Expression et valeur pronostique de cxcl4, cxcl4l1, et cxcr3b dans le carcinome à cellules rénales claires (CCRc)

25 novembre 2012

Auteurs : L. Donon, J.-C. Bernhard, F. Soulet, G. Drutel, T. Leste-lasserre, M. Yacoub, B. Le Bail, P. Ballanger, J.-M. Ferrière, A. Bikfalvi
Référence : Prog Urol, 2012, 13, 22, 750




 

Type de financement .– Bourse année recherche.


Objectifs .– Les progrès thérapeutiques depuis l’avènement des thérapies ciblées, et l’existence d’un substratum physiopathologique connu (voie pVHL-HIF-VEGF) rendent le CCRc particulièrement adapté à l’étude des facteurs impliqués dans l’angiogenèse, comme éventuels biomarqueurs à visée pronostique ou prédictive. CXCL4 et son variant CXCL4L1 sont des chimiokines possédant une activité anti-angiogénique. Leur action est médiée par le récepteur CXCR3B. Une étude préliminaire sur 41 patients a suggéré une valeur pronostique de ces molécules. Nous avons donc souhaité caractériser plus précisément l’expression de CXCL4, CXCL4L1, et CXCR3B dans le CCRc et le rein sain, sur une cohorte de patients plus importante.


Méthodes .– L’expression des transcrits de CXCL4, CXCL4L1 et CXCR3B a été étudiée par qRT-PCR sur 235 échantillons tissulaires cryoconservés. Des corrélations entre les niveaux d’expression de ces molécules dans les tissus tumoraux (n =125) et sains (n =110) et les données cliniques et anatomopathologiques d’une cohorte rétrospective correspondante de 144 patients ont été recherchées, afin d’évaluer la valeur pronostique de ces facteurs. Au diagnostic, 82 patients présentaient une maladie au stade localisé, 30 patients un cancer localement avancé, 32 patients une maladie d’emblée métastatique. L’âge moyen était de 60,4ans [29–87 ;±12,5], la taille tumorale moyenne de 6,47cm [1–25 ;±3,6].


Résultat .– Dans le CCRc, on constate une surexpression tumorale relative de CXCL4 et CXCL4L1 par rapport au tissu sain aux stades localisé (respectivement d’un facteur 1,56 et 1,78) et localement avancé (respectivement d’un facteur 1,12 et 1,29), et une sous-expression relative au stade métastatique (respectivement −21 % et −27 %). Le niveau d’expression des deux chimiokines est diminué dans la tumeur en cas de tumeur localement avancée (respectivement de 6 et 8 %) ou métastatique (de 25 et 27 %) par rapport à leur niveau au stade localisé de CCRc. Inversement, au niveau du tissu sain, l’expression des chimiokines augmente avec l’agressivité de la maladie. CXCR3B est largement surexprimé dans le tissu tumoral comparativement au tissu sain (niveaux 4,29 fois supérieurs au stade localisé, 2,27 et 2,97 fois supérieurs dans les tumeurs localement avancées et métastatiques, respectivement). Son expression est stable dans le tissu sain tous stades confondus, mais on constate une sous-expression relative du récepteur dans les tumeurs localement avancées (−40 %) ou métastatiques (−27 %) par rapport aux tumeurs localisées.


Conclusion .– Il existait une sur-expression intratumorale relative de CXCL4, CXCL4L1 et CXCR3B par rapport au tissu sain chez les patients atteints de CCRc. L’augmentation de l’agressivité tumorale et de l’extension de la maladie étaient corrélées à une diminution des niveaux d’expression intratumorale de CXCL4, CXCL4L1 et CXCR3B. Ces constatations établies sur une large cohorte de patients laissent envisager le potentiel intérêt de ces 3 facteurs en tant que biomarqueurs du CCRc.




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