Évaluation des facteurs de risque d’infection urinaire après urétérorénoscopie souple : une étude rétrospective incluant 604 interventions consécutives

25 novembre 2019

Auteurs : M. Baboudjian, R. Boissier, B. Gondran Tellier, E. Di crocco, P. Sichez, A. Akiki, S. Gaillet, V. Delaporte, G. Karsenty, E. Lechevallier
Référence : Prog Urol, 2019, 13, 29, 678-679
Objectifs

L’infection urinaire (IU) est une complication les plus fréquentes après urétérorénoscopie souple (URSS) malgré la prise en compte du risque infectieux en préopératoire. Nous avons mené une étude dont l’objectif était de déterminer la prévalence des IU post-URSS et d’identifier les facteurs prédictifs.

Méthodes

Étude rétrospective incluant les URSS consécutives réalisées dans notre centre de janvier 2015 à mars 2019. Les indications étaient : traitement de calcul du rein, diagnostic et/ou traitement des TVEUS. Les urétéroscopies rigides étaient exclues. La gestion du risque infectieux préopératoire était protocolisée : antibiothérapie durant 48heures adaptée au micro-organisme en cas de colonisation urinaire, ceftriaxone IV si ECBU polymicrobien et report d’intervention si manifestations cliniques d’IU. Le critère de jugement principal était l’IU définie comme une température>38°C associée à un syndrome inflammatoire biologique et une leucocyturie et/ou bactériurie dans le mois postopératoire. Les facteurs prédictifs d’IU ont été évalués dans un test de régression logistique (p significatif si<0,05).

Résultats

Entre janvier 2015 et mars 2019, 604 URSS ont été réalisées dans les indications suivantes : lithiase urinaire (n =462), diagnostique et traitement des TVEUS (n =142). L’âge médian (IQR) était de 61 (48–68) ans, 268 femmes étaient inclues (44,4 %) et l’urétéroscope à usage unique était utilisé dans 186 cas (30,8 %). Une IU est survenue chez 41 patients (6,7 %). Le taux d’IU annuel était stable durant la période d’étude (p =0,47). En analyse multivariée, le sexe féminin (OR : 2,30, IC95 % : 1,05–5,36 ; p =0,04), un antécédent d’IU dans les 6 mois (OR : 2,44 ; IC95 % : 1,14–5,42 ; p =0,02), un ECBU préopératoire polymicrobien (OR : 4,72, IC95 % : 2,04–11,29) ; p1 heure (OR : 1,01 ; IC95 % : 1,002–1,032 ; p =0,02) étaient associés à la survenue d’une IU. À l’inverse, un ECBU préopératoire positif et traité n’était pas associée à une augmentation du risque infectieux (p =0,10).

Conclusion

En prévention du risque d’infection postopératoire, les principaux facteurs modifiables seraient de limiter la durée des interventions à 1 heure et améliorer la gestion des ECBU polymicrobien dont les connaissances sont actuellement limitées. Enfin, un ECBU préopératoire colonisé et traité présentait un risque d’infection similaire aux ECBU préopératoires stériles.




 




Déclaration de liens d'intérêts


Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d'intérêts.






© 2019 
Publié par Elsevier Masson SAS.