Etude urodynamique de l'obstruction induite par une chirurgie du reflux vésico-urétéral par avancement sous-muqueux chez la chienne Beagle.

16 juillet 2001

Mots clés : Reflux vésico-urétéral, opération anti-reflux, expérimentation animale
Auteurs : Guillonneau B, Wetzel O, Buzelin JM
Référence : Prog Urol, 1995, 5, 933-941
Le traitement du reflux vésico-urétéral par avancement sous muqueux est efficace en clinique humaine, sur les uretères refluants non dilatés, au prix d'une faible morbidité. En revanche, les résultats de cette technique en cas de pathologie associée comme le méga-uretère semblent moins bons et pourrait être le fait d'une obstruction induite par la chirurgie du reflux. Le but de ce travait était d'évaluer les modifications urodynamiques de la réimplantation urétéro-vésicale chez 10 chiennes "beagle". Une réimplantation urétéro-vésicale gauche par avancement urétéral sous-muqueux a été réalisée chez chaque animal qui était son propre témoin. L'évaluation morphologique a été appréciée par une urographie intraveineuse et une cystographie rétrograde. L'étude urodynamique a nécessité une nouvelle intervention chirurgicale effectuée en moyenne vers la 18ème semaine post-opératoire. Une sonde 2 voies 6 Charrière a été mise en place dans chaque uretère : pendant qu'une pompe délivrait, dans un canal, un débit de perfusion constant (2 puis 5 ml/mn), la pression urétérale était mesurée par l'autre canal. La pression vésicale était enregistrée par un cathéter vésical. Pour chaque débit de perfusion, l'augmentation des pressions dans l'uretère réimplanté a été comparée à celle mesurée dans l'uretère témoin, en fonction de la pression vésicale. L'évaluation morphologique à distance a permis de constater l'absence de retentissement sur le haut appareil urinaire ainsi que l'absence de reflux vésico-uretéral et de diverticule para-uretéral. Une augmentation initiale de la pression urétérale basale est apparue au début de la perfusion et a été significativement plus élevée dans l'uretère opéré que dans l'uretère témoin (pour un débit de perfusion de 2 puis 5 ml/mn, p = 0,0008 et 0,0029 respectivement). Les pressions urétérales moyennes ont augmenté de façon parallèle mais celles enregistrées dans l'uretère réimplanté ont été significativement plus élevées que celles enregistrées dans l'uretère témoin ( p<0,01). Des pics de pression urétérale ont été enregistrés uniquement sur l'uretère gauche réimplanté pour un débit de perfusion de 2 ml/mn. Ces résultats suggérent que, dans ce modèle expérimental, la résistance à l'écoulement passif a été plus élevée au niveau de la jonction urétéro-vésicale réimplantée que dans la jonction urétéro-vésicale témoin.