Base bibliographique

L’hyperactivité détrusorienne et les troubles de la compliance préopératoires sont-ils des facteurs d’échec de sphincter urinaire artificiel chez l’homme?
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 739


Objectifs

L’objectif principal de cette étude était de comparer les taux de continence entre les patients ayant ou non un trouble de la compliance préopératoire et/ou une hyperactivité détrusorienne (HAD).


Méthodes

Les dossiers des patients de sexe masculin ayant eu l’implantation d’un SAU entre 2008 et 2018 dans un centre universitaire ont été revus rétrospectivement. Les patients n’ayant pas eu de bilan urodynamique préopératoire et ceux ayant une incontinence d’effort d’origine neurogène étaient exclus. Le trouble de la compliance était défini, conformément à la terminologie de l’International Continence Society, comme une compliance<20mL/cmH2O. Le critère de jugement principal était la continence sociale à 3 mois (0 à 1 protection/jour). Les critères secondaires étaient la prise de traitements pour HAV postopératoire, ainsi que les taux de résolution de troubles de la compliance et HAD en postopératoire.


Résultats

Quatre-vingt-dix-sept patients étaient éligibles pour inclusion. Il y avait 73,8 % de patients continents à 3 mois. L’HAD préopératoire n’était pas significativement liée à la continence à 3 mois (80,9 % vs. 73,7 % p =0,78), ni à une HAV traitée en postopératoire (24 % vs. 30 % p =1). Le trouble de la compliance n’était pas non plus lié à la continence postopératoire (80 % vs. 76,2 % p =1) ni au traitement postopératoire d’une HAV (31,6 % vs. 25 % p =1). Les facteurs associés à la continence postopératoire étaient le taux d’urgenturies préopératoires (60 % vs. 22 % p =0,03), la quantité de pertes au Pad Test (986mL vs. 588mL p =0,03) ainsi que la capacité cystomanométrique préopératoire (333mL vs. 430mL p =0,03). Parmi les patients avec une HAD préopératoire ayant eu un bilan urodynamique postopératoire, 25 % avaient une disparition de l’HAD.


Conclusion

Le trouble de la compliance et l’hyperactivité détrusorienne préopératoires ne semblent pas être associée aux résultats fonctionnels post-implantation d’un SAU chez l’homme, ni à l’existence de symptômes d’HAV postopératoire.

L’impact du Cis dans les recoupes urétérales lors de la cystectomie sur la survie : étude cas-témoin
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 752-753


Objectifs

La présence de carcinome in situ (Cis) en association à une tumeur de vessie est un facteur pronostique établi. Le pronostic associé à la présence de Cis sur les recoupes urétérales lors de la cystectomie totale est en revanche mal défini. L’objectif a été d’établir les différences de pronostiques associées au statut des recoupes urétérale vis-à-vis du Cis.


Méthodes

Une étude rétrospective cas-témoin monocentrique réalisée dans un service hospitalo-universitaire entre 2001 et 2016. Sur une base de données de 1450 cystectomies, 122 patients (cas) porteur du Cis dans les recoupes urétérales lors de la cystectomie ont été appariés selon l’âge, le sexe, le stade pTNM et la méthode de dérivation urinaire avec un échantillon de population de 122 patients (témoins) qui avaient des recoupes urétérales saines. L’analyse de régression multivariée de Cox a été utilisée pour tester l’effet des recoupes positives sur la survie sans récidive urothéliale, la survie spécifique au cancer et globale.


Résultats

La moyenne de suivi était de 55,43±39,6 mois. La médiane de survie globale et spécifique était diminuée dans le groupe cas estimé respectivement à 43,3 [35,33 à 56,93], 52,43 [42,16 à 68,93] par rapport au groupe témoin avec une différence significative (p =0,001, p =0,0039). La probabilité cumulée de survie sans récidive urothéliale était diminuée dans le groupe cas (63,9 %, [49,68 à 78,01]) par rapport au groupe témoin (p =0,0001). En analyse multivariée, une diminution significative de la survie sans récidive urothéliale était associée à la présence du Cis sur les recoupes urétérales (p =0,003, odds ratio =0,42, IC95 % : [0,28–0,64]) ainsi qu’à l’aspect de l’uretère (épaissie, dilaté) (p =0,023, odds ratio =0,62, IC95 % : [0,31–0,84]) (Fig. 1, Fig. 2 et Tableau 1).


Conclusion

La présence de Cis sur les recoupes urétérales et l’aspect épaissi et ou dilaté de l’uretère lors de la cystectomie a été associée à une diminution significative de la survie globale, spécifique et sans récidive urothéliale.

L’introduction d’urétéroscopes souples à usage unique, permet-elle d’augmenter la durée de vie des urétéroscopes souples réutilisables ?
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 677-678


Objectifs

Les urétéroscopes souples à usage unique (URSS-UU) offrent des avantages en termes de disponibilité, stérilité et absence de coûts de maintenance par rapport aux URSS réutilisables (URSS-R). Nous avons évalué si l’introduction des URSS-UU dans notre centre avait un impact sur le taux de casse des URSS-R.


Méthodes

Le nombre d’usages et de casse des URSS-R (URF-P5, URF-V, Olympus) dans notre centre entre février 2015 et décembre 2018 a été collecté. Le nombre d’utilisations depuis la première jusqu’à casse de l’endoscope a été rapporté pour chaque URSS-R. Le nombre d’utilisations a été redémarré après retour de réparation. Depuis l’introduction en 2016 des URSS-UU (Lithovue, Boston Scientific), nous avons pu comparer les durées de vie des URSS-R en fonction de la disponibilité des URSS-UU et de leur intensité d’utilisation (nombre d’URSS-UU utilisés au cours de chaque cycle de vie d’URSS-R).


Résultats

Au cours de la période étudiée, 5 URSS-R (4 URF-P5 et 1 URF-V) ont été utilisés dans notre centre, pour un total de 1820 utilisations et 40 casses nécessitant une réparation. Le nombre médian d’utilisations avant casse était de 38 (25–51). Quatre-vingt-dix-huit URSS-UU ont été utilisés au cours de la période d’étude. Après l’introduction des URSS-UU le nombre d’utilisations avant casse des URSS-R est passé de 28 (19–46) à 45 (34–59), (+62 %, p =0,01). La relation graphique entre l’intensité d’utilisation des URSS-UU et la durée de vie des URSS-R a montré une augmentation linéaire de la survie après l’utilisation d’au moins 10 URSS-UU pour chaque cycle d’URSS-R. L’analyse de régression a montré que l’intensité d’utilisation des URSS-UU était corrélée positivement à une durée de vie augmentée des URSS-R RR (IC95 %) : 1,02 (1,01–1,03), (p <0,001) (Fig. 1).


Conclusion

La durée de vie des URSS-R a augmenté de 62 % après l’introduction des URSS-UU. Un nombre d’au moins 10 URSS-UU par cycle de vie était associé à une augmentation de durée de vie des URSS-R.

L’urétéroscope souple à usage unique permet-il de diminuer le risque d’infection urinaire après urétérorénoscopie souple ? Une étude rétrospective sur 422 interventions consécutives
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 678


Objectifs

Dans une étude récente (Ofstaed et al., 2017) l’analyse post-stérilisation de 16 urétéroscopes réutilisables (rURS) rapportait des irrégularités dans 100 % des urétéroscopes (présence de sang, protéines, bactéries). Récemment, plusieurs modèles d’urétéroscopes usage unique (uURS) sont disponibles et seraient dépourvus du risque d’infection croisée. Dans notre centre, faisant un usage mixte des urétéroscopes depuis 2 ans, nous avons comparé le taux d’infection après rURS vs uURS.


Méthodes

Étude rétrospective incluant les URS consécutives réalisées dans notre centre entre janvier 2017 et avril 2019. Une gaine d’accès urétérale (Peelway® Ch9-10) était systématiquement utilisée. Durant la période d’étude, 5rURS et 1uURS (UscopePU3022) étaient disponibles. La gestion du risque infectieux préopératoire était protocolisée: antibiothérapie durant 48heures adaptée au micro-organisme en cas de colonisation urinaire, ceftriaxone IV en cas d’ECBU polymicrobien et report d’intervention si manifestations cliniques d’une infection. Le critère de jugement principal était la survenue d’une infection urinaire définie comme une température>38°C associée à un syndrome inflammatoire biologique et une leucocyturie et/ou bactériurie dans le mois suivant l’intervention.


Résultats

Entre janvier 2015 et mars 2019, 422 URSS consécutives ont été réalisées dans les indications suivantes: lithiase urinaire (n =334), diagnostique et traitement conservateur des TVEUS (n =88). Dans les groupes rURS (n =236, 55,9 %) et uURS (n =186, 44,1 %), l’âge médian (IQR) était de 59 (49–68) vs. 63 (47–71) ans, 178 femmes étaient inclues (42,4 vs 41,9 %) et le score de Charlson médian (IQR) était de 2 (1–4) vs 2 (0–4), respectivement. Une IU est survenue chez 27 patients (6,4 %): 15 patients dans le groupe uURS (8,06 %) et 12 patients dans le groupe rURS (5,08 %) (p =0,21). Dans les groupes uURS et rURS, le délai médian de survenue d’une IU était 2 (1–3) vs 2 (1–3) (p =0,91) et une instabilité hémodynamique est survenue dans 3 vs. 1 cas (p =0,60), respectivement. Concernant l’écologie bactérienne, l’ECBU était plus souvent polymicrobien dans le groupe rURS mais la différence n’était pas significative (50 % vs 13 %, p =0,08).


Conclusion

À notre connaissance, il s’agit de la première étude comparant le risque d’infection urinaire après URSS selon le type d’urétéroscope utilisé, uURS vs. rURS. Ces résultats suggèrent que l’utilisation d’un uURS ne permettrait pas de diminuer le risque d’IU postopératoire.

Masses rénales d’origine infectieuses de l’enfant : étiologies et prise en charge
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 690-691


Objectifs

Les masses rénales d’origine infectieuse sont rares chez les enfants. Le diagnostic étiologique et la prise en charge thérapeutique restent souvent un défi. Le but de cette étude est de rapporter les étiologies des masses rénales infectieuses ainsi que les moyens diagnostiques et thérapeutiques.


Méthodes

Il s’agit d’une étude rétrospective des dossiers des enfants traités pour masses rénales infectieuses entre janvier 2000 et décembre 2017 dans les départements de chirurgie pédiatrique et d’urologie de notre région. Le critère d’inclusion était la présence de masse rénale de taille supérieure à 3cm à la radiologie associé á une confirmation de l’étiologie infectieuse par la biologie et/ou l’anatomopathologie.


Résultats

Vingt cas ont été colligés. L’âge moyen était de 9,7 ans (3 à 18 ans). Les masses rénales correspondaient à un kyste hydatique (KH) : 6 cas, pyélonéphrite xanthogranulomateuse (PXG) : 7 cas, abcès rénal : 3 cas, tuberculose : 2 cas, kyste amibien et mucormycose pour les 2 autres cas. Les principaux symptômes étaient : une masse abdominale (50 %) et des douleurs abdominales (45 %). L’échographie a été réalisée dans tous les cas avec une spécificité inférieure à celle du scanner (55 %). Le traitement a consisté en une urétéronéphrectomie (10 cas), chirurgie conservatrice (6 cas) et un drainage avec antibiothérapie (4 cas). L’évolution était simple dans 16 cas et compliquée dans 4 cas. Le suivi moyen était de 65 mois.


Conclusion

L’hydatidose et la PXG constituent les causes les plus fréquentes de masses rénales infectieuses dans notre pays. La chirurgie est le traitement le plus utilise. Nous insistons sur l’intérêt des mesures prophylactiques contre l’infestation hydatique et de la PXG par un diagnostic précoce de la lithiase urinaire.

Mesure du collagène au sein d’un tissu cancéreux prostatique à l’aide du microscope multiphotonique : résultats préliminaires
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 745-746


Objectifs

La microscopie multiphotonique (MMP) permet l’analyse quantitative du collagène entourant les cellules cancéreuses grâce au signal de deuxième génération harmonique (SHG) (Fig. 1). Decipher est un test génétique de score prédictif métastatique. L’objectif était de mesurer le pourcentage de fibres de collagène de lames histologiques de biopsies prostatiques cancéreuses grâce au MMP et les mettre en corrélation avec le Gleason Group Grade (GGG) et le Decipher Score.


Méthodes

L’imagerie MMP des lames de biopsies prostatiques cancéreuses était réalisée sur des patients ayant eu une prostatectomie radicale et un test Decipher. Cinq à 10 images de 0,5 par 0,5mm par lame étaient réalisées, et le pourcentage moyen de collagène était mesuré en divisant les pixels de l’image acquise par SHG par les pixels de l’image complète, en utilisant le logiciel ImageJ (Fig. 2). Le pourcentage de collagène était analysé pour chacun des 5 GGG et en fonction du score Decipher. Un test de corrélation de Spearman entre le score de Decipher et le pourcentage de collagène était également réalisé.


Résultats

Trente et un patients étaient sélectionnés, 22 patients avec le test Decipher. Le pourcentage moyen de collagène était plus élevé à mesure que le GGG augmentait (p =0,026, Tableau 1). L’ensemble des patients avec un score Decipher élevé avaient un pourcentage de collagène plus élevé (23,35 % vs. 21,9 % [17,35–30] pour la population risque intermédiaire et 17,8 % [11,6–24] pour la population faible risque Decipher, p =0,006) et la population GGG 1 avec un risque Decipher élevé avait une augmentation du pourcentage de collagène par rapport à la même population GGG1 avec un score Decipher faible (24 % [21–31,50] vs. 17,5 % [14,5–23], p =0,01). La corrélation de Spearman entre le score Decipher et le pourcentage de collagène était significative dans la population GGG 1-2 regroupée (Spearman's rho=0,3204, p =0,0009).


Conclusion

Le pourcentage de collagène augmente avec le score de Gleason et le score de risque Decipher. L’imagerie MPM des biopsies de la prostate peut être un outil complémentaire intéressant dans la prise en charge thérapeutique des populations GGG 1 et 2. Une étude de corrélation du score de Gleason entre deux uropathologistes sur les images MMP est en cours.

Mise au point d’un modèle porcin expérimental d’allotransplantation pancréatique après perfusion pulsatile hypothermique
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 735-736


Objectifs

Les objectifs étaient de mettre au point un modèle porcin diabétique par pancréatectomie totale ainsi qu’un modèle d’allotransplantation pancréatique sur porc diabétique, après perfusion pulsatile hypothermique (PH).


Méthodes

L’étude a été approuvé par le ministère de la Recherche (APAFiS #15169).

L’induction du diabète par pancréatectomie totale a été réalisé chez 1 animal et 11 allotransplantations (alloTx) pancréatiques ont été réalisé, avec différentes périodes et techniques de conservation du transplant: groupe contrôle (n =2): alloTx après conservation statique hypothermique (CSH) pendant 2h, groupe statique 6h (n =2): alloTx après CSH pendant 6h, groupe perfusion 2h (n =4): alloTx après PH pendant 2h et groupe perfusion 6h (n =3): alloTx après PH pendant 6h. Une analyse histologique et biologique a été réalisé au cours de la perfusion, après pancréatectomie et après transplantation pancréatique.


Résultats

L’induction du modèle diabétique par pancréatectomie totale a été réalisé chez un animal. Après pancréatectomie totale, le taux de peptide C est devenu nul, preuve de l’efficacité du modèle. Le taux de fonction du transplant après alloTx avec CS et PH était de 80 %. Deux décès en postopératoire immédiat sont survenus dans les groupes perfusion 2h et 6h: 1 sur hémorragie et 1 sur ischémie mésentérique après reprise chirurgicale. Un rejet est survenu dans le groupe contrôle.


Conclusion

L’allotransplantation pancréatique sur porc diabétique après PH est réalisable. L’utilisation des machines de perfusion en transplantation pancréatique pourrait permettre de diminuer le taux de complications postopératoire précoces.

Néo-vessie de remplacement robotisée intra-corporelle selon Studer. Astuces pour une standardisation de la technique
2019
- Communications vidéos
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 781


Objectif

La réalisation d’une néo-vessie après cystoprostatectomie par voie cœlioscopie robot-assistée est un challenge chirurgical. La standardisation de la technique permet un enseignement d’une technique complexe.


Méthodes

Description d’une méthode pas-à-pas d’une technique de remplacement orthotopique de vessie selon la technique de Studer par voie cœlioscopique robot-assistée avec reconstruction intra-corporelle.


Résultats

Durée d’intervention : 5h30 avec la cystoprostatectomie. Pertes sanguines : 300ml.


Conclusion

La standardisation de la technique d’une néo-vessie par voie intra-corporelle permet un apprentissage d’une technique qui bien que complexe peut améliorer les suites post-opératoires d’un remplacement orthotopique de vessie.

Néphrectomie laparoscopique pour donneur vivant : comparaison de la vision tridimensionnelle et bidimensionnelle
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 733


Objectifs

L’objectif de cette étude préliminaire était de comparer la sécurité et l’efficacité de la laparoscopie tridimensionnelle par rapport à la laparoscopie bidimensionnelle pour la néphrectomie de donneur vivant.


Méthodes

Tous les patients ayant eu une néphrectomie gauche laparoscopique pour donneur vivant, de janvier 2015 à avril 2018, dans un centre universitaire, ont été inclus. Toutes les interventions chirurgicales ont été réalisées par trois chirurgiens expérimentés.


Résultats

Soixante-treize patients ont été inclus : 16 ont eu une néphrectomie de donneur vivant par laparoscopie 3D (groupe 3D) et 57 par laparoscopie 2D (groupe 2D). Les deux groupes étaient équivalents pour tous les paramètres à l’exception du taux d’antécédents médicaux d’hypertension artérielle (7 contre 4 dans le groupe 3D et 2D respectivement, p =0,001). L’ischémie chaude et le temps opératoire étaient significativement plus faibles dans le groupe 3D (ischémie chaude : 1,7±0,6 contre 2,3±0,9minutes, p =0,02), (temps opératoire : 80,9±10,2 contre 114,1±32,3minutes, p =0,0002). La durée du séjour à l’hôpital était statistiquement plus courte dans le groupe 3D. Le taux de complications postopératoires était similaire dans les deux groupes d’étude. Aucune transfusion per- et postopératoire n’a été réalisé.


Conclusion

La néphrectomie gauche laparoscopique tridimensionnelle pour donneur vivant est une procédure sûre. Le système de vision 3D permet de diminuer l’ischémie chaude, le temps opératoire et la durée du séjour à l’hôpital par rapport à la laparoscopie bidimensionnelle.

Néphrectomie laparoscopique robot-assistée chez un donneur vivant : aspects techniques et avantages de l’extraction vaginale
2019
- Communications vidéos
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 778


Objectif

L’extraction vaginale du rein après une néphrectomie laparoscopique robot-assistée a été exposée comme techniquement possible et semble accentuer les avantages de la laparoscopie sur les douleurs post-opératoires et les résultats esthétiques. L’importance de ces deux derniers points semble accrue chez les donneurs vivants. Nous décrivons à travers cette vidéo les aspects techniques de l’extraction vaginale ainsi que les résultats post-opératoires de cette méthode.


Méthodes

Une patiente de 47 ans sans antécédent médico-chirurgicaux est candidate à un don de rein dans le cadre d’une greffe pour son mari. La néphrectomie gauche est réalisée à l’aide du robot Da Vinci X®, 4 bras robotiques et 2 instruments assistants. Le premier temps chirurgical consiste en la mise en place d’un Alexis® taille S dans le vagin permettant la communication entre l’espace intra-péritonéal et la cavité vaginale pour une extraction rapide du greffon. Le deuxième temps chirurgical consiste en la néphrectomie gauche laparoscopique robot-assistée et extraction du greffon par voie transvaginale à travers l’Alexis® préalablement placé. Les données pré-, per- et post-opératoires jusqu’à 3 mois sont collectées pour l’étude de cette technique.


Résultats

L’intervention a duré 96minutes. Le temps d’ischémie chaude du greffon a été de 4minutes. Les suites post-opératoires immédiates ont été simples : nous ne notons pas de déglobulisation, une insuffisance rénale modérée (débit de filtration glomérulaire à J1 : 61mL/min/m2). Une alimentation est reprise à J0, la mèche intra vaginale est retirée à J1 et la patiente quitte le service d’hospitalisation à J2 post-opératoire. La douleur post-opératoire est restée très modérée et seuls des antalgiques de pallier 1 ont été nécessaires. À 3 mois post-opératoire, la cicatrisation vaginale est bonne et la patiente ne présente pas de dyspareunie.


Conclusion

Les étapes décrites dans cette vidéo permettent de montrer que la voie transvaginale rend possible une extraction rapide du rein pour un temps d’ischémie chaude de très courte durée, une faible douleur post-opératoire et un résultat esthétique satisfaisant. L’extraction vaginale d’un futur greffon semble une voie d’abord à privilégier dans le cadre d’une greffe donneur vivant chez les sujets de sexe féminin.

Néphrectomie partielle de rattrapage robot-assistée après échec de cryothérapie
2019
- Communications vidéos
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 776-777


Objectif

Cette vidéo illustre la difficulté d’une néphrectomie partielle de rattrapage post-cryothérapie. L’objectif est de sensibiliser sur l’importance de la prise en charge initiale des tumeurs rénales, notamment chez les sujets fragiles (insuffisance rénale, anticoagulation) et les limites de la cryothérapie, les techniques chirurgicales actuelles permettant la réalisation de néphrectomies partielles avec une excellente préservation de la fonction rénale et un contrôle des saignements per-opératoires.


Méthodes

L’intervention a été réalisée avec le robot chirurgical Da-Vinci en utilisant 3 bras opérateurs, une optique de 30 degrés et 2 trocarts d’aide. Nous avons utilisé une modélisation 3D réalisée à partir du scanner pré-opératoire, l’échographie per-opératoire, et le test à la fluorescéine. Afin de limiter les temps d’ischémie, nous avons pratiqué le clampage sélectif et le clampage séquentiel. Ces différents outils et techniques nous permettent de diminuer la morbidité de l’intervention. Les données cliniques collectées après consentement écrites sont extraites de la base de données française du cancer du rein uroCCR.


Résultats

Patiente de 72 ans insuffisante rénale chronique sous anticoagulants, traitée par cryothérapie pour une tumeur de 5cm, endophytique, pôle supérieur du rein droit, présentant une récidive locale à 4 mois. Scores RENAL10ph, PADUA 12p. Néphrectomie partielle de rattrapage robot-assistée complexifiée par la cryothérapie : graisse péri-rénale adhérente, plans difficiles à retrouver. L’échographie per-opératoire permet de définir au mieux les limites de la tumeur. Les clampages sélectif et séquentiel permettent de limiter les temps d’ischémie et la bonne vascularisation du parenchyme restant est objectivée par le test à la fluorescéine. Ouverture du système collecteur nécessaire, reconstruction au PDS 4.0. Temps opératoire 320min, pertes sanguines 100cc, anatomopathologie retrouvant un carcinome à cellules claires pT3aR0. La fonction rénale est conservée en post-opératoire immédiat et à 8 mois. Pas de récidive locale à 8 mois.


Conclusion

La cryothérapie doit être utilisée avec précaution, notamment pour des tumeurs supérieures à 4cm, facteur de risque d’échec de cette technique. En effet, la toxicité locale de la cryothérapie rend la néphrectomie partielle de rattrapage plus complexe, augmentant le risque de complications, chez des patients fragiles. La néphrectomie partielle a sa place en première intention, même chez ces patients.

Néphrectomie partielle robot-assistée : stratégie de clampage dans l’insuffisance rénale chronique CKD 4
2019
- Communications vidéos
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 776


Objectif

Chez un patient présentant une insuffisance rénale chronique l’exérèse d’une tumeur du rein représente un challenge chirurgical pour éviter la bascule vers l’insuffisance rénale terminale.


Méthodes

Exposer 3 types de clampage différents au cours d’une néphrectomie cœlioscopique robot-assistée.


Résultats

Une néphrectomie partielle off clamp est la technique de référence chez ces patients en se permettant un clampage en cas de saignement. Un clampage supra-sélectif est une technique séduisante mais nécessitant une imagerie de qualité injectée. Le clampage artériel peut être proposée pour des tumeurs à haut risque hémorragique. Un déclampage précoce permet une réduction de l’ischémie.


Conclusion

Les différentes techniques de clampage et de préservation rénale peuvent être combinées pour permettre une préservation de la fonction rénale.

Néphrectomie partielle sur transplant rénal par voie laparoscopique robot-assistée avec clampage artériel endovasculaire
2019
- Communications vidéos
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 780


Objectif

Nous rapportons, à notre connaissance, le premier cas de néphrectomie partielle sur transplant rénal réalisée par voie laparoscopique robot-assistée avec clampage artériel endovasculaire.


Méthodes

Il s’agit d’un patient de 48 ans, transplanté rénal en fosse iliaque droite en 2003 pour insuffisance rénale chronique terminale chez qui il a été découvert lors d’une surveillance échographique une lésion kystique rénale de 2cm située sur le pôle supérieur du greffon. L’IRM confirme la présence d’un kyste rénal Bosniak 4. Afin d’éviter la dissection du pédicule rénal, un abord endovasculaire est réalisé sous anesthésie locale en radiologie interventionnelle suivi de l’intervention chirurgicale sous anesthésie générale au bloc opératoire.


Résultats

Dans un premier temps, un ballon occlusif est positionné après artériographie au niveau du tronc principal de l’artère rénale du transplant. Ensuite, au bloc opératoire, l’artère iliaque primitive est disséquée afin d’obtenir un contrôle proximal en cas d’occlusion incomplète de l’artère du greffon. Une résection monobloc de la lésion est effectuée après repérage échographique et clampage artériel. Une suture parenchymateuse est réalisée avant déclampage précoce suivi d’une rénorraphie puis de l’extraction de la pièce opératoire. La durée opératoire est de 60minutes dont 8minutes d’ischémie chaude. Les pertes sanguines sont négligeables. L’échographie-doppler du greffon réalisée à la fin de l’intervention est normale. Le patient sort à J2 avec une fonction rénale stable. L’anatomopathologie retrouve une tumeur multiloculaire de faible potentiel de malignité d’exérèse complète.


Conclusion

Cette intervention semble être faisable et sûre dans la prise en charge des patients présentant une tumeur sur transplant rénal.

Néphrectomie totale avec thrombus cave laparoscopique robot-assistée : faisabilité et résultats
2019
- Communications vidéos
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 777


Objectif

Montrer la faisabilité et les résultats péri-opératoires et post-opératoires d’une néphrectomie élargie droite avec cavotomie et thombectomie par voie laparoscopie robot-assistée pour tumeur T3bN0Mx.


Méthodes

Utilisation d’un robot Da Vinci Si HD (Intuitive Surgical) 4 bras avec 1 trocart de 12mm pour l’assistant. Patient positionné en décubitus latéral gauche avec infléchissement de 20 la table. Les données péri-opératoires et post-opératoires ont été prospectivement collectées.


Résultats

Il s’agit d’un patient de 54 ans avec diagnostic concomitant d’un ADK bronchique à petites cellules et d’un ADK rénal de 6cm par 6cm du rein droit avec thrombus cave inférieur remontant à 2cm au-dessus de la veine rénale droite, classé T3bN0Mx (surrénale droite). Nous présentons une approche laparoscopique robot-assistée. La durée opératoire a été de 300min. Les pertes sanguines ont été évaluées à 500cc. Le clampage de la veine cave inférieure et de la veine rénale gauche a été de 16min. La durée d’hospitalisation a été de 6jours (en raison de problème sociaux). Le patient était sortant à J3. L’analyse anatomopathologie a retrouvé un ADK à cellules claires grade 4. Marges saines.


Conclusion

La voie d’abord laparoscopique robot-assistée dans cette indication est une option à considérer au sein d’équipes chirurgicales expertes et chez des patients sélectionnés. Elle améliore la récupération post-opératoire avec des résultats comparables.

Néphrectomie « de clôture » après traitement par immunothérapie pour un cancer du rein métastatique : un nouveau challenge
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 646-647


Objectifs

À l’ère des inhibiteurs de points de contrôle immunitaires (ICI), la place de la néphrectomie dans le cas d’une réponse complète sur les sites métastatiques reste inconnue. L’objectif de cette étude était d’évaluer la faisabilité de la néphrectomie chez les patients ayant reçu un ICI pour un cancer métastatique dans le but d’obtenir une réponse complète macroscopique.


Méthodes

Les patients ayant eu une néphrectomie, partielle ou radicale, après un traitement par ICI entre 2015 et 2018 ont été inclus rétrospectivement de manière multicentrique et les données clinicopathologiques ont été recueillies. Seuls les patients pour lesquels une réponse complète sur les sites métastatiques avait été obtenue ont été retenus. Finalement, sept patients, d’âge médian 57 ans [38–66], de groupe pronostique IMDC intermédiaire (n =5) ou mauvais (n =2), ont eu une néphrectomie après ICI (nivolumab+ipilimumab [n =3], nivolumab+tivozanib [n =1] ou nivolumab seul [n =3]). Les données périopératoires et les résultats postopératoires ont été analysées.


Résultats

Parmi les sept patients ayant eu une néphrectomie, la durée moyenne de traitement par ICI était de 20 mois [6–36]. La durée opératoire moyenne était de 256minutes [190–345] et les pertes sanguines moyennes de 157mL [40–300]. Dans 71,4 % des cas (5/7), des difficultés chirurgicales ont été décrites (adhérences, remaniements inflammatoires). Dans 2 cas, l’indication ou la voie d’abord a dû être changée. Le taux de complications postopératoires était de 42,9 % (3/7) et la durée moyenne d’hospitalisation était de 6jours [2–11]. Il n’y a pas eu de décès postopératoire. L’analyse anatomopathologique montrait une infiltration lymphocytaire et/ou macrophagique dans 5 cas et une réponse pathologique complète dans 1 cas. Après un suivi moyen de 17 mois, 85,7 % (6/7) des patients étaient vivants sans progression et sans traitement systémique.


Conclusion

En cas de réponse complète sur les sites métastatiques après traitement par ICI, une néphrectomie « de clôture » est faisable et permet des réponses complètes prolongées. Cependant, la chirurgie est techniquement difficile avec des adhérences et des remaniements fréquents dus à une infiltration inflammatoire. Une prise en charge dans un centre spécialisé est souhaitable pour limiter la morbidité périopératoire.

Neuromodulation sacrée et troubles de vidange: étude rétrospective monocentrique
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 737-738


Objectifs

La neuromodulation sacrée (NMS) fait partie des rares options thérapeutiques actuellement disponibles dans la prise en charge des troubles de la vidange vésicale en l’absence d’obstruction. L’objectif de cette étude était d’évaluer l’efficacité de la NMS dans le traitement des troubles de la vidange vésicale, isolés ou associés à une HAV.


Méthodes

Tous les patients ayant eu un test de NMS pour troubles de vidange entre janvier 2006 et 2019 dans un centre universitaire ont été intégrés dans le cadre d’une évaluation rétrospective (soin courant). Les données ont été recueillies à partir du dossier médical. Les patients ont été sélectionnés sur les critères suivants, témoins d’un trouble de vidange: présence d’une dysurie subjective, débitmétrie altérée, Qmax<10mL/s, résidu post-mictionnel significatif>100 cm3, défaut de contractilité vésicale au bilan urodynamique (BUD), miction par auto-sondages. Une efficacité sur les symptômes>50 % autorisait l’implantation du boîtier de neuromodulation (Interstim® 2, Medtronic™, États-Unis).


Résultats

Quarante-neuf tests de NMS ont été réalisés pour troubles de vidange chez 44 patients, soit 15 % des indications. L’âge moyen était de 61±38 ans [24–88]. Trente et un patients présentaient un défaut de contractilité au BUD, dont 13 d’origine neurologique périphérique. Deux patients n’ont présenté aucune réponse à la stimulation peropératoire. Après la phase test, 35 implantations ont été réalisées chez 30 patients, soit 74 % de tests positifs. Après un suivi médian de 12 mois [1–111 mois], 28 patients (93 %) étaient toujours traités par NMS, dont 2 en stimulation bilatérale. Vingt deux patients (73 %) se déclaraient complètement satisfaits de leur qualité de vie. Huit patients sur 15 ont été sevrés des auto-sondages (AS). Trois cas d’infection du dispositif et trois cas de douleur chronique post-implantation ont été répertoriés.


Conclusion

À notre connaissance, notre étude est la plus grande série française évaluant l’efficacité de la NMS dans les troubles de la vidange vésicale. La NMS a amélioré 73 % des patients implantés et a permis un sevrage des AS dans la moitié des cas.

Neurostimulation tibiale postérieure percutanée pour hyperactivité vésicale chez la femme : une étude prospective monocentrique
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 707


Objectifs

Alors que la neurostimulation tibiale postérieure est de plus en plus utilisée dans le traitement de l’hyperactivité vésicale (HAV) et promue par les recommandations internationales, le mode de stimulation utilisée dans la plupart des pays diffère de celui utilisé en France (percutané vs transcutané). L’objectif de cette étude était de rapporter les résultats de la neurostimulation tibiale postérieure percutanée (perc-PTNS) dans le traitement de l’HAV.


Méthodes

Les données de toutes les patientes traitées par perc-PTNS pour HAV entre 2016 et 2018 ont été collectées prospectivement. La perc-PTNS était administrée au cours d’une séance hebdomadaire de 30minutes pour 12 semaines puis un traitement d’entretien était effectué en cas d’efficacité avec une séance de 30minutes par mois. Toutes les séances étaient effectuées en consultation. Le critère de jugement principale était le Patient Global Impression of Improvement (PGI-I) a 3 mois. Les critères de jugement secondaires étaient le pourcentage de changement du score OAB-q Short Form à 3 mois et le taux d’arrêt du traitement à 3 mois.


Résultats

Après exclusion de 37 hommes et 8 patientes atteintes de pathologies neurologiques, 53 patientes ont été incluses. L’âge moyen des patientes étaient de 65,9 ans (±16,7) avec un IMC moyen de 26,1kg/m2 (± 6,4). Une majorité des patientes avaient reçu un traitement anticholinergique (77,4 %) inefficace ou mal tolérée avant d’être orienté vers la perc-PTNS. Une hyperactivité détrusorienne était retrouvée sur le bilan urodynamique pré-traitement chez 50 % des patientes. Une majorité des patientes étaient améliorée à 12 semaines (PGI-I 1, 2 ou 3=69,2 %) mais seul une était très améliorée (PGI-I 1=2,6 % ; Tableau 1). Le taux d’arrêt du traitement à 12 semaines était de 39,1 % (Fig. 1). Le score OAB-q SF était significativement amélioré à 12 semaines (−12,7 % ; p =0,0034).


Conclusion

Cette série prospective confirme l’efficacité de la perc-PTNS dans le traitement de l’HAV chez la femme. Pour autant les résultats rapportés ne semblent pas supérieurs à ceux de la neurostimulation tibiale postérieure transcutanée telle qu’utilisée en France. La réalisation d’un essai randomisée comparant les deux modalités (transcutanée vs percutanée) pourrait permettre de préciser le rôle de ces deux options thérapeutiques.

Onco-urologie du sujet âgé : aspects épidemiologiques et biologiques
Onco-urology of the aging patient: Epidemiological and biological aspects
2019
- Rapports du congrès
- Réf : Prog Urol, 2019, 14, 29, 797-806

But

Présenter dans un premier temps les données épidémiologiques du vieillissement et des cancers et en décrire les évolutions attendues. Présenter dans un second temps les données biologiques et génétiques concernant le vieillissement et les relations entre veillissement et oncogenèse.

Méthode

Recherche bibliographique à partir de la base de données bibliographiques Medline (NLM outil Pubmed) et Embase, ainsi que sur les sites internet des sociétés savantes de gériatrie, des Nations Unies, de la Banque Mondiale, de l’Organisation mondiale de la santé, de l’Institut National du Cancer, de la Ligue Contre le Cancer à partir des mots-clés suivants : vieillissement, personne âgée, cancer, épidémiologie, biologie, génétique.

Résultats

On observe un vieillissement de toute la population mondiale très marquée et croissant. En France, les nouveaux cas de cancers sont diagnostiqués dans 62,4 % chez des patients de plus de 65 ans et dans 11,5 % chez des patients de plus de 80 ans. La mortalité par cancer y survient dans 75,3 % chez des patients de plus de 65 ans et dans 24,8 % chez des patients de plus de 80 ans. La mortalité spécifique par cancer est toujours supérieure chez les patients âgés de plus de 75 ans par rapport aux patients plus jeunes ; cela traduit, entre autre, une discrimination selon l’âge qui est appelée âgisme. On a pu établir que le vieillissement cellulaire est marqué par 9 grandes familles d’anomalies biologiques et génomiques. Vieillissement biologique et oncogenèse sont étroitement intriqués avec des relations de mieux en mieux établies. Ils sont tous deux le produit de la sélection naturelle et sont observés chez toutes les espèces ayant à la fois des tissus de renouvellement et une distinction entre tissu germinal et tissu somatique.

Conclusion

Les données épidémiologiques prédisent que la cancérologie, dont la cancérologie urologique, est en passe de devenir très majoritairement de la cancérologie gériatrique ; il est indispensable et urgent que la société y soit préparée et que chaque soignant y soit aussi préparé, c’est-à-dire, formé. Les données biologiques et génétiques plaident pour une grande intrication entre vieillissement et oncogenèse ; les recherches menées dans chacun de ces domaines devraient être rapprochées pour un bénéfice réciproque.

Purpose

First, to present the epidemiological data of aging and of cancers and to describe the respectives expected evolutions. Second, to present biological and genetic data on aging and on the relationships between aging and oncogenesis.

Method

Bibliographic search from the Medline bibliographic database (NLM Pubmed tool) and Embase, as well as from the web sites of geriatric scientific societies, the United Nations, the World Bank, the World Health Organization, the Institut National du Cancer and the Ligue Contre le Cancer from the following keywords: aging, elderly, cancer, epidemiology, biology, genetics.

Results

The entire world population is aging very significantly and very rapidly. In France, new cases of cancer are diagnosed in 62.4% of cases in patients over 65 and in 11.5% of cases in patients over 80 years. Cancer mortality occurs in 75.3% of cases in patients over 65 years of age and in 24.8% of cases in patients over 80 years of age. Cancer-specific mortality is consistently higher in patients older than 75 years compared to younger patients; this reflects, among other things, an age discrimination which is called agism. It has been established that cellular aging is marked by 9 major families of biological and genomic abnormalities. Biological aging and oncogenesis are intertwined with increasingly well established relationships. They are both the product of natural selection and they are found in all species with both renewal tissues and a distinction between germinal tissue and somatic tissue.

Conclusion

Epidemiological data predict that oncology, including urological oncology, is becoming very predominantly geriatric oncology; it is critical and urgent that society be prepared for it and that every care-giver be prepared, that is, be specifically trained. Biological and genetic data argue for a great entanglement between aging and oncogenesis; research in each of these areas should be reconciled for mutual benefit.

Optimisation de la prise en charge du cancer de la vessie chez les patients a?gés
Optimizing the management of bladder cancer in older patients
2019
- Rapports du congrès
- Réf : Prog Urol, 2019, 14, 29, 849-864

But

Définir et présenter les améliorations potentielles dans la prise en charge du cancer de la vessie chez les patients âgés.

Méthode

Recherche bibliographique à partir de la base de données bibliographiques Medline (NLM outil Pubmed) et Embase à partir des mots-clés suivants : cancer de vessie, traitement, BCG, chimiothérapie, cystectomie et personne âgée.

Résultats

Les principes oncologiques de la prise en charge médico-chirurgical du cancer de la vessie ne diffèrent pas en fonction de l’âge. En revanche, les comorbidités du patient sont susceptibles d’altérer la tolérance des traitements. Au stade de TVNIM, aucune adaptation du traitement standard n’a démontré d’intérêt. Au stade de TVIM, le pronostic a été amélioré par la prise en charge gériatrique multidisciplinaire péri-opératoire.

Conclusion

Les indications et principes des traitements chirurgicaux doivent être identiques quel que soit l’âge des patients. Au stade de TVNIM, la prescription des traitements adjuvant, notamment de la BCG-thérapie ne doit pas être remise en question du fait de l’âge du patient. En revanche, au stade de TVIM localisée, la chimiothérapie néoadjuvante et adjuvante ne doivent pas être considérées comme un standard et ses indications doivent être évaluées individuellement après une évaluation gériatrique.

Aim

To define and present potential improvements for the management of bladder cancer in older patients.

Method

Bibliographical search was performed from the Medline bibliographic database (NLM Pubmed tool) and Embase focused on: bladder cancer, treatment, BCG, chemotherapy, cystectomy, and elderly.

Results

The oncological principles of medico-surgical management of bladder cancer do not differ according to age. On the other hand, the patient comorbidities have been likely to alter the tolerance of these treatments. At the NMIBC stages, no adaptation of the standard treatment has demonstrated any interest. At the MIBC stages, the prognosis was improved by geriatric multidisciplinary perioperative management.

Conclusion

The indications and principles of surgical treatments must be identical regardless of the patient age. At the NMIBC stages, adjuvant therapy, including BCG therapy, should not be questioned because of the age of the patient. On the other hand, at the localized MIBC stages, neoadjuvant and adjuvant chemotherapy should not be considered as a standard and their indications assessed individually after geriatric assessment.

Parcours patient hypno-sédation en endo UROLOGIE : une alternative innovante à l’anesthésie générale
2019
- Communications vidéos
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 782


Objectif

L’hypno-sédation (HS) est une technique d’anesthésie qui associe l’hypnose, la sédation intra-veineuse consciente, un traitement antalgique classique et un anesthésique local. Elle permet au patient de rester conscient, mais distrait en cours de la chirurgie.


Méthodes

Patiente de 86 ans, présentant un cancer du col utérin métastatique avec compression urétérale bilatérale nécessitant un changement semestriel d’endoprothèse double J et urétéropyélographie rétrograde. La prise en charge est effectuée selon un parcours patient spécifique à l’HS avec une équipe médico-chirurgicale formé à l’hypnose. L’entrée en salle opératoire se fait debout, digne et détendu. L’HS débute par, une phase d’« Induction hypnotique », une sédation consciente par Rémifentanil en AIVOC (Anesthésie intra-veineuse à objectif de concentration), suivie d’une « Transe hypnotique » permettant l’intervention après injection intra urétrale de xylocaïne gel. La fin de l’HS et le retour à la conscience normale est précédé d’une « Suggestion Hypnotique ».


Résultats

La durée totale de la prise en charge était d’1h 30min depuis l’arrivée de la patiente jusqu’à sa sortie de l’hôpital du jour chirurgical HDJC, la durée de l’intervention était de 13min, le temps d’occupation de la salle opératoire était de 18min, le passage en salle de réveil était de 5min et le passage en HDJC de 30min. Les suites opératoires étaient simples.


Conclusion

L’HS présente de nombreux avantages qui contribuent à l’amélioration de la qualité des soins, une récupération plus rapide en postopératoire, une réduction des durées de séjour et des coûts de soins de santé. Dans notre centre l’HS est considérée comme une alternative à l’anesthésie générale pour la chirurgie mineure et les gestes endoscopiques en urologie.

Patients avec un cancer de la prostate traités par hormonothérapie : impact de l’activité physique adaptée
Patients with prostate cancer treated by androgen deprivation therapy: Impact of adapted physical activity
2019
- Réf : Prog Urol, 2019, 15, 29, 912-916


Objectifs

Le but de cet article est de présenter l’activité physique adaptée (APA) et son impact potentiel sur les effets secondaires de l’hormonothérapie (HT), les limites de sa mise en œuvre et les mesures pour favoriser sa diffusion auprès des patients avec un cancer de la prostate (CaP) traité par HT.


Matériel et méthodes

Une revue non systématique de la littérature a été réalisée à partir des articles référencés dans Pubmed, en utilisant les mots clés « prostate cancer », « androgen deprivation » and « physical activity », et des principales publications et recommandations des agences de santé nationales et internationales, publiés entre janvier 2010 et juin 2019.


Résultats

L’APA représente un moyen d’action efficace pour diminuer les effets secondaires de l’HT. Son intégration dans le parcours de soins des patients avec un PCa traité par HT reste limitée.


Conclusion

Afin de promouvoir et garantir une place à l’APA dans cette population, une collaboration pluridisciplinaire entre les professionnels de santé et de l’APA est indispensable. Cette collaboration doit permettre la mise en place de programmes d’APA et d’outils d’éducation thérapeutique standards et innovants pour les patients ainsi que le développement d’information et de promotion auprès des professionnels de santé.


Objectives

The purpose of this article is to present adapted physical activity (APA) and its potential impact on the androgen deprivation therapy (ADT) adverse effects, the limits and measures to promote its use among prostate cancer (PCa) patients treated with ADT.


Material and methods

A non-systematic review of the literature was performed with pubmed referenced articles, using the keywords “prostate cancer”, “androgen deprivation” and “physical activity”, and the main publications and recommendations of national and international health agencies, published between January 2010 and June 2019.


Results

APA represents an effective action to reduce adverse effects of ADT. Its integration into health care of PCa patients treated with ADT remains limited.


Conclusion

To promote a APA development in this population, a multidisciplinary collaboration between healthcare and APA professionals is essential. This collaboration should enable implementation of standard and innovative APA programs and therapeutic education tools for patients, as well as development of information and promotion for healthcare professionals.

Patients éligibles à la surveillance active présentant une IRM positive avec un adénocarcinome prostatique ISUP 2: étude anatomopathologique
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 744


Objectifs

La surveillance active (SA) est proposée pour certains patients ISUP 2 sur les biopsies, pourtant, il s’agit parfois d’une maladie plus agressive. Nous avons étudié le grade anatomopathologique final sur la pièce de prostatectomie chez des patients présentant une IRM positive, un adénocarcinome prostatique (AP) ISUP 2 sur les biopsies, éligibles à une SA. Tous ont eu des biopsies systématiques (BS), des biopsies ciblées (BC).


Méthodes

Nous avons sélectionné 242 patients chez qui un AP ISUP 2 avait été diagnostiqué par la combinaison de BS et de BC par fusion IRM/échographie 3D et avaient eu en suivant une prostatectomie totale (PT). Le critère de jugement principal était le grade anatomopathologique retrouvé sur la pièce de PT, une maladie favorable était définie par un AP pT2 ISUP 1 ou 2.


Résultats

La maladie était sous-évaluée dans 33 % des cas, 3 % avaient une maladie ISUP4-5. La taille de la lésion IRM (p =0,038) et la longueur tumorale maximale par biopsie (LTMB) étaient significativement plus basses chez les malades présentant une maladie favorable (p <0,001). Parmi les patients présentant une maladie localement avancée (MLA), 34,2 % avaient uniquement des BS positives, 45,7 % avaient un ISUP2 sur les BC uniquement et 57,1 % sur les BC et les BS (p =0,035). Le nombre de biopsies positives sur les BS n’était pas significativement plus élevé dans les MLA (4,3 vs 2,9 ; p =0,005). Le risque de MLA n’était que de 20,8 % chez ceux qui avaient une densité PSA (PSAD)≤0,20ng/mL/g, 1 à 2 biopsies positives et une LTMB≤6mm, alors qu’il était de 52,3 % chez les hommes qui n’avaient pas tous ces critères (p =0,003).


Conclusion

Cette étude identifie les facteurs cliniques, IRM, et anatomopathologiques qui sont significativement associés au niveau de risque de cancer de prostate. Selon cette étude, la SA pourrait être proposée aux patients présentant PSAD≤0,20, avec 1 à 2 biopsies positives avec moins de≤6mm de longueur tumorale.

Pelvectomie antérieure pour carcinome urothelial infiltrant vésical par assistance robotisée avec extraction vaginale : description technique
2019
- Communications vidéos
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 780-781


Objectif

Montrer que la pelvectomie antérieure par assistance robotisée pour carcinome urothelial peut faire partie de l’arsenal thérapeutique minimal invasif et qu’elle est désormais codifiée et reproductible. Montrer que cette technique est comparable à la chirurgie ouverte qui reste le gold standard.


Méthodes

Nous rapportons le cas d’une patiente âgée de 62 ans ASA 1, antécédents de grossesse extra utérine et appendicectomie, porteuse d’une duplicité urétérale droite et d’une tumeur pT2G3 suite à une résection, ayant bénéficié d’une chimiothérapie néo adjuvante et d’une rééducation vésico sphinctérienne pré-opératoire. La patiente a fait l’objet d’une dernière consultation pré opératoire au cours de laquelle, elle a pu rencontrer psychologue, anesthésistes, diététicienne et urologue avec un scanner thoraco abdomino-pelvien mettant en évidence l’absence de progression de la maladie.


Résultats

La patiente est positionnée en Trendelenburg de 30°, après création d’un pneumopéritoine, le système Da Vinci Xi est installé. La procédure débute par l’ureterolyse et le curage ganglionnaire avec utilisation de clips 5mm pour la lymphostase. Les ailerons vésicaux, les ligaments lombo-ovariens et les artères utérines sont coagulés et sectionnés par système robotique « vessel seller ». La dissection urétrale est réalisée afin de pouvoir entreprendre un remplacement de vessie, section sur clip 10mm. Pelvectomie réalisée avec ouverture vaginale et extraction par voie vaginale sans incision cutanée complémentaire. Temps d’exérèse 1H30. Déperdition sanguine <250ml. Poursuite de l’intervention par entérocystoplastie intra-corporelle. Sortie à J14. L’histologie définitive : ypT0 N0 (18) R0, tumeur associée adénocarcinome endométrial type endométrïode grade 1 OMS, pT1a N0 R0 stade IA FIGO


Conclusion

Cette technique pas-à-pas nous permet de mettre en évidence la faisabilité et la standardisation de la technique de pelvectomie antérieure par assistance robotisée dans un temps opératoire court et d’envisager une technique de dérivation intra-corporelle dans de bonnes conditions pour respecter un temps global d’intervention convenable et habituel.

Performance de l’analyse de texture en tomodensitométrie pour prédire la présence de graisse adhérente péri-rénale (« graisse toxique »)
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 647-648


Objectifs

L’analyse de texture peut être définie comme une analyse mathématique de la répartition spatiale et de l’agencement des pixels en fonction de leur niveau de gris. L’objectif de cette étude était d’évaluer la performance de l’analyse de texture pour prédire la présence de graisse adhérente péri-rénale (GAP).


Méthodes

C’est une étude rétrospective qui a analysé les données scannographies de patients opérés pour une tumeur rénale par néphrectomie partielle robot-assistée entre août 2015 et octobre 2016. Les patients étaient divisés en deux groupes en fonction de l’existence ou non en peropératoire de GAP. Après une délimitation manuelle de la GAP, nous avons extrait 15 paramètres de textures correspondant aux paramètres statistiques du premier ordre et aux paramètres d’Harralick. Les facteurs prédictifs de GAP ont été recherchés par une régression logistique univariée puis multivariée. La valeur prédictive globale du modèle sélectionné a été évaluée par l’aire sous la courbe ROC.


Résultats

Soixante-dix patients ont été analysés. Une GAP a été constatée chez 26 patients (37 %). En analyse multivariée, les paramètres de textures associés à la présence d’une graisse adhérente péri-rénale étaient : l’asymétrie (p =0,02), l’entropie (p =0,01) et la corrélation (p =0,04). La combinaison de ces descripteurs radiomiques a permis de générer un modèle prédictif de graisse adhérente péri-rénale conduisant à une aire sous la courbe ROC à 0,82 (IC95 % : 0,65–0,86).


Conclusion

Les données de cette étude préliminaire suggèrent que l’analyse de texture est un outil d’imagerie quantitative intéressant pour identifier la GAP.

Performance de l’analyse radiomique pour la prédiction du stade et du grade histologique des carcinomes urothéliaux du haut appareil urinaire
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 652


Objectifs

L’analyse de texture peut être définie comme une analyse mathématique de la répartition spatial et de l’agencement des pixels en fonction de leur niveau de gris dans une matrice prédéfinie. L’objectif de cette étude était d’évaluer la performance de l’analyse de texture pour la prédiction du stade et du grade histologique des carcinomes urothéliaux du haut appareil.


Méthodes

Il s’agit d’une étude rétrospective qui a analysé les données scannographies et histologiques de patients opérés pour un carcinome urothélial du haut appareil par néphro-urétérectomie totale entre janvier 2015 et avril 2018.

Les patients étaient divisés en 2 groupes en fonction de du grade (bas vs. haut grade) et du stade histologique (T1 vs.≥T2). Après une délimitation manuelle de la tumeur, nous avons extrait 15 paramètres de textures correspondantes aux paramètres statistique du premier ordre et aux paramètres d’Harralick.


Résultats

Cinquante et un patients ont été analysés. L’analyse radiomique montrait une association significative entre les paramètres de textures et les caractéristiques histologiques. Les paramètres de textures associés à une tumeur de haut grade étaient : angulation (p =0,02), la différence d’entropie (p =0,02) et l’entropie (p =0,02). Enfin, concernant le stade histologique nous avons identifié la variance (p =0,0009), et la corrélation (p =0,03) comme facteurs prédictifs indépendants d’une tumeur≥T2.


Conclusion

Les données de cette étude préliminaire suggèrent que l’analyse radiomique semble être un outil d’imagerie quantitative intéressent pour la discrimination préopératoire du stade et du grade tumoral des carcinomes urothéliaux du haut appareil.

Performances diagnostiques du test SelectMDx dans la détection précoce du cancer de la prostate
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 663-664


Objectifs

Évaluer les performances diagnostiques du test SelectMDx dans la détection précoce du cancer de la prostate (CaP) à partir des échantillons d’urines recueillis depuis 2010 (1200 patients) lors de la consultation d’évaluation du risque du CaP.


Méthodes

Cent patients ont été sélectionné au hasard pour un dosage du test SelectMDx. Les échantillons urinaires étaient associés aux données clinicobiologiques (décrites dans le Tableau 1) et au résultat de la démarche diagnostique de CaP (pas de biopsie, biopsie négative ou biopsie positive). Le critère de jugement était la présence d’un CaP ISUP ≥2 à la fin du suivi. Le score MDx était évalué en valeur continue et qualitative (cut-off 13 % d’après l’étude de Van Neste. Eur Urol 2016). Les données quantitatives et qualitatives étaient analysées respectivement par t -test de Student et de test de Fisher exact ou Chi2. La précision diagnostique du test SelectMDx était définie par l’aire sous la courbe (ROC).


Résultats

Le test SelectMDx a été réalisé chez 97 patients. Le suivi médian des patients dans la cohorte initiale était de 26,8 mois (1,6–94). Les caractéristiques de la population générale sont représentées dans le Tableau 1. En analyse univariée, l’âge, la densité de PSA, le volume prostatique, le score SelectMDx en valeur qualitative (cut-off 13 %) et une IRM retrouvant une lésion PiRADS 4/5 étaient associés à la présence de CaP à la fin du suivi. Le score SelectMDx n’était pas corrélé au score PIRADS (p =0,5). L’analyse multivariée (sur 63 patients) rapportait que le score SelectMDx et le score PiRADS 4/5 n’étaient pas des facteurs indépendants associés au cancer significatif à la fin du suivi (Tableau 2). Le modèle combinant les 2 paramètres permettait d’obtenir une aire sur la courbe de 0,764 (Fig. 1).


Conclusion

Le test SelectMDx combinant des données cliniques et biologiques permet de prédire le diagnostic d’un CaP. L’absence de relation avec le score PiRads permet de combiner ces 2 critères pour obtenir un modèle diagnostic précis dans cette cohorte.

Perfusion pulsatile hypothermique ex vivo de pancréas de primate non humain : étude de faisabilité
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 735


Objectifs

L’objectif était d’évaluer la faisabilité de la perfusion pulsatile hypothermique (PPH) de pancréas de primates non humains pour une potentielle transplantation d’organes.


Méthodes

Sept pancréas de babouins ont été évalués, après euthanasie. Ces animaux ont été inclus dans une étude approuvée par le ministère français de la Santé. Deux groupes ont été comparés : le groupe témoin (n =2) a été préservé en utilisant une conservation statique conventionnelle (SCS) pendant 24heures et le groupe perfusion (n =5) a utilisé la PPH pendant 24heures, avec 3 pressions de perfusion (PP) différentes : 15 (n =3), 20 (n =1) et 25mmHg (n =1).


Résultats

Dans le groupe témoin, une congestion focale des îlots a été observée après 6heures. À 24h, une nécrose ischémique et une congestion multifocale sont apparues. Dans le groupe perfusion, à 15mmHg PP, une congestion multifocale des îlots était présente à 24heures. À 20mmHg PP, aucune nécrose ischémique n’a été trouvée après 6heures. À 12h et 24h, une congestion focale des îlots est apparue. À 25mmHg PP, la congestion focale des îlots est apparue après 12heures. L’immunohistochimie pour l’insuline, le glucagon et la somatostatine était normale et similaire chez les témoins et les pancréas perfusés, même après 24heures.


Conclusion

La perfusion pulsatile hypothermique du pancréas de primate non humain est faisable et n’est pas délétère jusqu’à 24heures par rapport au SCS. La pression systolique de perfusion comprise entre 15–25mmHg n’a causé aucune lésion pathologique aux organes testés.

Perte de puissance en fonction du diamètre de la fibre laser, des paramètres et de l’interface
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 680-681


Objectifs

Le laser à fibre Thulium Superpulse (TFL) apparaît comme une alternative au laser Holmium :YAG pour la lithotritie endocorporelle, permettant d’utiliser des fibres de diamètres inférieurs à 200μm. L’objectif était de comparer in vitro les pertes de puissance (PP) de fibres laser de diamètre 272μm (272CDF) et 150μm (150CDF) avec le laser à fibre Thulium Superpulse en fonction des paramètres, de l’interface et du temps.


Méthodes

Un générateur TFL (IPG Photonics®) de 50W avec des fibres laser de diamètre 272μm et 150μm (Sureflex, Boston Scientific®) ont été utilisés. La fibre laser était disposée rectiligne, à 5cm en face de la membrane d’un wattmètre (Molectron EPM1000, Coherent Inc®) afin de mesurer la perte de puissance en sortie de fibre dans l’air. Trois paramètres ont été étudiés : « fine dusting » (0,15J, 100Hz), « dusting » (0,5J, 30Hz) et « fragmentation » (1J, 15Hz). Les PP ont été mesurées trois fois consécutivement dans le serum physiologique, contre calcul synthétique dur (CSD) ou tendre (CST) (Begostone Plus, Bego®) aux temps d’activation 0-30-60-90-120-180-240-300 secondes.


Résultats

À paramètres égaux, une PP significativement plus faible avec 150μmCDF par rapport à 272CDF (17,70 % vs. 20,16 %, p =0,015) était constatée. Nous avons constaté une plus importante PP pour 150CDF par rapport 272CDF lorsque l’activation était faite dans le sérum physiologique, significative à T60, T90, T120 et T180 s (p 0,05) et CSD (T30 s, p 0,05). L’analyse en sous-groupes montrait contre CSD ou CST une PP plus importante en mode « fragmentation », « dusting » et « fine dusting » avec la fibre de 150μm par rapport à la fibre de 272μm à tous les temps d’activation (p >0,05), (Tableau 1 et Fig. 1). Le « fine dusting » présentait une significative moindre PP par rapport à « dusting » et « fragmentation » quelle que soit l’interface pour 150CDF (Fig. 2).


Conclusion

L’utilisation de fibre laser de diamètre 150μm est associé à une PP en sortie de fibre plus faible qu’avec celle de diamètre 272μm mais sa dégradation au cours du temps est non significativement plus importante quelle que soit l’interface. L’utilisation du mode « fine dusting » (0,15 J–100Hz) représente une alternative pour la préserver en pratique clinique.

Perturbateurs endocriniens et récidive biologique de cancer de la prostate après prostatectomie radicale
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 762


Objectifs

Estimer le risque de récidive biologique du cancer de la prostate après prostatectomie radicale entraîné par l’exposition à des perturbateurs endocriniens présents dans l’environnement.


Méthodes

L’étude a porté sur 326 patients traités par prostatectomie radicale pour un cancer de la prostate localisée. Les associations entre l’exposition à trois perturbateurs endocriniens avérés (chlordécone, DDE et PCB-153) et le risque de récidive biologique ont été estimées par le calcul du rapport des risques instantanés (hazard ratio [HR] et l’intervalle de confiance à 95 % [IC95 %]) ajusté à des facteurs de confusion.


Résultats

Après un suivi médian de 6,1 ans, l’exposition au chlordécone est associée à un risque significativement augmenté de récidive biologique (HR=2,51 ; IC95 %=1,39–4,56) chez les patients situés dans le 4e quartile d’exposition le plus élevé comparés aux patients situés dans le 1er quartile d’exposition le plus faible. Dans une analyse de sensibilité restreinte aux patients avec des marges chirurgicales négatives, pT2, N0 ou Nx et grade ISUP inférieur à 3, cette association est toujours présente (HR=2,98 ; IC95 %=1,06–8,38). Aucune association significative n’a été observée concernant l’exposition au DDE et au PCB-153.


Conclusion

Nos résultats montrent que l’exposition à certains perturbateurs endocriniens peuvent influencer sur le résultat du traitement du cancer de la prostate et renforcent l’hypothèse de l’implication des estrogènes environnementaux dans l’évolution et la progression du cancer de la prostate.

Peut-on vraiment être rassuré par une IRM prostatique non suspecte ? Résultats des biopsies réalisées avec cartographie
2019
- Communications orales
- Réf : Prog Urol, 2019, 13, 29, 665-666


Objectifs

Plusieurs études multicentriques récentes soutiennent le fait de ne pas réaliser de biopsies prostatiques en présence d’une IRM non suspecte. Cela suppose de connaître et valider au préalable les performances diagnostiques des IRM réalisées dans chaque centre. L’objectif de cette étude était de rapporter les Résultats des biopsies réalisées avec cartographie chez des patients dont l’IRM prostatique était considérée comme non suspecte.


Méthodes

Entre novembre 2011 et mai 2019, 545 patients ayant eu une IRM pré-biopsie ont été pris en charge pour des biopsies prostatiques avec cartographie des biopsies à l’aide d’un échographe 3D, et biopsies ciblées avec fusion d’images échographie/IRM (Koelis, France). Parmi ceux-ci, 47 patients avaient une IRM considérée comme non suspecte (score PIRADS V2 1, score de Gleason>3+3) étaient retenus comme cliniquement significatifs (CS). Les Résultats sont présentés sous forme de médianes (Q1–Q3).


Résultats

L’âge médian était de 63 ans (59–67), le taux de PSA de 7ng/mL (5,1–8,8), le volume prostatique de 53 cm3 (40–65). Le toucher rectal était normal chez 35 patients (74 %). Le taux de détection de tout cancer sur l’ensemble de la cohorte était de 58 %.

Parmi les 47 patients dont l’IRM était jugée non suspecte, les biopsies avec cartographie se sont avérées négatives chez 33 patients (70 %). Un adénocarcinome prostatique a été mis en évidence chez 14 patients (30 %), cliniquement significatif pour 3 patients (6 %) (Fig. 1). Avec un suivi médian de 54 mois, aucun patient traité par prostatectomie ou curiethérapie n’a présenté de récidive biochimique. Cinq patients en surveillance active et deux autres patients dont les biopsies étaient négatives ont été rebiopsiés sans pathologie défavorable.


Conclusion

Les résultats de cette cohorte de patients biopsiés avec cartographie confirment la bonne valeur prédictive négative d’une IRM non suspecte (94 % considérant uniquement les cancers significatifs) dans notre centre. La limite principale de cette étude réside dans l’absence de considération des patients biopsiés de manière conventionnelle sans cartographie.