Facteurs génétiques déterminant les variations anatomiques de la prostate

25 avril 2008

Auteurs : H. Hamadeh, S. Larré, A.-R. Azzouzi, G. Cancel-Tassin, G. Vallancien, B. Cochand-Priollet, O. Cussenot
Référence : Prog Urol, 2008, 4, 18, 214-222




 




Introduction


La prostate est un organe hétérogène qui subit des modifications anatomiques macro- et microscopiques au cours du vieillissement. Ainsi, des variations importantes de la taille de la prostate et du rapport entre les composantes stromales et épithéliales sont observées après l’âge de 40 ans. Grâce aux images échographiques endorectales, Matsumori et al. [18] ont analysé les changements anatomiques macroscopiques de l’architecture de la prostate liés à l’âge. D’après leurs données, trois groupes de rythme de croissance de prostate peuvent être établis en fonction de l’anatomie macroscopique de la zone de transition :

le groupe I où la zone de transition est absente, la prostate est normale et présente une légère diminution de son volume avec l’âge ;
le groupe II où la zone de transition est visible sans limite nette, il existe une hyperplasie diffuse et peu de modifications anatomiques macroscopiques avec l’âge ;
le groupe III où la zone de transition est visible avec une limite anatomique nette, il existe une hyperplasie nodulaire et une augmentation significative du volume de la prostate avec l’âge.

L’hypertrophie bénigne de la prostate (HBP) que l’on retrouve dans les groupes II et III est une affection fréquente de l’homme âgé affectant plus de 50 % des hommes de 60 ans et 90 % de ceux de 85 ans [5, 10]. L’HBP, est caractérisé par une hyperplasie du tissu épithélial ou fibromusculaire. Cette hyperplasie touche généralement la partie fibromusculaire, mais tous les intermédiaires sont possibles et l’atteinte épithéliale peut être prédominante [3].

Ces modifications de la structure ou du volume prostatique relèvent d’un processus multifactoriel pouvant impliquer des facteurs alimentaires, endocriniens ou génétiques.

L’âge et l’imprégnation androgénique sont les deux facteurs qui influencent le plus fortement la croissance prostatique. Toutefois, des facteurs génétiques ou environnementaux pourraient également influencer la croissance prostatique. Les études de jumeaux [19] sont en faveur de l’existence de facteurs génétiques impliqués dans la genèse de l’hypertrophie prostatique avec des taux de concordance entre vrais et faux jumeaux proches de ceux observés pour le cancer de la prostate ou du sein. Roberts et al. [23] ont trouvé que les sujets ayant un parent du premier degré porteur d’une HBP ont un risque 30 % supérieur d’avoir eux aussi une HBP. Ces formes familiales d’HBP sont caractérisées par un volume et une composante fibromusculaire plus élevés que dans les formes sporadiques [11, 25]. Certaines formes familiales d’HBP pourraient résulter de la mutation d’un gène majeur à forte pénétrance, mais la majorité des cas ne peut être expliquée par le défaut d’un seul gène. Un mode d’hérédité polygénique ou multifactoriel semble donc plus probable [16, 21]. Plusieurs études ont identifié des polymorphismes de gènes impliqués dans le métabolisme des stéroïdes comme facteurs de risque pour l’HBP [6, 27] et d’autres polymorphismes pouvant réguler l’activité enzymatique androgénique ou œstrogénique pourraient être impliqués.


Le gène de la 5-alpha réductase de type 2 (SRD5A2 )


Les tissus humains contiennent deux isoformes de l’enzyme 5-alpha réductase qui sont codés par deux gènes distincts sur les chromosomes 5p15 et 2p23 pour les isoformes de type 1 et de type 2, respectivement [30]. La 5-alpha réductase transforme la testostérone en un métabolite mille fois plus actif, la dihydrotestostérone (DHT), qui se fixe sur le récepteur aux androgènes (AR). Dans la prostate, les deux enzymes sont détectées mais le type 2 est prédominant [4].

Des polymorphismes génétiques du gène SRD5A2 seraient associés à différents niveaux d’activité de l’enzyme. Cette modulation de l’activité pourrait être associé à des phénotypes prostatiques différents. Deux polymorphismes pourraient être impliqués. Un premier polymorphisme a été identifié au niveau du dernier exon sous forme de dinucléotides TA répétés : 0, 9 ou 18 fois. Du fait de la localisation du polymorphisme, les variations des répétitions TA pourraient réguler la production de 5-alpha réductase. Le variant (TA)18 est retrouvé quasi exclusivement dans les population noires et correspond au variant le plus actif sur l’activité de l’enzyme [22]. Un second polymorphisme est situé sur le codon 89. Une leucine peut y remplacer une valine (V89L ) et être responsable d’une diminution de l’activité enzymatique [17]. Ce variant est plus fréquent dans les populations asiatiques [24].


Le gène du récepteur aux androgènes


Les androgènes sont responsables de la différenciation, du développement, et du maintien du phénotype masculin. Leurs effets sont exercés par le récepteur aux androgènes qui fait partie de la superfamille des facteurs de transcription nucléaire ligand-dépendants. Ce récepteur est le produit du gène AR localisé sur le bras long du chromosome X en q11-12. L’activité transcriptionnelle du récepteur aux androgènes est déterminée par sa région aminoterminale. Ce domaine transcriptionnel est codé par l’exon 1 contenant des répétitions trinucléotidiques CAG et GGC [28]. Le nombre de répétitions de CAG varie de huit à 35 dans la population normale [12]. Il existe une relation inverse entre le nombre de répétition de CAG et l’activité transcriptionnelle du gène avec une plus forte activité pour les allèles courts [7]. Cela suggère une possible association entre le nombre de répétitions CAG et le développement de l’HBP.


Le gène CYP17


La testostérone est synthétisée à partir du cholestérol grâce à une série de réactions enzymatiques incluant plusieurs cytochromes P450. Le cytochrome P450c17 (17alpha- hydroxylase (CYP17 ) est une enzyme clé dans la biosynthèse des androgènes. Son gène est situé sur le chromosome 10q24-25 et est composé de huit exons. Dans la région promotrice du gène, il existe un polymorphisme lié à une substitution T à C (allèle A2) qui est à l’origine d’une augmentation de l’activité enzymatique de CYP17 et donc de la production de testostérone. Cet allèle A2 a été associé avec un risque plus élevé de cancer ovarien et récemment, de cancer de la prostate [9, 15].


Le gène CYP19


Le gène CYP19 situé sur le chromosome 15q21 code pour l’aromatase qui converti la testostérone en œstrogène. Un polymorphisme tetranucléotidique (répétition TTTA) situé dans l’intron 4 a été décrit et pourrait moduler l’activité de l’aromatase et ainsi jouer un rôle dans le développement de l’HBP.

L’objectif de ce travail était d’évaluer si les polymorphismes de SRD5A2 , AR, CYP17 et CYP19 pouvaient être associés à des modifications anatomiques prostatiques macroscopiques (le poids) ou microscopiques (le rapport stroma/glande).


Matériel et méthodes


Matériels anatomiques


Nous avons réalisé 135 prostatectomies radicales autopsiques sur des cadavres frais, par voie sus-pubienne à l’institut d’anatomie des Saints-Pères (UFR – Paris-V). Les sujets étaient âgés de 48 à 98 ans, d’origine Caucasienne et un consentement avait été obtenu. Les sujets retenus n’avaient pas d’antécédents de traitement de la prostate ni médical ni chirurgical.

Les prostates étaient fixées dans une solution alcool-formaldéhyde-acide acétique après avoir été numérotées et pesées à l’aide d’une balance standard (Teraillon, Paris France).

Chaque prostate était coupée (selon le protocole de Mac Neal) en deux lobes selon un plan antéro-postérieur passant par l’axe de l’urètre, puis en sections de 3 à 5mm d’épaisseur selon un plan perpendiculaire à l’axe de l’urètre. Après avoir été mis en cassettes numérotées, chaque bloc était inclus en paraffine avant d’être coupé au microtome afin de réaliser des coupes de cinqmicrons d’épaisseur. Ces dernières étaient colorées à l’hématoxyline-éosine, et étudiées par un anatomo pathologiste référent en urologie (BCP).

Cinquante prostates (37 %) avaient des lésions d’adénocarcinome et ont été exclues de l’étude. Les autres pièces ont été subdivisées en deux groupes selon le statut histologique de l’HBP :

le groupe HBP- pour les prostates normales ou avec petites lésions hyperplasiques (moins de cinq nodules dans la zone de transition) ;
et le groupe HBP+ pour le groupe avec des lésions hyperplasiques majeures.


Étude histomorphométrique


L’étude histomorphométrique pour chaque prostate était réalisée à l’aide du logiciel d’analyse d’image Histolab (Histolab, Microvision Système, Evry, France). Pour chaque prostate, dix lames situées dans la zone de transition ont été sélectionnées. Cinq champs ont ensuite été évalués au hasard dans chaque lame. Ainsi, au total 50 zones ont été analysées pour chaque prostate.

Les champs analysés ont été digitalisés pour avoir un agrandissement final de 80×en utilisant une caméra vidéo couplée à un microscope optique et un ordinateur. Sur chacun de ces champs, les glandes étaient entourées à l’aide de la souris, le logiciel déterminait ensuite la surface glandulaire totale occupée par champs et cette opération était répétée pour les 50 champs de chaque prostate. La surface stromale était calculée par soustraction de la surface glandulaire à la surface totale de chaque champ. La surface glandulaire incluait la surface de la lumière glandulaire.


Génotypage


Extraction d’ADN constitutionnel


La rate prélevée sur les cadavres frais était immédiatement broyée (hachoir Moulinex), 40ml d’une solution AB×2 de lyse des leucocytes et des hématies étaient ajoutés à 10ml du broyat. Pour chaque rate, nous obtenions trois tubes de 50ml, qui étaient agités afin d’obtenir un mélange homogène. L’ensemble était conservé à 4°C jusqu’à extraction de l’ADN.


Amplification par PCR


Les amorces étaient conçues selon leur position dans la séquence nucléotidique (AR  : GenBank M23263 ; SDR5A2 : GenBank L03843 ; CYP17  : GenBank M31146 ; CYP19  : GenBank M30798) correspondant à la position de la base en 5′ de l’oligonucléotide, suivie par la lettre U pour les amorces sens ou la lettre L pour les amorces anti-sens.

Les amorces ont été choisies à l’aide des programmes Oligo 4.0 S (National Biosciences, Plymouth, MN, États-Unis) et Primer Express (Applied Biosystems, Foster City, CA, États-Unis). Les séquences nucléotidiques des amorces choisies sont présentées dans le Tableau 1.

La PCR était réalisée dans un volume final de 50μl comprenant environ 50ng de chaque échantillon d’ADN, 20pmol de chaque amorce, 100μM de chaque dNTP, 1,5mM MgCl2, 10mM Tris-HCl, pH 8,3, 50mM KCl et une unité de Taq polymérase.

Les échantillons répartis en plaque de 96 puits étaient placés dans un thermocycleur (Peltier Thermal Cycler-200, MJ Research, INC Massachussetts, États-Unis). Ils étaient alors soumis aux cycles de PCR suivants :

une dénaturation initiale à 94°C pendant dixminutes puis 35 cycles comprenant chacun une phase de dénaturation (94°C pendant 40secondes), une phase d’hybridation des amorces pendant 30s, et une phase d’élongation à 72°C pendant 30s, puis ;
une phase d’élongation à 72°C pendant dixminutes. La température d’hybridation était optimisée pour chaque couple d’amorces. Un séquenceur fluorescent ABI 377 (Applied Biosystems, Foster City, CA, États-Unis) a été utilisé pour identifier les répétitions CAG du gène du AR, TA du gène SRD5A2 et TTTA du gène CYP19 . Dans ce but, lors de leur synthèse les amorces 559U du gène AR, 2334U du gène SRD5A2 et 594U du gène CYP19 ont été marquées à la fluorescéine à leur extrémité 5′ (MWG, Courtaboeuf, France). Les dilutions des produits PCR étaient optimisées pour chaque gène cible et 1μl d’échantillon de chaque produit amplifié était ajouté à 3,5μl de formamide contenant 0,5μl de marqueur de taille moléculaire (Genscan 500 ROX, Applied Biosystems, Foster City, CA, États-Unis). L’ensemble était dénaturé à 94°C pendant deuxminutes puis, 1,5μl de chaque échantillon étaient déposé sur un gel de polyacrylamide à 4 % contenant un agent dénaturant (urée 8M). L’électrophorèse était réalisée à 3000V durant troisheures. Les tailles des différents fragments d’amplification étaient déterminées à l’aide du logiciel Gens-can (Applied Biosystems). Les polymorphismes V89L du gène SRD5A2 et T/C du gène CYP17 ont été analysés par PCR – restriction. Le remplacement de G (Val) par C (Leu) au codon 89 du gène SRD5A2 conduisait à la perte d’un site de restriction de l’enzyme Rsa-I. La mutation T (allèle A1) en C (allèle A2) du gène CYP17 crée un site de coupure pour l’enzyme de restriction Msp-A1. Selon le polymorphisme étudié, les produits PCR étaient digérés pendant troisheures à 37°C utilisant l’enzyme Msp-A1 ou Rsa-I (selon le protocole recommandé par le fournisseur), puis séparés par électrophorèse sur gel d’agarose qui était coloré avec du bromure d’éthidium pour identifier les différents allèles.


Analyse statistique


Les variables anatomiques (surface du stroma, surface d’épithélium, rapport S/E et le poids prostatique) ont été comparées entre les différents génotypes. La normalité des variables a été étudiée par le test de Kolmogorov-Smirnov. La régression logistique a été utilisée pour étudier la corrélation avec les variables continues (nombre de répétitions CAG) et l’analyse de covariance (Ancova) a été utilisée pour comparer la moyenne du poids prostatique et de la surface du stroma selon les différents génotypes. Le test non paramétrique de Kruskall-Wallis a été utilisé pour comparer le rapport S/E entre les différents génotypes. Pour comparer des poids prostatique, les résultats ont aussi été ajustés à l’âge du sujet (afin de neutraliser le rôle de l’âge), et pour comparer la surface du stroma ou le rapport S/E, les résultats ont été ajustés au poids de la prostate.

Nous avons reparti les sujets en trois groupes, en fonction du nombre de répétitions CAG : ≤19 (premier quartile) ; 20–23 ; et ≥24 répétitions (dernier quartile). Le nombre de répétitions TA du gène SRD5A2 était divisé en deux groupes (TA 0-0, et TA 0-9+TA 9-9), le génotype V89L en trois groupes (Val/Val, Val/Leu, Leu/Leu), le polymorphisme du gène CYP17 en trois groupes (A1A1, A1A2 et A2A2). Pour le polymorphisme du gène CYP19 , nous avons considéré 13 groupes (nombre de répétitions TTTA) pour les génotypes et huit pour les allèles.

Les analyses statistiques ont été effectuées avec le logiciel StatView pour windows (SAS Institute, Cary, IN, États-Unis).


Résultats


Sur les 85 prostates analysées, 54 % avaient une histologie normale ou de petites lésions hyperplasiques (groupe HBP−) et 46 % avaient une hypertrophie prostatique importante (groupe HBP+). L’âge de décès, le poids de la prostate, la surface du stroma et de l’épithélium, et le rapport stroma/épithélium sont résumés dans le Tableau 2.

Une corrélation positive statistiquement significative a été mise en évidence entre l’âge et le poids de la prostate (r =0,21, p =0,05, Figure 1). Le poids prostatique et la surface du stroma étaient inversement corrélées (r =−0,23, p =0,04, Figure 2). Cette dernière corrélation était plus importante dans le groupe prostates normales ou avec petites lésions hyperplasiques (Figure 3).


Figure 1
Figure 1. 

Corrélation entre le poids de la prostate et l’âge de décès (r =0,21, p =0,05).




Figure 2
Figure 2. 

Corrélation entre le poids prostatique et la surface du stroma (r =−0,23, p =0,04).




Figure 3
Figure 3. 

Corrélation entre le poids prostatique et la surface du stroma selon le statut HBP, en rouge : prostate normale ou avec petites lésions hyperplasiques (r =−0,32, p =0,03), en bleu : prostate avec lésions hyperplasiques importantes (r =0,09, p =0,59).




Gène du récepteur aux androgène


Association entre le nombre de répétitions CAG et les paramètres anatomiques


Les résultats principaux sont détaillés dans le Tableau 3. La moyenne du nombre de répétitions CAG était de 21,9 avec une amplitude de 11 à 34. Nous avons mis en évidence une corrélation inverse statistiquement significative (r =−0,32, p =0,003), entre le poids de la prostate ajusté à l’âge et le nombre de répétitions CAG (Figure 4). Plus la taille des répétitions CAG était courte, plus le poids de la prostate augmentait. Nous avons également observé une différence significative de la distribution des moyennes des poids de la prostate en fonction des trois groupes de répétitions CAG (p =0,04, test du khi-2).


Figure 4
Figure 4. 

Corrélation entre le poids prostatique et le nombre de répétitions CAG (r =−0.32, p =0,003).




Le poids moyen des prostates des sujets du groupe inférieur ou égal à 19 répétitions CAG était supérieur à celui des prostates des sujets du groupe 20–23 (p =0,03) ou du groupe supérieur à 24 (p =0,02) (Figure 5). En utilisant la régression logistique multivariée faisant intervenir l’âge, le risque de présenter une prostate supérieure au quatre-vingt dixième percentile (63g) était de 7,2 [1,6–32,3] (p =0,008) lorsque le nombre de répétition était inférieur ou égal à 19 (premier quartile). En revanche, aucune association linéaire entre les paramètres histologiques et le nombre de répétitions CAG n’a été retrouvée. Néanmoins, une moyenne de surface stromale plus importante était observée dans le groupe 20–23 répétitions comparée aux deux autres groupes réunis (p =0,03), ce qui suggère une tendance à avoir une surface de stroma et un rapport stroma/épithélium plus importants dans la population avec un nombre de répétitions proche de la moyenne [9, 22]. (Figure 6).


Figure 5
Figure 5. 

Poids moyen prostatique dans les différents groupes de nombre de répétitions CAG ([≤19], [20–23], [p =0,03]) ; ([≤19], [≥24], [p =0,02]).




Figure 6
Figure 6. 

Pourcentage moyen du stroma dans le groupe [20–23] et les autres groupes répétitions CAG (p =0,03).




Il n’existait pas de différence significative du nombre moyen de répétitions CAG (p =0,10) entre les groupes HBP− (22,3) et HBP+ (21,3).


Gène SRD5A2


Les résultats détaillés sont présentés dans le Tableau 3.


Association entre le polymorphisme V89L et les paramètres anatomiques


Le poids moyen des prostates du groupe Val/Val était supérieur à celui des groupes Val/Leu et Leu/Leu, sans atteindre de différence statistiquement significative. De même, nous n’avons pas observé de différences pour la surface du stroma ou le rapport stroma/épithélium en fonction des trois génotypes.

Il n’existait pas non plus de différence de répartition des fréquences des variants de V89L (Val/Val, Val/Leu et Leu/Leu) selon les groupes HBP- et HBP+ (p =0,51)


Association entre la répétition TA du SRD5A2 et les paramètres anatomiques


Aucune association n’a été observée entre le nombre de répétitions TA de SRD5A2 et le poids prostatique, la surface du stroma ou le rapport stroma/épithélium. Sur les trois allèles possibles décrits pour ce polymorphisme (TA : 0, 9 ou 18), nous n’avons pas retrouvé l’allèle (TA)18.

Il n’existait pas de différence de répartition des fréquences des variants TA (0-0, 0-9 et 9-9) selon les groupes HBP- et HBP+ (p =0,12)


Gène CYP17


Les résultats sont présentés dans le Tableau 3. Le génotype A2A2 était associé à une surface de stroma plus importante que chacun des deux autres groupes, (A1A2 [p =0,008], A1A1 [p =0,004]) (Figure 7), ou des deux groupes réunis (p =0,004). Nous avons trouvé les mêmes résultats pour le rapport stroma/épithélium. Le rapport S/E du groupe A2A2 était supérieur à celui des autres groupes (p =0,016). Aucune différence statistique n’a été observée pour la moyenne des poids prostatiques entre les différents groupes.


Figure 7
Figure 7. 

Moyenne de la surface du stroma dans les groupes génotypiques du polymorphisme du gène CYP17 (p =0,004).




Il n’existait pas de différence de répartition des fréquences des variants de CYP17 (A1A1, A1A2, A2A2) selon les groupes HBP- et HBP+ (p =0,38)


Gène CYP19


Pour les différents génotypes, la moyenne des poids de la prostate variait de 25 à 75g, la moyenne de la surface de stroma variait de 48 à 82 % et la moyenne de rapport S/E de 0,9 à 4,6.

Concernant les différents allèles, la moyenne de poids de la prostate variait de 28 à 75g, la moyenne de la surface de stroma variait de 50 à 67 % et la moyenne de rapport S/E de 1 à 2,8.

Globalement, aucune association statistique n’a été identifiée entre les différents génotypes ou allèles de ce polymorphisme du gène CYP19 et les paramètres anatomiques. Il n’existait pas de différence de répartition des fréquences des variants de CYP19 selon les groupes HBP- et HBP+ (p =0,26).


Discussion


Dans cette étude, nous avons cherché à identifier des variants génétiques de gènes impliqués dans le métabolisme des androgènes et des œstrogènes associés aux variations anatomiques macro- et microscopiques de la prostate au cours du vieillissement.

Nos observations anatomiques macroscopiques nous ont d’abord permis de mettre en évidence une association positive statistiquement significative entre l’âge et le poids de la prostate. Ces résultats sont en accord avec plusieurs études antérieures [1, 5]. Dans notre étude, le poids de la prostate était plus élevé dans le groupe des individus avec une hypertrophie importante de la prostate comparé à ceux avec pas ou peu de lésions HBP. Cette observation concorde avec l’hétérogénéité d’évolution de la prostate déjà connue : une forte augmentation du poids de prostate pour une partie des individus et une faible augmentation ou une diminution de celui-ci pour le reste de la population [29].

Concernant l’anatomie microscopique, nous avons observé une association inverse statistiquement significative entre le poids prostatique et la surface du stroma (r =−0,32, p =0,03) chez les sujets du groupe HBP. Par contre, cette corrélation n’était pas retrouvée chez les sujets HBP+ et une discrète augmentation de la composante stromale dans ce groupe était même observée. Cette augmentation de la surface stromale associée aux lésions d’HBP avait déjà été rapportée par des études uniquement basées sur des prostates hyperplasiques [1, 3, 8, 11, 26]. Il faut noter toutefois que nous avons procédé à une analyse globale de la surface glandulaire incluant la lumière et qu’en cas de dilatation glandulaire le volume glandulaire épithélial pourrait être surévalué. Toutefois, il n’existait pas de différence significative de la lumière glandulaire (entre 21 et 25 % de la surface étudiée) entre des patients souffrant d’HBP symptomatique ou pas, ni pour des prostates de tailles différentes [26].

En ce qui concerne les associations entre les polymorphismes génétiques et les variations anatomiques, nous n’avons observé aucun impact des polymorphismes du gène SRD5A2 sur l’anatomie macroscopique de la prostate (poids) ou microscopique (rapport S/E). Seule, une tendance à un poids moyen plus important des prostates du groupe génotypique Val/Val a été mise en évidence sans atteindre de différence significative. Ces résultats sont en accord avec l’étude de Yasushi et al. [31], qui n’a pas non plus retrouvé de lien entre les polymorphismes du gène SRD5A2 et les paramètres anatomiques de la prostate. Le nombre de répétition TA n’était pas non plus associé à de quelconques modifications prostatiques. Toutefois, l’absence des variants comprenant 18 répétitions dans notre série comme dans celle de Reicherdt et al. [22] ne permettent pas d’exclure leur rôle dans l’HBP des populations noires en particulier.

Pour l’étude du gène AR, nous avons trouvé une association inversement proportionnelle entre le poids de la prostate et le nombre de répétitions CAG. Ces résultats rejoignent ceux de Mitsumori et al. [20], qui ont trouvé que le poids de l’adénome était inversement corrélé au nombre de répétitions CAG chez des patient ayant subi une adénomectomie pour une HBP.

D‘autres études avaient également montré qu’un nombre faible de répétitions CAG est associé à un risque plus élevé de développer une HBP, de présenter des symptômes urinaires importants, et de recourir un traitement chirurgical de l’HBP [13, 14]. Nos résultats confirment l’influence du nombre de répétitions CAG sur l’augmentation du volume de la prostate au cours du vieillissement non seulement pour les individus présentant une HBP, mais également, pour l’ensemble de la population masculine. La surface du stroma et le rapport S/E étaient plus importants chez les sujets avec un nombre de répétitions CAG proche de la moyenne.

L’évolution du poids prostatique et de la surface stromale au cours du vieillissement n’est pas la même. Certains polymorphismes vont influencer l’évolution du poids de la prostate et non celui du rapport S/E et vice-versa.

Pour le gène CYP17 , le variant A2A2 était associé à une surface de stroma et un rapport S/E plus importants que les groupes A1A2 (p =0,01) ou A1A1 (p =0,004). En revanche, aucune différence de distribution de la moyenne des poids de la prostate entre les différents génotypes n’a été observée. Ce résultat obtenu sur une série autopsique diverge d’une étude précédente portant sur une série de patients ayant subi une prostatectomie radicale [2] où il avait été mis en évidence une corrélation positive entre le poids de la prostate et ce variant A2A2.

Nous n’avons pas trouvé d’association significative entre les variants du gène CYP19 et les paramètres anatomiques de la prostate, mais il existe un nombre important de génotype associé et une étude sur un plus grand nombre de sujet serait indispensable pour mettre en évidence une influence sur les paramètres anatomique prostatiques


Conclusion


Nous avons démontré que les polymorphismes des gènes étudiés n’ont pas la même influence sur l’anatomie macroscopique (le poids prostatique) ou microscopique (rapport S/E) de la prostate. Certains polymorphismes (répétitions CAG du gène de AR) influencent le poids prostatique, mais n’ont pas d’effet sur le rapport S/E ; au contraire, d’autres polymorphismes (C/T du gène CYP17 ) influencent le rapport S/E mais pas le poids prostatique. Les polymorphismes des gènes impliqués dans la synthèse des androgènes peuvent expliquer en partie, la variabilité morphologique et anatomique de la prostate des hommes âgés.

Dans la prostate normale, le volume augmente alors que, la surface de la composante stromale diminue avec l’âge.

Notre étude montre que, les gènes qui contrôlent la synthèse des androgènes, semblent être impliqués dans les variations anatomiques de la prostate.



 Niveau de prevue : 3.





Tableau 1 - Séquences nucléotidiques des amorces utilisées pour la PCR.
Gène  Oligonucleotides  Séquence 
AR   599U  5′- TCCAGAATCTGTTCCAGAGCGTGC-3′ 
  874L  5′-ACTGCGGCTGTGAAGGTTGCTGT-3′ 
 
SRD5A2  
V89L   974U  5′-GCCACCTGGGACGTTACTTCTG-3′ 
1102L  5′-TCCTTGGCGTTCCTCGGTGC-3′ 
(TA)n   2334U  5′-CTCCCACAATGCTGAATGAA-3′ 
2482L  5′-CAGACACCACTCAGAATCCC-3′ 
CYP17   230U  5′-CATTCGCACTCTGGAGTC-3′ 
642L  5′-GGCTCTTGGGGTACTTG-3′ 
CYP19   594U  5′-TTATGAAAGGTAAGGAGGAGGTACTTAG3′ 
766L  5′-GTCGTGAGCCAAGGTCACT-3′ 





Tableau 2 - Principales caractéristiques des sujets de l’étude (n =85).
  Moyenne  Non ou peu HBP  HBP 
Âge de décès (ans)  79,5±10,9 (50–98)  77,5±11,8 (50–93)  81,9±9,4 (61–98) 
Poids prostatique (g)  40,6±16,4 (8–90)  32,6±13 (8–75)  50,1±15 (15–90) 
Stroma (%)  61,6±10,9 (44–97)  59,5±10,6 (45–86)  63,4±11 (44–97) 
Glande (%)  38,4±10,9 (3–56)  36,6±11 (14–55)  40,5±10,6 (3–56) 
Rapport S/G  2,2±3,4 (0,8–31)  2,0±1,2 (0,8–6)  2,4±4,8 (0.8–31) 





Tableau 3 - Association entre les polymorphismes des gènes (AR , SRD5A2 et CYP 17 ) avec le poids prostatique, la surface du stroma et le rapport S/G.
  Nombre de répétitions CAG 
V89L Variant 
Répétitions TA 
CYP17  
  24  20–23  19  VV  VL  LL  (TA)9  (TA) 0  A2A2  A1A2  A1A1 
Fréquence % (n 25(20)  54,8 (45)  20,2(16)  54,1 (49)  35,3 (29)  10,6 (9)  36,5 (30)  63,5 (53)  12,9 (11)  48,2 (41)  38,8 (33) 
Poids prostatique (g)  37±15  39±15  49±20  42±15  40±16  36±22  39±14  42±17  38±12  42±18  40±15 
Surface stroma (%)  58±10  64±12  59± 60±10  64±12  62±14  63±11  61±11  70±12  61±11  60±9a 
Rapport S/G  1,6±0,9  2,7±4,5  1,5±0,4  1,7±0,8  2,9±5,5  2,3±2,0  2,0±1,2  2,3±2,1  5,0±8,8  1,9±1,4  1,6±0,6 



Légende :
Les résultats sont présentés : moyenne±écart-type. Les résultats en gras présentent une différence significative (p <0,05) entre les différents groupes.


Références



Arenas M.I., Romo E., Royuela M., Ruiz A., Fraile B., Sanchez-Chapad M., et al. Morphometric evaluation of the human prostate Int J Androl 2001 ;  24 (1) : 37-47 [cross-ref]
Azzouzi A.R., Cochand-Priollet B., Mangin P., Fournier G., Berthon P., Latil A., et al. Impact of constitutional genetic variation in androgen/oestrogen-regulating genes on age-related changes in human prostate Eur J Endocrinol 2002 ;  147 (4) : 479-484 [cross-ref]
Bartsch G., Frick J., Ruegg I., Bucher M., Holliger O., Oberholzer M., et al. Electron microscopic stereological analysis of the normal human prostate and of benign prostatic hyperplasia J Urol 1979 ;  122 (4) : 481-486 [cross-ref]
Bartsch G., Rittmaster R.S., Klocker H. Dihydrotestosterone and the concept of 5-alpha-reductase inhibition in human benign prostatic hyperplasia Eur Urol 2000 ;  37 : 367-380 [cross-ref]
Berry S.J., Coffey D.S., Walsh P.C., Ewing L.L. The development of human benign prostatic hyperplasia with age J Urol 1984 ;  132 (3) : 474-479 [cross-ref]
Bousema J.T., Bussemakers M.J., Van Houwelingen K.P., Debruyne F.M., Verbeek A.L., Kiemeney L.A. Polymorphisms in the vitamin D receptor gene and the androgen receptor gene and the risk of benign prostatic hyperplasia Eur Urol 2000 ;  37 (2) : 234-238 [cross-ref]
Bratt O., Borg A., Kristoffersson U., Lindgren R., Ehang Q.X., Olsson H. CAG repeat length in the androgen receptor gene is related to age at diagnosis of prostate cancer and response to endocrine therapy, but not to prostate cancer risk BR J Cancer 1999 ;  81 (4) : 672-676 [cross-ref]
Chagas M.A., Babinski M.A., Costa W.S., Sampaio F.J. Stromal and acinar components of the transition zone in normal and hyperplastic human prostate BJU Int 2002 ;  89 (7) : 699-702 [cross-ref]
Carey A.H., Waterworth D., Patel K., White D., Little J., Novelli P. Polycystic ovaries and premature male pattern baldness are associated with one allele of the steroid metabolism gene CYP17 Hum Mol Genet 1994 ;  3 : 1873-1876
Costa P., Ben Naoum K., Boukaram M., Wagner L., Louis J.F. Benign prostatic hyperplasia (BPH): prevalence in general practice and practical approach of French general practitioners. Results of a study based on 17,953 patients Prog Urol 2004 ;  14 : 33-39
Doehring C.B., Sanda M.G., Partin A.W., Sauvageot J., Juo H., Beaty T.H., et al. Histopathologic characterization of hereditary benign prostatic hyperplasia Urology 1996 ;  48 (4) : 650-653 [inter-ref]
Giovannucci E., Stampfer M.J., Krithivas K. The CAG repeats within the androgen receptor gene and its relationship to prostate cancer Proc Natl Acad Sci USA 1997 ;  94 : 3320-3323 [cross-ref]
Giovannucci E., Stampfer M.J., Chan A., Krithivas K., Gann P.H., Hennekens C.H., et al. CAG repeat within the androgen receptor gene and incidence of surgery for benign prostatic hyperplasia in US physicians Prostate 1999 ;  39 (2) : 130-134 [cross-ref]
Giovannucci E., Platz E.A., Stampfer M.J., Chan A., Krithivas K., Kawachi I., et al. The CAG repeat within the androgen receptor gene and benign prostatic hyperplasia Urology 1999 ;  53 (1) : 121-125 [inter-ref]
Gsur A., Bernhofer G., Hinteregger S., Haidinger G., Schatzl G., Madersbacher S. Polymorphism in the CYP17 gene is associated with prostate cancer risk Int J Cancer 2000 ;  87 : 434-437 [cross-ref]
Henderson B.E., Feigelson H.S. Hormonal carcinogenesis Carcinogenesis 2000 ;  21 (3) : 427-433 [cross-ref]
Makridakis N., Ross R.K., Pike M.C., Crocitto L.E., Kolonel L.N., Pearce C.L., et al. Association of mis-sense substitution in SRD5A2 gene with prostate cancer in African-American and Hispanic men in Los Angeles, USA Lancet 1999 ;  354 : 975-978 [cross-ref]
Masumori N., Tsukamoto T., Kumamoto Y., Miyake H., Rhodes T., Girman C.J., et al. Age-related differences in internal prostatic architecture on transrectal ultrasonography: results of a community based survey in Japan J Urol 1997 ;  157 (5) : 1718-1722 [cross-ref]
Meikle A.W., Stephenson R.A., Lewis C.M., Wiebke G.A., Middleton R.G. Age, genetic, and nongenetic factors influencing variation in serum sex steroids and zonal volumes of the prostate and benign prostatic hyperplasia in twins Prostate 1997 ;  33 (2) : 105-111 [cross-ref]
Mitsumori K., Terai A., Oka H., Segawa T., Ogura K., Yoshida O., et al. Androgen receptor CAG repeats length polymorphism in benign prostatic hyperplasia (BPH): correlation with adenoma growth Prostate 1999 ;  41 (4) : 253-257 [cross-ref]
Novelli G., Margiotti K., Sangiuolo F., Reichardt J.K. Pharmacogenetics of human androgens and prostatic diseases Pharmacogenomics 2001 ;  2 (1) : 65-72 [cross-ref]
Reichard J.K.V., Makridakis N., Henderson B.E., Yu M.C., Ross R.K. Genetic variability of human SRD5A2 gene: implication for prostate cancer risk Cancer Res 1995 ;  55 : 3973-3975
Roberts R.O., Rhodes T., Panser L.A. Association between family history of benign prostatic hyperplasia and urinary symptoms: results of a population-based study Am J Epidemiol 1995 ;  142 : 965-973 [cross-ref]
Ross R.K., Pike M.C., Coetzee G.A., Reichardt J.K., Yu M.C., Feigelson H., et al. Androgen metabolism and prostate cancer: establishing a model of genetic susceptibility Cancer Res 1998 ;  58 (20) : 4497-4504
Sanda M.G., Doehring C.B., Binkowitz B., Beaty T.H., Partin A.W., Hale E., et al. Clinical and biological characteristics of familial benign prostatic hyperplasia J Urol 1997 ;  157 : 876-879 [cross-ref]
Shapiro E., Becich M.J., Hartanto V., Herbert LEPO.R. The relative proportion of stromal and epithelial hyperplasia is related to the development of symptomatic benign prostate hyperplasia J Urol 1992 ;  147 : 1293-1297 [cross-ref]
Shibata K., Hirasawa A., Moriyama N., Kawabe K., Ogawa S., Tsujimoto G. Alpha 1a-adrenoceptor polymorphism: pharmacological characterization and association with benign prostatic hypertrophy Br J Pharmacol 1996 ;  118 (6) : 1403-1408 [cross-ref]
Stanford J.L., Gibbs M., Wicklund K.G., Neal C.L., Blumenstein B.A., Ostrander E.A. Polymorphic repeats in the androgen receptor gene: molecular markers of prostate cancer risk Cancer Res 1997 ;  57 : 1194-1198
Swyer G.I.M. Post-natal growth changes in the prostate J Anat 1944 ;  78 : 474
Thigpen A.E., Davis D.L., Milatovitch A., Mendonca B., Imperato-Ginley J., Griffin J.E., et al. Molecular genetics of steroid 5-alpha-reductase 2 deficiency J Clin Invest 1992 ;  90 : 799-809 [cross-ref]
Yasushi Y., Masatoshi W., Mariko M., Mikio Y.Y.K., Haruo I., Takahiko K., et al. Impact of genetic polymorphisms of 17-hydroxylase cytochrome p-450 and steroid 5-alpha-reductase type II (SRD5A2 )genes on prostate cancer risk among the Japanese population Int J Cancer 2001 ;  92 : 683-686






© 2008 
Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés.