Faut-il faire un examen extemporané systématique des recoupes urétrale et urétérales lors d’une cystectomie pour cancer ?

25 novembre 2016

Auteurs : B. Peyronnet, G. Verhoest, Q. Alimi, L. Tondut, R. Mathieu, A. Manunta, A. Manunta, A. Manunta, S. Vincendeau, S. Vincendeau, F. Guille, K. Bensalah, S. Kammerer-Jacquet, N. Rioux-Leclercq
Référence : Prog Urol, 2016, 13, 26, 671-672
Objectifs

La réalisation systématique d’un examen extemporané des recoupes urétrale et urétérales lors de la cystectomie pour cancer n’est pas consensuelle. L’objective de cette étude était d’évaluer la fiabilité de l’examen extemporané des recoupes urétrale et urétérales et son impact sur les résultats oncologiques après cystectomie pour cancer.

Méthodes

Tous les patients traités par cystectomie radicale pour cancer vésical ont été inclus dans une étude rétrospective monocentrique. L’utilisation de l’extemporané des recoupes urétrales ou urétérales variait en fonction des préférences de l’opérateur (systématique pour certains chirurgiens, jamais pour d’autres) mais pas en fonction des données peropératoires. Les patients étaient divisés en 2 groupes selon qu’un examen extemporané des recoupes avait été réalisé ou non. Le taux de marges positives lors de l’examen anatomopathologique final a été comparé entre les 2 groupes. Les facteurs pronostics associés à la survie spécifique et à la survie sans récidive (SSR) ont été recherchés en analyse univariée et multivariée.

Résultats

Parmi les 329 patients inclus dans l’étude, un examen extemporané des recoupes urétérales a été réalisé chez 132 (40 %) et un examen extemporané de la recoupe urétrale chez 183 (56 %) respectivement. Treize recoupes urétrales étaient positives (7,1 %) entraînant 10 urétrectomies complémentaires. Quatorze recoupes urétérales étaient envahies entraînant 8 résections urétérales complémentaires et une néphro-uréterectomie. L’utilisation de l’extemporané urétrale à une diminution du taux de marges positives (6 % vs. 23 % ; p <0,0001). À l’inverse l’utilisation de l’extemporané urétérale n’avait pas d’impact sur le taux de marges positives (12 % vs. 14 % ; p =0,85). L’utilisation de l’extemporané urétérale n’avait pas d’impact sur la survie tandis que l’extemporané urétrale était associé à la SSR en analyse univariée (SSR à 5ans : 51,5 % vs. 32 % ; p <0,0001) et multivariée (HR=1,7 ; p =0,003).(Fig. 1)

Conclusion

Dans cette étude, l’utilisation systématique de l’examen extemporané de la recoupe urétrale diminuait le taux de marges positives et améliorait la survie sans récidive après cystectomie pour cancer. À l’inverse l’examen extemporané systématique des recoupes urétérales n’avait pas d’impact sur les résultats oncologiques.




 




Fig. 1
Fig. 1. 

Survie sans examen extemporané de la recoupe urétrale (bleu) versus pas d'examen extemporané.





Déclaration de liens d'intérêts


Les auteurs n'ont pas précisé leurs éventuels liens d'intérêts.






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Publié par Elsevier Masson SAS.