Évaluation de la sensibilité diagnostique des examens complémentaires utiles au diagnostic d’une fistule urétéro-artérielle

05 novembre 2020

Auteurs : C. Lachambre, F. Thomas, D. Lecuelle, P. De Sousa
Référence : Prog Urol, 2020, 13, 30, 763
Objectifs

La fistule urétéro-artérielle (FUA) ne doit plus être un diagnostic d’élimination devant une hématurie macroscopique récidivante. Depuis la première publication par Moschcowitz en 1908, aucune étude n’a permis de déterminer l’examen complémentaire idéal et la sensibilité des examens est très variable d’une étude à l’autre. L’objectif de cette étude est d’évaluer la sensibilité diagnostique des examens complémentaires fréquemment utilisés pour le diagnostic de FUA.

Méthodes

Nous avons réalisé une étude rétrospective, observationnelle des patients ayant présenté une FUA dans notre centre depuis 2013. Les données démographiques, antécédents, les facteurs de risque (FDR), les signes cliniques, les examens réalisés, le traitement choisi et les complications ont été extraits. Un risque de première espèce α inférieur à 0,05 a été considéré comme significatif. La comparaison des résultats a été faite à l’aide d’un test de Mann–Whitney Wilcoxonn et un test exact de Fisher. Sur le plan analytique, nous avons calculé la sensibilité des différents examens. Ces dernières ont été comparées entre elle par un coefficient de Kappa.

Résultats

Sept patients ont été inclus dont 4 hommes. L’âge moyen était 70,71 ans. Les FDR sont la chirurgie pelvienne (85,71 %), la présence d’un stent urétéral (71,44 %), et la radiothérapie (42,85 %). Les signes cliniques étaient une hématurie macroscopique (100 %), un saignement urétéral chez 5 patients, une insuffisance rénale chez 5 patients, un choc hémorragique chez 4 patients. Le diagnostic positif a été réalisé par artériographie chez 5 patients et angioscanner chez 3 patients. Un traitement par stent artériel a été réalisé chez 5 patients et chirurgie ouverte chez 2 patients. Une récidive de l’hématurie est apparue chez 3 patients, thrombose de stent chez 1, infection de stent chez 5 patients et 2 patients sont décédés. La sensibilité était de 57,14 % pour l’artériographie et 25 % pour l’angioscanner (33,3 % avec les critères indirects) (Tableau 1, Tableau 2).

Conclusion

L’artériographie est l’examen avec la meilleure sensibilité diagnostique. L’utilisation des critères indirects permet d’augmenter la sensibilité de l’angioscanner, plus facilement accessible en débrouillage et pour éliminer un diagnostic différentiel.




 




Déclaration de liens d'intérêts


Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d'intérêts.




Tableau 1 - Caractéristiques de la population d'étude comparée à la littérature.







Tableau 2 - Comparaison de test (artériographique et angioscanner) grâce au coefficient de Kappa.









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