Étude de la sensibilité de l’échographie rénale comme moyen indirect d’évaluation de la fonction rénale chez les patients porteurs d’une vessie neurologique, à partir d’une cohorte de 103 patients

25 décembre 2014

Auteurs : E. Braley-Berthoumieux, X. Gamé, P. Marque, X. de Boissezon, P. Rischmann, E. Castel-Lacanal
Référence : Prog Urol, 2014, 17, 24, 1114-1119
Objectifs

L’évaluation de la fonction rénale est essentielle dans le suivi des patients ayant une vessie neurologique. L’objectif de cette étude était de déterminer si l’échographie rénale permettrait à la fois d’évaluer la morphologie de l’appareil urinaire et la fonction rénale.

Méthode

Dans une étude rétrospective, tous les patients suivis pour une vessie neurologique ont été inclus, quelle que soit leur pathologie neurologique. La fonction rénale était estimée par la clairance de la créatinine sur 24heures (Cl24h), examen de référence chez les patients neurologiques, le débit de filtration glomérulaire par la formule MDRD simplifiée (MDRDs) et la formule CKD-EPI créatinine, et nous avons relevé les anomalies rénales détectées à l’échographie rénale.

Résultats

Cent trois patients ont été inclus (57 hommes–36 femmes), d’âge moyen 51±13ans. Cinquante-neuf patients avaient une sclérose en plaques, 23 étaient blessés médullaires. Selon la méthode utilisée, (Cl24h, MDRDs, CKD-EPI créatinine) respectivement 54, 49 et 39 patients avaient une fonction rénale altérée ; onze patients avaient des anomalies à l’échographie. La sensibilité de l’échographie comme indicateur indirect de la fonction rénale était selon la méthode utilisée (Cl24h, MDRDs, CKD-EPI créatinine) respectivement de 14 %, 8 % et 10 %.

Conclusion

L’échographie rénale, examen indispensable dans le suivi des vessies neurologiques, n’est pas assez sensible pour dépister une altération de la fonction rénale et doit continuer à être associé à un examen mesurant la fonction rénale et adapté aux patients neurologiques.

Niveau de preuve

4.




 




Introduction


L'altération de la fonction rénale a été pendant longtemps une des premières causes de décès dans la population des patients porteurs d'une pathologie neurologique chronique, notamment chez les blessés médullaires (BM) chez qui était retrouvé 50 % d'insuffisance rénale chronique dans les années 1950 [1]. L'insuffisance rénale chez les patients porteurs d'une vessie neurologique est favorisée par un haut régime de pression intravésical pouvant entraîner un reflux vésico-urétéral et des pyélonéphrites chroniques. Les facteurs de risque de haut régime de pression intravésical sont les mictions à hautes pressions, les hyperactivités détrusoriennes non-contrôlées et un mode mictionnel non approprié [2, 3, 4]. Toute pathologie touchant le système nerveux responsable d'une vessie neurologique peut être impliquée. Malgré les progrès de la prise en charge thérapeutique des troubles vésico-sphinctériens, l'évaluation de la fonction rénale reste essentielle dans le suivi de ces patients. Ainsi, les recommandations actuelles dans le suivi d'une vessie neurologique chez le BM, le spina-bifida et myéloméningocèle (SB-M) et dans la sclérose en plaques (SEP) imposent de réaliser annuellement une mesure de la clairance de la créatinine sur 24 h (Cl24h) et une échographie réno-vésicale [2, 3].


Cependant, réaliser une Cl24h est difficile surtout chez les patients neurologiques. Cela est fastidieux et le recueil strict des urines est difficile notamment en cas d'incontinence. Cela pousse à rechercher des méthodes plus simples et précises pour cette population spécifique.


Récemment, il a été montré chez 60 patients porteurs d'une vessie neurologique que l'équation CKD-EPI utilisant la Cystatine C était la méthode la plus précise pour évaluer la fonction rénale [5]. Cependant, la Cystatine C n'est pas encore un dosage réalisé en pratique courante et n'est pas remboursé actuellement par l'assurance maladie en France.


Ainsi, peut se poser la question d'utiliser en pratique courante l'échographie rénale comme outil d'évaluation indirecte de la fonction rénale. Notre étude avait pour but de déterminer si l'échographie rénale permettrait à la fois d'évaluer la morphologie de l'appareil urinaire et indirectement la fonction rénale.


Matériel et méthode


Il s'agit d'une étude rétrospective conduite sur 103 patients porteurs d'une vessie neurologique depuis plus de 6 mois, quels que soient la pathologie neurologique et le niveau de déficience, et ayant un suivi spécialisé en neuro-urologie.


Ont été recueillies les données démographiques et anthropométriques : sexe, âge, race, poids, type de pathologie neurologique.


Évaluation de la fonction rénale


La fonction rénale était évaluée par la Cl24h, méthode de référence chez les patients neurologiques. Lorsque la Cl24h était anormale, inférieure à 90mL/min, elle était recontrôlée pour diminuer la variabilité intra-individuelle.


La Haute Autorité de santé (HAS) recommandant pour diagnostiquer l'insuffisance rénale chronique d'estimer le debit de filtration glomérulaire (DFG) [6], ce dernier était calculé à partir de la formule MDRD (Modification of Diet in Renal Disease) simplifiée (MDRDs) et la formule CKD-EPI (Chronic Kidney Disease Epidemiology Collaboration) créatinine. L'équation MDRD a été élaborée par l'équipe de Levey et al. en 1999 [7], initialement très complexe elle a été simplifiée en ne retenant que 4 variables : la créatininémie, l'âge, le sexe et l'origine ethnique. Cependant, elle sous-estime la fonction rénale si le DFG est supérieur à 60mL/min [8] et a été remplacée par l'équation CKD-EPI créatinine, plus précise, qui prend en compte les mêmes 4 variables [9]. L'utilisation de cette dernière équation est recommandée par l'HAS depuis 2012 [6], mais n'est pas validée chez les patients ayant des anomalies de la masse musculaire. Les équations pour calculer le DFG sont présentées dans le Tableau 1.


En fonction des résultats, les patients étaient classés en stade d'insuffisance rénale selon la définition de l'HAS (Tableau 2).


Échographie rénale


Tous les patients avaient eu une échographie rénale dans le cadre du suivi de leur vessie neurologique.


L'échographie rénale était considérée comme anormale en cas d'hydronéphrose, de cicatrice de pyélonéphrite ou d'atrophie rénale.


Calcul de la sensibilité, spécificité, valeur prédictive positive, valeur prédictive négative de l'échographie rénale pour détecter une anomalie de la fonction rénale


Pour évaluer la pertinence de l'échographie rénale comme test de dépistage de l'altération morphologique rénale associée à une altération de la fonction rénale, ont été calculées sa sensibilité (probabilité d'un test positif lorsque malade), sa spécificité (probabilité d'un test négatif lorsque sain), la valeur prédictive négative (probabilité d'être sain lorsque le test est négatif) et la valeur prédictive positive (probabilité d'être malade avec un test positif).


Ces paramètres ont été évalués à partir des 3 méthodes d'estimation de la fonction rénale, à savoir la Cl24h, les formules MDRDs et CKD-EPI créatinine.


Résultats


Population


Cent trois patients ont été inclus (57 hommes, 46 femmes), d'âge moyen 51±13ans.


Cinquante-neuf patients avaient une SEP, 23 étaient BM, 8 avaient un syndrome extrapyramidal, 4 un SB-M, 2 une atteinte périphérique et 7 une pathologie neurologique autre. Soixante-sept patients avaient gardés des capacités de marche, 36 étaient confinés au fauteuil ou au lit.


Évaluation de la fonction rénale


Le taux moyen de créatinémie était de 73,8±14,8μmol/l.


Cl 24h


Cent trois patients avaient eu un dosage de la Cl24h. La moyenne était de 96,1±32,9mL/min/1,73 m2. Cinquante-quatre patients étaient classés fonction rénale normale, 40 avaient une insuffisance rénale de stade 2 et 9 de stade 3.


MDRD simplifiée


Chez 99 patients avait pu être calculé le DFG par la formule de MDRDs. La moyenne était de 96,6±32mL/min/1,73 m2.


Cinquante patients avaient un DFG normal, 46 avaient une insuffisance rénale de stade 2 et 3 de stade 3.


CKD-EPI créatinine


Chez 98 patients avait pu être calculé le DFG par la formule CKD-EPI créatinine. La moyenne était de 92,1±17,7mL/min/1,73 m2.


Cinquante-neuf patients avaient un DFG normal, 36 avaient une insuffisance rénale de stade 2 et 3 de stade 3.


Échographie réno-vésicale


Sur les 103 patients, onze avaient des anomalies à l'échographie rénale : 8 patients avaient une hydronéphrose et 3 une atrophie rénale dont deux avec des cicatrices de pyélonéphrites.


Échographie rénale et fonction rénale


Les résultats sont présentés dans le Tableau 3.


Cl24h


Parmi les 103 patients chez qui avaient été mesurée la Cl24h, 7 avaient une Cl24 h<90mL/min, dont 3 étaient de stade 3, et des anomalies à l'échographie rénale (4 patients avaient une hydronéphrose et 3 une atrophie rénale). Ainsi, il y avait 7 vrais positifs et 50 vrais négatifs, 4 faux-positifs et 42 faux-négatifs. Ainsi, la sensibilité de l'échographie rénale comme indicateur indirect de la fonction rénale évaluée par la clairance de la créatinine sur 24heures était de 14 %, sa spécificité de 93 %, sa valeur prédictive négative de 54 % et sa valeur prédictive positive de 64 %.


MDRD simplifiée


Parmi les 99 patients chez qui avait été calculé le débit de filtration glomérulaire par la formule MDRDs, 4 avaient un DFG<90mL/min, dont 1 était de stade 3, avec des anomalies à l'échographie rénale (2 avaient une atrophie rénale et 2 une hydronéphrose). Ainsi, étaient notés 4 vrais positifs et 43 vrais négatifs, 7 faux-positifs et 45 faux-négatifs. La sensibilité de l'échographie rénale comme indicateur indirect de la fonction rénale calculée par la formule MDRDs était de 8 %, sa spécificité à 86 %, sa valeur prédictive négative de 49 % et sa valeur prédictive positive de 36 %.


CKD-EPI créatinine


Parmi les 98 patients chez qui avait été calculé le débit de filtration glomérulaire par la formule CKD-EPI créatinine, 4 avaient un DFG<90mL/min, dont 1 était de stade 3, avec des anomalies à l'échographie rénale (2 avaient une atrophie rénale et 2 une hydronéphrose). Ainsi, étaient notés 4 vrais positifs et 52 vrais négatifs, 7 faux-positifs et 35 faux-négatifs. La sensibilité de l'échographie rénale comme indicateur indirect de la fonction rénale calculée par la formule CKD-EPI créatinine était de 10 %, sa spécificité de 88 %, sa valeur prédictive négative de 60 % et sa valeur prédictive positive de 36 %.


Discussion


Quelle que soit la méthode utilisée pour évaluer la fonction rénale, l'échographie rénale a une très mauvaise sensibilité comme indicateur indirect de la fonction rénale, une bonne spécificité, des valeurs prédictives positives et négatives peu élevées.


Il n'existe à notre connaissance pas d'étude similaire portant sur l'intérêt de l'échographie en tant que méthode indirecte d'évaluation du DFG chez les patients neurologiques. Par contre, il existe des études similaires chez les patients insuffisants rénaux chroniques. Dans une étude portant sur 40 patients, la longueur et le volume rénal mesurés par échographie étaient faiblement corrélés au DFG mesuré par différentes méthodes telles que la clairance de la créatinine, l'équation de Cockroft, la MDRD (coefficient de corrélation entre 0,37 et 0,51) [10]. Des résultats similaires ont été rapportés chez la personne âgée (coefficient de corrélation entre 0,46 et 0,51) [11]. De même, dans une étude réalisée chez des transplantés rénaux et des donneurs rénaux, la sensibilité de l'échographie rénale comme indicateur d'un DFG<50mL/min était respectivement de 44 % et 56 % [12]. Dans notre étude, les résultats vont dans le même sens. Nous avons trouvé un nombre élevé de faux-négatifs à l'échographie pour orienter vers une altération de la fonction rénale quelle que soit la méthode utilisée pour déterminer la fonction rénale (Cl24h, formules MDRDs, CKD-EPI créatinine, respectivement 42/103, 45/99, 35/98), réduisant considérablement la sensibilité du test (respectivement 14 %, 8 %, 10 %) ainsi que sa valeur prédictive négative (respectivement 54 %, 49 %, 60 %). Ces faux-négatifs peuvent être en rapport avec l'étiologie de l'insuffisance rénale, qui peut ne pas être d'origine obstructive mais due à une amylose rénale sur une escarre chronique ou des pyélonéphrites chroniques [13, 14]. Ce résultat expose au risque de sous-estimer l'altération de la fonction rénale ou un risque de retard diagnostique. Cela peut être responsable de complications iatrogènes, car en effet l'utilisation de médicaments néphrotoxique n'est pas rare chez les patients neurologiques, et la posologie de nombreux médicaments doit être adaptée pour des DFG<60mL/min.


Par ailleurs, dans notre étude, il a été trouvé des anomalies morphologiques rénales à l'échographie, que le patient ait ou non une altération de la fonction rénale (selon la méthode Cl24h, MDRDs, CKD-EPI la valeur prédictive positive était respectivement de 64 %, 36 % et 36 %). Ce résultat se rapproche de l'étude de Sepahpanah et al. portant sur le suivi de la Cl24h chez des patients BM, où au début de l'étude deux patients avaient une hydronéphrose, 5ans après aucun n'avaient d'altération de la Cl24h ; par ailleurs, 3 patients au cours de leur suivi avaient vu apparaître des anomalie morphologiques rénales sans altération de la Cl24h [15]. Les anomalies rénales peuvent régresser sans séquelle après un traitement adapté et il existe par ailleurs un nombre non négligeable de faux-positifs [4, 16, 17].


Ainsi, seule la spécificité de l'échographie est bonne (CL24h, formules MDRDs, CKD-EPI créatinine, respectivement 93 %, 86 %, 88 %) grâce à un bon taux de vrais négatifs (respectivement 50/103, 43/99, 52/98).


L'échographie rénale ne peut donc pas être considérée comme suffisante pour le dépistage de l'insuffisance rénale.


Dans cette étude, la fonction rénale a été évaluée par la mesure de la clairance de la créatinine sur 24heures et par les formules MDRDs et CKD-EPI créatinine.


La mesure de la clairance de la créatinine sur 24heures est la méthode recommandée pour évaluer la fonction rénale, en pratique courante, chez le patient neurologique [3]. Cependant, c'est une méthode qui mesure la clairance de la créatinine et non le débit de filtration glomérulaire, véritable reflet de la fonction rénale. D'ailleurs, pour l'HAS, le diagnostic d'insuffisance rénale repose sur l'estimation du DFG [6].


La Cl24h correspond au rapport de la concentration urinaire de créatinine sur sa concentration plasmatique par unité de débit urinaire. La concentration urinaire est dosée sur un échantillon des urines recueillies pendant 24h. Le recueil strict des urines est essentiel car les erreurs de recueil (fuite urinaire, perte d'une miction ou au contraire, recueil sur une durée supérieure à 24h) sont responsables d'une sous ou sur estimation de la Cl24h. En pratique, le recueil strict est difficile chez les patients neurologiques qui peuvent avoir des fuites ou une incontinence. Cela nécessite chez certains patients de poser une sonde à demeure pendant 24 h. De plus, la Cl24h peut varier en fonction du régime du patient, de son traitement, des méthodes de dosage de la créatininémie en fonction des laboratoires[15]. La variabilité intra-individuelle est estimée de 6 à 25 % [18]. En pratique, nous recontrôlions systématiquement toute Cl24h inférieurs à 90mL/min, pour s'affranchir de cette variabilité.


Nous avons aussi utilisé les équations MDRDs et CKD-EPI créatinine pour estimer le DFG selon les recommandations de l'HAS pour diagnostiquer une insuffisance rénale. La MDRDs était recommandée jusqu'à ce qu'elle soit remplacée par CKD-EPI créatinine à partir de 2012 [6]. Ces équations n'ont cependant pas été validées chez les patients ayant une anomalie de la masse musculaire. Or les patients porteurs d'une pathologie neurologique chronique ont une amyotrophie de non utilisation ou de dénervation. La surface moyenne des muscles atrophiés à 24 semaines de la blessure médullaire était de 45 à 80 % par rapport à celle de sujets contrôles appareillés en âge et en poids [19]. Gorgey et Dudley retrouvaient à 6 semaines suite à la blessure médullaire, une perte de 33 % de la masse musculaire et en parallèle, une augmentation de 126 % de la graisse intramusculaire [20]. Ainsi, le taux sanguin de créatinine, métabolite d'origine musculaire, se trouve abaissé chez ces patients, rendant ininterprétable la créatininémie. L'évaluation de la fonction rénale par les équations basées sur la créatininémie s'en trouverait biaisée car le poids, chez ces patients ne peut pas être utilisé comme un reflet de la masse maigre.


Il s'agit d'une étude rétrospective où nous avons étudié, sans distinction, l'ensemble des pathologies qui se présentait en consultation ou en hospitalisation, sans considérer les différences de tableaux cliniques neuro-urologiques en termes de durée de la maladie et des symptômes urinaires, de mode mictionnel, de données urodynamiques, de traitement et sans distinguer pathologie neurologique encéphalique, médullaire ou périphérique... Il s'agissait de déterminer une attitude pratique applicable dès la première consultation de prise en charge quelle que soit la pathologie responsable d'une vessie neurologique.


Notre méthode de référence pour évaluer la fonction rénale était la Cl24h, selon les recommandations du Groupe d'étude de neuro-urologie de langue française (GENULF) mais dont nous avons souligné les limites. Par ailleurs, nous avons utilisé les équations recommandées pour estimer le DFG en pratique courante, mais elles se basent sur la créatininémie et ne sont pas validées chez les patients neurologiques. Nos méthodes n'étaient donc pas les plus précises pour évaluer le DFG chez le patient neurologique. Des études récentes ont montré l'intérêt de l'utilisation de la Cystatine C sérique pour évaluer la fonction rénale chez les patients porteurs d'une vessie neurologique [5]. Elle est réalisée sur simple prise de sang. Elle serait une méthode idéale de par sa bonne sensibilité à détecter les états précoces d'insuffisance rénale et par son indépendance relative de la masse musculaire. Des équations basées sur la Cystatine C existent pour estimer le DFG. Cependant, elle n'est pas encore recommandée pour l'évaluation de la fonction rénale chez l'adulte.


Conclusion


L'évaluation de la fonction rénale est essentielle dans le suivi des patients porteurs d'une vessie neurologique. L'échographie rénale, examen indispensable dans le suivi des vessies neurologiques, n'est pas assez sensible pour dépister une altération de la fonction rénale et doit continuer à être associée à un examen estimant ou mesurant la fonction rénale et adapté aux patients neurologiques susceptibles d'avoir une amyotrophie.


Déclaration d'intérêts


Les auteurs déclarent ne pas avoir de conflits d'intérêts en relation avec cet article.




Tableau 1 - Formules pour estimer le débit de filtration glomérulaire (DFG).
  DFG (mL/min par 1,73m2 Variables de l'équation 
MDRDs  =186,3×(C/88,4)−1,154×âge−0,203×l× C=créatininémie en μmol/L
l=1 si sexe masculin, ou l=0,742 si sexe féminin,
k=1,21 si origine africaine, sinon k=
CKD-EPI créatinine  =141×min (C/K,1)a×max (Scr/K,1)−1,209×0,993Age× C=créatininémie en μmol/L
K=62 pour les femmes et 80 pour les hommes
a=−0,329 pour les femmes et −0,411 pour les hommes
min indique le minimum de C/K ou 1
max indique le maximum de C/K ou 1
l=1 si sexe masculin, ou l=0,742 si sexe féminin 



Légende :
MDRDs : Modification of Diet in Renal Disease simplifiée ; CKD-EPI : Chronic Kidney Disease Epidemiology Collaboration.



Tableau 2 - Stades de l'insuffisance rénale selon la Haute Autorité de santé (HAS).
Stade d'insuffisance rénale  DFG (mL/min/1,73 m2
≥90 
60≤DFG≤89 
30≤DFG≤59 
29≤DFG≤15 
<15 



Légende :
DFG : débit de filtration glomérulaire.



Tableau 3 - Corrélations entre la fonction rénale et les anomalies échographiques.
Cl24h
n =103 
Normale (≥90mL/min)
(n =54) 
Anormale (<90mL/min)
(n =49) 
Échographie normale (n =92)  50  42 
Échographie anormale (n =11) 
MDRDs
n =99 
DFG normal (≥90mL/min)
(n =50) 
DFG anormal (<90mL/min)
(n =49) 
Échographie normale (n =89)  43  45 
Échographie anormale (n =11) 
CKD-EPI créatinine
n =98 
DFG normal (≥90mL/min)
(n =59) 
DFG anormal (<90mL/min)
(n =39) 
Échographie normale (n =88)  52  35 
Échographie anormale (n =11) 



Légende :
Cl24h : clairance de la créatinine sur 24h ; MDRDs : Modification of Diet in Renal Disease simplifiée ; CKD-EPI : Chronic Kidney Disease Epidemiology Collaboration. L'échographie rénale était considérée comme anormale en cas d'hydronéphrose, de cicatrice de pyélonéphrite ou d'atrophie rénale.


Références



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