EXIME, nouvelle prothèse prostatique temporaire en remplacement de la sonde à demeure chez les patients en rétention aiguë ou chronique d’urine. Étude prospective multicentrique non randomisée chez 84 patients

05 novembre 2020

Auteurs : M. Devonec, M. Fourmarier, N. Ben Raïs, A. Ruffion
Référence : Prog Urol, 2020, 13, 30, 768
Objectifs

Étude prospective non randomisée dans 3 centres pour évaluer :

– la faisabilité de l’insertion de la prothèse prostatique temporaire de taille unique avec simple gel anesthésique local ;

– les résultats cliniques pendant le premier mois avec la prothèse en place ;

– son retrait en ambulatoire à 1 mois.

Méthodes

EXIME (Rocamed, Signes, France), prothèse en silicone, est un modèle unique, CH 20, avec 2 tubes (un tube prostatique et un tube bulbaire) relié par un fil de connexion qui traverse le sphincter strié. Les 7cm de longueur du tube prostatique permettent l’intubation de toutes les prostates de volume<150 cm3. Des ailettes au niveau des tubes supérieur et inférieur se déploient de chaque côté du sphincter et empêchent la migration.

Sélection des patients : les patients en rétention ont été traités par pose d’une sonde à demeure (SAD) et ont eu un essai de sevrage de la sonde. En cas d’échec de sevrage, 2 options leur ont été proposées, soit pose d’une nouvelle SAD, soit pose de la prothèse pour un mois. Sur 132 patients, 84 (63 %) ont eu un échec de retrait de la sonde. Tous ont donné leur consentement pour la pose de la prothèse selon le protocole approuvé par CPP. Mise en place de la prothèse sans instrumentation en unité ambulatoire. Après pose, le patient se lève et urine immédiatement. Retrait à 1 mois par simple traction sur le fil dépassant du méat urétral.

Résultats

Facilité d’insertion : 80/84 (95 %). Chez 4 patients la prothèse n’a pas franchi le sphincter strié et s’est retournée dans l’urètre bulbaire sans blessure muqueuse. Pas d’urétrorragie. Pas de fausse route. Courbe d’apprentissage : un patient. Miction immédiate d’urine claire : 80/80 (100 %). Débit max : 11,5mL/s.

À 1 mois : complications : prostatite aiguë : 1 (retrait à j1) ; migration : 1 (expulsion j2). Continence : 78/78 (100 %). Pas de rétention aiguë. Tolérance sans médication : 77/78 (97 %). Confort prothèse versus sonde à demeure, selon cotation patient : prothèse meilleur que sonde 78/78 (100 %). Facilité de retrait à 1 mois : évaluation patient : identique ou plus facile que sonde 78/78 (100 %). Incrustation : aucune.

Conclusion

EXIME prothèse prostatique temporaire est apparue comme une alternative satisfaisante à la sonde à demeure chez 77/84 (91 %) des patients en rétention aiguë ou chronique d’urine.




 




Déclaration de liens d'intérêts


Financement du protocole, saisies données par ARC.






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