Évaluation rétrospective de l’incidence du cancer de prostate cliniquement significatif a 10 ans et intérêt de l’utilisation de la densité du PSA dans le choix des premières biopsies en cas d’IRM négative

05 novembre 2020

Auteurs : J. Buisset, J. Olivier, A. Villers, J. Norris, P. Puech, E. Drumez
Référence : Prog Urol, 2020, 13, 30, 693-694
Objectifs

L’IRM a une valeur prédictive négative (VPN) de 85 à 95 % pour la détection du cancer de prostate cliniquement significatif (csPCa). Certaines sociétés savantes proposent de ne pas réaliser de biopsies en cas d’IRM non suspecte (IRMn) afin de réduire le diagnostic des cancers indolents (nsPCa). Certains facteurs cliniques ainsi que la densité (PSAd) ou la cinétique du PSA pourraient être utilisés pour indiquer des biopsies en cas d’IRMn en minimisant le risque de manquer les csPCa. L’objectif principal était de décrire l’incidence cumulée du csPCa dans une population IRMn, naïf de biopsie, avec un suivi de 10 ans. Les objectifs secondaires étaient d’évaluer les facteurs cliniques et les marqueurs biologiques prédicteurs de csPCa.

Méthodes

Tous les patients consécutifs ayant un dépistage du cancer prostatique positif (PSA>4ng/mL ou toucher rectal suspect) engendrant la réalisation d’une première série de biopsie dans notre centre, précédés d’une IRMn (PIRADS/Likert 1-2) ont été inclus de 2007 à 2017. Tous les patients ont subi 12 biopsies systématisées trans-rectales. Le csPCa était défini comme ISUP ≥2 ou ISUP 1 et ≥3 biopsies positives et/ou longueur maximale envahie>5mm (MCLL). Un modèle de régression a été utilisé pour identifier les prédicteurs du diagnostic de csPCa. Le suivi minimum était de 1 an.

Résultats

Six cent quarante patients ont été inclus, 503 analysés. La première série de biopsies retrouvait un csPCa dans 9 % des cas (nsPCa 22 %). Au cours d’un suivi médian de 4 ans, 31 % des 415 patients ont eu au moins une seconde IRM et 25 % de nouvelles biopsies qui étaient positives pour un csPCa chez 5 % des patients. L’incidence cumulée finale du csPCa était de 13 %. Le PSAd était significativement associé au diagnostic de csPCa (OR=1,06 [1,03–1,09]), ainsi que le stade clinique ≥T2a (OR=3,32 [1,69–6,53]) et les antécédents familiaux (OR=2,38 [1,10–6,16]). L’utilisation d’un seuil de PSAd<0,14ng/mL/mL (OR=3,14 [1,64–6,00]) chez les patients IRMn aurait permis de réduire le risque de faux négatif de 9 % à 3 %, tout en évitant la biopsie dans 50 % des cas (Fig. 1, Fig. 2, Fig. 3).

Conclusion

L’incidence cumulée du csPCa aux premières biopsies était de 9 % et 13 % au cours du suivi. Des facteurs prédictifs tels que la PSAd, le TR et les antécédents familiaux au premier degré pourraient être utilisés en cas d’IRMn pour diminuer le risque de sous-détection du csPCa et diminuer le nombre de biopsies.




 




Fig. 1
Fig. 1. 




Fig. 2
Fig. 2. 

ROC curve.




Fig. 3
Fig. 3. 

Cumulative incidence of csPCa.





Déclaration de liens d'intérêts


Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d'intérêts.






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