérectomie pour tumeur urothéliale.

Méthodes

Les dossiers de tous les patients ayant eu une néphro-uréterectomie pour carcinome urothélial du haut appareil dans un centre entre 1994 et 2014 ont été revus rétrospectivement. Les patients étaient divisés en 2 groupes : exérèse concomittante de la surrénale (ES) et pas d’exérèse concomittante de la surrénale (PES). Les résultats périopératoires (durée opératoire, complications, marges positives…) ont été comparés entre les 2 groupes à l’aide des tests du Chi2 et de Mann-Whitney. L’impact de la surrénalectomie concomittante sur les survies spécifiques et sans récidive a été évalué à l’aide du test de Log-Rank.

Résultats

Cent-quarante-cinq patients ont été inclus dans l’étude. Parmi eux 21 avaient eu une surrénalectomie concomittante mais seule une pièce d’exérèse surrénalienne était histologiquement envahie par la tumeur urothéliale (4,8 %). Cet envahissement avait été diagnostiqué sur l’imagerie préopératoire. La réalisation d’une surrénalectomie concomittante n’avait pas d’impact significatif sur la durée opératoire (265 vs 241min ; p =0,22), le taux de transfusions (20 % vs 18,4 % ; p =0,87), le taux de complications (38,1 % vs 39,8 % ; p =0,89) ou le taux de marges positives (9,6 % vs 13,2 % ; p =0,64). Les survies spécifiques (79,6 % vs 62,8 % ; p =0,18) et sans récidive (70 % vs 56,6 % ; p =0,33) à 5ans étaient comparables entre les groupes ES et PES (Fig. 1, Fig. 2).

Conclusion

Dans cette série monocentrique, l’exérèse surrénalienne lors de la néphro-urétérectomie pour tumeur urothéliale du haut appareil n’augmentait pas la morbidité du geste mais n’apportait pas de bénéfice carcinologique. L’envahissement surrénalien par la tumeur urothélial était rare (4,8 %) et diagnosticable sur l’imagerie préopératoire. Aux vues de ces résultats, l’exérèse surrénalienne systématique lors d’une néphro-uréterectomie n’apparaît pas justifiée.




 




Fig. 1
Fig. 1. 

Survie spécifique.




Fig. 2
Fig. 2. 

Survie sans récidive.





Déclaration d'intérêts


Les auteurs n'ont pas transmis de déclaration de conflits d'intérêts.






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Publié par Elsevier Masson SAS.