Étude prospective et observationnelle de l’impact du COVID-19 sur la santé mentale et la formation des jeunes chirurgiens en France

05 novembre 2020

Auteurs : M. Vallée, S. Kutchukian, B. Pradère, E. Verdier, S. Gautier, G. Saiydoun
Référence : Prog Urol, 2020, 13, 30, 699-700
Objectifs

Dans le cadre de l’épidémie de COVID-19, les jeunes chirurgiens ont été réquisitionnés pour aider dans les services d’urgence ou de soins intensifs. Notre objectif était d’évaluer l’impact de COVID-19 sur la formation chirurgicale, la charge de travail et la santé mentale des internes et des jeunes chirurgiens en France et de déterminer les facteurs de risque de troubles de la santé mentale.

Méthodes

Il s’agissait d’une étude prospective et observationnelle nationale réalisait par questionnaire informatisé. Ce questionnaire a été envoyé à 1450 internes et jeunes chirurgiens de France de toutes les spécialités des 18 régions de France du 10 avril 2020 au 7 mai 2020. Les symptômes de dépression, d’anxiété et d’insomnie, ont respectivement été évaluées par les versions françaises du PHQ-9, du GAD-7 et de l’ISI. Nous avons effectué une analyse de régression logistique multivariée afin d’identifier les facteurs de risque associés aux troubles de la santé mentale.

Résultats

Nous avons obtenu 1001 réponses (69,0 %). Au total, 364 (36,4 %) étaient de jeunes internes, 332 (33,2 %) des internes de fin de cursus et 305 (30,5 %) CCA/AH. Il y avait 484 hommes (48,4 %) et 517 femmes (51,6 %) ; 4,2 % avaient un test COVID-19 positif. Les équipements de protection individuelle fournis par l’hôpital étaient considérés comme insuffisants par 42,8 % des personnes interrogées ; 47,9 % estimaient que leur hôpital ne les avait pas suffisamment formés à la prise en charge des patients COVID-19 ; 93,5 % ont estimé que l’épidémie de COVID-19 avait un impact négatif sur leur formation. Des symptômes d’anxiété, de dépression et d’insomnie étaient présents respectivement pour 359 (35,9 %), 408 (40,8 %) et 431 (43,1 %) répondants. Notre analyse multivariée a identifié 4 facteurs de risque associés aux symptômes d’anxiété, de dépression et d’insomnie (Fig. 1, Tableau 1, Tableau 2).

Conclusion

Il existe un taux élevé de symptômes d’anxiété, de dépression et d’insomnie dans notre population. Les participants de sexe féminin tout comme les participants ayant une augmentation de leur consommation d’alcool ou de tabac était particulièrement à risque. Ces différents symptômes pourraient être prévenus par une meilleure formation concernant le COVID-19 et une mise à disposition suffisante de matériel de protection.




 




Fig. 1
Fig. 1. 

Number of participants in each French administrative regions and number of cumulated hospitalizations due to COVID-19 in each French administrative region at 2020-04-07.





Déclaration de liens d'intérêts


Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d'intérêts.




Tableau 1 - Experience of the outbreak from the surgical resident and young surgeons in France.







Tableau 2 - Logistics regressions.









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