Base bibliographique

Prise en charge du cancer de prostate résistant à la castration (CPRC) non métastatique (M0) à l’ère des hormonothérapies de nouvelle génération et des imageries métaboliques
Treatment of non-metastatic castration-resistant prostate cancer (nmCRPC) at the era of new hormone-therapies and metabolic imaging
2019
- Avis d'expert
- Réf : Progrès FMC, 2019, 4, 29, F98


Introduction

Plusieurs études récentes se sont intéressées au cancer de prostate résistant à la castration (CPRC) non métastatique (M0).


Matériels et méthodes

Les études PROSPER, SPARTAN et ARAMIS sont présentées ainsi que les données sur le TEP-scanner.


Résultats

La définition du CPRC M0 est basée sur l’imagerie conventionnelle (scanner et scintigraphie osseuse) bien que le TEP-choline et -PSMA permette parfois de reclasser les patients en oligométastatique. En cas de maladie à haut risque (TD-PSA≤10mois), l’adjonction de l’enzalutamide ou de l’apalutamide augmente la survie sans métastase de 21,9–24 mois, avec une toxicité acceptable. Le darolutamide semble présenter moins d’effets indésirables cognitifs. En cas de lésion en imagerie métabolique, la prise en charge de type « metastasis directed therapy  » n’a pas encore été évaluée.


Conclusion

L’avènement de l’imagerie métabolique modifie la définition du CPRC M0 et les nouvelles hormonothérapies augmentent la survie sans métastase.


Introduction

Few recent studies have evaluated the non-metastatic (nm) castration-resistant prostate cancer (CRPC).


Material and methods

The PROSPER, SPARTAN and ARAMIS studies are presented with data on PET-CT.


Results

The definition of nmCRPC is based on conventional imaging (CT and bone scan) although cholin- and PSMA- PET/CT allow re-classification of patients in oligo-metastatic state. In case of high-risk disease (DT-PSA10months), the adjunction of enzalutamide or apalutamide increases the metastasis-free survival to 21.9–24months, with an acceptable toxicity. Darolutamide seems to present less cognitive side effects. When targets are found on metabolic imaging, metastasis directed therapy has still not been assessed.


Conclusion

The onset of metabolic imaging modifies the definition of nmCPRC and the new hormone-therapies increase the metastasis-free survival.

Prise en charge d’une rétention chronique d’urine en 2019
Management of chronic urinary retention in 2019
2019
- Le point sur...
- Réf : Progrès FMC, 2019, 4, 29, F91


Introduction

La rétention chronique d’urine est une pathologie fréquente. Il n’existe pas de consensus sur la définition ainsi que la prise en charge de ce trouble mictionnel.


Méthodes

Nous avons effectué une bibliographie en nous appuyant sur les recommandations des associations américaines et européennes d’urologie, ainsi que sur le rapport du congrès 2018 de l’association française d’urologie pour définir la rétention chronique d’urine, les examens complémentaires nécessaires et les différentes options thérapeutiques.


Résultats

Pour les différentes sociétés savantes, la rétention chronique d’urine est définie par un résidu post-mictionnel supérieur ou égal à 300mL, sur deux examens paracliniques réalisés à 6 mois d’intervalle. Il est nécessaire de réaliser une évaluation du haut appareil comprenant une échographie et un contrôle de la fonction rénale, ainsi qu’une évaluation des troubles mictionnels par des questionnaires validés. Une évaluation urodynamique doit être réalisée lorsqu’un geste invasif est envisagé. Les patients asymptomatiques peuvent être surveillés, tandis qu’un traitement par auto-sondages, ou désobstruction chirurgicale pourra être proposé au patient symptomatique et/ou à risque (altération de la fonction rénale). Une hypo- ou acontractilité vésicale ne doit pas exclure la possibilité d’une désobstruction chirurgicale chez les patients sous auto-sondages.


Conclusion

Une rétention chronique d’urine nécessite une évaluation globale du patient comprenant le contrôle de la fonction rénale et de ses troubles du bas appareil urinaire. La prise en charge s’articulera entre les auto-sondages et un traitement chirurgical autour de l’évaluation urodynamique.


Introduction

Chronic urinary retention is a common pathology. There is no consensus on the definition and management of this voiding disorder.


Methods

We conducted a bibliography based on the recommendations of American and European urology associations, as well as on the report of the congress 2018 of the French Association of Urology to define the chronic retention of urine, the necessary examinations and the different therapeutic options.


Results

Chronic urinary retention can be defined by a post-void residual greater than or equal to 300ml, on two paraclinical examinations carried out at 6-month intervals. It is necessary to perform an evaluation of the upper urinary tract including an ultrasound and a control of the renal function, as well as an evaluation of the low urinary tract symptoms (LUTS). Urodynamic evaluation should be performed when surgery is considered. Asymptomatic patients may be monitored, while clean self-intermittent catheterization (CISC) or surgery may be proposed to the symptomatic and/or at risk patient (impaired renal function). Hypo- or bladder acontractility should not preclude the possibility of surgery in patients under CISC.


Conclusion

Chronic urinary retention requires an overall patient's assessment including control of renal function and evaluation of LUTS. The different therapeutic options will be discussed between CISC or surgery after an urodynamic evaluation.

Quand introduire une hormonothérapie après prostatectomie totale avec curage ganglionnaire positif ? Étude des facteurs influençant le délai d’introduction de l’hormonothérapie
When to introduce hormone therapy after total prostatectomy with positive lymph nodes? Study of the factors influencing the time of introduction of hormone therapy
2019
- Articles originaux
- Réf : Prog Urol, 2019, 16, 29, 981-988


Introduction

L’hormonothérapie adjuvante, selon Messing, est le traitement de référence après prostatectomie totale et envahissement ganglionnaire. Néanmoins, ce traitement a des effets secondaires et à l’heure du taux de PSA et du curage étendu, ce dogme est remis en cause. Le but de cette étude est de décrire les caractéristiques oncologiques des patients pouvant expliquer le délai d’introduction d’une hormonothérapie chez les patients avec envahissement ganglionnaire.


Méthodes

Étude monocentrique, rétrospective portant sur 161 patients opérés novembre 1988 à février 2018 dans notre institution, ayant eu une prostatectomie totale dont le curage s’est révélé positif. Pour chaque patient, ont été relevées les données pré opératoires (âge, stade clinique, résultats des biopsies prostatiques, classification de d’Amico) et postopératoires (résultats anatomopathologiques, nombre de ganglions retirés et envahis). La date d’introduction de l’hormonothérapie a été notée. La survie sans traitement hormonal a été établie selon la courbe de Kaplan–Meier et les facteurs oncologiques pré et post opératoires pouvant influencer la mise sous hormonothérapie ont été recherchés selon les tests de Chi2 et de Student, la différence étant significative si p <0,05.


Résultats

Le nombre moyen de ganglions prélevés était de 12 [1-40]. Le nombre moyen de ganglions envahis était de 2,5 [1-24], le pourcentage moyen de ganglions envahis de 25 % (2,5-100). Avec un suivi moyen de 95 mois (3-354), 88 patients (54,6 %) n’avaient pas de traitement hormonal. Le délai moyen avant introduction d’un traitement hormonal était de 40 mois [0-310]. La survie actuarielle sans hormonothérapie était à 3 ans de 52 % et à 5 ans de 51 %. Seul le pourcentage de ganglions envahis apparaissait comme un facteur déterminant le délai d’introduction d’une hormonothérapie. (29,32 % vs 21,99 % ; p =0,047). La survie sans traitement hormonal était significativement plus élevée chez les patients présentant un envahissement ganglionnaire inférieur à 25 % (p <0,0001) et lorsque le nombre de ganglion envahi était supérieur à 2 (p =0,0294).


Conclusion

L’envahissement ganglionnaire est un facteur de mauvais pronostic après prostatectomie totale qui conduit à la mise sous hormonothérapie. Notre étude a identifié le pourcentage et le nombre de ganglions envahis comme facteurs permettant d’identifier un groupe de patients qui pourrait bénéficier d’un retard d’introduction de cette hormonothérapie.


Niveau de preuve

3.


Introduction

Adjuvant hormone therapy is the standard treatment after total prostatectomy with positive lymph node. However, this treatment has side effects and at the time of the PSA era and extensive lymph node dissection, this principle is questioned. The aim of this study is to describe the oncological characteristics of patients that may explain the delay in introducing hormone therapy in patients with positive lymph node.


Methods

Monocentric, retrospective study of 161 patients from November 1988 to February 2018 in a single French University Hospital, having undergone radical prostatectomy with positive lymph nodes on pathology. For each patient, preoperative data (age, clinical stage, biopsy results, d’Amico classification) and postoperative data (pathological results, number of lymph nodes removed, number of positive lympnodes, recurrence free survival, specific survival and overall survival) were collected. The date of introduction of hormone therapy was noted and survival without hormonal therapy was established according to the Kaplan Meier curve. The pre- and post-operative oncological factors that could influence hormone therapy introduction were investigated with Chi2 and Student tests (statistically significant when P <0.05).


Results

The mean number of lymph nodes removed was 12 [1-40]. The mean number of positive lymph nodes was 2.5 [1-24], the mean percentage of positive lymph nodes was 25% (2.5-100). After a mean follow-up of 95 months (3-354), 88 patients (54.6%) had no hormonal treatment. The average time to hormonal treatment was 40 months [0-310]. At 3 years, survival without hormone therapy was 52% and 51% at 5 years. Only the percentage of positive lymphnodes appeared to be a significant predictor of the introduction of hormone therapy. (29.32% vs. 21.99%, P =0.047). Hormone-free survival was significantly higher in patients with lymph node involvement less than 25% (P <0.0001) or with less than 2 positive lymph nodes (P =0.0294).


Conclusion

Lymph node invasion is a factor of poor prognosis after total prostatectomy and leads to introduce hormone therapy. Our study identified the percentage and number of positive lymph nodes as factors that identify patients who may be delayed in introducing this hormone therapy.


Level of proof

3.

Recours aux soins des hommes présentant un cancer de la prostate dans l’année précédant leur décès: une étude en population en 2015
Health care utilization by men with prostate cancer during the year before their death: A 2015 population-based study
2019
- Article du mois
- Réf : Prog Urol, 2019, 16, 29, 995-1006




 

Troubles anorectaux chez les patients ayant une sclérose en plaques : physiopathologie, prévalence, impact et prise en charge
Anorectal disorders in patients with multiple sclerosis: Physiopathology, prevalence, impact, and management
2019
- Revues de la littérature
- Réf : Prog Urol, 2019, 17, 29, 1011-1020


Objectif

Les troubles anorectaux (TAR) sont fréquent chez les patients souffrant de sclérose en plaques (SEP) ; la prévalence de la constipation est estimée entre 35 à 54 % et celle de l’incontinence fécale (IF) entre 29 et 51 % (NP 4). Ces TAR contribuent à l’altération de la qualité de vie des patients (NP 4). L’objectif de cet article était de faire une revue de la littérature concernant la physiopathologie, la prévalence, l’impact et la prise en charge des TAR des patients ayant une SEP dans le but de sensibiliser les soignants à leur existence et ainsi fournir une aide pour optimiser le choix thérapeutique.


Matériel et méthodes

Une recherche bibliographique a été réalisée entre 2000 et 2019 et a permis de sélectionner 31 articles scientifiques, auxquels il a été nécessaire de rajouter des références pertinentes pour un total de 50 articles. Un niveau de preuve scientifique (NP) a été attribué à chaque article, sauf revue de littérature.


Résultats

L’origine des TAR est multifactorielle et inclut l’altération des voies neurologiques, une polymédication, des troubles du comportement et une perte d’autonomie (NP 4). Les patients ayant une SEP devraient être interrogés sur leurs habitudes intestinales et en cas de TAR avérés, une prise en charge spécifique devrait être proposée. La première étape concerne les règles hygiéno-diététiques et les habitudes de vie associées, si besoin à l’utilisation des laxatifs, suppositoires et/ou lavements (NP 4). En cas d’échec, des thérapies comme les massages abdominaux (NP 1 et 2), le biofeedback et les irrigations transanales peuvent être proposées (NP 4). Les irrigations coliques antérogrades peuvent être également une option (NP 4). La stimulation du nerf tibial postérieur nécessite de faire ses preuves (NP 4). L’implantation d’un neuromodulateur des racines sacrées se heurte, pour l’instant, à l’impossibilité de réaliser des IRM médullaires au décours. La stomie améliore la qualité de vie des patients et ne doit pas être proposée trop tardivement.


Conclusion

Un traitement efficace des TAR améliore la qualité de vie des patients, réduit l’incidence des troubles urinaires (NP 4).


Objective

Neurogenic bowel disorders (NBD) are frequently observed in patients with multiple sclerosis (MS); the prevalence of constipation is estimated to be 35–54 % and fecal incontinence between 29 and 51 % (LE 4). They contribute to the deterioration of patients’ quality of life (LE 4). The aim of this article is to review the literature on the physiopathology, prevalence, impact, and management of bowel disorders in patients with MS in order to educate caregivers about their existence and thus help them to optimize therapeutic choices.


Materials and methods

A bibliographic search was conducted between 2000 and 2019 and 31 relevant scientific articles were selected. Relevant references were subsequently added, bringing the total to 50 articles. A level of scientific evidence (LE) was assigned to each article, except for literature reviews.


Results

The origin of NBD is multifactorial and includes impairment of neurological pathways, polypharmacy, behavioural disorders, and loss of autonomy (LE 4). Patients with MS should be questioned about their bowel habits and, in cases of proven NBD, specific management options should be offered. The first step concerns the dietary and lifestyle rules associated with the use of laxatives, suppositories, and/or enemas (LE 4). In the event of failure, therapies such as abdominal massages (LE 1 and 2), biofeedback and transanal irrigation can be proposed (LE 4). Anterograde colonic irrigation may also be an option (LE 4). The efficacy of stimulating the posterior tibial nerve needs to be proven (LE 4). The implantation of a sacral neuromodulation device is, for the moment, difficult due to the impossibility of performing a spinal magnetic resonance imaging during follow-up. A stoma improves the quality of life of patients and should not be proposed too late.


Conclusion

Effective treatment of NBD improves the quality of life of patients and reduces the incidence of bladder disorders (LE 4).

Un argument de plus en faveur de l’association d’inhibiteur du check-point immun à la BCG-thérapie pour le traitement des TVNIM.
2019

Commentaire de l’article Adaptive Immune Resistance to Intravesical BCG in Non-Muscle Invasive Bladder Cancer: Implications for Prospective BCG Unresponsive Trials publié par Kates M et al. Clin Cancer Res. 2019.

Pénurie des traitements adjuvants pour les tumeurs de vessie n’infiltrant pas le muscle
2019
  • Pénurie de mitomycine C pour laquelle l’AFU et l’ANSM ont validé l’épirubicine comme alternative de traitement.
  • Pénurie de BCG justifiant une gradation de la sévérité des patients pour guider la décision thérapeutique : le CCAFU propose un score.
  • Le CCAFU insiste dans ses recommandations sur la qualité de la résection et de la surveillance endoscopique et cytologique des patients.
ALF-ONE (Alfuzosine Once daily)
2019
- Réf : Elhilali M et al, BJU Int. 2006 Mar;97(3):513-9 Vallancien G et al, BJU Int. 2008 Apr;101(7):847-52

Classe thérapeutique 
Alpha-bloquant

Molécule 
Alfuzosine LP 10 mg

Objectif principal
Efficacité à long terme de l’alfuzosine LP 10 en prise quotidienne

Population de l’étude
Patient tout venant avec SBAU gênants compatibles avec OSV liée à HBP
689 patients inclus
443 patients avec un suivi à 36 mois
378 patients encore sous traitement médical avec un suivi à 36 mois

Méthodologie
Etude de cohorte prospective

Adénomectomie prostatique laparoscopique robot-assistée selon la technique de MILLIN
2019
- Communications vidéos
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 771-772


Objectif

L’objectif de cette vidéo était de décrire une technique d’adénomectomie prostatique robot-assistée par la technique de MILLIN.


Méthodes

Les étapes clés d’une adénomectomie prostatique laparoscopique robot-assistée selon la technique de MILLIN avec le robot chirurgical Xi de Da-Vinci sont présentées chez un patient âgé de 61 ans en excellant état général et sans antécédent qui présentait des symptômes du bas appareil urinaire prédominant sur la phase de vidange avec une dysurie associée à un épisode de rétention aiguë d’urine. À l’examen clinique, la prostate était volumineuse d’environ 100cc sans signe de malignité. L’IRM a confirmé le volume prostatique avec la présence d’un lobe médian. Une série de biopsie prostatique a été réalisée devant une élévation du PSA et qui n’a pas mis en évidence de cellules tumorales.


Résultats

Le patient était installé en décubitus dorsal en positionnant les jambes dans des bottes chirurgicales en position de Trendelenburg avec un trocart pour l’optique de 0°, de 3 bras opérateurs et 1 trocart d’aide de 12mm. L’intervention a débuté par le décollement antérieur de la vessie jusqu’à apercevoir la prostate. La partie antérieure de la prostate a été exposée jusqu’à retrouver le col vésical et la partie proximale de la prostate. Une incision horizontale à 2cm du col vésical sur la capsule prostatique a été réalisée jusqu’à retrouver le plan de l’énucléation de l’adénome prostatique. L’énucléation a été faite au fur et à mesure, en réalisant l’hémostase soigneusement. L’urètre distal a été incisé pour finir l’énucléation. La capsule prostatique a été fermée par des points séparés de Vicryl 2/0 la vessie a été à nouveau sous-péritonisée.


Conclusion

Cette vidéo a démontré la faisabilité d’une intervention chirurgicale d’adénomectomie prostatique par voie robot-assistée avec des suites simples.

Adénomectomie prostatique par chirurgie robot-assistée : étude appariée par score de propension à une série d’adénomectomie voie haute ouverte
2019
- Communications vidéos
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 772


Objectif

Comparer les résultats péri-opératoires et fonctionnels d’une adénomectomie prostatique par voie haute robot-assistée (AVHRA) à ceux d’une voie ouverte (AVHO) pour des hypertrophies bénignes de la prostate (HBP) de plus de 100ml.


Méthodes

Étude rétrospective monocentrique appariée de 20 cas consécutifs d’AVH robot-assistée sur un score de propension à une série de 20 cas d’AVH ouverte rétropubienne selon Millin. Étaient retenus les patients opérés par 1 chirurgien expérimenté pour AVHRA et 2 par AVHO. Les AVHA étaient opérés de janvier 2017 à janvier 2019 (n =20), les AVHO de janvier 2006 à janvier 2019 (n =51). Une « pseudo-randomisation » par appariement sur un score de propension était réalisée en ajustant sur le volume prostatique et le score de Charlson (CCI) retenant 20 patients dans chaque groupe.


Résultats

Les 2 groupes étaient comparables en termes de volume prostatique, âge et score de Charlson. Plus de patients opérée par AVHO étaient en RAU (70 vs 29,4 %, p =0,025). Les pertes sanguines per-opératoires étaient moindres dans le groupe AVHRA vs AVHO (200 vs 500ml, p =0,021), ainsi que les durées d’hospitalisation (3,5 vs 7, p <0,001) et les durées de sonde vésicale (3 vs 5, p <0,001). Les taux de transfusions, de réhospitalisations et de complications post-opératoires étaient similaires. Aucune incontinence n’était notée. En termes de résultats fonctionnels, les scores IPSS et IPSS QOL étaient similaires (2 vs 1 et 0 vs 0, p =NS). En analyse multivariée, l’AVHRO est prédictive d’une durée de sondage et d’hospitalisation plus courtes que l’AVHO.


Conclusion

L’AVHRO permet une amélioration des durées de sondage et d’hospitalisation post-opératoires en comparaison de l’AHHO. La technique de l’AVHRO est une alternative valable à la chirurgie ouverte chez les patients ayant une HBP>100ml permettant des résultats fonctionnels post-opératoires similaires en améliorant les suites péri-opératoires. Cette technique est à opposer à d’autres techniques mini-invasives comme l’énucléation endoscopique.

Amélioration de la prédiction du score ISUP définitif par l’apport des biopsies ciblées avec fusion logicielle
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 744-745


Objectifs

Depuis les recommandations sur la place de l’IRM prostatique pré-biopsique et le développement des logiciels de fusion IRM-échographie, les pratiques des biopsies de prostate ont radicalement changé. L’objectif de notre étude était de démontrer que, depuis la mise en place des biopsies ciblées dans notre centre, le score ISUP sur pièce de prostatectomie était mieux prédit par les biopsies.


Méthodes

Nous avons repris les données d’une cohorte de 710 patients pris en charge par prostatectomie totale robot-assistée entre janvier 2010 et mars 2019. Toutes les chirurgies ont été réalisées dans le même centre et par le même opérateur expérimenté en chirurgie prostatique. Nous avons comparé le score ISUP biopsique au score ISUP sur pièce et évalué la qualité du classement avant et après utilisation des biopsies avec fusion IRM-échographie (KOELIS, États-Unis). L’analyse statistique reposait sur les coefficients Kappa de concordance.


Résultats

Depuis l’introduction des biopsies ciblées, 142 patients ont bénéficié de cette technologie. Les caractéristiques des patients sont présentées Tableau 1. À noter, avec le temps, une relative augmentation des cancers agressifs pris en charge par chirurgie. La concordance des 2 classements (ISUP biopsique et sur pièce opératoire) est présentée Tableau 2. Le coefficient Kappa de concordance entre le score ISUP biopsique et le score ISUP sur pièce est statistiquement meilleur avec les biopsies ciblées (0,73, IC5 %=0,64–0,82) versus biopsies randomisées classiques (0,48, IC5 %=0,42–0,53).


Conclusion

La fusion IRM-échographie logicielle, permet de mieux prédire le score ISUP définitif et donc d’adapter la technique chirurgicale et l’information du patient.

Analyse comparative du score ISUP évalué par biopsies prostatiques systématiques et en fusion d’image écho-IRM corrélées à l’analyse histologique des pièces de prostatectomies radicales
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 747-748


Objectifs

Les biopsies systématiques de prostate (BPs) sous-estiment le score ISUP par rapport à celui des pièces de prostatectomies radicales (PR). Les biopsies ciblées par fusion d’image écho-IRM (BPc) amélioreraient la concordance de l’ISUP. Notre objectif était de comparer la corrélation de l’ISUP évalué par les biopsies de prostate et les pièces de prostatectomies radicales selon les deux techniques de biopsies : BPs et BPc.


Méthodes

Entre mars 2013 et juin 2018, nous avons inclus rétrospectivement tous les hommes ayant eu une prostatectomie radicale pour cancer de prostate (CaP) diagnostiqué par BPc et/ou BPs. Tous les patients avaient une IRM pré-biopsique (interprétée par un seul radiologue utilisant le score PI-RADS). Des biopsies prostatiques systématisées écho-guidées étaient réalisées par voie transrectale (12 biopsies) - en aveugle de la cible IRM - puis des biopsies prostatiques ciblées (2–4 biopsies/cible) avec fusion élastique écho-IRM utilisant UroStation™ (Koelis, Grenoble, France). Le score ISUP (de 1 à 5) a été utilisé pour l’analyse histologique selon les dernières recommandations.


Résultats

Cent quatre patients ont eu une PR pour un CaP diagnostiqué par BPs et/ou BPc. Les BPc ont diagnostiqué significativement moins d’ISUP 1 et 2 que les BPs (9,6 % et 42,3 % vs 21,2 % et 47,1 %) mais plus d’ISUP 3 et ISUP 4–5 (12,5 % et 14,4 % respectivement vs 23,1 % et 17,3 %) (Tableau 1).

Les BPs et BPc avaient le même taux de concordance pour l’ISUP par rapport aux PR, 43,3 % (45/104). Il était augmenté à 49 % (51/104) avec l’association des 2 protocoles BPs+BPc (p =0,4). Avec les BPs, la moitié (50 %) des patients avaient un score ISUP sous-estimés (52/104), contre 42,3 % (44/104) avec les BPc. L’association BPs+BPc diminuait significativement le taux de sous estimation du score ISUP par rapport à celui des PR avec 35,6 % (37/104), p =0,03 (Tableau 2, Tableau 3).


Conclusion

Les biopsies systématiques sous-estimaient le score ISUP dans la moitié des cas. L’ajout des BPc aux BPs diminuait significativement la sous-estimation. En revanche, les BPc seules ne montraient pas de résultats suffisants pour se passer des BPs. L’association des deux protocoles donnait la meilleure concordance même si l’impact des BPs semblait mineur.

Analyse d’un modèle de circuit court post-urgence avec une régulation précoce urologique
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 686


Objectifs

Les urgences urologiques représentent 7 % des motifs d’admission aux urgences (SAU). La gestion rapide de ces patients après passage au SAU peut représenter un challenge pour les établissements de santé. Nous avons souhaité analyser cette filière d’entrée dans d’un centre académique à haut volume et évaluer l’effet de la mise en place d’un circuit court vers une consultation post-urgence (CPU) après régulation médicale urologique différée.


Méthodes

Tous les patients ambulatoires consécutifs admis au SAU avec programmation en CPU entre décembre 2017 et juillet 2018 étaient inclus. Les dossiers étaient régulés par un urologue le lendemain. Des modifications de date de CPU, des examens complémentaires ou des appels téléphoniques vers les patients pouvaient être réalisés. Le critère de jugement principal était le niveau de performance du circuit. Ce dernier était évalué par la capacité à apporter une réponse efficace selon une grille prédéfinie de solutions spécifiques aux motifs de consultation. Si la solution apportée divergeait de cette grille, elle était considérée comme un échec.


Résultats

Cent vingt-huit patients ont été inclus. L’âge médian était de 57 ans (18 à 97). Il y avait 76 % de réponses efficaces. Ce taux était plus faible chez les patients consultant pour des motifs rares, complexes ou ne se présentant pas à la CPU (« no-show »).Ces derniers (47 % n =60) n’étaient pas joignables au premier appel dans 51,6 % des cas, avec une distribution d’âges et de motifs similaires aux autres, hormis pour les hématuries qui représentaient 13,3 %. Sur l’ensemble des consultants (n =1525) seulement 8,5 % (n =128) avaient été adressés en CPU par les urgentistes (Fig. 1).

Les motifs de consultation étaient semblables à ceux des autres séries (Fig. 2). La décision était une seconde consultation dans 70 % (48), un nouvel examen dans 10 % (7) (Fig. 3), une chirurgie en urgence différée dans 12 % (8) et enfin 18 % (12) d’abstention de suivi.


Conclusion

La CPU suivant une régulation précoce par un urologue permet d’apporter une réponse efficace avec un délai médian de 9jours dans 76 % des situations. L’analyse des « no-show » permettrait d’identifier des groupes à risque et d’optimiser ce circuit court.

Anémie et sarcopénie : facteurs pronostiques chez les patients traités par chimiothérapie néoadjuvante et cystectomie radicale pour une tumeur de vessie infiltrant le muscle
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 755


Objectifs

Le concept de pré-habilitation avant chirurgie oncologique est de plus en plus répandu. Plusieurs études ont démontré l’importance de l’anémie et de la sarcopénie sur la survie et sur les complications des traitements anticancéreux. Notre étude vise à évaluer l’impact de l’anémie et de la sarcopénie sur la survie des patients traités pour tumeur de vessie infiltrant le muscle (TVIM) localisée.


Méthodes

Nous avons analysé de façon rétrospective les dossiers de 82 patients traités par chimiothérapie néoadjuvante à base de cisplatine suivie d’une cystectomie radicale pour une TVIM localisée (cT2-T4 N0 M0) entre janvier 2012 et décembre 2017. L’anémie était définie par un taux d’hémoglobine<13g/dL pour les hommes et<12g/dL pour les femmes. La sarcopénie était évaluée par la mesure de l’indice de masse musculaire squelettique (IMS) en L3 sur les scanners pré-chimiothérapie, post-chimiothérapie et post-cystectomie.


Résultats

Parmi les 82 patients, d’âge médian 64,5 [31–80] ans, 20,3 % (15/82) présentaient une anémie avant traitement et celle-ci était significativement associée à un plus faible poids (64,9kg vs 78,4kg, p =0,002), un IMC plus bas (22,6 vs 26,7, p =0,002) et un IMS plus faible (39,4 vs 48,6, p <0,001). Le suivi médian était de 34,2 mois [6,4–80,9]. En analyse univariée, l’anémie (p =0,026) et la diminution de plus de 5 % de l’IMS pendant le traitement (p =0,003) étaient significativement associés à une moindre survie globale. En analyse multivariée, l’anémie (p 5 % en cours de traitement (p =0,009), l’atteinte ganglionnaire (p <0,001), le statut ECOG≥1 (p =0,009) et l’absence de réponse histologique complète (p =0,032) étaient des facteurs pronostiques indépendants associés à une diminution de la survie globale.


Conclusion

Dans le cancer de vessie localisé infiltrant le muscle, l’anémie avant traitement semble être un facteur indépendant de survie, de même que la diminution de la masse musculaire squelettique en cours de traitement. Cette étude illustre ainsi l’importance de la réhabilitation avant, pendant et après le traitement dans la prise en charge des patients atteints d’une TVIM localisée.

Antibioprophylaxie pour les biopsies prostatiques transrectales échoguidées : comparaison d’efficacité entre la ciprofloxacine seule et une combinaison de ciprofloxacine/fosfomycine par voie orale
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 769-770


Objectifs

Les quinolones représentent l’antibioprophylaxie de choix pour les biopsies prostatiques transrectales échoguidées (BxPTE), selon les recommandations des associations française, américaine et canadienne d’urologie. Plusieurs études démontrent une augmentation des infections après les BxPTE, reliée à l’émergence de E. coli résistants aux quinolones. L’objectif de notre étude était de comparer les taux d’urosepsis post-BxPTE avec antibioprophylaxie composée de ciprofloxacine orale seule vs combinaison orale de ciprofloxacine/fosfomycine.


Méthodes

Une étude quasi-expérimentale rétrospective a été réalisée sur tous les patients ayant eu une BxPTE entre janvier 2012 et décembre 2015 dans deux centres hospitaliers. L’antibioprophylaxie fût modifiée de ciprofloxacine à ciprofloxacine/fosfomycine en décembre 2013. Les dossiers médicaux de ces patients ont été révisés et analysés selon les résultats microbiologiques, visites à l’urgence et hospitalisations, et selon 14 facteurs de risques relatifs aux complications infectieuses post-BxPTE reconnus dans la littérature médicale. L’urosepsis survenant moins d’un mois post-BxPTE consistait l’issue primaire. Le risque relatif d’urosepsis selon l’antibioprophylaxie a été calculé par régression log-binomiale considérant le coefficient de propension pondéré des facteurs de risques recueillis.


Résultats

Parmi les 2287 patients ayant subi une BxPTE, 1090 ont reçu la ciprofloxacine seule et 1197 une combinaison de ciprofloxacine/fosfomycine. Au total, 14 cas d’urosepsis ont été identifiés. L’incidence d’urosepsis chez les sujets sur ciprofloxacine seule était 1,1 % (12/1090) et a chuté à 0,2 % (2/1197) avec la combinaison ciprofloxacine/fosfomycine, ce qui représente une diminution statistiquement significative (RRa=0,16 ; p =0,021). E. coli était le pathogène le plus commun (12/14), causant 7 bactériémies. Sept sur 12 E. coli étaient résistants à ciprofloxacine, incluant 5 isolats sanguins. Onze sur 12 E. coli ont été détectés chez les patients sur ciprofloxacine seule et ceci inclut tous les E. coli résistants à ciprofloxacine et tous les isolats sanguins. Un cas d’hémoculture positive au B. fragilis a été observé dans le groupe ciprofloxacine/fosfomycine.


Conclusion

La diminution du taux d’urosepsis post-BxPTE avec l’antibioprophylaxie par ciprofloxacine/fosfomycine est statistiquement significative. La fosfomycine semble couvrir la majorité des E. coli résistants à la ciprofloxacine et pourrait potentiellement avoir un effet synergistique pour les souches sensibles. L’antibioprophylaxie par ciprofloxacine/fosfomycine est simple, administrée oralement et évite l’utilisation de l’écouvillon rectal. Avant d’adopter cette antibioprophylaxie systématiquement, d’autres études prospectives sont requises.

Aponévrose des grands droits ou du fascia lata pour la bandelette autologue pubo-vaginale : comparaison monocentrique des résultats périopératoires et fonctionnels
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 707-708


Objectifs

L’aponévrose des grand droits (AGD) est le plus souvent utilisé pour constituer les bandelettes autologues pubo-vaginales (BAPV) mais l’incision abdominale qu’elle requiert s’accompagne d’une certaine morbidité. L’objectif de cette étude était de comparer les résultats fonctionnels et périopératoires des bandelettes pubo-vaginales d’AGD et d’aponévrose du fascia lata (AFL), cette dernière étant hypothétiquement moins morbide.


Méthodes

Les dossiers de toutes les patientes traitées par BAPV pour incontinence urinaire d’effort (IUE) entre 2012 et 2017 dans un centre universitaire ont été revus rétrospectivement. Les patientes étaient divisées en deux groupes : celles dont la bandelette aponévrotique était prélevée au niveau des muscles grands droits (AGD) et celles dont la bandelette aponévrotique était prélevée au niveau du fascia lata (AFL).


Résultats

Cent cinq patientes ont été inclues. Les pertes sanguines estimées étaient plus faibles dans le groupe AFL (91,7 vs 141,6mL ; p =0,04). Il y avait plus de complications de paroi dans le groupe AGD sans que cette différence n’atteigne le seuil de significativité (0 % vs 14,3 % ; p =0,12). Le taux global de complications était comparable dans les deux groupes (52,4 % vs 48,9 % ; p =0,81) mais la proportion de complications Clavien≥2 tendait à être plus élevée dans le groupe AGD (4,8 % vs 20,2 % ; p =0,11). Les complications de paroi représentaient 29,3 % des complications dans le groupe AGD (12/41). Les Résultats fonctionnels était similaires avec des taux de patients sans IUE comparable à 1 an (82,4 % vs 76,4 % ; p =0,74) et à la dernière consultation de suivi (66,7 % vs 65,8 % ; p =0,87) (Tableau 1).


Conclusion

Comparées aux BAPV prélevées au niveau des grands droits, les BAPV prélevées au niveau du fascia lata pour le traitement de l’IUE féminine pourrait s’accompagner d’une moindre morbidité périopératoire en particulier en termes de complications de paroi, sans compromettre les résultats fonctionnels.

Apport de la micro-échographie haute résolution dans la détection de l’extension extra-prostatique
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 746-747


Objectifs

La micro-échographie haute résolution est une nouvelle technique ultrasonore 29MHz pour les biopsies de prostate ciblées en temps réel. La résolution micro-échographique de 70 microns permet de visualiser les caractéristiques tissulaires. Il a été démontré que la micro-échographie avait une sensibilité supérieure à l’échographie conventionnelle pour la détection du cancer de la prostate.


Méthodes

Les images de 16 patients ayant subi une prostatectomie radicale après une biopsie de prostate guidée par micro-échographie (ExactVu, Exact Imaging Markham, Canada) ont été utilisées. Les images micro-échographiques de tous les sujets ont été évaluées pour prédire l’extension extra-prostatique à l’aide de l’image caractéristique en halo antérieur/apical et/ou de rétrécissement ou interruptions de la capsule postérieure. Les comptes rendus anatomopathologiques des prostatectomies radicales ont été utilisés comme références.


Résultats

Les comptes rendus anatomopathologiques des pièces de prostatectomies radicales rapportaient une extension extra-prostatique dans 15/32 lobes de prostate chez 11/16 patients. La sensibilité globale pour la détection de l’extension extra-prostatique était de 91 % (10/11 patients) avec des valeurs prédictives positive et négative de 91 % (10/11) et 80 % (4/5 patients) respectivement. En analysant chaque lobe prostatique de façon indépendante, la sensibilité était de 87 % (13/15 lobes) et les valeurs prédictives positive et négative de 87 % (13/15) et 88 % (15/17).


Conclusion

La micro-échographie 29MHz apparaît comme un bon outil prédictif de l’extension extra-prostatique en antérieur comme en postérieur. L’extension extra-prostatique est caractérisée en micro-échographie par un halo épais ou irrégulier le long de la capsule apicale et/ou antérieure, caractéristique n’ayant pas été décrite auparavant en échographie conventionnelle. L’analyse d’une base de données plus importante permettra de corroborer ces résultats.

Approche histologique des tumeurs rénales en IRM multiparamétrique : une étude de validation d’un algorithme pratique
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 648


Objectifs

L’objectif de cette étude était de tester un algorithme pratique basé sur l’IRM multiparamétrique afin de déterminer le type histologique des tumeurs rénales.


Méthodes

Cette étude rétrospective a inclus 40 patients présentant une tumeur rénale avec résultat histologique et une IRM préopératoire. Deux radiologues ont évalué indépendamment chaque critère d’après l’algorithme (T2, T1 dixon in-out , diffusion et séquences post-gadolinium) en retenant un type tumoral comme hypothèse diagnostique. Quelques critères ont été ajoutés (2 quantitatifs) : T2 ratio (ratio signal tumeur/rein normal) et un pourcentage de rehaussement de la tumeur à la phase corticomédullaire. Test du kappa, représentations graphiques d’analyse en concordance multiple et analyses en régression logistique ont permis de déterminer les corrélations inter-observateur et tenter d’identifier des modèles tumoraux et d’éventuels critères plus utiles ou non.


Résultats

La corrélation entre l’hypothèse selon l’algorithme (Tableau 1) et le résultat anatomopathologique était modeste pour les deux lecteurs (65,9 et 58,5 %). De plus, l’algorithme montre une performance également modérée dans une conclusion dichotomique bénin-malin (sensibilité de 80–85,5 % et spécificité de 50–75 %).

Seulement deux modèles IRM semblaient réellement spécifiques et diamétralement opposé, représentant p-RCC (papillaire) et c-RCC (carcinome à cellules claires) (Fig. 1). L’analyse des deux critères quantitatifs ajoutés à l’étude initiale a montré des performances inférieures à celles attendues. Par ailleurs, l’analyse du déphasage n’était pas déterminante pour plusieurs raisons : mauvaise corrélation inter-observateur, jamais prépondérant dans les analyses en régression linéaire logistique et à distance de l’ensemble des critères sur les représentations graphiques selon les analyses en concordance multiples.


Conclusion

Tel que présenté, cet algorithme montre une performance modérée dans l’identification IRM des sous-types histologiques des tumeurs rénales, insuffisante pour remplacer la biopsie en pratique quotidienne.

Aquablation : une technique innovante pour le traitement chirurgical de l’hypertrophie bénigne de la prostate
2019
- Communications vidéos
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 773


Objectif

L’aquablation est une technique mini-invasive innovante utilisant un jet d’eau à haute vélocité délivré par une plateforme robotisée. Le traitement est guidé par vision endoscopique et échographique transrectale simultanée. L’avantage par rapport à la RTUP est la rapidité de la résection prostatique ainsi que la préservation de l’éjaculation chez 80 à 90 % des patients.


Méthodes

Un patient de 60 ans s’est présenté pour HBP et rétention urinaire malgré traitement médical. Après rachianesthésie et position de lithotomie une sonde d’échographie endorectale est insérée. Un résectoscope robotique ou « pièce à main » Ch24 est introduit dans l’urètre. En utilisant le logiciel robotique, la planification du traitement est faite délinéant l’angle, la profondeur et les limites de la résection. Un jet d’eau de haute vélocité est déclenché par une pompe activée par la pédale. L’hémostase est réalisée par sonde à 4 voies CH24. Les ballonnets vésical et prostatique sont gonflés à 30cc et 5cc. Un système de traction continu est fixé à la sonde.


Résultats

Le temps de résection était de 4min, avec saignement minimal. À J1, la traction est enlevée et le ballonnet prostatique est dégonflé. Le lavage vésical est arrêté et la sonde urinaire enlevée deux heures plus tard. Le patient est revu à 3 mois, son résidu post-mictionnel est de 50cc, le score IPSS est de 5 et l’index de qualité de vie est de 1. Le débit urinaire maximal est à 17,5ml/sec. La fonction sexuelle et l’éjaculation étaient préservées.


Conclusion

L’aquablation est une technique robotique innovante permettant un traitement chirurgical efficace de l’adénome prostatique. L’apport de la robotique permet une planification et exécution précise du geste chirurgical en utilisant un jet d’eau à haute vélocité.

ARCHES–efficacité du traitement par suppression androgénique en association avec l’enzalutamide ou placebo dans le cancer de la prostate hormono-sensible métastatique : résultats de l’antigène spécifique de la prostate (PSA)
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 700


Objectifs

L’enzalutamide (ENZA) apporte un bénéfice aux hommes atteints d’un cancer de la prostate résistant à la castration (CPRC). ARCHES, étude de phase III en double aveugle versus placebo (PBO), évalue l’efficacité d’ENZA associé à une suppression androgénique (TSA) dans le cancer de la prostate hormono-sensible métastatique (CPHSm). Les résultats rapportés ici portent sur le PSA, marqueur important du cancer de la prostate.


Méthodes

Les patients (pts) CPHSm étaient randomisés en deux groupes (1 :1) : ENZA+TSA ou PBO+TSA, stratifiés selon le volume tumoral et la prise de docétaxel antérieure. Un TSA sans progression radiologique ou augmentation du PSA était autorisé jusqu’à trois mois avant j1 (≤ 6 mois si docétaxel préalable). Le critère principal était la survie sans progression radiologique (rPFS) [lecture centralisée]. Les analyses pré-spécifiées incluaient la rPFS globale et selon le PSA initial, le délai de progression biologique, le délai de résistance à la castration, le taux de PSA indétectable et la réponse du PSA. Le traitement était continué jusqu’à progression ou toxicité non acceptable.


Résultats

Au total, 1150 pts furent randomisés (ENZA+TSA, n =574 ; PBO+TSA, n =576). Les caractéristiques initiales étaient homogènes entre les groupes ; 91 % avaient reçu un TSA antérieur. Le taux médian de PSA était 5,21ng/mL ; le suivi médian était 14,4 mois. L’association ENZA+TSA a significativement amélioré la rPFS, quel que soit le PSA initial. L’association ENZA+TSA a significativement amélioré le délai de progression du PSA et le délai de résistance à la castration. Les proportions de pts avec un PSA indétectable ou une réponse du PSA ≥ 50 % ou ≥ 90 % pendant l’étude étaient plus importantes avec l’association ENZA+TSA. Des évènements indésirables ont été rapportés chez 85,1 % sous ENZA+TSA vs 85,9 % sous PBO+TSA, sans survenue d’évènement indésirable inattendu (Tableau 1).


Conclusion

ENZA+TSA a significativement amélioré la rPFS vs PBO+TSA au stade du CPHSm indépendamment du PSA initial, suggérant l’intérêt prédictif limité du PSA initial chez ces patients dont la plupart avaient reçu un TSA antérieur. ENZA+TSA a significativement amélioré les critères dépendants du PSA. L’analyse de tolérance est cohérente avec le profil connu de ENZA issu des précédentes études.

Auto-transplantation rénale endocorporelle pure laparoscopique robot-assistée
2019
- Communications vidéos
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 779


Objectif

L’auto-transplantation rénale peut être réalisée par différentes voies d’abord. La plus conventionnelle restant l’auto-transplantation par voie ouverte, cette chirurgie invasive est peu pratiquée. Nous présentons ici la technique d’auto-transplantation rénale cœlioscopique robot-assistée avec perfusion intra-corporelle du rein greffé.


Méthodes

Il s’agit d’un patient de 29 ans aux antécédents de réimplantation en Y de l’uretère gauche sur le droite dans l’enfance dans un contexte de reflux vésico-uretéral. Hydronéphrose gauche symptomatique sans sténose identifiée. Test diagnostique par pose de néphostomie per-cutanée positif. Décision d’auto-transplantation laparoscopie robot-assistée endocorporelle pureLa néphrectomie a été réalisée par voie cœlioscopique robot-assistée en décubitus latéral selon la technique habituelle. Le rein a été perfusé par une solution de Custodiol* en intracorporel à l’aide d’une sonde de Fogarty*. Après avoir repositionné le patient en décubitus dorsal, la transplantation a été réalisée par voie coelioscopique robot-assistée selon la technique décrite par notre équipe.


Résultats

La durée opératoire a été de 260min avec une ischémie chaude de 2min et une ischémie « tiède » (rewarming time) de 52min. Les pertes sanguines ont été estimées à 120cc. L’échographie Doppler à J1 était normale. Pas de modification de la créatininémie en post-opératoire. La durée d’hospitalisation a été de 3jours. La sonde JJ a été retirée à J21. À 2 mois, la symptomatologie douloureuse a complètement régressé.


Conclusion

L’auto-transplantation rénale intra-corporelle pure par voie robot-assistée est une technique réalisable et reproductible avec des résultats post-opératoires prometteurs chez des patients sélectionnés pris en charge dans des centres experts. Elle pourrait à terme se positionner comme une alternative à l’iléoplastie.

Auto-transplantation rénale entièrement robot-assistée pour syndrome de casse-noisettes
2019
- Communications vidéos
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 779


Objectif

Le syndrome de casse-noisettes entraîne douleurs lombaires et hématurie par compression de la veine rénale gauche par l’artère mésentérique supérieure. L’auto-transplantation rénale a d’excellents résultats mais l’abord par laparotomie est très invasif. L’objet de la vidéo est de présenter une auto-transplantation rénale entièrement robot-assistée.


Méthodes

Il est présenté le cas d’une patiente de 21 ans, sans antécédents, présentant un syndrome de casse-noisettes symptomatique depuis plus d’un an. Les douleurs lombaires gauches étaient typiques et le diagnostic avait été confirmé par scanner, IRM et phlébographie. Le gradient de pression veine cave/veine rénale était de plus de 3. Il a été proposé une auto-transplantation rénale gauche entièrement robot-assistée.


Résultats

L’intervention débute par une pose de JJ par voie rétrograde endoscopique en position de la taille. La patiente est ensuite installée en décubitus latéral droit. Mise en place de 5 trocards (optique, 3 bras du robot et trocard d’aide). L’approche est semblable à une néphrectomie gauche. Il est réalisé une dissection des vaisseaux iliaques. Après clampage du pédicule rénal, il est perfusé de l’IGL à 4° dans l’artère rénale à l’aide d’une sonde de Fogarty. Les anastomoses vasculaires sont réalisées au Goretex 6/0. Le rein est placé en position extra-péritonéale. L’intervention a duré 312minutes. Les pertes sanguines ont été de 150mL. L’ischémie froide a duré 45minutes et l’ischémie chaude 35minutes. La créatinine était de 48 micromol/L à un mois postopératoire et les douleurs avaient disparues.


Conclusion

L’auto-transplantation rénale entièrement robot-assistée est techniquement faisable sans majoration des temps d’ischémie. Elle permet une approche moins invasive que l’approche traditionnelle par laparotomie.

Basketing réalisé avec l’aide d’un assistant ou par l’opérateur seul au moyen du dispositif Empower : résultats d’une évaluation in vitro
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 679-680


Objectifs

Les fragments lithiasiques extraits lors d’une urétéroscopie souple sont classiquement récupérés au moyen d’un panier manipulé par l’assistant. Cette étape nécessite une bonne coordination entre l’opérateur et l’assistant. Récemment a été introduit le LithoVue Empower™ (Boston Scientific), un dispositif permettant à l’opérateur de contrôler directement le panier sans l’aide d’un assistant. Nous avons évalué l’impact de ce dispositif sur le temps de récupération des fragments.


Méthodes

La K-Box (Porgès-Coloplast) a été utilisée comme modèle dans lequel un calcul de 5×5×5mm a été placé dans 3 cavités rénales différentes avec une complexité d’accès croissante (C1 le plus simple, C2 l’intermédiaire, C3 le plus difficile). Un panier Zero-Tip 1.9Fr(BSc) a été utilisé pour récupérer les calculs. Ce dernier était manipulé via le dispositif Empower ou un assitant. Six endourologues expérimentés et 7 internes en formation ont réalisé ces exercices. Un urétéroscope à usage unique (LithoVue-BSc) a été utilisé dans tous les cas. Aucun des opérateurs n’avait utilisé l’Empower antérieurement. Le temps écoulé entre l’insertion de l’urétéroscope et la récupération du calcul était mesuré.


Résultats

Les temps de récupération des calculs et les taux d’échec entre l’utilisation d’Empower et avec l’aide d’un assistant étaient similaires pour toutes les cavités rénales analysées, p >0,05. Lors de la stratification des analyses en fonction de l’expérience chirurgicale, les urologues expérimentés exécutaient plus rapidement l’extraction des calculs des cavités C1 et C2 (p <0,01) sans qu’aucune différence ne soit mise en évidence entre l’utilisation d’Empower ou non. Une évaluation subjective a montré que l’ensemble opérateurs fournissaient moins d’effort et avaient moins de frustration lors de l’utilisation d’Empower, ce résultats n’étant pas retrouvé lorsqu’il s’agissait des urologues expérimentés seuls (Fig. 1).


Conclusion

Le système de manipulation d’un panier à contrôle individuel Empower pour la récupération des calculs est un dispositif efficace et ne semble pas nécessiter de formation spécifique.

Bilan génétique pré-assistance médicale à la procréation couplée ou non à l’extraction testiculaire de spermatozoïdes
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 722


Objectifs

L’injection intra-cytoplasmique de spermatozoïdes (ICSI) et l’extraction de spermatozoïdes testiculaires (TESE) représentent les avancées les plus importantes dans le traitement de l’infertilité masculine. Cependant, le potentiel de transmission d’anomalies chromosomiques et génétiques à la progéniture suscite de vives. Les principales explorations génétiques indiquées en routine chez l’homme azoospermique et oligospermique sont l’analyse du caryotype et des loci AZF du chromosome Y.


Méthodes

Cette étude rétrospective portait sur une population de 350 couples inclus dans un programme d’ICSI dont 56 % des cas étaient candidats en raison d’une infertilité masculine sévère. Le but de cette étude était de détecter la fréquence des aberrations chromosomiques chez les deux partenaires et celle des micro-délétions des loci AZF évaluée uniquement chez les hommes azoospermiques soumis à une TESE-ICSI.


Résultats

Sur ces 350 couples, 12 % avec un caryotype anormal (homme ou femme) ont été identifiés. Les anomalies sont réparties en aberrations chromosomiques structurelles équilibrées, en mosaïque de bas niveau des chromosomes sexuels et en variants chromosomiques tels que les inversions chromosomiques. Les anomalies chromosomiques ont été détectées principalement chez les hommes oligozoospermiques. Des micro-délétions AZF ont été détectées chez environ 8 % des hommes azoospermiques. L’extraction de spermatozoïdes par TESE n’a réussi que chez les patients à micro-déletion AZFc.


Conclusion

La micro délétion de l’intégralité des régions AZFa ou AZFb du chromosome Y est synonyme de très faibles voire absence de chance pour la récupération des spermatozoïdes, alors que la majorité des hommes porteurs de délétion de l’AZFc conservent des spermatozoïdes parfois dans le sperme et souvent dans les testicules pouvant servir pour une ICSI.

Biopsies de prostate dirigées par IRM avec une sonde de très haute fréquence (29 MhZ) : une alternative à la fusion d’images
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 669-670


Objectifs

L’incorporation des données de l’IRM pour guider une biopsie de prostate augmente le taux de détection des cancers significatifs (sCa). La fusion d’images a des limites reconnues dans la précision du ciblage. Le guidage IRM direct est précis, mais n’est pas facilement disponible. L’échographie de très haute fréquence (micro-échographie), utilisée après l’IRM pourrait pallier les limites des deux autres techniques.


Résultats

Cinquante-huit lésions situées dans zone périphérique dans 71 % des cas étaient observées à l’IRM et visibles à la micro-échographie dans 90 % des cas (52/58, 90 %). Le score PIRADS était de 3, 4, 5, dans respectivement 19 % (10/52), 60 % (31/52) et 21 % (11/52) des cas. Le taux de détection respectif de sCa était de 20, 68, et 91 %. Les 6 lésions visibles à l’IRM et invisibles à la micro-échographie (6/58,10 %) étaient dans la zone périphérique dans 4 cas et avaient un score PIRADS 3 dans 5 des 6 cas, sans sCa décelé dans ce groupe. Treize lésions étaient visibles à la micro-échographie et invisibles à l’IRM. Le taux de détection de sCa était de 31 %(4/13) : une extension controlatérale de la lésion index dans un cas et nodule distant dans trois cas.


Conclusion

Pour les lésions focales PIRADS>2, la valeur localisatrice de la micro-échographie en fait une alternative fiable à la fusion d’images. Pour les lésions PIRADS 3 invisibles à l’échographie, l’absence de cancer significatif décelé suggère de s’abstenir d’une biopsie immédiate.

Biopsies prostatique transpérinéale ciblée en fusion élastique : intérêt dans le primo-diagnostic d’un cancer de la prostate et dans la restadification d’un cancer diagnostiqué par biopsie transrectale
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 670


Objectifs

L’imagerie IRM permet d’orienter l’évaluation biopsique du cancer de la prostate. La question posée est celle des performances de la voie transpérinéale selon la localisation de la cible chez des patients n’ayant pas eu de biopsie préalable ; chez les patients déjà biopsiés, se pose la question de l’intérêt de la biopsie transpérinéale en fusion élastique (TPB) dans la stratification du risque de cancer de la prostate de risque faible à intermédiaire détecté par biopsie transrectale-échographique lorsque les estimations du grade et du volume de cancer ne sont pas cohérentes avec l’IRM.


Méthodes

Les patients en situation de primo-diagnostic n’avaient jamais été biopsiés, et présentaient une cible sur l’IRM prostatique multiparamétrique de score PIRADS v2≥3 Les patients référés pour une surveillance active ou une prise en charge d’organe conservatrice ont été revus collégialement pour évaluer la cohérence des résultats de la biopsie transrectale et de l’IRM, et une biopsie transpérinéale guidée par l’image a été organisé pour les cas discordants. Un seul binôme radiologue–urologue réalisait les biopsies transpérinéale guidées par l’image en fusion élastique, sous anesthésie locale ou générale. Le geste était réalisé à l’aide de la station Trinity, de Koelis (Meylan, France).


Résultats

Entre janvier 2018 et mars 2019, 175 patients ont été accueillis dans notre centre pour une biopsie prostatique transpérinéale. Quarante-huit d’entre eux n’avaient jamais eu de biopsie prostatique. Soixante et onze autres patients ont eu besoin d’une TPB pour la stratification du risque. Concernant les patients en primo-diagnostic, la rentabilité diagnostique était identique pour les lésions antérieures et postérieures (70 %), sans différence sur les longueurs tumorales maximales et cumulées (Tableau 1). Concernant les patients en situation de restadification, les longueurs tumorales maximales dans la cible étaient plus importantes pour TPB [moyenne (IC95 %) : 4,9 (3,7–7,1) vs 2,4mm (2–2,9), p =0,0004], comme les longueurs tumorales totales [16,3 (11,3–21,4) vs 3,6mm (2,7–4,5), p <0,0001] que pour la biopsie transrectale. Quarante-trois patients étaient en surveillance active, 28 en attente de décision. Quatorze sur 43 (32,5 %) patients en surveillance active ont été traités par prostatectomie totale (n =6) ou par rayonnements ionisants (n =8). Chez 28 patients non encore assignés, la stratification du risque par TPB a confirmé le choix d’un traitement à visée curative chez 24 (24/28, 85,7 %) : 9 patients traités par prostatectomie totale, 15 par rayonnements ionisants (Fig. 1).


Conclusion

La biopsie prostatique transpérinéale a une rentabilité diagnostique d’environ 70 % dans la situation de primo-diagnostic, avec des performances diagnostiques indépendantes de la localisation antérieure ou postérieure de la cible. Dans la situation de restadification, la réévaluation du volume et du grade du cancer a fourni plus de matériel pour le pathologiste, et a orienté la majorité des patients vers des groupes à risque plus élevé et des traitements à visée curative.

Biopsies randomisées classiques versus biopsies ciblées avec fusion échographie/IRM : Quels sont les meilleurs candidats ?
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 667-668


Objectifs

L’objectif de cette étude était de comparer les résultats des biopsies ciblées et randomisées sur deux cohortes contemporaines et de rechercher les paramètres orientant le choix de la stratégie.


Méthodes

Les dossiers de tous les patients ayant eu des biopsies randomisées ou des biopsies ciblées à l’aide de l’Urostation (Koelis) entre novembre 2010 et juillet 2015 ont été analysées de manière rétrospective. Étaient exclus les patients ne correspondant pas à une situation de dépistage (cancer manifeste), les biopsies pour récidive après traitement, les biopsies de saturation et les biopsies randomisées réalisées du fait d’une IRM négative. Les populations ont été comparées, de même que les résultats des biopsies. Les données ont été analysées au moyen d’une régression logistique (analyse multivariée).


Résultats

Cent quatorze patients dans le bras biopsies randomisées et 118 dans le bras biopsies ciblées ont ainsi pu être inclus dans l’analyse. Un cancer prostatique a été mis en évidence chez 70 patients dans le groupe biopsies ciblées (59,3 %) et chez 65 patients (57 %) dans le groupe biopsies randomisées (OR=3,00 [IC95 % : 1,52–6,17] p-value =0,0021). Parmi les cancers mis en évidence dans le groupe biopsies ciblées, 21 l’ont été uniquement sur les biopsies ciblées soit 15,5 % des cancers diagnostiqués. Les paramètres ayant pu orienter le type de biopsie réalisée étaient l’âge (p =0,0005), le fait qu’il s’agisse d’une première série ou d’une biopsie itérative (p <0,001), le volume prostatique plus élevé dans le groupe biopsies ciblées (p =0,001), le taux de PSA (p =0,23) et le toucher rectal (p =0,48) (Fig. 1 et Tableau 1)


Conclusion

Après ajustement aux facteurs de confusion, le taux de détection de cancer prostatique par biopsies ciblées était supérieur à celui des biopsies randomisées. Les patients jeunes présentant une hypertrophie prostatique et une série antérieure de biopsies négatives étaient plus fréquemment orientés vers des biopsies ciblées.

Bonnes pratiques des instillations de BCG dans le traitement des TVNIM : enquête auprès des urologues marocains
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 696-697


Objectifs

Depuis le premier article de morales, les instillations de BCG en intravésical ont su s’imposer comme le traitement adjuvant de référence pour la prise en charge des TVNIM. Actuellement, les instillations sont indiquées à la fois dans les tumeurs de vessie de risque intermédiaire et de haut risque. La réalisation des instillations de BCG dans de bonnes conditions est essentielle à la réussite du traitement.


Méthodes

L’enquête a été réalisée entre le 1er novembre et le 31 décembre 2018 auprès d’urologues en formation (internes et résidents) et d’urologues qualifiés (spécialistes et enseignants) via un questionnaire format papier, ou sur Internet (Google Forms®). Les recommandations sur lesquelles nous nous sommes basées sont, par ordre alphabétique : ANZUNS 2018 (Australia and New Zealand Urological Nurses Society), AUA/SUO 2016 (American Urological Association et Society of Urologic Oncology), BAUN 2010 (British Association of Urological Nurses), CCAFU 2012 et 2018–2020 (Comité de cancérologie de l’Association française d’urologie), EAU 2018 (European Association of Urology), EAUN 2015 (European Association of Urology Nurses) et NCCN 2018 (National Comprehensive Cancer Network).


Résultats

Quatre-vingt-quatorze urologues ont répondu à cette enquête. Près de 20 % ne remettent pas à leurs patients de documents explicatifs ou ne réalisent pas une consultation pendant laquelle leur sera expliqué le protocole. Soixante pour cent ne réalisent qu’un seul ECBU au début de la cure, 40 % en réalisent un avant chaque séance. En cas de colonisation, 73 % préfèrent traiter le patient et reporter la séance plutôt que la réaliser sous couverture antibiotique. Dans 68 % des cas, l’urologue réalise lui-même la séance, contre 32 % des cas où il la délègue à un infirmier. Dans près de 90 % des cas, cet infirmier n’a pas bénéficié de formation spécifique. Quatre-vingt pour cent des opérateurs ne sont pas totalement protégés lors de l’acte.


Conclusion

En conclusion, nous avons ainsi dégagé 4 principaux axes d’amélioration. Le respect des recommandations est essentiel et primordial, et permet la protection du patient et de l’opérateur. En effet, la survenue d’effets indésirable est la cause principale d’abandon des instillations de BCG.

Cancer de la vessie et transplantation rénale
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 671


Objectifs

La transplantation rénale (TR) est le traitement de choix de l’insuffisance rénale terminale. L’immunosuppression a permis des progrès considérables dans la maîtrise du rejet aigu mais reste un facteur de risque prépondérant de cancer après TR. Le but de notre étude était d’étudier l’incidence et la prise en charge des cancers de vessie (CV) chez les transplantés rénaux dans notre institution.


Méthodes

Étude rétrospective descriptive monocentrique portant sur la population transplantée rénale entre janvier 1993 et décembre 2018. Les données démographiques des patients, la néphropathie initiale, les caractéristiques des CV et leurs traitements, les récidives ainsi que les suivis ont été relevés. En cas de décès la causalité avec le CV était rapporté.


Résultats

Vingt-sept patients sur 1586 transplantés (1,7 %) d’âge moyen 60,4 ans (σ =10,8) ont présenté un carcinome urothélial dont 17 femmes. Le délai moyen entre la TR et le diagnostic de CV était de 8,9 ans (σ =4,4). Une néphropathie aux acides aristolochiques (AA) était retrouvée chez 15 patientes. Dix-sept TVNIM (63 %), 10 TVIM (37 %) dont 4 (14,8 %) d’emblée métastatiques ont été enregistrées. Les traitements ont été conformes aux recommandations : chimiothérapie et/ou BCG local pour les TVNIM, cystectomie pour les TVIM et chimiothérapie systémique pour les CV métastatiques. Le pronostic était sombre en cas de TVIM et/ou métastatique avec 85 % de patients décédés. Huit patientes, toutes transplantées à cause des AA, ont présenté une ou plusieurs récidives et 1 patiente a du avoir une cystectomie.


Conclusion

L’incidence du cancer de vessie est élevée dans notre série de transplantés rénaux compte tenu de la prévalence élevée d’une néphropathie aux AA.

Leur prise en charge est similaire aux patients non transplantés. Une surveillance étroite adaptée est justifiée chez les transplantés pour néphropathie aux herbes chinoises compte tenu du risque élevé de récidive et de progression.

Cancer de prostate chez les patients afro-caribéens : sont-ils plus agressifs au diagnostic
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 763-764


Objectifs

Les patients originaires d’Afrique subsaharienne ont une incidence et une mortalité par cancer de prostate plus élevé que les hommes caucasiens. L’objectif de cette étude était d’évaluer les résultats anatomopathologiques d’une cohorte afro-antillaise diagnostiquée d’un cancer de prostate sur biopsies de prostate, et de les comparer à une cohorte de France métropolitaine à majorité caucasienne.


Méthodes

Une étude rétrospective comparative bicentrique a été réalisée entre un centre Martiniquais et un centre Parisien entre 2008 et 2016. Les données cliniques, biologiques et pathologiques étaient recueillies au diagnostic. Les biopsies étaient réalisées selon le schéma standard de 12 prélèvements systématisés. Le critère de jugement principal était la classification de la société internationale de pathologie urologique (ISUP) pour le score de Gleason. Le critère de jugement secondaire était le taux de détection du cancer de prostate par les biopsies. Toutes les biopsies ont été relues par le même anatomopathologiste. Une analyse multivariée a été réalisée par régression linéaire.


Résultats

Sur les 1880 patients ayant bénéficié de biopsies de prostate dans la cohorte afro-caribéenne, 945 ont eu un diagnostic de cancer de la prostate (50,3 %), et 500 patients sur 945 dans la cohorte métropolitaine (33,8 %). Les patients afro-antillais étaient plus âgés (moyenne : 68,5 ans vs 67,5 ans, p =0,028), avaient un stade clinique plus élevé (13,2 % vs 5,2 % cT3-4, p <0,001) et un taux de PSA plus élevé (9,23 vs 8,32ng/mL, p =0,019). Après analyse univariée, les patients afro-antillais présentaient un grade pathologique ISUP plus élevé que les patients métropolitains (p <0,001). Néanmoins, après ajustement sur l’âge, le PSA et le stade clinique, il n’y avait plus de différence significative entre les deux cohortes (p =0,903) (Tableau 1, Tableau 2 et Fig. 1).


Conclusion

Les patients afro-antillais ne présentaient pas de résultats anatomopathologiques plus défavorable au diagnostic que les patients métropolitains, après analyse multivariée. Les patients afro-antillais atteints de cancer de prostate pourraient s’attendre au même pronostic que les patients caucasiens, au même stade de la maladie, dans des centres présentant des conditions équivalentes d’accès aux soins.