Étude médicoéconomique : quelle est le risque de proposer une thromboprophylaxie courte après prostatectomie totale ?

25 novembre 2012

Auteurs : S. Kozal, T. Ripert, P. Leon, P.-Y. Loock, J. Pierrevelcin, C. Marchand, L.-M. Kamdoun, I. Cholley, Y. Bayoud
Référence : Prog Urol, 2012, 13, 22, 744




 

Objectifs.– La chirurgie urologique carcinologique pelvienne est considérée à risque élevé d’événements thromboemboliques (ETE). La durée de cette prophylaxie reste mal évaluée. Nous avons comparé le taux d’ETE après prostatectomie totale (PT) quand une thromboprophylaxie courte (≤15jours) ou prolongée (>15jours) était prescrite ainsi que l’impact économique qui en découle.


Méthodes.– Les dossiers de 398 patients consécutifs ont été revus. Les facteurs de risque thrombotique et les ETE ont été recueillis. Les patients étaient séparés selon la durée de leur anticoagulation postopératoire : courte (groupe 1) ou prolongée (groupe 2). Tous les patients avaient des bas de contention associés à un lever précoce (≤j2). Nous avons évalué le coût économique supplémentaire de l’anticoagulation dans le groupe 2. Le suivi était d’au moins six mois.


Résultat.– Les groupes 1 et 2 comportaient respectivement 192 (47,9 %) et 206 (52,1 %) patients. La durée moyenne de l’anticoagulation était de 13,2 vs 22,4jours (p <0,0001). Les deux groupes étaient comparables concernant la voie d’abord (cœlioscopique 119/125 ; périnéale 11/9 ; rétropubienne 62/74) et les facteurs de risque thromboembolique à l’exception des varices (7/19, p =0,03) : tabac (32/34, p =0,93) ; IMC>30 (26/37, p =0,25) ; pathologie médicale à risque (24/27, p =0,9) ; antécédents d’ETE (8/13, p =0,36) ; thrombophilie connue (0/0, p =1). Une HBPM était prescrite dans respectivement 98,9 % (groupe 1) et 98 % (groupe 2). Sur les 398 patients, quatre (1 %) embolies pulmonaires (EP) précoces (<j7) dont trois associées à une thrombose veineuse profonde (TVP) ont été rapportées. À l’arrêt de la thromboprophylaxie, deux cas de TVP dont une associé à une EP ont été relevés dans le groupe 1 (j17 et j19) contre 1 TVP dans le groupe 2 (j30) (p =0,61). Le coût de la thromboprophylaxie était de 108,6 euros par patient et par semaine. Sur 398 patients, une économie de 172 732 euros est possible (15jours vs six semaines d’anticoagulation).


Conclusion.– Notre série montre qu’une thromboprophylaxie courte après PT n’est pas grevée d’un risque supérieur significatif d’ETE. L’impact économique est important sans entraîner de risque supplémentaire pour les patients. Des études prospectives complémentaires seront nécessaires pour valider ces résultats.




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