Facteurs prédictifs d’échec du traitement conservateur du traumatisme rénal grade III–V

25 juillet 2019

Auteurs : A.F. Latabi, K. Aitzirri, S.M. Moudouni, M.A. Lakmichi, Z. Dahami, I. Sarf
Référence : Prog Urol, 2019, 8, 29, 416-422
Introduction et objectifs

l’exploration chirurgicale des lésions rénales secondaires d’un traumatisme majeur aboutit souvent à la néphrectomie. L’objectif de ce travail était d’identifier les facteurs associés à la nécessité d’une intervention chirurgicale chez les patients atteints de traumatisme rénal grade III–V et traités initialement de manière conservatrice.

Matériels et méthodes

Nous avons étudié rétrospectivement les données des patients atteints de traumatisme rénal grade III–V survenus entre juin 2005 au juin 2015. Les caractères démographiques, cliniques et bio-radiologiques à l’admission et au cours du suivi, ainsi que la prise en charge et les complications, ont été enregistrés. Les données des patients, dont le traitement conservateur a été un succès sans recours à la néphrectomie, et celles des patients qui ont eu besoin de chirurgie, ont été analysées.

Résultats

Soixante-treize patients ont été inclus dans cette étude. Le grade III représentait 45 %, le grade IV 49 % et le grade V 5 %. Le taux de réussite du traitement conservateur était de 79 % : 31 cas de grade III (94 %), 26 cas de grade IV (72 %) et aucun patient de grade V. L’hypotension à l’admission (p =0,04), taille de l’hématome supérieure à 3,5 centimètres (p =0,002), le grade V (p =0,003), anémie (p =0,04), la transfusion sanguine (p =0,01) et l’aggravation des lésions au scanner de contrôle (p =0,001), sont les facteurs retenus comme prédictifs d’échec du traitement conservateur.

Conclusion

L’attitude conservatrice est le traitement de choix dans le traumatisme rénal grade III–V, les facteurs pronostiques retrouvés permettent de mieux sélectionner les patients.

Niveau de preuve

4.




 




Introduction


Le traumatisme rénal est le traumatisme urologique le plus fréquent. Il représente environ 10 % de tous les traumatismes abdominaux [1, 2]. L'évolution de la prise en charge du traumatisme grade III-V durant ces dernières années, s'est faite vers une approche de plus en plus conservatrice du fait des progrès des techniques de la radiologie interventionnelle, de l'endo-urologie et des moyens d'accueils aux urgences et de réanimation [3, 4]. L'objectif de ce travail était d'identifier les facteurs prédictifs d'échec du traitement conservateur chez les patients atteints de traumatisme rénal grade III-V, pour permettre de prédire les lésions nécessitant une surveillance accrue ou nécessitant d'emblée une exploration chirurgicale.


Matériels et méthodes


Il s'agit d'une étude rétrospective, descriptive et analytique portant sur une série des patients atteints de traumatisme du rein, pris en charge dans le service d'urologie du centre hospitalier universitaire de Marrakech Mohammed VI entre juin 2005 et juin 2015.


Les patients inclus dans cette étude étaient/ceux atteints de traumatisme grade III, IV et V selon la classification du Comité Américain de Chirurgie Traumatologique (AAST) [5, 6] et traités initialement de façon conservatrice.


Le traitement conservateur a été considéré comme absence de toute intervention chirurgicale à l'admission (néphrorrhaphie, néphrectomie partielle ou totale). La nécessité d'une intervention endo-urologique ou embolisation n'est pas considérée comme échec du traitement conservateur. L'échec de ce traitement a été défini par le besoin d'une intervention chirurgicale ou le décès au cours de la surveillance lié au traumatisme rénal.


Nous avons étudié l'âge, le sexe, le côté lésé, le mécanisme du traumatisme (direct, indirect ou décélération), l'étiologie, la présence de lésions associées (viscérale, orthopédique.), les signes cliniques et biologiques à l'admission (hématurie, tension artérielle, hémoglobinémie, hématocrite et créatininémie), l'uroscanner qui a permis de définir le grade lésionnel, le traitement adopté : chirurgie d'emblée, traitement conservateur, chirurgie différée, la cause de la chirurgie différée, et l'évolution.


Nous avons exclu de l'étude, les patients opérés en urgence à l'admission et ceux dont les dossiers comprennent des données manquantes.


Notre méthode a consisté à classer les patients dès leur admission en stables et instables selon l'état hémodynamique. L'instabilité hémodynamique est définie globalement par une pression systolique inférieure à 90mmHg malgré une réanimation adéquate [5].


À l'unité de soins intensifs du service des urgences, le traumatisé a été mis en condition de réanimation, un bilan biologique avec une radiographie thoracique et une échographie abdominale ont été pratiqués de manière systématique.


Les patients qui sont restés instables hémodynamiquement, après les mesures de réanimations hydro-électrolytiques et éventuellement la transfusion sanguine, ont été directement acheminés au bloc opératoire pour une laparotomie urgente. Les patients stables ou qui ont été stabilisés hémodynamiquement, ont bénéficié d'un complément d'examens biologiques : Numération formule sanguine, urée et créatinémie, bilan d'hémostase et groupage-rhésus et un uroscanner qui a précisé le grade de la lésion rénale et a montré les lésions associées.


Le traitement conservateur a consisté en un repos strict au lit avec la surveillance étroite des constantes vitales, un sondage vésical à 3 voies en dehors des contre-indications en cas d'hématurie, un apport hydrique suffisant, une prescription d'antalgiques et antibiotiques et les bas de contention ainsi que la transfusion sanguine si nécessaire ; pendant l'hospitalisation une surveillance régulière a été assurée : de la douleur, la température, l'état d'hydratation et de la couleur des urines ainsi qu'une surveillance quotidienne d'hémoglobine-hématocrite, avec un scanner de contrôle systématique entre 3 et 7jours de l'admission. La dérivation de la voie urinaire excrétrice supérieure par sonde double J, n'a pas été systématique, excepté dans la situation d'une extravasation urinaire importante et non résolutive [7].


La décision de néphrectomie au cours de la surveillance a été prise chez les patients présentant une instabilité hémodynamique rebelle à la réanimation et/ou une déglobulisation malgré la transfusion sanguine. Nous avons évalué la fonction rénale chez nos patients par dosage de la créatininémie et la scintigraphie au dimercapto-succininate (DMSA) à 6 mois après le traumatisme chez les patients dont le traitement conservateur a réussi [8].


L'analyse statistique des données a été effectuée à l'aide du logiciel SPSS version 19.0. L'analyse descriptive a consisté à calculer des fréquences absolues et relatives pour les variables qualitatives et, les paramètres de positionnement et de dispersion pour les variables quantitatives (moyenne, écart-type). Une analyse univariée par régression logistique a été utilisée pour identifier les facteurs prédictifs d'échec du traitement conservateur du traumatisme majeur du rein. Le seuil de significativité est retenu pour une valeur de p inférieure à 0,05.


Résultats


Durant la période d'étude, 73 cas de traumatisme rénal majeur ont été inclus. 63 hommes (86 %) et 10 femmes (14 %). L'âge moyen des patients était de 29 ans (15-70). Les étiologies étaient dominées par les agressions par arme blanche (33 %) et les accidents sur la voie publique (AVP) (31 %). Soixante-dix patients ont consulté le jour même du traumatisme (Tableau 1). L'état de choc hypovolémique à l'admission a été détecté dans 11 cas (15 %). Le remplissage vasculaire avec la transfusion sanguine a permis de corriger l'hémodynamique chez tous les patients. La symptomatologie clinique était dominée par les lombalgies (93 %) et l'hématurie (75 %).


Trente-trois patients avaient un grade III (45 %), trente-six patients avaient le grade IV (49 %) et quatre grade V (5 %) (Figure 1). Cinq cas d'extravasation urinaire ont été observés dont 3 ont nécessité un drainage de la voie urinaire par sonde double J et 2 avaient une résolution spontanée de l'urinome. Vingt patients (27 %) avaient des lésions viscérales associées.


Figure 1
Figure 1. 

Répartition des patients selon la classification Comité Américain de Chirurgie Traumatologique (AAST).




La transfusion sanguine était nécessaire dans 37 cas (51 %), dont 20 (27 %) réalisées dès l'admission aux urgences pour corriger l'état de choc hémorragique ou une anémie profonde. Tous les patients qui ont présenté une insuffisance rénale fonctionnelle ont bien répondu au remplissage vasculaire. Le scanner de contrôle fait entre J3 et J7 de l'admission avaient montré une amélioration ou une stabilité des lésions initiales dans 78 % et l'aggravation dans 22 % des cas. Dix-huit patients ont présenté une complication à court terme, soit un taux de 24 % : l'hématurie secondaire ou persistante chez six patients (8 %) alors qu'elle a disparu après une moyenne de 4jours chez le reste des malades, la détérioration de l'état hémodynamique pendant la surveillance chez six patients (8 %) et urinome chez cinq patients (7 %). Un patient est décédé, en milieu de réanimation, à J2 du traumatisme rénal isolé et pénétrant grade IV suite à une hémorragie brutale et importante. La scintigraphie rénale au DMSA a objectivé chez deux patients grade IV et V un rein traumatisé n'assurant que moins de 20 % de la fonction.


L'échec du traitement conservateur était observé chez 16 patients (22 %), dont 2 étaient classés grade III (6 %) : ils ont eu un drainage chirurgical d'un gros hématome péri-rénal avec néphrographie. Dix patients avec traumatisme grade IV (27,7 %), et tous les patients grade V (100 %). Le profil des malades dont le traitement conservateur a échoué est détaillé dans le Tableau 2.


L'étude statistique des données recueillies a montré que l'échec du traitement conservateur est corrélé à l'instabilité hémodynamique à l'admission (p =0,04), à la présence de lésion splénique associée (p =0,02), à la taille de l'hématome péri-rénal supérieur ou égale à 3,5cm (p =0,002), le grade V (AAST) (p =0,003), à la présence d'anémie (p =0,04) et au besoin en transfusion (p =0,01) ainsi qu'à l'aggravation des lésions rénales au scanner de contrôle (p =0,001) (séquestre dévitalisé, urinome et extravasation d'urine, rein détruit) (Tableau 3).


Discussion


Les objectifs de la prise en charge du traumatisme rénal sont d'éviter la morbi-mortalité et de préserver la fonction rénale. Il a été considéré par plusieurs études que le traumatisme rénal majeur inclut seulement le garde IV et V, cependant plusieurs d'autres études élargissent cette définition pour inclure le grade III [5, 9, 10]. Dans notre étude, nous avons également fait participer les patients atteints du traumatisme rénal grade III, vu le risque de morbidité et de mortalité que peut présenter ce grade.


Dans la gestion thérapeutique des patients traumatisés rénaux majeurs, la décision initiale de surveiller ou d'explorer chirurgicalement le rein, reste controversée, malgré un nombre important d'études publiées qui soutiennent le traitement conservateur [11]. En effet, De nombreux auteurs appliquent le traitement conservateur dans le traumatisme rénal grade III-V car l'exploration chirurgicale conduit souvent à la néphrectomie [12, 13], aussi le taux de réussite est très élevé de cette attitude et varie entre 80 % et 100 % [14]. Les lésions rénales grades III et IV font l'intérêt du traitement conservateur [15, 16] ; ce dernier peut même être appliqué envers le traumatisme grade V fermé [17], alors que le grade V pénétrant par arme blanche nécessite une exploration chirurgicale [18]. La disponibilité d'un plateau technique d'angio-embolisation et des radiologues interventionnels expérimentés, est un élément important dans l'attitude conservatrice [19] et qui aurait augmenté d'avantage le taux de réussite du traitement conservateur chez nos malades.


Dans notre expérience, la gestion des traumatismes rénaux a été basée sur l'état hémodynamique à l'admission du patient et sa réponse à la réanimation initiale. Tous les patients stables sur le plan hémodynamique ont été initialement traités de façon conservatrice quel que soit le grade du traumatisme.


Plusieurs études ont été menées et plusieurs moyens ont été développés pour prédire la nécessité de l'exploration chirurgicale après un traumatisme du rein grade III-V. En effet, Maarouf et al. [5], dans leur étude, ont étudié les données de 206 patients présentant un traumatisme fermé grave du rein. Les facteurs prédictifs de l'exploration chirurgicale, qu'ils ont trouvé sont : les traumatismes secondaires aux accidents de la voie public (AVP), l'hypotension à l'admission, les lésions associées, le grade V, la présence de lacération médiale, l'hématome>3,5cm, et l'extravasation intravasculaire. Dans une autre étude rétrospective, Yang et al. [20] rapportent qu'un ISS (score de gravité du traumatisme) supérieur ou égal à 12 et un grade AAST supérieur ou égal à IV, sont des facteurs prédictifs. Dans l'étude multivariée de Shariat et al. [21], la chirurgie pour des lésions non urologiques est un facteur prédictif d'attitude chirurgicale. Figler et al. [22] ont montré que la présence de lésion hépatique ou splénique associée, est une importante co-variable dans leur analyse à la recherche de facteurs prédictifs d'intervention urologique pour instabilité hémodynamique dans le grade IV. Récemment, Lanchon et al. [23], dans une analyse prospective d'une série de 151 cas de traumatisme rénal de haut grade, ont identifié deux facteurs indépendants prédictifs de chirurgie qui sont le grade élevé et l'instabilité hémodynamique.


Dans notre série les facteurs prédictifs d'échec du traitement conservateur après étude univariée sont : l'hypotension à l'admission, la taille de l'hématome supérieure à 3,5 centimètres, le traumatisme splénique associé, le grade V, l'anémie, la transfusion sanguine et l'aggravation des lésions au scanner de contrôle. Concernant le fragment dévascularisé, sa présence isolée n'est pas une indication d'exploration chirurgicale. De nombreuses études ont démontré l'augmentation de la morbidité et du taux de néphrectomies secondaires lorsque ces fragments dévascularisés ont été associés à d'autres lésions abdominales ou à un urinome [3, 4]. Dans notre étude, 4 patients parmi 16 dont le traitement conservateur a échoué ont eu un séquestre dévitalisé associé à une extravasation d'urine dans 2 cas et une atteinte splénique dans 3 cas. Les extravasations urinaires isolées sont spontanément résolutives dans la majorité des cas, mais elles peuvent se prolonger ou être trop importante. Cependant, le recours au traitement endoscopique par pose de sonde double J n'est pas systématique [7].


La nature rétrospective de notre étude et le groupe des patients de petite ampleur, dont le traitement conservateur a échoué, représentent des limites de signification de nos résultats. Une autre limite importante est le manque des données de suivi à long terme pour évaluer la fonction rénale des patients traités de manière conservatrice avec succès ainsi que les complications de néphropathie et d'hypertension.


Conclusion


L'attitude conservatrice était la règle dans notre prise en charge du traumatisme rénal grade III-V avec un taux élevé de réussite. Les facteurs pronostiques d'échec du traitement conservateur selon cette étude permettent de prédire la nécessité de la néphrectomie.


Déclaration de liens d'intérêts


Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d'intérêts.




Tableau 1 - Récapitulatif des données des patients.
Paramètres  Échantillon global n =73 
Âge (ans) : moyenne et écart-type   29±13,5 
Sexe    
Homme  63 (86 %) 
Femme  10 (14 %) 
Côté atteint   48 % 
Droit  52 % 
Gauche   
Circonstances du traumatisme    
Accident de la voie publique  23 cas (32 %) 
Agression par arme blanche  24 cas (33 %) 
Chute d'un lieu élevé dans  17 cas (22 %) 
Autres  10 cas (13 %) 
Délai de consultation par rapport au traumatisme    
J0  70 cas 
J1  2 cas 
J3  1 cas 
Uroscanner    
Grade III  33 cas (45 %) 
Grade IV  36 cas (49 %) 
Grade V  4 cas (5 %) 
Signes cliniques    
État de choc  11 cas (15 %) 
Hématurie  55 cas (75 %) 
Douleur lombaire  68 cas (93 %) 
Défense abdominale  41 cas (56 %) 
Lésions viscérales associées    
Splénique  9 cas (12 %) 
Hépatique  4 cas (5 %) 
Pancréatique  1 cas (1 %) 
Autres  6 cas (8 %) 
Hémoglobine<10g/dL  31 cas (42 %) 
Hématocrite<25 %  16 cas 
Insuffisance rénale  6 cas 
Transfusion sanguine   37 cas (51 %) 
Nombre total de cas   
Transfusion à l'admission  20 cas (27 %) 
Complications pendant la surveillance   6 cas (8 %) 
Hémorragie secondaire ou persistante   
Détérioration de l'hémodynamique  6 cas (8 %) 
Urinome  5 cas (7 %) 
Decès  1 cas (1 %) 
Traitement conservateur   58 cas (80 %) 
Réussi   
Echoué  15 cas (20 %) 





Tableau 2 - Récapitulatif des patients atteints du traumatisme rénal dont le traitement conservateur a échoué.
  Âge  Nature  Circonstance  Hémo-dynamique à l'admission  Transfusion  Lésion associée  Taille de l'hématome  Grade  Hématurie persistante  Uroscanner de contrôle 
Cas 1  40  Fermé  AVP  Stable  Fracture splénique  >3,5cm  Non  Rein détruita 
Cas 2  29  Fermé  AVP  Instable  3 CG  Thoracique  >3,5cm  Non  Rein détruita 
Cas 3  30  Fermé  AVP  Instable  5 CG  Bassin  >3,5cm  Oui  Rein détruita 
Cas 4  16  Fermé  Accident de sport  Stable  Hématome splénique  <3,5cm  IV  Non  Séquestre dévitalisé 
Cas 5  19  Fermé  AVP  Instable  2 CG  Fracture splénique  >3,5cm  IV  Oui  Séquestre dévitalisé 
Cas 6  25  Ouvert  Arme blanche  Instable  >3,5cm  III  Oui  Énorme hématome 
Cas 7  27  Ouvert  Arme blanche  Instable  2 CG  >3,5cm  IV  Non  Hématome intraparenchymateux, foyers de contusion et fractures 
Cas 8  26  Ouvert  Arme blanche  Instable  3 CG  >3,5cm  III  Oui  Énorme hématome 
Cas 9  38  Ouvert  Arme blanche  Instable  6 CG  <3,5cm  IV  Oui  Énorme hématome 
Cas 10  22  Fermé  AVP  Instable  3 CG  Thoracique et contusion splénique  >3,5cm  IV  Non  Rein détruita 
Cas 11  30  Fermé  AVP  Stable  Fracture splénique  <3,5cm  IV  Non  Urohématome+séquestre 
Cas 12  40  Fermé  Chute  Stable  <3,5cm  IV  Oui  Urohématome+séquestre 
Cas 13  25  Fermé  Chute  Stable  Splénique  >3,5cm  IV  Non  Augmentation taille de l'hématome 
Cas 14  29  Fermé  AVP  Instable  2 CG  Fracture pancréatique et hépatique  >3,5cm  IV  Non  Éclatement du parenchyme rénalb 
Cas 15  30  Fermé  AVP  Instable  3 CG  >3,5cm  Oui  Rein détruita 



Légende :
CG : Culot Globulaire ; AVP: Accident de la Voie Publique.

[a] 
Multiples fractures rénales avec urohématome.
[b] 
Gros écart interfragmentaire.


Tableau 3 - Analyse univariée des facteurs prédictifs d'échec du traitement conservateur du traumatisme rénal.
Variable  O.R brut  I.C 95 %  Valeur p  
Âge  0,88  0,56-1,38  0,58 
Polytraumatisme  1,20  0,27-5,28  0,81 
Circonstances  1,19  0,85-1,68  0,29 
Nature traumatisme  0,84  0,19-3,62  0,82 
Hypotension à l'admission  3,70  0,95-14,28  0,04 
Présence de lésion associée  0,94  0,21-4,10  0,93 
Lésion splénique  3,40  1,66-6,05  0,02 
Lésion hépatique  4,09  0,23-70,66  0,33 
Lésion thoracique 
Lésion osseuse  0,95  0,09-9,42  0,96 
Lésion cérébrale 
Taille hématome sup ou égale à 3,5cm  11,32  2,34-54,58  0,002 
Grade V (AAST)  10  2,22-50  0,003 
Anémie  3,75  0,97-14,39  0,04 
Transfusion  13,33  3,04-58,30  0,01 
Hématurie persistante 
Fièvre  4,09  0,23-70,66  0,33 
Hypotension durant la surveillance 
Anémie pendant la surveillance 
Évolution au scanner : extravasation  4,10  0,89-18,69  0,068 
Évolution au scanner : séquestre dévitalisé  2,86  0,42-19,49  0,28 
Évolution au scanner : aggravation de l'hématome  142,85  12,65-1000  0,001 



Légende :
AAST : Comité Américain de chirurgie traumatologique ; O.R : odds ratio ; I.C : intervalle de confiance; sup: supérieure. Les gras presents en rouge correspondent à des chiffres significatifs.


Références



Baverstock R., Simons R., McLoughlin M. Severe blunt renal trauma: a 7-year retrospective review from a provincial trauma centre Can J Urol 2001 ;  8 (5) : 1372-1376
Sagalowsky A.I., McConnell J.D., Peters P.C. Renal trauma requiring surgery: an analysis of 185 cases J Trauma 1983 ;  23 (2) : 128-131 [cross-ref]
Henry P.C., Chabannes E., Bernardini S., Wallerand H., Bittard H. Prise en charge actuelle des traumatismes graves du rein P Urol 2002 ;  12 : 579-586
Drissi M., El hams I., Karmouni T., Tazi K., El khader K., Koutani A., et al. Les traumatismes fermés majeurs du rein (à propos de 30 observations) J Maroc Urol 2008 ;  10 : 13-15
Maarouf A.M., Ahmed A.F., Shalabye E., Badranc Y., Salema E., Zaitonh F. Factors predicting the outcome of non-operative management of high-grade blunt renal trauma African J Urol 2015 ;  21 : 44-51 [cross-ref]
Keihani S., Xu Y., Presson A.P., Smith B.P., Reilly P.M., Luo-Owen X., et al. Nephrectomy after high-grade renal trauma: Results from the american association for the surgery of trauma (AAST) genitourinary trauma study J Urol 2017 ; 02.2485.
Long J.A., Fiard G., Descotes J.L., Arnoux V., Arvin-Berod A., Terrier N., et al. High-grade renal injury: non-operative management of urinary extravasation and prediction of long-term outcomes BJU Int 2013 ;  111 : 249-255[4 Pt B].
Fiard G., Rambeaud J.J., Descotes J.L., Boillot B., Terrier N., Thuillier C., et al. Long-term renal function assessment with dimercapto-succinic acid scintigraphy after conservative treatment of major renal trauma J Urol 2012 ;  187 (4) : 1306-1309 [cross-ref]
McGuire J., Bultitude M.F., Davis P., Koukounaras J., Royce P.L., Corcoran N.M. Predictors of outcome for blunt high grade renal injury treated with conservative intent J Urol 2011 ;  185 (1) : 187-191 [cross-ref]
Lin W.C., Lin C.H., Chen J.H., Chen Y.F., Chang C.H., Wu S.C., et al. Computed tomographic imaging in determining the need of embolization for high-grade blunt renal injury J Trauma Acute Care Surg 2013 ;  74 (1) : 230-235 [cross-ref]
Broghammer J.A., Fisher M.B., Santucci R.A. Conservative management of renal trauma: A review Urology 2007 ;  70 (4) : 623-629 [inter-ref]
Santucci R.A., Fisher M.B. The literature increasingly supports expectant (conservative) management of renal trauma-a systematic review J Trauma 2005 ;  59 (2) : 493-503 [cross-ref]
Schmidlin F.R., Rohner S., Hadaya K., Iselin C.E., Vermeulen B., Khan H., et al. The conservative treatment of major kidney injuries Ann Urol (Paris) 1997 ;  31 (5) : 246-252
Saour M., Charbit J., Millet I., Monnin V., Taourel P., Klouche K., et al. Effect of renal angioembolization on post-traumatic acute kidney injury after high-grade renal trauma: A comparative study of 52 consecutive cases Int J Care Inj 2014 ;  45 (5) : 894-901 [cross-ref]
Saidi A., Bocqueraz F., Sengel C., Descotes J.L., Rambeaud J.J. Revascularisation précoce par prothèse endovasculaire dans les traumatismes du pédicule rénal P Urol 2003 ;  13 : 123-127
Alsikafi N.F., Mc Aninch J.W., Elliott S.P., Garcia M. Nonoperative management outcomes of isolated urinary extravasation following renal lacerations due to external trauma J Urol 2006 ;  176 : 2494-2497 [cross-ref]
Labyad A., Elkattani Y., Elssoussi A., Rabii R., Mezian F. Les traumatismes fermés du rein : Notre expérience dans la prise en charge thérapeutique Service d'urologie, CHU Ibn Rochd, Casablanca Maroc Afr J Urol 2013 ;  19 : 211-214 [cross-ref]
Dahami Z., Saghir O., Cherif Idrissi Elganouni N., Dakir M., Moudouni M.S., Sarf I., et al. Plaies rénales par arme blanche : A propos de 20 cas P Urol 2009 ;  19 : 15-20 [cross-ref]
Hotaling J.M., Sorensen M.D., Smith T.G., Rivara F.P., Wessells H., Voelzke B.B. Analysis of diagnostic angiography and angioembolization in the acute management of renal trauma using a national data set J Urol 2011 ;  185 : 1316-1320 [cross-ref]
Yang C.S., Chen I.C., Wang C.Y., Liu C.C., Shih H.C., Huang M.S. Predictive indications of operation and mortality following renal trauma J Chin Med Assoc 2012 ;  75 (1) : 21-24 [cross-ref]
Shariat S.F., Jenkins A., Roehrborn C.G., Karam J.A., Stage K.H., Karakiewicz P.I. Features and outcomes of patients with grade IV renal injury BJU Int 2008 ;  102 (6) : 728-733 [cross-ref]
Figler B.D., Malaeb B.S., Voelzke B., Smith T., Wessells H. External Validation of a Substratification of the American Association for the Surgery of Trauma Renal Injury Scale for Grade 4 Injuries J Am Coll Surg 2013 ;  217 (5) : 924-928 [inter-ref]
Lanchon C., Fiard G., Arnoux V., Descotes J.L., Rambeaud J.J., Terrier N., et al. High grade blunt renal trauma: predictors of surgery and long-term outcomes of conservative management. A prospective single center study J Urol 2016 ;  195 (1) : 106-111 [cross-ref]






© 2019 
Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés.