Évaluation des pratiques de prise en charge des tumeurs de la vessie en France

05 novembre 2020

Auteurs : T. Minvielle-Moncla, M. Roumiguié, M. Soulié, Y. Neuzillet, G. Pignot, E. Compérat, F. Audenet, N. Houédé, S. Larré, A. Masson-Lecomte, S. Brunelle, E. Xylinas, A. Méjean, M. Rouprêt
Référence : Prog Urol, 2020, 13, 30, 828-829
Objectifs

La prise en charge des tumeurs vésicales (TV) est complexe tant dans la réalisation du diagnostic endoscopique que dans les traitements itératifs et la surveillance. Malgré l’existence de recommandations, cette complexité peut faire suspecter une hétérogénéité des pratiques. L’objectif de cette étude était d’évaluer les pratiques des urologues français dans la prise en charge des TV.

Méthodes

Le questionnaire développé avec le logiciel SurveyMonkey évaluait les pratiques quotidiennes à partir de 27 questions divisées en 4 parties : informations générales sur le répondeur (3), fibroscopie (10), résection transurétrale de vessie (RTUV) (7), postopératoire (7). Ces questions étaient validées par le groupe vessie du comité de cancérologie de l’Association française d’urologie (CCAFU) et diffusées à la mailing-list des membres de l’AFU et des urologues entre avril et mai 2020. Les données ont été analysées puis comparées selon les sous-groupes suivants : l’âge, l’expérience, le secteur d’activité.

Résultats

Les caractéristiques des 224/1769 (12,7 %) répondeurs sont rapportées sur la Fig. 1. Lors du diagnostic, 60,1 % (n =130) ne réalisaient pas de fibroscopie si une échographie suspectait une TV. Les résultats de l’endoscopie étaient rapportés sous la forme d’un rapport écrit (90,3 %, n =196), par schéma (13 %, n =30) ou photos (14 %, n =31). Le courant électrique utilisé était monopolaire ou bipolaire exclusivement chez 38,9 (n =84) et 32,7 % (n =71) des répondeurs. La RTUV était réalisée indifféremment en monobloc ou copeaux par 57 % (n =123) des répondeurs. Les mauvaises indications théoriques du monobloc suggérées par les urologues sont résumées sur la Fig. 2. Quarante-huit pour cent (n =104) opéraient en lumière blanche exclusive. En cas de récidive supposée de faible risque, 65 % (n =142) évoquaient une surveillance (traitement différé) mais 75 % (n =164) refusaient un traitement sans histologie (fulguration). Les comparaisons entre groupes de praticiens sont rapportées dans le Tableau 1.

Conclusion

Les prises en charge des TV restent aujourd’hui variées dans la population des urologues français, avec une répartition homogène selon l’âge et l’expérience, et le secteur d’activité, comme le montrent les analyses en sous-groupes.




 




Fig. 1
Fig. 1. 

Description de la population selon l'âge, les secteurs d'activité et l'expérience.





Fig. 2
Fig. 2. 

Mauvaises indications de résection monobloc.





Déclaration de liens d'intérêts


Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d'intérêts.




Tableau 1 - Analyse des résultats en sous-groupe selon l'âge, le secteur d'activité et l'expérience des urologues ; test de Chi2.









© 2020 
Publié par Elsevier Masson SAS.