Étude de survie des ballonnets ACT/proACT : un nouveau message pour les patients

25 novembre 2019

Auteurs : A. Bajeot, P. Rouvellat, S. Sanson, Z. Khene, J.B. Beauval, B. Malavaud, E. Huyghe, M. Roumiguié, M. Soulie, X. Gamé
Référence : Prog Urol, 2019, 13, 29, 705-706
Objectifs

Durant les dix dernières années, plusieurs études ont évalué l’efficacité des ballonnets ACT/proACT, l’impact sur la qualité de vie et la sécurité du dispositif.

Le but de notre étude était de déterminer la durée d’efficacité des ballonnets une fois la continence obtenue, et de chercher des facteurs influençant cette dernière.

Méthodes

Étude de survie rétrospective, monocentrique, menée auprès des patients ayant eu une implantation de ballonnets ACT/proACT entre 2007 et 2014. La date de point était le 28/02/2019. L’efficacité a été définie par le port de 0 ou 1 protection de sécurité. Le critère de jugement principal était la durée d’efficacité des ballonnets représentée par leur demi-vie calculée à partir d’une courbe de survie (Kaplan–Meyer).

Les critères de jugement secondaires étaient les facteurs pouvant influencer la survie : le sexe, la radiothérapie, le diabète, le nombre de regonflage, l’importance de l’incontinence urinaire initiale et l’incontinence urinaire mixte. Ces facteurs ont été évalués par une analyse multivariée.

Résultats

Sur 82 ballonnets posés, 50 % ont été efficaces. Le délai médian pour obtenir la continence était de 4,6 mois [0–43,7] avec une médiane de 2 regonflages [0–9]. Parmi les 41 ballonnets efficaces, 15 l’étaient toujours sans réintervention à la date de point, un a été perdu de vue et 25 ont nécessité une réintervention pour perte d’efficacité. Les données épidémiologiques sont résumées dans le Tableau 1. La demi-vie des ballonnets était de 60 mois (Fig. 1). La principale cause de perte d’efficacité était la fuite sur le système. Cinquante-deux pour cent des ballonnets devenus inefficaces ont été remplacés par de nouveaux ballonnets, 28 % par un sphincter urinaire artificiel (Tableau 2). Concernant les critères de jugements secondaires, seule la radiothérapie semble significativement diminuer la survie (p <0,047 ; régression de Cox).

Conclusion

Cette étude permet de compléter l’information délivrée aux patients en consultation sur les ballonnets avant que ceux-ci ne choisissent leur traitement de l’incontinence urinaire. En effet elle permet de dire au patient qu’une fois la continence obtenue, 50 % des ballonnets auront nécessité une réintervention au bout de 5 ans a fortiori en cas de radiothérapie préalable.




 





Fig. 1
Fig. 1. 

Courbe de survie des ballonnets et calcul de la demi-vie.





Déclaration de liens d'intérêts


Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d'intérêts.




Tableau 1 - Caractéristiques de la population n =41 ballonnets efficaces.







Tableau 2 - Causes et prise en charge de la perte d'efficacité des ballonnets n =25.









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Publié par Elsevier Masson SAS.