Évaluation de la fonction sexuelle des femmes atteintes d’un spina bifida

25 novembre 2019

Auteurs : C. Richard, C. Voiry, L. Freton, J. Kerdraon, J. Hascoet, C. Brochard, I. Bonan, M. Jezequel, L. Siproudhis, A. Manunta, B. Peyronnet
Référence : Prog Urol, 2019, 13, 29, 717
Objectifs

Le spina bifida est une anomalie de fermeture du tube neural au cours de l’embryogenèse. Cette malformation engendre des troubles de la motricité, de la sensibilité, des troubles vésico-sphinctériens, ano-rectaux et génito-sexuels. Les données sur l’atteinte sexuelle des femmes spina bifida sont rares. L’objectif de cette étude était d’évaluer les dysfonctions sexuelles chez des femmes atteintes d’un spina bifida et rechercher les facteurs associés à ces dysfonctions.

Méthodes

Les données de tous les patients spina bifida consultant dans un centre pluridisciplinaire entre 2007 et 2019 ont été colligées prospectivement. Tous les patients avaient initialement une évaluation pluridisciplinaire comprenant une évaluation urologique, proctologique, sexuelle, sociale et de médecine physique et rééducation. La fonction sexuelle était évaluée à l’aide d’un auto-questionnaire (FSFI : Female Sexual Function Index ; score allant de 2 à 36). L’étude a inclus les femmes âgées de plus de 18 ans atteintes d’un spina bifida, capables de lire et comprendre le questionnaire et ayant donné leur consentement.

Résultats

Sur les 322 femmes atteintes d’un spina bifida ayant consulté sur la période d’étude, 146 ont répondu au questionnaire de dysfonction sexuelle féminine (FSFI=Female Sexual Function Index). Un score FSFI inférieur ou égal à 26,55 est admis comme indiquant une dysfonction sexuelle. La prévalence de la dysfonction sexuelle dans cette population était de 100 %. Ni l’âge (p =0,54), ni le mode mictionnel (p =0,36), ni le type de dysraphisme (ouvert vs fermé ; p =0,33), ni le statut locomoteur (marche vs fauteuil ; p =0,33) n’étaient significativement associés au FSFI. Les patientes nullipares avaient un FSFI plus bas que les patientes ayant des enfants (8,6 vs 10,9 ; p =0,01), les patientes célibataires avaient un FSFI plus faible que les patientes mariées (7,2 vs 10,7 ; p =0,0007) et divorcées (7,2 vs 10,3 ; p =0,03) (Fig. 1).

Conclusion

La prévalence de la dysfonction sexuelle était de 100 % dans cette cohorte de patientes spina bifida. Les patientes célibataires et/ou nullipares avaient une dysfonction sexuelle plus sévère sans que le lien de causalité puisse être déterminé en raison du caractère transversal de l’étude.




 




Fig. 1
Fig. 1. 

Score Female Sexual Function Index (FSFI) chez les patientes avec vs sans enfants.





Déclaration de liens d'intérêts


Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d'intérêts.






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