Évaluation de la morbidité dans le cancer de la prostate localisé des patients porteurs d’une hémophile de type A, de type B ou d’une maladie de von Willebrand

25 novembre 2019

Auteurs : S. Chelly, N. Drillaud, M. Fouassier, S. De Vergie, M. Perrouin-Verbe, J. Rigaud, M. Trossaert, J. Branchereau
Référence : Prog Urol, 2019, 13, 29, 764-765
Objectifs

Il n’existe, jusqu’à présent, aucune étude évaluant la prise en charge du cancer de la prostate localisé chez le patient ayant une hémophilie innée ou une maladie de von Willebrand. L’objectif de cette étude est d’évaluer la morbidité de la prise en charge diagnostique et thérapeutique dans cette population.

Méthodes

Entre 2002 et 2019, 35 séries de biopsies de prostate (BP) ont été réalisées chez 26 patients atteints d’une hémophile de type A (HA), de type B (HB) ou d’une maladie de von Willebrand (VW). Les patients hémophiles étaient classés en sévère (facteur VIII ou IX 30 %). Dix-sept thérapies radicales (TR) ont été réalisées dont 15 prostatectomies radicales (PR), 1 curiethérapie et 1 radiothérapie. Tous les patients (sauf 1 série de BP) ont été supplémentés en facteur de coagulation. Nous avons évalué la morbidité per- et postopératoire de ces gestes.

Résultats

Parmi les 35 BP, 27 étaient atteints d’HA (1 sévère, 17 modérées et 9 mineures), 1 HB modérée et 7 VW. En moyenne, 12,4 BP (6–21) étaient réalisées et les patients restaient hospitalisés 3,5jours après le geste (0–9). À noter un épisode de déglobulisation sur rectorragie nécessitant une transfusion. Aucun des patients n’a été ré-hospitalisé. Concernant les TR, les patients étaient âgés en moyenne de 65,2 ans (47–74). Quinze étaient HA (1 sévère, 7 modérées, 7 mineures) et 2 VW. Concernant les PR : les durées opératoires et d’hospitalisation étaient respectivement de 216minutes (138–333) et 10.5jours (5–29) ; 1 cœlio-conversion pour hémorragie ; 4 ré-hospitalisations pour hémorragie (1 hématome et 3 caillotages) et 2 transfusions (Clavien : II-4 ; IIIb-2). Des symptômes de cystite radique sont apparus à 3 ans post-radiothérapie.

Conclusion

La réalisation de BP chez le patient hémophile supplémenté en facteur de coagulation, est un geste qui ne se complique pas lorsque bien encadré. Il semble exister un sur-risque hémorragique notamment d’hématurie macroscopique caillotante à l’ablation de la sonde à demeure post-PR. La RCE ne semble pas indiqué dans cette population, à sur-risque hémorragique en cas de cystite radique.




 




Déclaration de liens d'intérêts


Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d'intérêts.






© 2019 
Publié par Elsevier Masson SAS.