Évaluation rétrospective de l’implantation transcaverneuse du sphincter urinaire artificiel AMS 800™ post-radiothérapie : étude monocentrique de 27 cas

05 novembre 2020

Auteurs : A. Vidart, F. Cour, P. Caroline, P. Bosset, T. Lebret
Référence : Prog Urol, 2020, 13, 30, 782
Objectifs

Les résultats de la littérature concernant les effets de la radiothérapie avant la pose d’un sphincter artificiel AMS 800™ (SA) pour la prise en charge d’une incontinence urinaire sévère sont discordants.

La conférence de consensus de 2015 ne propose que des recommandations de grade D concernant la technique opératoire.

Nous rapportons ici l’expérience monocentrique mono-opérateur de 27 patients irradiés implantés.

Méthodes

Une base de données des patients prostatectomisés et irradiés, implantés d’un SA dans notre établissement a été utilisée pour effectuer une revue rétrospective. Les critères de survie du dispositif, l’infection/l’érosion et le dysfonctionnement du dispositif ont été évalués.

Entre 2012 et 2020, 220 primo-implantations de SA ont été réalisées par le même opérateur. Vingt-sept avaient précédemment subi une irradiation pelvienne en complément d’une chirurgie prostatique.

Toutes les implantations avaient lieu au minimum 1 an après la fin de la radiothérapie, après un bilan urodynamique et une fibroscopie. La pose était systématiquement faite par voie transcaverneuse par choix de l’opérateur.

Résultats

L’âge moyen était de 72 ans (69–88).

Trois (11 %) avaient été traités d’une sténose urétrale.

Toutes les procédures se sont déroulées sans difficulté. Le temps moyen de pose est de 78minutes (67 à 280).

Le suivi moyen est de 18 mois (6–96).

À 12 mois de suivi, 21 (78 %) sont secs et 3 (11 %) très améliorés (une protection par jour). Trois ont dégradé progressivement leur continence avec une altération de la compliance vésicale.

Quatre (15 %) ont été explantés. Deux dans le mois postopératoire pour un hématome surinfecté sous anticoagulants et 2 pour une érosion tardive 30 mois après implantation.

Un patient a présenté une panne mécanique nécessitant un changement itératif.

Cinq ont été perdus de vu, un an après l’implantation.

Conclusion

Cette série homogène semble prouver qu’un antécédent d’irradiation pelvienne, associé au choix d’une pose par voie transcaverneuse, ne constitue pas en soit une contre-indication à l’implantation d’un SA AMS 800™. Au contraire, les taux de succès et de complications semblent être aussi proches que ceux de la littérature des patients non irradiés.




 




Déclaration de liens d'intérêts


Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d'intérêts.






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