Évaluation de la qualité de vie sexuelle des patients opérés d’une urétroplastie pour sténose de l’urètre

05 novembre 2020

Auteurs : A. Lavollé, I. Ouzaid, E. Xylinas, N. Stivalet, N. Hermieu, T. Dobe, V. Ravery, J. Hermieu
Référence : Prog Urol, 2020, 13, 30, 738
Objectifs

L’urétroplastie pour sténose de l’urètre est une intervention qui peut avoir des séquelles urinaires ou sexuelles. Si le versant urinaire est bien évalué dans la suite de la prise en charge, l’altération de la fonction sexuelle reste sous-évaluée. Notre objectif est de dresser un constat de la fonction sexuelle des patients et de son altération après une ou plusieurs urétroplasties pour sténoses de l’urètre.

Méthodes

Il s’agit d’une étude monocentrique. Nous avons sélectionné les patients de moins de 70 ans qui ont été opérés d’une ou plusieurs urétroplasties pour sténoses de l’urètre entre janvier 2002 et décembre 2019. Après avoir récupéré les données pré- et postopératoire, un entretien téléphonique avec les patients permettait d’évaluer leur fonction sexuelle. Nous avons utilisé l’International Index of Erectile Function (IIEF-5) pour détecter une dysfonction érectile. Les patients étaient interrogés sur les différents moyens utilisés pour traiter une dysfonction érectile et ils pouvaient ensuite ajouter des commentaires sur différents aspects de leur sexualité.

Résultats

Deux cent cinq patients étaient éligibles, 107 (52,2 %) patients ont pu être contacté, 2 patients n’ont pas voulu parler de sexualité au téléphone. L’IIEF-5 retrouvait une dysfonction érectile chez 39 (37,1 %) patients, sévère, modérée ou légère respectivement chez 18 (17,1 %), 10 (9,5 %) et 11 (10,5 %) patients. Cinquante-cinq (52,4 %) patients ne présentaient pas de dysfonction érectile et 11 (10,5 %) patients ne pouvaient pas remplir le questionnaire car ils n’avaient pas eu de rapport lors des 6 derniers mois. Vingt-sept (25,7 %) patients ont utilisé au moins une fois un médicament pour l’érection et 6 (5,7 %) ont déjà eu au moins une injection intracaverneuse. Dix-sept (16,2 %) patients étaient désireux qu’on leur propose un traitement pour améliorer leurs érections. Huit (7,6 %) patients se sont plaint d’éjaculation précoce, 6 (5,7 %) d’une perte de jet lors de l’éjaculation, 5 (4,8 %) d’une éjaculation douloureuse et 2 (1,9 %) d’une érection douloureuse.

Conclusion

La dysfonction érectile est un effet secondaire fréquent qui peut persister après une urétroplastie. Elle reste sous-évaluée dans cette population à risque et son évaluation est primordiale pour pouvoir proposer un traitement adéquat au patient. D’autres effets secondaires peuvent apparaître en postopératoire et altérer la qualité de vie sexuelle, une meilleure information de ceux-ci est nécessaire auprès des patients.




 




Déclaration de liens d'intérêts


Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d'intérêts.






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