Base bibliographique

Évaluation multi-institutionnelle de la chirurgie ambulatoire pour la prostatectomie radicale assistée par robot
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 731


Objectifs

Évaluer la faisabilité de l’ambulatoire pour la prostatectomie radicale assistée par robot (RARP) en France, en multi-institutionnel.


Méthodes

Nous avons inclus 358 patients subissant une RARP en ambulatoire dans 6 centres français. Les principaux critères de jugement étaient l’échec de l’ambulatoire, les complications à 30jours et les taux de réadmission. Les critères de jugement secondaires comprenaient les caractéristiques préopératoires, les paramètres périopératoires, le score de Chung et l’échelle visuelle analogique de la douleur (EVA) à la sortie, les caractéristiques pathologiques, le suivi.


Résultats

L’âge moyen des patients était de 64,7 ans. Le temps opératoire moyen et la perte de sang étaient de 147,5minutes et 228mL. Une dissection ganglionnaire concomitante et une préservation nerveuse ont été réalisées dans 43 % et 62 % des cas. Aucun patient n’a nécessité de transfusion ou de conversion. Les taux d’échec de l’ambulatoire, de complication et de réadmission étaient respectivement de 4,2 %, 16,8 % et 2,8 %. Les complications les plus fréquentes étaient des complications de bas grade, notamment une infection urinaire (6,4 %) et un iléus (2,8 %). La perte de sang, la dissection des ganglions lymphatiques et la douleur VAS étaient significativement corrélées à l’échec de l’ambulatoire. Un échec de l’ambulatoire a été rapporté chez 7,8 % des patients présentant une dissection des ganglions lymphatiques pelviens, contre seulement 1,5 % des patients n’ayant pas subi de dissection des ganglions lymphatiques (p =0,003). Le score ASA était le seul facteur significativement associé aux complications postopératoires (p =0,023). Le seul facteur corrélé à la réadmission était la douleur EVA à la sortie (p =0,017).


Conclusion

Cette première évaluation multi-institutionnelle confirme la sécurité de l’ambulatoire dans le système de santé français et identifie pour la première fois les facteurs associés à l’échec et à la réadmission après ambulatoire. Ces résultats peuvent aider le médecin à anticiper les candidats idéaux et à adapter le suivi postopératoire.

Évaluation multicentrique internationale de la néphrectomie partielle robot-assistée par rapport à la néphrectomie partielle ouverte : étude IRON
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 748


Objectifs

L’objectif de cette étude était d’évaluer les résultats périopératoires, fonctionnels et carcinologiques de la néphrectomie partielle robot-assistée (NPRA) et de la néphrectomie partielle par voie ouverte (NPO) dans une vaste cohorte contemporaine multicentrique et internationale.


Méthodes

Au total, 3468 patients ayant des tumeurs rénale cT1-2 cN0 cM0 opérés par NPRA ou NPO dans neuf institutions européennes, nord-américaines ou asiatiques de haut volume ont été évalués de manière prospective. Les résultats de l’étude ont porté sur les complications périopératoires, la fonction rénale et les résultats carcinologiques. Un score de propension a été utilisé pour prendre en compte tous les facteurs de confusion potentiels mesurables, en accordant une attention particulière aux principaux déterminants des résultats cliniques souvent négligés dans les études précédentes, tels que la complexité de la tumeur et l’expérience chirurgicale.


Résultats

Après avoir tenu compte de tous les facteurs de confusion potentiels mesurables, la NPRA était associée à un taux moindre de complications intra-opératoires (5,7 % vs 9,3 %), de complications postopératoires globales (18 % vs 33 %) et de complications postopératoires majeures (4 % vs 6 %). La NPRA était associée à une durée d’ischémie plus longue (16 contre 15min) et à un débit de filtration glomérulaire postopératoire plus faible (76 contre 78mL/min). En revanche le débit de filtration glomérulaire estimé était similaire à un an (71 vs 68mL/min). Aucune différence significative n’a été observée concernant le taux de marges chirurgicales positives (4,3 % vs 5,1 %), de récidive locale (1,6 % vs 2,1 %), de progression métastatique (1,8 % vs 4,5 %) et de survie spécifique (0,8 % vs 2,4 %) avec un suivi médian de 32 mois.


Conclusion

Dans cette étude contemporaine, La NPRA est associée à une morbidité peropératoire plus faible que la NPO. La fonction rénale est préservée de la même façon à long terme. Enfin, les résultats oncologiques sont équivalents.

Évaluation préclinique et clinique d’un outil développé pour la planification opératoire des chirurgies lithiasiques : « Kidney Stone Calculator »
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 702-703


Introduction

Kidney Stone Calculator (KSC) est un outil que nous avons développé pour mesurer le volume lithiasique total (VLT) et estimer la durée opératoire de lithotritie laser endocorporelle (LLE) au cours de l’urétérorénoscopie souple (URS-S), à partir du scanner abdominopelvien préopératoire non injecté (TDM AP IV-). L’objectif de cette étude était de réaliser une évaluation préclinique et clinique de cet outil.


Méthodes

Une base de données scanographiques (17) était préalablement constituée : 9 calculs humains, 6 calculs synthétiques cubiques, 2 situations cliniques (calcul unique et coralliforme). Après formation, les VLT étaient mesurés en aveugle par trois opérateurs (interne, urologue senior, ingénieur). Une analyse des coefficients de corrélation inter-opérateurs et de Kendall était réalisée. Fut conduite ensuite une étude clinique multicentrique prospective en double aveugle incluant des patients avec calculs rénaux traités par URS-S avec LLE et TDM AP IV- préopératoire dans 3 centres, entre janvier et mars 2020. Étaient collectées les caractéristiques démographiques, lithiasiques (diamètre maximum, VLT, densité) et opératoires (matériel, durée et paramètres de LLE avec laser Holmium :YAG, énergie totale délivrée, complications). Les durées de LLE effective (EfLLE) et estimée (EsLLE) par KSC ont été comparées, ainsi que 5 facteurs influençant potentiellement cette estimation : calcul caliciel inférieur non relocalisable ou non relocalisé, diamètre de la gaine d’accès, mode de LLE et expérience de l’opérateur.


Résultats

Aucune différence significative n’était retrouvée entre les opérateurs (Op1-Op2 : p =0,35, Op1-Op3 : p =0,69, Op2-Op3 : p =0,29). Une forte concordance inter-opérateur était retrouvée (Kendall : 0,98 et corrélation Pearson : 0,99). Concernant l’évaluation clinique, 26 patients furent inclus dans trois centres, avec un âge médian de 55,5 ans. Le sex-ratio était de 2 hommes pour 1 femme, avec un IMC médian de 28,7kg/m2. Les patients présentaient un calcul unique, caliciel inférieur et une densité>1000 UH dans 66 %, 42 % et 85 %, respectivement (Tableau 1). Une différence médiane de 14 % (5,4–24,8) entre EsLLE et EfLLE était constatée (p =0,36), majorée en cas de calcul caliciel inférieur non relocalisable (p =0,008), en mode Fragmentation (Tableau 2, Tableau 3). Le diamètre de la gaine d’accès urétérale et l’expérience de l’opérateur n’influençaient pas significativement cette différence (p =0,46 et p =0,07, respectivement). L’énergie par mm3 et le débit d’ablation médians étaient de 17,6J/mm3 et 23,8 mm3/min, respectivement.


Conclusion

Kidney Stone Calculator est un outil de planification opératoire reproductible et fiable. Il permet d’estimer le VLT et la durée de LLE à partir du TDM AP IV- préopératoire avec fenêtrage osseux manuel sans prérequis. Les calculs caliciels inférieurs non relocalisables, le mode Fragmentation et l’expérience moindre de l’opérateur peuvent conduire à sous-estimer la durée de LLE. Une étude clinique sur un plus grand nombre de patients est nécessaire pour valider ces résultats.

Évaluation préliminaire de la satisfaction des patients et des médecins concernant l’utilisation de la téléconsultation en urologie pendant la pandémie COVID-19
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 699


Objectifs

Le confinement lié au COVID-19 a forcé les urologues à proposer de nouvelles offres d’accès aux soins pour leurs patients, notamment en oncologie. La téléconsultation, en limitant le risque d’exposition au virus, est une alternative sûre pour les patients mise en place en urgence dans nos centres. Notre objectif était d’évaluer la satisfaction des patients et des médecins concernant la téléconsultation pendant la pandémie COVID-19.


Méthodes

À partir du 16 mars 2020, toutes les consultations en présentiel ont été annulées en France, à l’exception des urgences. Nous avons évalué la téléconsultation initiée immédiatement par 5 urologues séniors dans 2 centres universitaires. Tous les patients ayant consulté ont reçu par mail le questionnaire validé évaluant la satisfaction suite à une téléconsultation (TSQ). Ces items ont également été remplis par les consultants. Le TSQ comprenait 14 items étant chacun côté par une échelle de Likert à 5 points. Les facteurs associés à une bonne satisfaction étaient recherchés par régression logistique multivariée.


Résultats

Au total, 105 patients ont répondu au questionnaire (91,3 %). L’âge médian était de 66 ans (IQR=55–71), et 95 étaient des hommes (90,5 %). La majorité des consultations correspondaient à un suivi médical (n =72,68 %) oncologique (n =46, 44 %). Vingt-quatre patients (23 %) rencontraient leur urologue pour la première fois (Fig. 1). Le TSQ médian était de 67 (IQR=60–69) ; la téléconsultation était jugée comme une bonne expérience par 88 patients (83,8 %) et par 4 urologues (80 %). Les patients qui rencontraient leur chirurgien pour la première fois au cours de la téléconsultation était plus à même de considérer l’expérience comme bonne (OR=1,2, IC95 %=1,1–1,5, p =0,03).


Conclusion

Débutée en urgence durant la pandémie de COVID-19, la téléconsultation en urologie est une alternative ayant atteint un haut niveau de satisfaction à la fois pour les patients et les praticiens, indiquant potentiellement un changement majeur dans l’utilisation de cette technologie après la crise sanitaire.

Évaluation rétrospective de l’implantation transcaverneuse du sphincter urinaire artificiel AMS 800™ post-radiothérapie : étude monocentrique de 27 cas
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 782


Objectifs

Les résultats de la littérature concernant les effets de la radiothérapie avant la pose d’un sphincter artificiel AMS 800™ (SA) pour la prise en charge d’une incontinence urinaire sévère sont discordants.

La conférence de consensus de 2015 ne propose que des recommandations de grade D concernant la technique opératoire.

Nous rapportons ici l’expérience monocentrique mono-opérateur de 27 patients irradiés implantés.


Méthodes

Une base de données des patients prostatectomisés et irradiés, implantés d’un SA dans notre établissement a été utilisée pour effectuer une revue rétrospective. Les critères de survie du dispositif, l’infection/l’érosion et le dysfonctionnement du dispositif ont été évalués.

Entre 2012 et 2020, 220 primo-implantations de SA ont été réalisées par le même opérateur. Vingt-sept avaient précédemment subi une irradiation pelvienne en complément d’une chirurgie prostatique.

Toutes les implantations avaient lieu au minimum 1 an après la fin de la radiothérapie, après un bilan urodynamique et une fibroscopie. La pose était systématiquement faite par voie transcaverneuse par choix de l’opérateur.


Résultats

L’âge moyen était de 72 ans (69–88).

Trois (11 %) avaient été traités d’une sténose urétrale.

Toutes les procédures se sont déroulées sans difficulté. Le temps moyen de pose est de 78minutes (67 à 280).

Le suivi moyen est de 18 mois (6–96).

À 12 mois de suivi, 21 (78 %) sont secs et 3 (11 %) très améliorés (une protection par jour). Trois ont dégradé progressivement leur continence avec une altération de la compliance vésicale.

Quatre (15 %) ont été explantés. Deux dans le mois postopératoire pour un hématome surinfecté sous anticoagulants et 2 pour une érosion tardive 30 mois après implantation.

Un patient a présenté une panne mécanique nécessitant un changement itératif.

Cinq ont été perdus de vu, un an après l’implantation.


Conclusion

Cette série homogène semble prouver qu’un antécédent d’irradiation pelvienne, associé au choix d’une pose par voie transcaverneuse, ne constitue pas en soit une contre-indication à l’implantation d’un SA AMS 800™. Au contraire, les taux de succès et de complications semblent être aussi proches que ceux de la littérature des patients non irradiés.

Évaluation rétrospective de l’incidence du cancer de prostate cliniquement significatif a 10 ans et intérêt de l’utilisation de la densité du PSA dans le choix des premières biopsies en cas d’IRM négative
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 693-694


Objectifs

L’IRM a une valeur prédictive négative (VPN) de 85 à 95 % pour la détection du cancer de prostate cliniquement significatif (csPCa). Certaines sociétés savantes proposent de ne pas réaliser de biopsies en cas d’IRM non suspecte (IRMn) afin de réduire le diagnostic des cancers indolents (nsPCa). Certains facteurs cliniques ainsi que la densité (PSAd) ou la cinétique du PSA pourraient être utilisés pour indiquer des biopsies en cas d’IRMn en minimisant le risque de manquer les csPCa. L’objectif principal était de décrire l’incidence cumulée du csPCa dans une population IRMn, naïf de biopsie, avec un suivi de 10 ans. Les objectifs secondaires étaient d’évaluer les facteurs cliniques et les marqueurs biologiques prédicteurs de csPCa.


Méthodes

Tous les patients consécutifs ayant un dépistage du cancer prostatique positif (PSA>4ng/mL ou toucher rectal suspect) engendrant la réalisation d’une première série de biopsie dans notre centre, précédés d’une IRMn (PIRADS/Likert 1-2) ont été inclus de 2007 à 2017. Tous les patients ont subi 12 biopsies systématisées trans-rectales. Le csPCa était défini comme ISUP ≥2 ou ISUP 1 et ≥3 biopsies positives et/ou longueur maximale envahie>5mm (MCLL). Un modèle de régression a été utilisé pour identifier les prédicteurs du diagnostic de csPCa. Le suivi minimum était de 1 an.


Résultats

Six cent quarante patients ont été inclus, 503 analysés. La première série de biopsies retrouvait un csPCa dans 9 % des cas (nsPCa 22 %). Au cours d’un suivi médian de 4 ans, 31 % des 415 patients ont eu au moins une seconde IRM et 25 % de nouvelles biopsies qui étaient positives pour un csPCa chez 5 % des patients. L’incidence cumulée finale du csPCa était de 13 %. Le PSAd était significativement associé au diagnostic de csPCa (OR=1,06 [1,03–1,09]), ainsi que le stade clinique ≥T2a (OR=3,32 [1,69–6,53]) et les antécédents familiaux (OR=2,38 [1,10–6,16]). L’utilisation d’un seuil de PSAd<0,14ng/mL/mL (OR=3,14 [1,64–6,00]) chez les patients IRMn aurait permis de réduire le risque de faux négatif de 9 % à 3 %, tout en évitant la biopsie dans 50 % des cas (Fig. 1, Fig. 2, Fig. 3).


Conclusion

L’incidence cumulée du csPCa aux premières biopsies était de 9 % et 13 % au cours du suivi. Des facteurs prédictifs tels que la PSAd, le TR et les antécédents familiaux au premier degré pourraient être utilisés en cas d’IRMn pour diminuer le risque de sous-détection du csPCa et diminuer le nombre de biopsies.

EXIME, nouvelle prothèse prostatique temporaire en remplacement de la sonde à demeure chez les patients en rétention aiguë ou chronique d’urine. Étude prospective multicentrique non randomisée chez 84 patients
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 768


Objectifs

Étude prospective non randomisée dans 3 centres pour évaluer :

– la faisabilité de l’insertion de la prothèse prostatique temporaire de taille unique avec simple gel anesthésique local ;

– les résultats cliniques pendant le premier mois avec la prothèse en place ;

– son retrait en ambulatoire à 1 mois.


Méthodes

EXIME (Rocamed, Signes, France), prothèse en silicone, est un modèle unique, CH 20, avec 2 tubes (un tube prostatique et un tube bulbaire) relié par un fil de connexion qui traverse le sphincter strié. Les 7cm de longueur du tube prostatique permettent l’intubation de toutes les prostates de volume<150 cm3. Des ailettes au niveau des tubes supérieur et inférieur se déploient de chaque côté du sphincter et empêchent la migration.

Sélection des patients : les patients en rétention ont été traités par pose d’une sonde à demeure (SAD) et ont eu un essai de sevrage de la sonde. En cas d’échec de sevrage, 2 options leur ont été proposées, soit pose d’une nouvelle SAD, soit pose de la prothèse pour un mois. Sur 132 patients, 84 (63 %) ont eu un échec de retrait de la sonde. Tous ont donné leur consentement pour la pose de la prothèse selon le protocole approuvé par CPP. Mise en place de la prothèse sans instrumentation en unité ambulatoire. Après pose, le patient se lève et urine immédiatement. Retrait à 1 mois par simple traction sur le fil dépassant du méat urétral.


Résultats

Facilité d’insertion : 80/84 (95 %). Chez 4 patients la prothèse n’a pas franchi le sphincter strié et s’est retournée dans l’urètre bulbaire sans blessure muqueuse. Pas d’urétrorragie. Pas de fausse route. Courbe d’apprentissage : un patient. Miction immédiate d’urine claire : 80/80 (100 %). Débit max : 11,5mL/s.

À 1 mois : complications : prostatite aiguë : 1 (retrait à j1) ; migration : 1 (expulsion j2). Continence : 78/78 (100 %). Pas de rétention aiguë. Tolérance sans médication : 77/78 (97 %). Confort prothèse versus sonde à demeure, selon cotation patient : prothèse meilleur que sonde 78/78 (100 %). Facilité de retrait à 1 mois : évaluation patient : identique ou plus facile que sonde 78/78 (100 %). Incrustation : aucune.


Conclusion

EXIME prothèse prostatique temporaire est apparue comme une alternative satisfaisante à la sonde à demeure chez 77/84 (91 %) des patients en rétention aiguë ou chronique d’urine.

Expérience monocentrique de la chirurgie robotique des cancers du rein avec thrombus cave : technique et résultats
2020
- Communications vidéos
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 840


Objectifs

La chirurgie ouverte demeure le traitement de référence des tumeurs rénales avec thrombus de la veine cave inférieure, alors que la voie robotique a été décrite par certaines équipes expertes seules. Deux études comparatives sont disponibles dans la littérature. L’objectif de cette vidéo était de présenter la technique et les résultats de la néphrectomie totale élargie et thrombectomie cave par voie laparoscopique avec assistance robotique.


Méthodes

La technique chirurgicale de la voie robotique réalisée avec le robot Da-Vinci Si (Intuitive Surgical) et échographie per-opératoire (Hitachi Arietta Precision) est décrite pas à pas. Étude rétrospective monocentrique comparative, sur des patients opérés pour cancer du rein avec extension cave de niveau 1 à 3, entre décembre 2015 et décembre 2019. Les données cliniques, collectées après consentement, sont issues de la base de donnée prospective UroCCR (CNIL DR 2013-206, NCT03293563). Les patients étaient séparés en deux groupes selon l’approche chirurgicale : ouverte ou laparoscopique robot assistée. Analyse univariée puis multivariée de la morbidité péri opératoire et des résultats carcinologiques.


Résultats

Le patient, un homme de 81 ans, présentait une tumeur de 8cm du pole supérieur et médio rénal du rein droit, associé à un thrombus cave de niveau II. Le bilan d’extension était négatif. La durée de la chirurgie était de 320minutes, dont 24minutes de clampage cave, et les pertes sanguines estimées à 300mL. Le patient a regagné son domicile à J4 post opératoire. L’analyse anatomopathologique a conclu à un carcinome à cellule claire de grade 4 de Fuhrman, de stade pT3cN0M0. Les deux groupes comptaient respectivement 30 et 10 patients. Les durées opératoires étaient significativement allongées dans le groupe robotique (350,5 vs 208min) (p < 0,01) alors que les pertes sanguines (500 vs 1250mL) (p = 0,02) et les durées d’hospitalisation (7 vs 10jours) (p < 0,01) étaient réduites. Il n’y avait pas de différence significative en termes de complications postopératoires ou de résultat carcinologique.


Conclusion

La voie d’abord robotique pour les NTE avec thrombectomie cave apparaît réalisable et sûre, pour des patients sélectionnés et au sein d’équipes expertes. Elle est à l’origine de temps opératoires plus longs, mais de pertes sanguines et de durées d’hospitalisation réduites.

Explantation d’une prothèse de promontofixation par voie transvésicale et exérèse des bras d’une bandelette tvt laparoscopique robot-assistée
2020
- Communications vidéos
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 851


Objectifs

Le traitement des prolapsus pelviens par promontofixation expose à certaines complications inhérentes à la mise-en-place de matériel prothétique. Les érosions vésicales se traduisent essentiellement par des infections urinaires à répétition, des douleurs et/ou une hématurie. La mise en place d’une bandelette sous-urétrale de type TVT peut être à l’origine d’une dysurie. La voie robotique pourrait simplifier l’explantation du matériel prothétique lorsque celle-ci est nécessaire.


Méthodes

Nous présentons le cas d’une patiente de 69 ans, présentant des infections urinaires fébriles récidivantes et des douleurs lombaires bilatérales associées à une hématurie macroscopique en rapport avec l’érosion vésicale d’une bandelette de promontofixation antérieure mise en place en 2012 et une bandelette sous urétrale de type TVT dysuriante. L’objectif de cette vidéo était de décrire la technique chirurgicale de l’explantation d’une prothèse de promontofixation par voie transvésicale avec d’exérèse des bras d’une bandelette TVT par laparoscopie robot-assistée.


Résultats

Une explantation en monobloc de la totalité de la prothèse de promontofixation a été réalisée, ainsi que l’exérèse des portions rétro-pubiennes des bras de la bandelette sous urétrale. L’intervention a été réalisée sous laparoscopie robot-assistée en 180minutes. L’intervention commence par une cystotomie médiane jusqu’à la zone d’érosion rétro-trigonale. La dissection inter-vésico-vaginale permet de libérer la bandelette des parois vésicales et vaginales, puis se poursuit en suivant la prothèse dans son passage à travers le paramètre, jusqu’à sa fixation au promontoire. La vessie est suturée par 2 hémi-surjets verticaux de V-lock après mise en place de sondes JJ. Les portions rétro-pubiennes de la bandelette TVT sont disséqués en partant de l’espace de Retzius jusqu’à l’aponévrose pelvienne. Il n’y a pas eu de complication peropératoire. La patiente a quitté le service à J2 mais a du être réhospitalisée pour pyélonéphrite à J10 pendant 3jours (Clavien 2).


Conclusion

L’explantation d’une bandelette de promontofixation antérieure par laparoscopie robot-assistée est une technique faisable qui pourrait diminuer la morbidité périopératoire l’ouverture vésicale sécurise le geste en permettant une bonne visibilité.

Explication pas a pas de la lymphadenectomie lombo-aortique robot-assistée
2020
- Communications vidéos
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 853-854


Objectifs

Les complications de la lymphadenectomie lombo-aortique robot-assistée (RALND) sont rares mais souvent sévères. Bien que réservé aux chirurgiens expérimentés, le volume d’activité est souvent faible, ce qui limite la courbe d’apprentissage et l’efficacité de l’équipe. L’outil robotique pourrait aider à surmonter ces difficultés. L’objectif de ce travail est d’illustrer une procédure standardisée de RALND sous mésocolique.


Méthodes

Il s’agit d’un patient de 33 ans présentant une tumeur résiduelle latéro-aortique gauche, sous la veine rénale, après une radio-chimiothérapie pour un séminome testiculaire. L’orchidectomie avait été pratiquée dans un autre centre il y a un an et demi. L’intervention a été réalisée à l’aide du système DaVinci X avec un arrimage latéral à partir de l’épaule gauche. Le patient était en position de Trendelenburg. L’optique de 30° a été positionné en sus-ombilical, prograsp et ciseaux en pararectal gauche et droit, la bipolaire fenêtrée en flanc gauche. Les trocarts d’aide étaient de 12mm sur le flanc droit et de 5mm sur la ligne pararectale droite. Ceci permettait une exposition anatomique des vaisseaux sous-mésocoliques.


Résultats

La durée opération était de 360min, avec moins de 100ml de saignement. Le patient a quitté l’hôpital au troisième jour, sans complications précoces. Il a présenté à un mois une lymphorrhée importante traitée par engluage radiologique.


Conclusion

La RALND est une procédure standardisée et reproductible, permettant une exposition anatomique, le contrôle des marges chirurgicales et l’anticipation des risques opératoires. Elle est toujours réservée aux chirurgiens expérimentés, mais sa standardisation permet une plus grande efficacité et une optimisation des pratiques au sein de l’équipe.

Exploration chirurgicale d’une douleur testiculaire aiguë suspecte de torsion du cordon spermatique chez l’adulte : étude d’une population de 468 cas
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 816


Objectifs

La douleur testiculaire aiguë (DTA) est un motif fréquent de consultation aux urgences. Bien connue des pédiatres de par l’urgence chirurgicale que représente la torsion du cordon spermatique (TCS), elle ne doit pas être négligée chez l’adulte. L’objectif de cette étude était d’analyser les caractéristiques démographiques et périopératoires des DTA explorées au bloc opératoire chez les patients adultes de plus de 30 ans.


Méthodes

Il s’agit d’une une étude multicentrique rétrospective nationale (TorsAFUF) qui a inclus tous les patients adultes de plus de 30 ans pris en charge pour une DTA suspecte de TCS dans 14 centres hospitaliers. Les caractéristiques démographiques, les données peropératoires et postopératoires ont été recueillies. Une régression logistique a été réalisée pour rechercher les facteurs associés à une TCS dans cette population particulière.


Résultats

L’étude a inclut 486 patients (Tableau 1). L’âge médian était de 36 ans (32–41) La douleur testiculaire brutale a été le signe fonctionnel le plus fréquent (81,84 %). Une échographie préopératoire a été réalisée chez 39 % des patients, ayant permis le diagnostic de TCS dans un quart des cas. Le délai entre l’arrivée des patients aux urgences et l’exploration scrotale était de 8h. L’exploration chirurgicale a identifié une TCS chez 46,1 % des patients. Une orchidectomie a été réalisée chez 1 patient sur 10. Les suites opératoires ont été simples dans 87 % des cas. En analyse multivariée, seule la position ascensionnée du testicule semblait apparaître comme un facteur prédictif de TCS dans cette population (OR=2,81, p =0,01) (Tableau 2).


Conclusion

Ces données soulignent la prévalence significative de la TCS chez les patients adultes de plus de 30 ans et la position ascensionnée du testicule à l’examen physique semble être le signe clinique le plus prédictif dans cette population.

Exploration des facteurs biologiques prédictifs de la progression après chirurgie dans le carcinome rénal à haut risque : résultats de la cohorte française des patients de l’essai randomisé S-TRAC
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 788-789


Objectifs

L’objectif de cette étude était d’explorer les facteurs biologiques prédictifs de la progression après néphrectomie pour carcinome des cellules rénales (CCR) à haut risque non métastatique en utilisant les tumeurs collectées des patients inclus en France dans l’essai randomisé S-TRAC (NCT00375674).


Méthodes

Nous avons analysé les tumeurs de la cohorte française du STRAC qui comprenait 44 cas de CCR qui ont été recueillis dans six centres. L’objectif principal était d’explorer les facteurs biologiques prédictifs de la progression (définis comme SSP) au sunitinib. L’analyse à large spectre, y compris l’immunohistochimie, la fluorescence in situ d’hybridation (FISH), d’hybridation génomique comparative (CGH) et de transcriptomique des analyses ont été effectuées sur les tumeurs.


Résultats

L’analyse de la densité vasculaire a montré un stroma vasculaire de type 1 correspondant à une densité vasculaire élevée a été associée à une progression (p <0,034, Fig. 1). La perte de poly bromo-1 a montré un profil distinct : une tumeur agressive hautement avec un profil angiogénique marqué (surexpression du facteur de croissance endothélial vasculaire et stroma vasculaire immature de type 2), pas d’expression PD1 ou PDL1, et statut de type sauvage (WT) du gène VHL . Il y avait 27 régions chromosomiques gagnées chez les patients présentant une progression (sur les chromosomes 7 et 16, et dans une moindre mesure 8, 12, 17, 19, 20 correspondant à 605 gènes associés) et 10 régions perdues chez ces mêmes patients sur les chromosomes 8 et 9, et dans une moindre mesure 2 et 21 correspondant à 25 gènes associés.


Conclusion

Nous avons constaté qu’un phénotype angiogénique défini par une forte densité vasculaire avec un stroma vasculaire de type 2 était un facteur prédictif de la résistance au sunitinib.

Quel que soit le traitement reçu (sunitinib ou placebo) les gains et de pertes chromosomiques et d’altérations génomiques, y compris la perte de PBRM1 étaient associées à un plus mauvais pronostic.

Facteurs de risque de complication après photovaporisation laser Greenlight
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 767


Introduction

La résection transurétrale de prostate par photovaporisation laser est une alternative aux techniques de résection par courant monopolaire ou bipolaire. Elle représente une option intéressante pour le traitement de l’HBP au sain d’une population vieillissante sous anticoagulants ou sous antiagrégants.

L’objectif de cette étude était d’identifier des facteurs de risque de complications après photovaporisation laser de prostate.


Méthodes

Une analyse rétrospective a été menée sur une cohorte de patients pris en charge par photovaporisation laser dans un centre universitaire entre janvier 2017 et avril 2019.

Les antécédents principaux, notamment la prise de traitement antiagrégants et/ou anticoagulants, les antécédents de diabète, neurologiques et de tabagisme ont été recueillis.

Les données opératoires ont été notifiées (taille de la prostate, expérience de l’opérateur) ainsi que les complications postopératoires. Une analyse univariée a permis d’analyser les groupes plus à risque de complications, une analyse multivariée a été ensuite réalisée sur ces groupes.


Résultats

Cent soixante-dix-neuf patients ont été inclus, 19 (10,6 %) ont eu des complications postopératoires (6 prostatites, 5 hématuries, 9 rétentions, 8 ont dû être réhospitalisés).

Quatre-vingt-treize patients (51,9 %) étaient sous traitement anticoagulant et/ou antiagrégant.

En analyse univariée, les patients sous traitement anticoagulant et/ou antiagrégants ont significativement plus de risque de complications postopératoires (p =0,015) (Tableau 1).

Cependant, l’analyse par type de complications ne montre pas de risque significativement plus élevé chez ces patients (Tableau 2) et en reprenant l’ensemble des facteurs prédictifs dans un modèle multivarié seul l’âge supérieur à 75 ans est un facteur de risque de complications significatif (OR : 4,213 ; IC95 : 1,471 ; 12,063) (Tableau 3).


Conclusion

Cette série montre que les patients prenant des traitements anticoagulants et/ou antiagrégants n’ont statistiquement pas plus de risque de complications, seul l’âge supérieur à 75 ans serait un facteur de risque de complications. Les indications de prise en charge chirurgicales pourraient tenir compte de ce facteur de risque notamment en termes d’information éclairée donnée au patient.

Facteurs de risque de récidive et de progression après traitement par HIVEC
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 832


Objectifs

La thermo-chimiothérapie est une alternative thérapeutique chez les patients réfractaires ou contre-indiqués au BCG et non éligibles à la cystectomie. La thermo-chimiothérapie par HIVEC est encore peu évaluée, mais les premiers résultats semblent prometteurs, avec 60 % de survie sans récidive à 1 an. L’identification de facteurs prédictifs de réponse à l’HIVEC pourrait permettre une meilleure sélection des patients.


Méthodes

L’objectif de notre étude était d’identifier des facteurs de risque de récidive et de progression après thermo-chimiothérapie par HIVEC.

Il s’agit d’une étude rétrospective multicentrique ayant inclus 53 patients pris en charge pour une tumeur de vessie non infiltrant le muscle (TVNIM) à haut risque, en échec de BCG ou contre-indiquée au BCG, et traités par HIVEC entre juin 2016 et octobre 2019. Tous les patients étaient considérés comme non éligibles à la cystectomie ou la refusant catégoriquement.

Le traitement a consisté en 6 instillations hebdomadaires de mitomycine chauffée à 43° C grâce au dispositif HIVEC. Un suivi cystoscopique et cytologique trimestriel a été réalisé.


Résultats

Le suivi médian était de 18 mois. Le taux de survie sans récidive à 12 mois était de 60,5 % dans la population globale. La survie sans récidive était moins bonne dans le groupe de patients en échec de BCG, avec une survie sans récidive à 1 an de l’ordre de 52,2 %.

En analyse univariée, seul le grade était significativement associé au risque de récidive (p =0,028). Les tumeurs de type CIS pur avaient un taux de récidive plus important que les tumeurs papillaires (66,7 % versus 36,4 %), mais cette différence n’était pas significative (p =0,09).

Trois patients (5,7 %) ont progressé vers l’infiltration musculaire, tous du groupe EORTC à très haut risque. Le groupe EORTC était associé au risque de progression avec une tendance à la significativité (p =0,058).


Conclusion

L’HIVEC pourrait être une alternative à la cystectomie, chez les patients contre-indiqués au BCG ou chez les patients récidivants sous la forme d’un bas grade. À l’inverse, la cystectomie doit rester le traitement de référence pour les patients à très haut risque EORTC en échec de BCG, en raison du risque de progression.

Facteurs de risque de récidive lithiasique après prise en charge urologique des calculs
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 712-713


Objectifs

Il est décrit que près d’un patient sur deux récidive une migration lithiasique après un premier épisode de colique néphrétique. L’objectif de cette étude était de déterminer le taux de récidive lithiasique après la prise en charge urologique d’un calcul urinaire et d’identifier des facteurs de risque de récidive.


Méthodes

Nous avons réalisé une étude rétrospective monocentrique et inclus les patients pris en charge pour un calcul du haut appareil urinaire dans un hôpital universitaire entre mai 2014 et janvier 2017. Nous avons évalué les caractéristiques démographiques, les caractéristiques des calculs et la survenue ou non d’une récidive lithiasique aux dernières nouvelles. Nous avons comparé les caractéristiques clinicopathologiques des patients avec ou sans récidive.


Résultats

Pendant cette période 265 patients ont été traités pour un calcul urinaire du haut appareil urinaire. Au total, 190 patients ont été inclus dans l’étude dont 115 hommes (60,5 %). L’âge médian et l’IMC médian des patients étaient respectivement de 57,5 ans et 25,2. Une analyse biochimique des calculs a été effectuée chez 117 (61,5 %) patients. Les calculs les plus fréquents étaient les calculs d’oxalate de calcium monohydraté (n =44 ; 23,2 %), les calculs mixtes (n =39 ; 20,5 %), les calculs d’oxalate de calcium dihydraté (n =13 ; 6,8 %) et les calculs d’acide urique (n =11 ; 5,8 %). Au terme d’un suivi médian de 32 mois (13–61), 49 patients (25,8 %) avaient présenté une récidive lithiasique. En analyse univariée, les facteurs de risque de récidive étaient un IMC supérieur à 25 (HR : 2 ; p <0,05), un diabète (HR : 3,73 ; p <0,008), un tabagisme (HR : 3,1 ; p <0,039) alors que l’âge (HR : 0,96 : p <0,003) et l’hypertension artérielle (HR : 0,37 ; p <0,027) étaient des facteurs protecteurs. En analyse multivariée, l’âge, le diabète, le tabagisme et l’hypertension artérielle restaient des facteurs pronostiques (Fig. 1, Tableau 1, Tableau 2).


Conclusion

Dans cette étude 25,9 % des patients avaient présenté une récidive lithiasique après un suivi médian de 32 mois. Le diabète, le tabagisme étaient des facteurs de risque de récidive alors que l’âge et l’hypertension artérielle étaient des facteurs protecteurs.

Facteurs de risque de révision de sphincter urinaire artificiel chez l’homme selon la cause
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 782-783


Objectifs

Il existe à ce jour peu de données sur les facteurs associés aux causes spécifiques de révision d’un sphincter artificiel urinaire (SAU) chez l’homme et les résultats des différentes stratégies de prise en charge.

L’objectif principal de cette étude était d’évaluer les facteurs liés aux deux grandes causes d’échec : les défaillances mécaniques pures et les défaillances non mécaniques.


Méthodes

Les dossiers de tous les patients de sexe masculin ayant eu l’implantation d’un SAU entre 2004 et 2020 dans 12 centres universitaires ont été revus rétrospectivement. Les patients ayant une incontinence d’effort d’origine neurogène étaient exclus. Les causes de révision étaient divisées en : défaillances mécaniques (système percé et/ou bloqué), défaillances non mécaniques (atrophie urétrale, récidive/persistance incontinence malgré dispositif fonctionnel) et autres (repositionnement pompe, hernie réservoir, douleurs). L’indication était catégorisée en : prostatectomie radicale (PR), chirurgie endoscopique de la prostate (ENDO), radiothérapie pelvienne (RAD) ou chirurgie pelvienne (PELV). Les facteurs prédictifs de dysfonctions mécaniques et non mécaniques étaient déterminés par modèle de régression de Cox.


Résultats

Mille cent-sept patients répondaient aux critères d’inclusion. L’âge médian était de 70 ans [65–75], l’étiologie de l’incontinence était dans 85,9 % (n =920) des cas la PR et dans 8,4 % des cas (n =90) une ENDO. Il y avait 76,8 % de patients ayant recouvré une continence sociale à 3 mois. Après un suivi médian de 25 mois, il y avait eu 158 révisions (14,3 %) : 45 défaillances mécaniques, 93 défaillances non mécaniques et 20 causes autres. Les facteurs associés à la défaillance non mécanique étaient le score de Charlson (HR=1,27 ; IC95 % : 1,06–1,50 ; p =0,01) et la position transcaverneuse de la manchette (HR=2 ; IC95 % : 1,01–3,61 ; p =0,04 ; Fig. 1). Ces deux facteurs restaient associés à la défaillance non mécanique en analyse multivariée ajustant sur le volume annuel du centre, la voie d’abord, et l’antécédent de radiothérapie (HR=1,21 ; p =0,04 et HR=2,86 ; p =0,02, respectivement).


Conclusion

Les défaillances non mécaniques constituent la première cause de révision d’un SAU chez l’homme. Leurs principaux facteurs de risque sont les comorbidités (score de Charlson) et la position transcaverneuse de la manchette.

Facteurs de risque d’échec de l’embolisation trans-artérielle pour les traumatismes rénaux de grade modéré à sévère : une étude multi-institutionnelle française
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 728


Objectifs

Évaluer les facteurs de risque d’échec de l’embolisation trans-artérielle (ETA) après un traumatisme rénal de grade modéré à sévère.


Méthodes

Le projet TRAUMAFUF était une étude rétrospective multi-institutionnelle française incluant tous les patients consécutifs ayant subi un traumatisme rénal dans 17 hôpitaux français entre 2005 et 2015. La population incluse était composé des patients avec un traumatisme rénal de grade modéré (III) à sévère (IV–V) de l’American Association for the Surgery of Trauma (AAST). Le critère de jugement principal était l’efficacité de l’ETA défini comme l’absence de recours à une seconde embolisation, une néphrectomie et/ou la survenue d’un décès pour chaque patient.


Résultats

Parmi les 1770 patients consécutifs avec un traumatisme rénal, 170 patients (9,6 %) avec un traumatisme rénal de grade III à V embolisés ont été inclus. Le succès du traitement par ETA était de 77 % (131/171). Six patients sont décédés après l’embolisation (3,5 %). En cas d’échec, les thérapies secondaires comprenaient :

– 10 embolisations de rattrapage ;

– 22 néphrectomies de sauvetage dont 2 décès postopératoires ;

– 1 laparotomie exploratrice, avec un taux de succès global à 90,9 %.

En analyse multivariée, l’hématurie macroscopique (OR : 3,16 [1,29–8,49] ; p =0,015), l’instabilité hémodynamique (OR : 3,29 [1,37–8,22] ; p =0,009), un traumatisme de grade V (OR : 2,86 [1,06–7,72] ; p =0,036) et l’extravasation urinaire (OR : 3,49 [1,42–8,83] ; p =0,007) étaient des facteurs indépendants d’échec de l’ETA. Les taux de succès de l’ETA en cas de traumatisme de grade V et une instabilité hémodynamique étaient de 64,7 % (22/34) et 59,6 % (31/52), respectivement.


Conclusion

Dans cette large étude multi-institutionnelle, nous rapportons que l’hématurie macroscopique, l’instabilité hémodynamique initiale, un traumatisme de grade V et l’extravasation urinaire sont significativement associés à un risque d’échec de l’ETA. Cependant, les taux de succès dans ces sous-groupes restent relativement élevés, suggérant que l’ETA pourrait toujours garder une indication chez ces patients.

Facteurs prédictifs du traitement actif de l’angiomyolipome rénal typique au scanner
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 786


Objectifs

L’angiomyolipome (AML) rénal est une tumeur bénigne qui est aisément diagnostiquée au scanner dans sa forme typique. Ces tumeurs sont souvent traitées activement alors que la surveillance est l’option de choix.

L’objectif de cette étude étaient d’identifier les caractéristiques cliniques représentant des facteurs prédictifs du traitement actif de l’angiomyolipome rénal (AML).


Méthodes

Les dossiers de patients pris en charge pour un AML typique au scanner ont été analysés rétrospectivement. La population étudiée a été divisée en deux groupes en fonction du traitement reçu : surveillance active (SA) ou traitement actif (TA). L’âge, le sexe, la sclérose tubéreuse de Bourneville, la taille de la tumeur, la maladie rénale controlatérale, la fonction rénale, l’année du diagnostic et les symptômes au diagnostic ont été évalués comme facteurs prédictifs potentiels du traitement actif en utilisant un modèle de régression logistique en analyse univariée et multivariée.


Résultats

Au total, 253 patients (âge moyen 52,3±15,7 ans ; 70 % de femmes ; 70,9 % de diagnostics fortuits) ont été inclus dans l’analyse. Cent neuf (43 %) ont reçu une SA, tandis que 144 (57 %) ont eu un TA (Tableau 1). Selon l’analyse univariée, l’âge, la sclérose tubéreuse de Bourneville, la taille de la tumeur, les symptômes à la présentation et la maladie rénale controlatérale étaient des prédicteurs de la SA. Seules la taille de la tumeur (p <0,001) et l’année de diagnostic (p <0,001) sont restées significatives sur l’analyse multivariée. À titre d’exemple, la probabilité d’être pris en charge par la SA était de 50 % et 75 % et de 85 % en 2006, 2010 et 2015 respectivement. En ce qui concerne la taille, des tumeurs de 4 et 6cm avaient une probabilité d’être traitées avec la SA de 50 % et 25 % respectivement (Fig. 1).


Conclusion

Cette étude montre que la gestion des masses rénales présentant des caractéristiques radiologiques typiques d’AML a nettement évolué au cours des trois dernières décennies, avec une tendance à la surveillance active plutôt qu’au traitement actif. La taille de la tumeur était le facteur prédictif le plus important dont la pertinence reste à évaluer.

Faisabilité et premiers résultats de la mise en place d’un système digitalisé de recueil des données rapportées par les patients (PROMs) dans le cadre du cancer de la prostate localisé
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 806


Objectifs

Les données rapportées par les patients (PROMs) permettent une évaluation optimale des effets secondaires des traitements et de leur retentissement sur la qualité de vie. Dans le cancer de la prostate localisé, ces PROMs sont un outil intéressant pour comparer l’impact des différents traitements. L’objectif de notre étude était d’évaluer la faisabilité d’un système de recueil des PROMs grâce à une application numérique.


Méthodes

Depuis mai 2019, les patients pris en charge pour un cancer de la prostate localisé, quel que soit le traitement, se voient proposer l’inclusion dans le Parcours PROMs Prostate, avec envoi automatisé de questionnaires (EPIC-26, Q50 PR25, EQ-5D et PRO-CTCAE) via une application numérique dédiée, avant traitement (T0), à 1 mois (M1), 3 mois (M3), 6 mois (M6) et 1 an. L’adhésion au programme a été évaluée par la proportion de patients s’étant connectés à l’application et la proportion de patients ayant répondu aux questionnaires. Les premiers résultats, à T0, M1 et M3, ont été analysés pour les données de continence et de fonction érectile.


Résultats

Entre mai 2019 et mai 2020, 215 patients ont été inclus, dont 158 patients traités par chirurgie, 11 par curiethérapie, 12 par radiothérapie, 20 par radio-hormonothérapie et 14 en surveillance active. Trente-deux patients (14,9 %) ne se sont pas connectés à l’application et 22 (10,2 %) se sont connectés mais n’ont pas répondu aux questionnaires PROMs envoyés. Le taux d’adhésion n’était pas lié à l’âge ni au type de traitement réalisé. Au final, 161 patients (74,9 %) ont répondu aux questionnaires PROMs. Avant traitement, 18,0 % (29/161) des patients déclaraient avoir des fuites urinaires (au moins une fois par semaine) et 42,2 % (68/161) des érections médiocres ou nulles. À M1 (n =93) et M3 (n =51), le taux d’incontinence était de 59,1 % et 41,2 % respectivement, et le taux de dysfonction érectile de 77,4 % et 78,4 % respectivement.


Conclusion

La mise en place d’un parcours digitalisé pour évaluation des PROMs via une application numérique se heurte à des problème d’adhésion chez 25 % des patients. Les premiers résultats montrent des taux d’incontinence et de dysfonction érectile non négligeables avant traitement. De futures analyses permettront d’analyser l’évolution des effets secondaires dans le temps et en fonction des différents traitements.

Faut-il fixer les prothèses testiculaires ? Enquête de satisfaction dans une cohorte de patients opérés
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 727-728


Objectifs

Plusieurs pathologies testiculaires peuvent conduire à la réalisation d’une orchidectomie totale. La pose d’une prothèse est fréquemment proposée à visée cosmétique et psychologique. Cependant, aucune étude n’a étudié l’intérêt de fixer ou non la prothèse. L’objectif de cette étude était d’évaluer la satisfaction des patients après mise en place d’une prothèse testiculaire, selon qu’elle a été fixée ou non.


Méthodes

Il s’agit d’une étude rétrospective, monocentrique, incluant tous les patients ayant eu une prothèse testiculaire entre janvier 2010 et décembre 2019. L’indication opératoire, l’âge du patient et la fixation ou non la prothèse ont été analysés. Les patients ont été contactés pour un entretien téléphonique au cours duquel un questionnaire standardisé leur a été posé. Quatorze questions évaluaient la satisfaction des patients concernant la taille, le poids, la forme, la consistance, la position, les douleurs, la traction postopératoire, la vie sexuelle et l’image corporelle.


Résultats

Au total, 169 patients ont été inclus. L’orchidectomie était en rapport avec une tumeur (76 %), une torsion (12 %), une atrophie/cryptorchidie (10 %) ou un traumatisme (2 %). La prothèse était fixée chez 69 patients (35 %). Sur 146 patients (86 %) ayant répondu au questionnaire, 74 % étaient très satisfaits et 96 % referaient l’intervention. La majorité des patients était satisfaite du poids (93 %), de la forme (76 %) ou de la consistance (93 %) de la prothèse. Vingt-deux pour cent des patients la trouvaient trop petite, 37 % trop haute et 23 % se sont dit gênés par l’attache située à l’extrémité de la prothèse. Les patients chez qui la prothèse était fixée signalaient davantage de douleur (33 % vs 10 %, p =0,001). La traction régulière de la prothèse n’a pas montré d’effet sur la position ou la douleur (Fig. 1).


Conclusion

La prothèse testiculaire est associée à un taux de satisfaction élevé. Les douleurs semblent plus importantes lorsque la prothèse est fixée. Par conséquent, il ne semble pas nécessaire de fixer les prothèses testiculaires et les industriels pourraient supprimer l’attache gênante située à son extrémité.

Fermeture d’une fistule urétéro-vésico-vaginale avec réimplantation urétéro-vésicale sous coelioscopie robot-assistée
2020
- Communications vidéos
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 842-843


Objectifs

Les fistules urétéro-vaginales surviennent dans la plupart du temps dans les suites de chirurgie pelviennes gynécologique. La réparation de ces fistules est réalisée le plus souvent par laparotomie. Nous avons décidé de réaliser cette intervention par coelioscopie robot-assistée pour une épargne pariétale et une récupération plus rapide du transit.


Méthodes

Une patiente de 59 ans a présenté une incontinence urinaire totale à J10 d’une hystérectomie et annexectomies par laparoscopie. Le bilan endoscopique et radiographique a montré une fistule entre l’uretère gauche et le vagin par l’intermédiaire d’une cavité réalisant une fistule vésico-vaginale. La fermeture de la fistule avec réimplantation de l’uretère gauche a été réalisée à J 30 de sa chirurgie initiale.


Résultats

La durée d’intervention a été de 242min. Les pertes sanguines ont été inférieures à 100ml. La patiente a repris son transit à J1. Elle est sortie d’hospitalisation à J 5. La sonde vésicale a été retirée à J 21 et la sonde JJ à 2 mois. Lors de la consultation de contrôle à 3 mois, la patiente n’avait aucune douleur et n’a pas récidivé de sa fistule. Un bilan urodynamique a été réalisé retrouvant une capacité vésicale 450ml et une compliance normale. L’uro-TDM à 3 mois a confirmé l’absence de sténose au niveau de la réimplantation urétéro-vésicale gauche et l’absence de fistule urinaire.


Conclusion

Cette exemple montre que la réparation d’une fistule urétéro-vaginale est réalisable par voie coelioscopique robot-assistée avec un bon résultat fonctionnel et anatomique.

Fistules uro-génitales féminines dans un CHU français durant la dernière décennie : description et résultats de la prise en charge
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 761


Objectifs

Une fistule uro-génitale (FUG) est une communication congénitale ou acquise entre les voies excrétrices urinaires et l’appareil génital. Dans les pays riches, elles sont rares, souvent iatrogènes et responsables de recours médicolégaux. En France leur épidémiologie, le détail de leur prise en charge et de ses résultats sont peu étudiés et restent mal connus.


Méthodes

L’objectif de cette étude était de recenser les patientes ayant eu un diagnostic ou une cure de FUG dans les services d’urologie d’un CHU français de janvier 2010 à décembre 2019 et d’étudier leur devenir. Les FUG sur néovessie ou Bricker étaient exclues. Nous avons colligé pour chaque patiente l’étiologie et le type de la fistule, le délai de prise en charge, la technique de traitement, les complications postopératoires précoces (j30 Clavien–Dindo). Nous avons étudié le résultat postopératoire sous deux aspects : la fermeture de la fistule et la présence de séquelles fonctionnelles aux dernières nouvelles.


Résultats

Sur la décennie, 32 patientes ont été traitées pour une FUG (27 FVV, 3 fistules urétéro-vaginales, 1 fistule vésico-entéro-vaginale, 1 fistule vésico-utérine) à un âge moyen au diagnostic de 49,2±15,2 ans. Les causes étaient post-chirurgicales (n =25), post-obstétricales (n =4), post-radiothérapie (n =1), post-sigmoïdite (n =1) et post-traumatique (n =1). Le délai moyen de prise en charge était de 131±189jours. Trois patientes ont été traitées médicalement et 29 ont eu 37 interventions soit 1,28±0,59 intervention/patiente (17 par voie basse, 17 par laparotomie, 2 par cœlioscopie et 1 par voie combinée). Le traitement a été efficace chez 28/32 (87,5 %) 3 ont eu une dérivation urinaire. Six ont eu des complications précoces<Grade III. Dix des séquelles postopératoires : incontinence urinaire (n =5), dyspareunies (n =4) infections urinaires répétées (n =1).


Conclusion

Trente-deux FUG ont été traitées, dans nos centres depuis 2010. Elles étaient principalement iatrogènes. Le parcours de soins était long, complexe avant un traitement laissant 1/3 de séquelles fonctionnelles. Un registre national prospectif permettrait d’affiner la connaissance des FUG (facteur de risque de survenue, d’échec de fermeture, de survenue de séquelle) et de faciliter leur prise en charge.

GETUG-AFU 17 : étude de phase III randomisée comparant la radiothérapie adjuvante à la radiothérapie de rattrapage précoce, combinées à l’hormonothérapie courte, pour les patients présentant un cancer de la prostate traité par prostatecto...
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 733-734


Objectifs

La radiothérapie adjuvante (aRT) réduit le risque de rechute biochimique chez les patients atteints d’un cancer de la prostate traités par une prostatectomie radicale (RP). L’étude GETUG-AFU 17 a comparé l’efficacité et la toxicité de l’aRT par rapport à la radiothérapie de rattrapage précoce (sRT), associée à un traitement hormonal.


Méthodes

Cette étude multicentrique, de phase III, randomisée et contrôlée, a été réalisée dans 46 centres français. Les patients devaient être âgés de plus de 18 ans, avec un statut Eastern Cooperative Oncology Group ≤1, une maladie classée pT3-4 et marges positives, pNx ou pN0, avec PSA postopératoire ≤0,1ng/mL. Les patients ont été randomisés (par minimisation ; 1 : 1) après RP, entre aRT ou observation avec sRT, combiné avec 6 mois de triptoréline. Le critère principal était la survie sans événement (EFS). Les critères d’évaluation secondaires étaient la survie globale (SG), la survie sans métastase (MFS), l’incidence des toxicités aiguës et tardives (CTCAE v3.0) et la qualité de vie (QoL) (échelles QLQ-C30 et PR-25). Cet essai est enregistré sous le numéro ClinicalTrials.gov NCT00667069.


Résultats

Entre le 7 mars 2008 et le 23 juin 2016, 424 patients ont été inclus. Nous avions prévu d’inclure 718 patients. Les inclusions ont été interrompues prématurément en raison de taux d’événements étonnamment bas. Les caractéristiques initiales des patients et de leur tumeur étaient bien équilibrées entre les bras. Le suivi médian était de 75, 3 mois (IQR : 50–100). Lors de l’analyse, 115/212 patients (54 %) du bras sRT avaient commencé le traitement. Avec 58 événements, l’EFS à 5 ans était de 92 % (IC95 % : 86–95) dans le bras aRT et de 90 % (IC95 % : 85–94) dans le bras sRT (HR=0,81 [IC95 % : 0,48–1,36] ; test du log-rank p =0,42). Le taux de SG à 5 ans était de 96 % (IC95 % : 92–98) dans le bras aRT et de 99 % (IC95 % : 96–100) dans le bras sRT (HR=1,60 [IC95 % : 0,71–3,60] ; p =0,25). Les toxicités génito-urinaires de grade ≥2 étaient plus importantes dans le bras aRT (27 % vs 7 % ; p <0,0001). La dysfonction érectile de grade ≥2 était majorée dans le bras aRT (p <0,0001). Les changements dans tous les domaines du QLQ-C30 étaient similaires dans les deux bras (p =0,11).


Conclusion

L’étude GETUG-AFU 17 n’a montré aucun bénéfice en EFS pour l’aRT par rapport à la sRT. L’aRT a augmenté le risque de toxicité génito-urinaire et de dysfonction érectile. Une stratégie de sRT précoce pourrait épargner aux hommes la RT et la toxicité associée.

Hémangiome anastomotique du hile rénal : prise en charge chirurgicale par laparoscopie robot-assistée
2020
- Communications vidéos
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 841


Objectifs

Les tumeurs vasculaires des voies urinaires sont rares. Les hémangiomes anastomotiques sont une variante de ces tumeurs vasculaires avec une architecture complexe caractérisée par de nombreux vaisseaux anastomosés mais d’aspect bénin. Nous présentons ici le cas d’une patiente de 23 ans avec évolution et manifestation clinique d’un hémangiome anastomotique du hile rénal gauche motivant une prise en charge chirurgicale par laparoscopie robot-assistée.


Méthodes

Une patiente de 23 ans s’est vue découvrir de manière fortuite une lésion du hile rénal gauche de 27×22mm compatible radiologiquement avec un hémangiome anastomotique. Une surveillance a initialement été réalisée. Devant la majoration de taille de la lésion, 33×26mm, associée à l’apparition de douleurs lombaire, une prise en chirurgicale a été retenue.


Résultats

L’intervention s’est déroulée par laparoscopie robot assistée. Elle a durée 54minutes. Le pédicule rénal n’a pas été clampée. La glande surrénale a été respectée. Les pertes sanguines ont été évaluée à 50mL. Les suites opératoires ont été simples avec une hospitalisation de 4jours liée à une pneumopathie d’évolution favorable sous antibiothérapie.


Conclusion

L’approche laparoscopique robot-assistée pour ce type de tumeur est possible en respectant la glande surrénale et sans clamper le rein.

Heure limite de prise en charge opératoire pour torsion du cordon spermatique : résultats d’une série rétrospective multicentrique de 2986 patients sur 15 ans
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 816-817


Objectifs

La torsion du cordon spermatique est une urgence urologique. Les données de la littérature reposent sur des petites séries rétrospectives. L’objectif était de déterminer les horaires limites de prise en charge au bloc opératoire, pouvant éviter une orchidectomie.


Méthodes

Nous avons réalisé une étude rétrospective, multicentrique française (cohorte TorsAFUF) incluant des patients de 14 centres hospitaliers. Les dossiers médicaux des patients, âgés de plus de 12 ans, ayant été explorés pour suspicion de torsion du cordon spermatique sur une période de 15 ans ont été analysés. Étaient recueillis : les antécédents médicochirurgicaux, paramètres démographiques, heure de début de la douleur, heure d’arrivée aux urgences, heure de l’intervention, la confirmation du diagnostic de torsion ou diagnostic différentiel, le choix d’une orchidopexie ou orchidectomie. Étaient exclus les patients dont le délai entre le début des symptômes et l’intervention n’était pas disponible.


Résultats

Entre 2005 et 2020, 2986 patients ont été explorés chirurgicalement pour suspicion de torsion du cordon dans 14 centres. Au total, 1802 (60 %) des patients ont eu un diagnostic de torsion du cordon confirmé et 210 (7 %) ont nécessité une orchidectomie. La durée entre le début des symptômes et l’intervention était disponible pour 1266 torsions confirmées et était de 17h en moyenne ; 11heures dans le groupe orchidopexie (n =1117) et 65heures dans le groupe orchidectomie (n =149) (p <0,001). Un traitement conservateur a été réalisé dans 99 % des cas de torsion opérés dans les 6h contre 95 % des cas opérés entre 6 et 12h (p <0,001). Au-delà de 24heures de douleurs, pour une torsion confirmée, le taux d’orchidectomie était de 54 % (Fig. 1, Fig. 2).


Conclusion

Le risque d’orchidectomie augmente avec la durée des symptômes. Le temps limite de 6h semble pouvoir éviter une orchidectomie.

HIFU de sauvetage pour les récidives locales de cancer de prostate dans la loge de prostatectomie après chirurgie puis radiothérapie : résultats préliminaires
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 734-735


Objectifs

Évaluer les résultats préliminaires du traitement par HIFU de sauvetage chez les patients présentant une récidive locale d’un cancer de prostate (CaP) dans la loge de prostatectomie après chirurgie puis radiothérapie adjuvante ou de rattrapage.


Méthodes

De juillet 2009 à novembre 2018, tous les patients traités par HIFU pour une récidive locale après chirurgie puis radiothérapie adjuvante/rattrapage ont été évalués, étude rétrospective monocentrique. La récidive locale était confirmée par Pet-TDM à la choline, IRM et biopsies transrectales. La survie sans échec (SSE) était définie comme l’absence de CaP dans la loge de prostatectomie et/ou de métastases et/ou d’introduction de traitement systémique ; la survie sans progression (SSP) comme l’absence de métastases et/ou d’introduction de traitement systémique ; la survie sans récidive biochimique (SSRB) comme l’absence de deux augmentations du PSA ≥0,2ng/mL au-dessus du nadir post-HIFU. Les complications et la continence étaient évaluées.


Résultats

Vingt-deux patients ont été inclus avec un suivi moyen de 3,83 ans. Les caractéristiques de la population lors de la prostatectomie radicale, lors de la radiothérapie et lors de l’HIFU sont présentés dans le Tableau 1. À 3 ans, la SSE était de 49,7 %, la SSP de 60,4 % (Fig. 1) et la SSRB de 35,3 %. Vingt patients (90,9 %) avaient une décroissance du PSA et 11 patients (50 %) avaient un nadir de PSA ≤0,2ng/mL. La SSE et la SSP étaient significativement améliorées chez les patients avec un nadir de PSA ≤0,2 par rapport à ceux avec un nadir>0,2ng/mL (p =0,037, p =0,003, respectivement). Les complications grade IIIb sont survenues chez 6 patients (27,3 %) ; la survenue d’une incontinence grade II/III était significativement différente selon la localisation de la récidive (péri-anastomotique : 36,4 %, rétrovésicale : 0 %, p =0,027) (Tableau 2).


Conclusion

L’HIFU de sauvetage chez les patients présentant une récidive locale dans la loge de prostatectomie après chirurgie puis radiothérapie adjuvante ou de rattrapage prolonge l’histoire naturelle du CaP, retarde la survenue de métastases, l’introduction de traitement systémique et pourrait même guérir certains patients aux dépens d’une morbidité acceptable. La localisation de la récidive par rapport au sphincter influence la continence.

Homme marocain : connaissances et acceptabilité de la contraception masculine hormis le préservatif
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 815


Objectifs

Malgré le développement de nouvelles méthodes contraceptives masculines, l’implication de l’homme dans la responsabilité contraceptive est insuffisante.

Notre objectif est d’identifier le niveau de connaissances et d’implication du partenaire masculin dans la contraception du couple ainsi que l’acceptabilité et les représentations qu’il a des méthodes contraceptives masculines.


Méthodes

Étude descriptive transversale du 1er septembre 2019 au 30 octobre 2019, auprès d’une population masculine de 18 à 50 ans consultant ou accompagnant un patient à notre structure hospitalière. Un questionnaire a permis le recueil des informations relatives aux données sociodémographiques, attitudes, connaissances, représentations des Méthodes de contraception masculine et freins potentiels à leur utilisation.


Résultats

Cent six questionnaires ont été analysés. L’âge moyen était 38,4 ans. Soixante-quatre hommes (60,3 %) déclaraient se sentir impliqués dans la contraception et 26 (24,5 %) ont accompagné leur épouse à la consultation pour contraception. Trente-huit (35,8 %) pensaient que la contraception devrait être gérée par la femme uniquement.

Vingt hommes (19 %) pensaient être suffisamment informés sur la contraception. La principale source d’information étant le pharmacien du quartier (54,47 %). Alors que quarante-huit hommes (45,3 %) ignoraient l’existence d’autres moyens contraceptifs masculins en plus du préservatif (Tableau 1).

Environ 52 % des répondants ont jugé que la contraception masculine était acceptable et pourraient l’utiliser à condition d’avoir certaines caractéristiques dont l’absence d’injection (49 %), la simplicité d’utilisation (35,8 %) et le respect de la « virilité » (18,8 %) (Fig. 1).


Conclusion

Les connaissances des hommes par rapport à la contraception sont faibles ce qui entrave son acceptabilité. Le renforcement du système d’information en impliquant les professionnels de santé ainsi que l’école sont alors primordiaux. Aussi, pour qu’ils soient adoptés, les moyens contraceptifs masculins devraient avoir certaines caractéristiques comme la simplicité d’utilisation et le respect de la virilité.

Hôpital de jour pour évaluation préopératoire standardisée avant chirurgie lourde en neuro-urologie : concept, faisabilité et résultats
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 801-802


Objectifs

Décrire un concept d’hôpital de jour pour évaluation préopératoire standardisée avant chirurgie lourde en neuro-urologie et en évaluer la faisabilité et les résultats.


Méthodes

Un hôpital de jour (HdJ) pour évaluation avant chirurgie lourde en neuro-urologie a été mise en place au sein de notre service d’urologie. Tous les patients ayant bénéficié de cet HdJ de janvier 2017 à juillet 2019 étaient éligibles. Les données étaient recueillies de manière rétrospective à partir des comptes rendus standardisés d’HdJ. Le critère de jugement principal était le taux d’exhaustivité des données recueillies lors de cet HdJ. Les critères de jugement secondaires comprenaient la description des modifications de prise en charge suite à cet HdJ – dans la révision des indications chirurgicales ou dans les examens, consultations ou traitements complémentaires proposées au décours.


Résultats

Au total, 80 patients ont bénéficié de cet HdJ, avec un taux d’exhaustivité global des données recueillies de 37,1 %. Le taux de réalisation des examens tels que le bilan urodynamique (55,2 % vs 88,9 %) ou la tomodensitométrie abdominopelvienne (41,9 % vs 73,7 %) augmentait entre 2017 et 2019. De même pour les consultations d’anesthésie (9,7 % vs 89,5 %) ou de stomathérapie (45,2 % vs 84,2 %). Alors qu’une intervention chirurgicale lourde était envisagée avant l’HdJ, elle n’était finalement retenue que chez 78,8 % des patients à la fin de l’HdJ. En outre, une modification/adaptation du projet chirurgical neuro-urologique était acté chez 38,7 % des patients. Au décours de l’HdJ, 72,5 % et 41,3 % des patients se voyait proposer respectivement au moins une consultation spécialisée ou un examen complémentaire (Fig. 1).


Conclusion

La mise en place d’une évaluation standardisée préopératoire en HdJ est faisable avec une bonne exhaustivité des examens, sous réserve d’une coordination avec les nombreux intervenants. Son intérêt semble confirmé par l’adaptation du projet chirurgical chez plus d’un tiers des patients. L’impact de cette évaluation sur les suites chirurgicales reste néanmoins à étudier.

Hormonothérapies de nouvelle génération chez le patient de plus de 80 ans – À propos de 65 cas consécutifs
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 743


Objectifs

L’arrivée des hormonothérapies de nouvelles génération (HNG) comme l’abiratérone et l’enzalutamide a radicalement modifié la prise en charge, et le pronostic, des patients avec un cancer de prostate métastatique en phase de résistance à la castration (mCPRC).


Méthodes

Nous avons colligé, de façon rétrospective, 65 dossiers de patients vus depuis janvier 2017, avec un cancer de prostate documenté, en progression métastatique malgré une castration chimique, et répondant aux critères de résistance à la castration. Nous avons relevé les principaux facteurs cliniques (âge, comorbidité, douleur, index OMS, score G8…), ceux liés au cancer de prostate (histologie, traitements préalables, temps sous hormonothérapie, mode de progression, …) et ceux inhérents au traitement actuel (quelle molécule utilisée, durée de traitement, réponse, temps jusqu’à progression, tolérance, …) afin de recueillir des informations de vie réelle dans ce groupe de patients âgés.


Résultats

Les patients, naïfs de chimiothérapie, avaient un âge médian de 83 ans. Le temps de suivi médian est de 26 mois. Le scores G8, l’index ECOG et un bilan biochimique ont été réalisés prospectivement chez tous les patients. Le bilan avant traitement avait compris au minimum une scintigraphie osseuse et un scanner abdominopelvien. Quarante pour cent des patients ont eu une TEP à la choline. L’évaluation clinique+PSA a été faite toutes les 8 semaines et les éléments de tolérance ont été recueillis selon le CTC-AE 4,0. Nous n’avons noté aucune différence significative d’activité entre enzalutamide et abiratérone en 1re intention. Le temps de sensibilité à l’hormonothérapie initiale et le délai entre le cancer et la résistance à la castration sont les meilleurs critères de pronostic retrouvés (Tableau 1).


Conclusion

Dans ce travail rétrospectif il ne semble pas apparaître de signal particulier pouvant limiter l’accès aux HNG chez les patients avec un mCPRC. La tolérance est celle attendue, malgré un focus particulier sur le risque d’asthénie et de troubles neurocognitifs, sans aggravation et sans nécessité d’arrêt pour effet indésirable grave. L’efficacité est également conservée, avec de très longs répondeurs.

Hypospadias proximal : la réalisation d’un Koyanagi en un temps est-elle prudente ?
2020
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2020, 13, 30, 737-738


Objectifs

À l’heure où la chirurgie correctrice en deux temps des hypospadias proximaux est, pour plusieurs auteurs, la procédure de choix, nous avons revu les résultats d’enfants opérés en un temps.


Méthodes

Les suites opératoires immédiates et à distance de 34 enfants opérés pour hypospadias proximal par la technique de Koyanagi en un temps ont été analysées : qualité des mictions et utilisation du HOPE-score.


Résultats

Le méat urétral était de siège périnéal ou scrotal dans 16 cas, pénien proximal dans 18 cas. Dix enfants étaient prématurés et hypotrophes (29,4 %), 4 présentaient des malformations associées. L’âge moyen à l’opération était de 19 mois. Dix-huit sur 34 ont eu des suites compliquées durant le 1er mois postopératoire (infection, arrachage de sonde, lâchage de l’urétroplastie, sténose).

Vingt-six enfants/34 avaient un recul postopératoire ≥30 mois, avec un recul moyen de 6,2 ans (18/26 avec recul ≥5 ans). Dix-huit sur 26 ont eu : aucune (3) ou une (15) reprise chirurgicale (69,2 %) – dont 5 lors d’une plastie scrotale secondaire ; 8 ont eu entre 2 et 6 reprises. Les indications étaient : une fistule (10), une sténose (8), dont 6 proximales et 2 distales, un lâchage de l’urétroplastie (2), un avancement du méat (9). À distance, en se référant au HOPE-score, pour les 26 enfants avec un recul ≥30 mois, le résultat est considéré comme favorable dans 23/26 (88,5 %) : pas de trouble mictionnel, pas d’incurvation pénienne résiduelle (sauf un cas<30°) ni trouble rotatoire, aspect esthétique du fourreau cutané pénien et du gland, siège distal du méat (glandulaire pour 16/26).


Conclusion

La chirurgie correctrice en un temps des hypospadias proximaux de cette série est émaillée d’un taux élevé de complications, avec 30,8 % des enfants réopérés plus d’une fois. Cependant, 88,5 % des résultats sont estimés favorables à distance.