Évaluation de la prise en charge des patients sous sondage intermittent propre par les médecins généralistes

05 novembre 2020

Auteurs : A. Saadi, S. Zouari, M. Chakroun, A. Oueslati, R. Baati, A. Bouzouita, A. Derouiche, R. Ben Slama, H. Ayed, M. Chebil
Référence : Prog Urol, 2020, 13, 30, 809-810
Objectifs

Le sondage intermittent propre (SIP) est le mode mictionnel de référence des patients neurologiques en rétention urinaire. Ces patients sont souvent suivis conjointement par un médecin spécialiste et un médecin généraliste qui doit connaître ce mode mictionnel pour assurer un suivi adapté. Notre objectif est d’évaluer les connaissances des médecins généralistes sur le SIP afin de détecter les difficultés rencontrées dans le suivi de ces patients.

Méthodes

Étude prospective observationnelle (questionnaire anonyme en ligne) réalisée auprès de 220 médecins généralistes entre mars et avril 2020. Chaque médecin devait remplir un questionnaire direct, orienté sur la connaissance du SIP. Le questionnaire est composé de 21 questions qui portent sur la définition du SIP, les indications, les modalités de réalisation, les indications d’un examen cytobactériologique des urines et de l’antibiothérapie et les complications de ce mode de drainage. Les données ont été recueillies et analysées grâce au logiciel SPSS 23.0. Les tests statistiques effectués étaient le test Chi2, le test exact bilatéral de Fisher avec un seuil de significativité (p ) fixé à 0,05.

Résultats

Une définition exacte du SIP a été donnée par seulement 18,2 % des médecins. Concernant l’intérêt du SIP, 67,7 % ont répondu qu’il permet de protéger le haut appareil urinaire, 37,7 % permet de prévenir les infections urinaires et 65,5 % qu’il améliore la qualité de vie. Soixante-huit pour cent des médecins ne connaissaient pas la fréquence nécessaire des sondages par jour. Des gants stériles étaient nécessaires pour 57,3 % et un antiseptique pour 56,4 % des médecins. L’infection était considérée comme la principale complication du SIP (86,8 %) et 35,9 % des médecins demandaient un examen cytobactériologique des urines systématique (Fig. 1). Devant une bactériurie asymptomatique, 65,5 % prescrivaient une antibiothérapie. Soixante-dix-sept pour cent des médecins n’ont jamais eu une formation sur le SIP (Fig. 2). Le Tableau 1 résume les variables influençant le taux de bonnes réponses.

Conclusion

Le SIP doit être mieux connu par les médecins généralistes qui assurent le suivi de patients sous ce mode de drainage. Les médecins généralistes ont besoin de formations complémentaires sur le rôle du SIP, ses indications, ces modalités et la conduite à tenir devant une colonisation ou une infection urinaire pour améliorer la prise en charge de ces patients.




 




Fig. 1
Fig. 1. 

Les indications d'un examen cytobactériologique des urines (ECBU) pour un patient sous sondage intermittent selon les médecins généralistes.





Fig. 2
Fig. 2. 

Attitude des médecins généralistes vis-à-vis d'une formation sur le sondage intermittent (SI).





Déclaration de liens d'intérêts


Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d'intérêts.




Tableau 1 - Variables influençant les connaissance théoriques sur le sondage intermittent chez les médecins généralistes.



Légende :
SI : sondage intermittent propre.







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