Étude de la qualité de vie des patients ayant un cancer de prostate localisé traité par HIFU

25 septembre 2009

Auteurs : G. Boudrant, P. Mangin, B. Feuillu, D. Peiffert, L. Cormier
Référence : Prog Urol, 2009, 8, 19, 542-552
But

Le traitement du cancer de la prostate par ultrasons focalisés de haute intensité (HIFU) est un traitement dit mini-invasif qui a en principe une faible morbidité. L’objectif de cette étude était d’évaluer la qualité de vie des patients traités par HIFU.

Patients et méthode

Cinquante patients consécutifs traités de première intention par HIFU pour cancer localisé de la prostate entre 2003 et 2005 ont reçu le questionnaire de qualité de vie « UCLA/RAND PCI » en préopératoire et un an après traitement. Les scores de qualité de vie postopératoires ont été comparés aux scores préopératoires et à une population test sans cancer de prostate.

Résultats

Quatre-vingt pour cent des patients ont répondu aux deux questionnaires. 72,5 % des patients étaient « satisfaits » ou « très satisfaits », 2,5 % étaient « très mécontents » et 25 % étaient sans opinion. Les scores de qualité de vie générale (SF-36) n’ont pas mis en évidence de différences significatives avant et après traitement. Une altération de la fonction et de la gêne ressentie était statistiquement significative sur le plan sexuel et urinaire. Pour la fonction digestive, il n’y avait pas de différence avant et après traitement ; en revanche, il y avait une dégradation statistiquement significative de la gêne ressentie.

Conclusion

Le traitement HIFU du cancer de prostate est bien accepté par le patient, la qualité de vie est préservée à un an. Il y a une dégradation significative de la fonction sexuelle et plus modérée de la fonction urinaire.




 




Introduction


Le diagnostic de cancer de prostate localisé est généralement porté chez des patients asymptomatiques. De plus, ces patients ont une longue espérance de vie après traitement. Ces deux éléments font que la répercussion du traitement sur la qualité de vie doit être connue et prise en compte avant la décision thérapeutique, d'autant plus que l'on a le choix entre une ou plusieurs alternatives thérapeutiques.

L'étude a pour but d'évaluer la répercussion sur la qualité de vie du traitement par ultrasons focalisés de haute intensité (HIFU) dans le cancer de prostate localisé à l'aide d'une traduction française fidèle du « UCLA/RAND Prostate Cancer Index ».


Patients et méthodes


Description de l'étude


Entre 2003 et 2005, 50 patients ont été traités consécutivement dans notre centre d'un traitement par HIFU pour un cancer de prostate localisé (T1-2, N0, M0). Les critères d'inclusion de traitement par HIFU étaient ceux proposés par le CCAFU [1] (espérance de vie supérieure à 7 ans ou âgé de plus de 70 ans, stade≤T2, PSA≤15ng/mL, Gleason≤7). Deux malades ayant un volume prostatique supérieur à 50cm3 ont eu une hormonothérapie néoadjuvante (analogue de la LHRH pendant 3 mois) en vue d'une réduction du volume à traiter.

Ont été exclus de cette étude les patients traités par HIFU pour récidive histologique après radiothérapie, les patients retraités et ceux dont on ne disposait pas de la totalité des questionnaires ou dont les questionnaires étaient incomplets.


Modalité de traitement et suivi


Le traitement par HIFU, réalisé sous anesthésie générale, était précédé d'une RTUP afin de limiter le risque de rétention. Dans le même temps, un traitement par alpha-bloquant (alfusozine 10LP) était systématiquement débuté le lendemain de l'intervention. Après la sortie, ils étaient revus en consultation à un mois, trois mois, six mois et un an, puis tous les six mois avec un contrôle du PSA et un examen clinique. Au début de l'expérience (12 premiers patients), des biopsies prostatiques étaient réalisées de manière systématique à trois mois, puis, par la suite, elles n'étaient réalisées qu'en cas de cinétique défavorable du PSA ou de toucher rectal suspect.


Questionnaires de qualité de vie


Un questionnaire de qualité de vie a été remis aux patients lors de la consultation préopératoire, puis un autre à la consultation du 12e mois. Si ce dernier questionnaire n'était pas reçu dans un délai de quatre semaines, une relance était effectuée par courrier postal.

Le questionnaire utilisé était le « UCLA/RAND Prostate Cancer Index » mis au point par l'université de Californie et dont une version française a été validée [2]. Il comportait les parties suivantes :

l'UCLA/RAND Prostate-Targeted Index : cette partie a été développée spécifiquement pour les patients traités pour cancer de la prostate. Il évalue au travers de 20 questions la fonction sexuelle, le statut mictionnel et l'état digestif ainsi que la gêne engendrée pour ces différents organes. Il permet pour chaque domaine de calculer des scores variant de 0 (fonction la plus altérée) à 100 (meilleure fonction) ;
le questionnaire SF-36 (short-form with 36 questions ) est un autoquestionnaire évaluant la santé physique et psychique d'un individu à l'aide de 36 questions relatives à huit aspects de la santé (activités physiques, activités sociales, résistance morale, physique et émotionnelle pour accomplir les tâches quotidiennes, douleur physique, santé mentale générale, vitalité, perception de l'état de santé en général). Chacun des domaines du SF-36 est exprimé par un score qui varie de 0 (qualité de vie la plus altérée) à 100 (qualité de vie la meilleure). Pour en simplifier les résultats, le questionnaire SF-36 peut également être exprimé en deux scores résumés, le score physique résumé (physical component score ou PCS) et le score psychique résumé (mental component score ou MCS), dont la moyenne dans la population générale est de 50 avec un écart-type à 10. Pour le calcul de ces scores, nous avons utilisé les coefficients de pondération américain standard, l'utilisation des coefficients de pondération français n'apportant pas de gain de précision significatif mais rendant plus difficile les comparaisons internationales [3].

Les items suivants ont été ajoutés :

le score IPSS ;
le statut social des patients : âge, vie de couple, état civil, activité professionnelle et niveau d'étude.

Les résultats ont ensuite été comparés entre les données préopératoires, les données du questionnaire à un an et une population test non atteinte de cancer prostatique [4].


Analyse statistique


Les données ont été recueillies sur une base de données FileMaker Pro® pour être interprétées par un logiciel de statistiques. Pour l'analyse statistique des scores de qualité de vie, il a été réalisé une Anova pour mesures répétées sous SAS®. Un p <0,05 était considéré comme statistiquement significatif.


Résultats


Description de la population étudiée


Patients inclus dans l'étude


Sur les 50 patients traités par HIFU en première intention dans notre service avec un recul d'au moins un an, 40 ont été inclus dans notre étude. Les patients perdus de vue et ceux dont il manquait au moins un des deux questionnaires ont été exclus. Le taux de questionnaires remplis en préopératoire était de 100 %. Au 12e mois, il était de 80 % avec 40 questionnaires retournés par voie postale (7 patients n'ont pas renvoyé le questionnaire à un an, deux questionnaires étaient incomplets et un patient est décédé pendant la durée de l'étude [décès d'origine cardiaque]). L'âge moyen à la date du traitement était de 71,5 ans (62–77 ans). Le suivi moyen des patients après traitement a été de 30,1 mois (15–45 mois). Aucun patient n'avait d'activité salariée et 89 % d'entre eux avaient une relation conjugale (Tableau 1).

Le stade clinique était dans 70 % des cas un T1 et dans 30 % des cas un stade T2 (Figure 1).


Figure 1
Figure 1. 

Stade clinique.




À noter que deux patients ont eu un blocage androgénique en vue d'une réduction volumétrique nécessaire pour la réalisation de la séance d'HIFU. Le PSA moyen préopératoire était de 6,17 (1,72–12,8). Le score de Gleason était inférieur à 7 dans 70 % des cas et égal à 7 dans 30 % des cas.


Population de Litwin


La population test de Litwin [4] « sans cancer de prostate » était issue par randomisation d'une population recensée lors d'une campagne de dépistage en Californie du Sud. Elle utilisait le questionnaire UCLA/RAND PCI afin d'avoir une population de référence permettant des comparaisons et portait sur une population de 268 hommes, d'âge moyen de 72,5 ans, sans cancer de prostate.

Nous n'avons cependant pas fait de tests statistiques entre cette population et notre population étant donné que toutes les informations nécessaires à la réalisation de ces tests ne sont pas disponibles. Les résultats de cette population test sont donc donnés à titre indicatif.


Résultats carcinologiques


Les résultats carcinologiques ont été évalués chez les 40 patients ayant répondu aux questionnaires. Le PSA moyen à un an était de 2,40±5,22ng/mL.

Sur notre série de 40 patients, 11 (27,5 %) patients avaient une cinétique du PSA (>0,75ng/mL par an) défavorable conduisant à la réalisation de PBP de contrôle. Chez huit (20 %) patients, il y avait une récidive de l'adénocarcinome prostatique sur les biopsies. Chez trois patients, les biopsies n'ont pas mis en évidence de critères de malignité.

Sur les huit patients, quatre patients ont été à nouveau traités par une nouvelle séance HIFU. Un patient a eu une hormonothérapie et trois patients ont été surveillés par dosage régulier du PSA, soit un taux de succès clinique de 87,5 %.


Satisfaction du patient


Un seul patient (2,5 %) était très mécontent du traitement. La majorité des patients était « satisfaits » (47,5 %) à « très satisfaits » (25 %). Le reste des patients (25 %) ont déclaré « ne sait pas » à cette question (Figure 2).


Figure 2
Figure 2. 

Satisfaction des patients.




Un test Z de corrélation a été fait entre la satisfaction et les scores de gêne et fonction urinaire, digestive et sexuelle. Il y avait une corrélation statistiquement significative entre la satisfaction et les scores de gêne et fonction urinaire et digestive ; en revanche, pour les scores de gêne et fonction sexuelle, la corrélation n'était pas significative (Tableau 2).


Fonction urinaire


Dans les suites opératoires, huit patients ont eu une rétention aiguë d'urine dont trois ont nécessité une résection complémentaire de loge, les cinq autres patients ont eu un sondage urinaire prolongé.

Le score UCLA de fonction urinaire (Tableau 3) était de 93 à j0, relativement proche de la population test de Litwin (90). À un an, il y avait une décroissance significative de 15 points à 78 (p =0,003). On assistait aussi à une diminution significative de 14 points du score relatif à la gêne engendrée vis-à-vis de la fonction urinaire (85 en préopératoire contre 71 à un an ; p =0,0213). L'analyse de l'IPSS ne mettait pas en évidence de modification significative avant et après traitement, l'IPSS passant d'une moyenne de 8,30 à 7,68 (p =0,5748). Avant traitement, trois patients avaient un score IPSS supérieur à 12 et cinq patients après traitement. Sur l'item qualité de vie du score IPSS, 90 % se déclaraient satisfait avant traitement (IPSS QOL<4) et 87,5 % après traitement.

Concernant l'incontinence urinaire (Tableau 4), il y avait une augmentation des fuites urinaires à un an (60 % de patients secs contre 85 % initialement) avec cependant des résultats similaires de la population test de Litwin.

On observait une augmentation de l'utilisation des garnitures (17,5 % contre 2,5 %). Les réponses sur le contrôle de la vidange vésicale étaient similaires avant et après traitement.


Fonction digestive


Concernant la fonction digestive (Tableau 3), il n'était pas noté de modification significative avant et après le traitement par HIFU : le score UCLA de fonction digestive baissait de cinq points passant de 82 à 77 (p =0,1350). Sur l'ensemble de la population, les réponses avant et après traitement étaient similaires à celles mises en évidence dans la population témoin de Litwin (Tableau 5).

Cependant, le score de gêne par rapport à la fonction digestive baissait significativement, passant de 83 à 71 en un an (p <0,05).

Quatre-vingt-dix pour cent des patients ne rapportaient pas ou peu de diarrhées avant traitement et 82,5 % après traitement (Tableau 5). On observait une augmentation de la fréquence des douleurs abdominales (92,5 % des patients n'avaient aucune douleur abdominale avant traitement et 77,5 % un an après traitement).


Fonction sexuelle


Le score UCLA de fonction sexuelle (Tableau 3) baissait significativement passant de 39 à 17, soit une baisse de 22 points (p <0,05). La gêne éprouvée vis-à-vis de la fonction sexuelle baissait aussi significativement de 26 points passant de 68 à 42 (p <0,05). Le score à un an était assez proche de la population test de Litwin issue d'un échantillon de la population générale (47,8).

Concernant la fonction sexuelle (Tableau 6), il y avait une altération notable avec une dégradation à l'ensemble des questions.

L'analyse des données se rapportant à la fonction sexuelle mettait en évidence que 53,85 % des patients avaient une activité sexuelle (masturbation ou rapport avec pénétration) dans les quatre semaines précédant le traitement et 21,62 % à un an. Les résultats étaient moins bons que dans la population test de Litwin (68 %) que ce soit avant ou après traitement (Tableau 6).

Alors que près de 35,9 % des patients avaient des érections suffisantes pour la pénétration, le taux est de 8,11 % à un an. Sur les 21 patients ayant des érections avant traitement, huit patients (38,09 %) conservaient des érections suffisantes après traitement. Chez les patients qui n'avaient pas d'érections avant traitement, aucun n'avait d'érections à un an. Concernant les patients ayant eu au moins un rapport sexuel avec pénétration durant les quatre semaines précédentes, il était de 53,85 % en préopératoire et de 12,95 % a un an. La question portant sur la libido est d'interprétation plus difficile étant donné le taux important de non-réponse (15 %). Si 21,05 % déclaraient un désir sexuel « bon » à « très bon » en préopératoire, ce taux est de 17,65 % à un an.

Sur la gêne vis-à-vis de la fonction sexuelle, chez 36,1 % des patients, cela leur posait un gros problème contre 13,51 % avant traitement et un problème mineur chez 55,55 % des patients contre 86,49 % avant traitement. Les résultats à un an sont globalement similaires à la population test de Litwin.


SF-36 et UCLA/RAND Prostate Targeted Index


Le questionnaire SF-36 permet d'évaluer la santé physique et mentale d'un individu. Les résultats sont répertoriés dans le Tableau 3. Les variations étaient relativement limitées entre les scores préopératoires et les scores postopératoires. Les principales différences concernaient les scores « Limitation due à l'état psychique » qui passait de 64 à 71 (plus 7 points ; p =0,39). Le score « Vie–Relation » passait de 83 à 76 (moins 7 points ; p =0,043) et le score « Douleur physique » diminuait de cinq points (73 à 68 ; p =0,07). Les autres scores (Activité physique, Limitation due à l'état physique, Santé perçue, Santé psychique, Vitalité) variant dans des amplitudes très limitées et les différences avant et après traitement n'étaient pas significatives.

Les scores agrégés physiques (MCS) et psychiques (PCS) n'étaient statistiquement différents avant et après traitement.

En comparaison à la population test de Litwin, les scores à un an étaient tous inférieurs, excepté le score « Limitation due à l'état physique ».


Discussion


Cette étude a été réalisée dès les premiers traitements par HIFU réalisés dans notre centre. Tous les patients ont été successivement inclus dans notre étude. La population de référence proposée par Litwin étant issue d'une population sans antécédent urologique, une proportion importante de notre série provenant de patients déjà connus de notre consultation, ayant donc déjà des troubles urinaires ou sexuels : 17,5 % des cancers ont été diagnostiques sur des copeaux de résections. De plus, la population de Litwin était issue de la population de Californie avec des caractéristiques sociodémographiques différentes de notre population. Cependant, les scores obtenus entre la population de Litwin et celle des questionnaires préopératoires étaient globalement similaires.

Concernant les résultats carcinologiques, nous avons 20 % de récidive histologique à un an. Cependant, les études d'efficacité du traitement par HIFU concluent à des résultats carcinologiques comparables aux autres traitements non chirurgicaux [5]. Nous n'avons pas d'explication pour cette différence de résultats.


Fonction urinaire


Les recommandations actuelles de l'Afu préconisent la réalisation d'une RTUP systématique avant la séance d'HIFU pour éviter les épisodes fréquents de rétention observés lors des premiers traitements par HIFU. Dans notre étude, le score IPSS baisse de manière non significative de 8,3 à 7,68 et 87,5 % des patients satisfaits de leur qualité de vie urinaire à un an. Vallancien et al. [6], dans une étude sur l'intérêt de la RTUP lors de la séance d'HIFU chez 30 patients, notent une amélioration du score IPSS après traitement et seulement deux patients avec un score supérieur à 12 après traitement contre 6 avant traitement. Sur l'item qualité de vie du questionnaire IPSS, 88 % se déclaraient satisfaits après traitement contre 66 % avant traitement.

Si l'association d'une RTUP à la séance d'HIFU a fait baisser les épisodes de rétention urinaire, l'hyperthermie que provoque l'HIFU à proximité du sphincter pourrait expliquer les problèmes d'incontinence rencontrés chez certains patients.

Il a été démontré que l'âge supérieur à 65 ans est un facteur prédictif important concernant la dégradation de la fonction urinaire après prostatectomie radicale [7]. L'HIFU n'étant pas un traitement à recommander chez l'homme jeune, cela peut expliquer en partie la dégradation de la fonction urinaire.

Actuellement, aucune prise en charge systématique n'est proposée après HIFU. Une kinésithérapie sphinctérienne précoce, comme cela est proposé après prostatectomie radicale, pourrait peut-être améliorer ces résultats. Dans l'étude multicentrique européenne, on observe respectivement 10,6 et 2,5 % d'incontinence urinaire de grade I et II qui se sont résolues spontanément ou après kinésithérapie [8].


Fonction digestive


Concernant les résultats sur la fonction digestive, il n'y avait pas de différence significative (p =0,1350) après traitement : le score de l'état digestif avant traitement était de 82/100 assez proche de la population test de Litwin (86/100) alors que le score à un an était de 77/100. S'il n'y a pas de modifications des paramètres objectifs, on avait une dégradation du score subjectif : la gêne vis-à-vis de la fonction digestive se dégradait significativement après traitement de 12 points.

La répercussion digestive de l'HIFU peut être expliquée par le fait que la paroi rectale subit une élévation thermique au décours du traitement. Des cas de fistule prostatorectale ont été rapportés sur les premiers traitements par HIFU ; cependant, ce type de complication a disparu depuis la dernière génération de machines qui dispose de dispositif de sécurité.


Fonction sexuelle


La revue de la littérature, il n'y a pas d'étude concernant la fonction sexuelle après ultrasons focalisés. Un poster résumé dans Urology [9] a étudié la répercussion des ultrasons sur cette fonction et démontré que la fonction érectile était significativement diminuée trois mois après le traitement avec cependant 55 % des patients pouvant avoir un rapport sexuel avec pénétration avant le traitement conservaient cette capacité (traitement fait avec la machine Sonablate). L'étude de Gelet et al. sur 242 traitements par HIFU fait état d'une impuissance dans 66 % des patients n'ayant pas de trouble préalable [10]. Dans notre étude, ce chiffre est de 61,90 %.

Cette dégradation de la fonction sexuelle peut être expliquée par l'hyperthermie à proximité des bandelettes vasculonerveuses. Pour la prostatectomie radicale, l'âge supérieur à 65 ans [7] ainsi que les comorbidités [11] sont un facteur important sur les résultats de la fonction sexuelle. C'est à cette population que s'adresse l'HIFU pouvant expliquer la forte altération sur cette fonction. Si l'alfuzosine ne semble pas avoir de répercussion sur la sexualité [12], la résection de prostate provoque une baisse de la qualité des érections ressenties bien qu'il n'y ait pas de différence significative des paramètres de l'érection (tumescence, nombre et duré) [13] dû à l'éjaculation rétrograde qu'elle induit. De plus, aucun des 40 patients n'a bénéficié de procédure de préservation des bandelettes vasculonerveuses permettant un meilleur résultat sur les érections (20 à 30 % de dysfonction érectile) au détriment des résultats carcinologiques [14]. Une étude est actuellement en cours à l'hôpital Édouard-Herriot de Lyon pour ajuster les paramètres de tir au niveau des bandelettes vasculonerveuses afin d'améliorer les résultats sur la fonction érectile.

Aucun de nos patients n'a bénéficié d'aide pharmacologique (injection intracarveneuse ou inhibiteur des PDE-5) ou mécanique postopératoire. Une prise en charge médicale précoce, à l'image de ce qui est proposé dans la prostatectomie radicale, pourrait améliorer les résultats de l'HIFU sur la fonction sexuelle chez les patients demandeurs.


SF-36


Dans notre étude, les scores obtenus pour chaque domaine de qualité de vie générale n'étaient pas statistiquement différents entre les scores préopératoires et les scores à un an. Ils étaient comparables à la population test de Litwin. Il est considéré qu'un changement de cinq à dix points d'un score représente un changement cliniquement pertinent [15, 16]. Seul le score « Vie–Relation » baisse significativement de sept points alors que le score « Douleur physique » baisse de cinq points (p =0,07). Tous les autres scores baissaient de façon modérée à un an (entre un et trois points) le seul à obtenir un score supérieur est le score « Limitation due à la santé psychique » qui augmentait de sept points (p =0,39). Les PCS et MCS ne changeaient pas significativement après traitement.

Aucune étude utilisant le même questionnaire que la nôtre n'a fait l'objet de publication pour les traitements par ultrasons. Une étude anglaise [17], ayant fait l'objet d'un poster à l'EAU, étudiait la qualité de vie après Ablatherm utilisant questionnaire Functional Assessment of Cancer Therapy-Prostate (FACT-P) sur 32 patients à trois mois et 17 sur une durée de six mois et concluait à une qualité de vie non significativement abaissée à trois mois et légèrement meilleure à six mois.

Ces résultats, qui confirment l'absence de répercussion sur la qualité de vie générale, confirment le caractère mini-invasif de l'HIFU.


Satisfaction


Près des trois quarts des patients traités se sont déclarés « satisfaits » à « très satisfaits » du traitement de leur cancer de prostate, seul un patient était « mécontent ». La proportion était la même chez les patients en récidive biologique ou aucun patient ne s'était déclaré « mécontent » contre 75 % de « satisfaits » à « très satisfaits ».

Ces résultats sont proches de ceux rapportés dans la littérature pour les autres modalités thérapeutiques que ce soit la chirurgie ou la radiothérapie externe avec une proportion de personnes satisfaites de 78,4 à 93,1 % pour la chirurgie [18] et de 75 à 94 % pour la radiothérapie externe [18, 19].

Dans notre série, la satisfaction était corrélée aux scores de fonction et de gêne urinaires et digestifs mais pas aux scores de gêne et fonction sexuelle. Dans une autre étude après prostatectomie radicale, ils concluaient les scores de fonction et gêne urinaires ainsi que de gêne sexuelle avaient une influence sur la satisfaction, alors que le score de fonction sexuelle n'est pas corrélé à la satisfaction du traitement [20].


Conclusion


Des études ont prouvé l'équivalence sur l'efficacité carcinologique du traitement par HIFU sur le cancer de prostate en comparaison à la chirurgie, à la radiothérapie externe et à la curiethérapie pour les cancers localisés, de Gleason inférieur ou égal à 7 et de PSA inférieur à 15ng/mL. C'est un traitement bien accepté par le patient avec 72,5 % des patients se déclarant satisfaits de leur traitement. Vingt-cinq pour cent sont sans opinion et 2,5 % sont mécontents de leur traitement. Ce traitement peut donc être considéré comme mini-invasif tant sur les modalités du traitement que sur ses répercutions, puisque la qualité de vie générale est préservée à un an.

Il y a une dégradation significative de la fonction sexuelle et plus modérée de la fonction urinaire. Il s'adresse préférentiellement aux patients qui ne sont pas candidats à la chirurgie ou à la curiethérapie, généralement des patients âgés (plus de 70 ans) ou avec des comorbidités. Il est établi que les répercussions sur la fonction urinaire et la fonction sexuelle dépendent des comorbidités et de l'âge au traitement, cette sélection des patients pourrait donc en partie expliquer la répercussion sur les fonctions urinaires et sexuelles du traitement. De plus, aucune prise en charge précoce de ces dysfonctions n'est actuellement proposée.

Les résultats sur la fonction sexuelle peuvent êtres améliorés en réalisant une préservation des bandelettes vasculonerveuses au détriment des résultats carcinologiques. Une étude est actuellement en cours pour ajuster les paramètres de tir au niveau des bandelettes vasculonerveuses pour améliorer les résultats sur la fonction sexuelle sans altérer les résultats carcinologiques.

Enfin, une prise en charge précoce et systématisée après HIFU de la dysfonction sexuelle ou urinaire pourrait en améliorer les résultats.


Conflit d'intérêts


Aucun.



 Niveau de preuve : 3.





Tableau 1 - Données socioéconomiques.
Âge (ans)  71,5±4,04 
 
Relation courante 
Habitant avec épouse ou partenaire (%)  86 
Relation mais ne vivant pas ensemble (%) 
Pas de relation (%)  11 
 
État civil 
Jamais marié (%) 
Marié (%)  83 
Séparé (%) 
Divorcé (%) 
Veuf (%)  11 
 
Emploi 
Retraite (%)  100 





Tableau 2 - Corrélation entre scores UCLA et satisfaction.
  Corrélation  p  
Fonction urinaire  0,425  0,0051 
Gêne urinaire  0,335  0,0317 
Fonction digestive  0,515  0,0004 
Gêne digestive  0,399  0,0102 
Fonction sexuelle  −0,04  0,8138 
Gêne sexuelle  0,184  0,2775 





Tableau 3 - Scores UCLA/PCI.
  Litwin  Avant  Après  p  
Fonction urinaire  90±14,8  93±11,4  78±28,2  0,0003 
Gêne urinaire  83,8±24,2  85±26,7  71±35,3  0,0213 
Fonction digestive  86,0±14,8  82±12,9  77±22,4  0,135 
Gêne digestive  85,0±23,5  83±28,9  71±32,0  0,0228 
Fonction sexuelle  47,0±30,0  39±28,3  12±20,1  <0,0001 
Gêne sexuelle  47,8±40,2  68±34,6  42±38,7  0,0001 
IPSS    5,6±4,2  6,4±5,3  0,3 
Activité physique  73,1±26,3  74±22,5  73±18  0,67 
Limitation due à l'état physique  64,3±41,2  69±38,7  68±42,1  0,64 
Douleur physique  72,0±23,8  73±22,9  68±22  0,07 
Santé perçue  68,9±24,3  62±18,2  61±19,5  0,35 
Santé psychique  76,9±18,6  70±14,5  70±20,4  0,83 
Limitation due à l'état psychique  74,0±38,0  64±42,3  71±41,9  0,39 
Vitalité  64,2±22  56±16,7  53±18,1  0,38 
MCS    47,0±18,0  47,5±11,1  0,77 
PCS    47±8,0  45,1±7,8  0,06 





Tableau 4 - Fonction urinaire.
  Litwin 
Avant 
Après 
Fréquence des incontinences urinaires (dernier mois) 
Chaque jour  26  10 %  2,50 %  12,50 % 
Une fois par semaine  22  8 %  7,5 %  15,00 % 
Moins d'une fois par semaine  31  12 %  5,00 %  12,50 % 
Jamais  183  70 %  34  85,00 %  24  60,00 % 
Pas de réponse         
      Écart-moyen=0,514 (p =0,0022) 
 
Contrôle de la vidange vésicale (dernier mois) 
Aucun contrôle  1 %  17,95 %  10,00 % 
Fuites d'urines fréquentes  12  5 %  0,00 %  7,50 % 
Fuites d'urines occasionnelles  66  25 %  11  28,21 %  12  30,00 % 
Contrôle parfait  181  69 %  21  53,85 %  21  52,50 % 
Pas de réponse           
      Écart-moyen=
 
Nombre de protections (dernier mois) 
3 couches ou plus par jour  0 %  0,00 %  10,00 % 
1–2 couches par jour  2 %  2,50 %  7,50 % 
Aucune couche  252  98 %  39  97,50 %  33  82,50 % 
Pas de réponse         
      Écart-moyen=0,229 (p =0,0303) 
 
Problème posé par les fuites de gouttes ou pantalon mouillé (dernier mois) 
Aucun problème  172  67 %  19  48,72 %  21  53,85 % 
Problème très mineur  50  19 %  15  38,46 %  11  28,21 % 
Problème mineur  28  11 %  7,69 %  7,69 % 
Problème modéré  2 %  5,13 %  2,56 % 
Problème important  0 %  0,00 %  7,69 % 
Pas de réponse         
      Écart-moyen=−0,182 (p =0,3625) 
 
Problème posé par le manque de contrôle urinaire perturbant activité sexuelle (dernier mois) 
Aucun problème  235  94 %  32  91,43 %  24  72,73 % 
Problème très mineur  3 %  2,86 %  3,03 % 
Problème mineur  1 %  2,86 %  6,06 % 
Problème modéré  2 %  0,00 %  3,03 % 
Problème important  0 %  2,86 %  15,15 % 
Pas de réponse         
      Écart-moyen=−0,5 (p =0,0295) 
 
Problème posé par le contrôle urinaire (dernier mois) 
Aucun problème  153  60 %  25  62,50 %  19  47,50 % 
Problème très mineur  63  25 %  22,50 %  20,00 % 
Problème mineur  22  9 %  10,00 %  12,50 % 
Problème modéré  15  6 %  0,00 %  7,50 % 
Problème important  2 %  5,00 %  12,50 % 
Pas de réponse           
      Écart-moyen=−0,486 (p =0,0388) 





Tableau 5 - Fonction digestive.
  Litwin 
Avant 
Après 
Fréquence des besoins impérieux digestifs (dernier mois) 
Plus d'une fois par jour  3 %  2,5 %  7,50 % 
Environ une fois par jour  25  10 %  12,50 %  5,00 % 
Plus d'une fois par semaine  17  7 %  5,00 %  10,00 % 
Environ une fois par semaine  29  11 %  15,00 %  5,00 % 
Rarement ou jamais  178  69 %  26  65,00 %  29  72,50 % 
Pas de réponse         
      Écart-moyen=−0,176 (p 0,5305) 
 
Fréquence des diarrhées (dernier mois) 
Jamais  99  39 %  11  27,50 %  15  37,50 % 
Rarement  131  51 %  25  62,50 %  18  45,00 % 
La moitié du temps  21  8 %  5,00 %  7,50 % 
Souvent  2 %  2,50 %  10,00 % 
Toujours  0 %  2,50 %  0,00 % 
Pas de réponse         
      Écart-moyen=−0,059 (p =0,7371) 
 
Préoccupation par l'exonération des matières (dernier mois) 
Très ennuyé  1 %  2,56 %  5,00 % 
Modérément ennuyé  13  5 %  15,38 %  10  25,00 % 
Peu ennuyé  62  24 %  13  33,33 %  22,50 % 
Pas ennuyé  178  70 %  19  48,72 %  19  47,50 % 
Pas de réponse         
      Écart-moyen=0,242 (p =0,306) 
 
Douleurs abdominales (dernier mois) 
Plusieurs fois par jour  1 %  0,00 %  5,00 % 
Environ une fois par jour  2 %  0,00 %  5,00 % 
Plusieurs fois par semaine  1 %  2,50 %  5,00 % 
Environ une fois par semaine  17  7 %  2,50 %  2,50 % 
Environ une fois par mois  28  11 %  2,50 %  5,00 % 
Rarement ou jamais  201  78 %  37  92,50 %  31  77,50 % 
Pas de réponse         
      Écart-moyen=0,294 (p =0,0308) 
 
Problème vis-à-vis du transit (dernier mois) 
Un problème important  1 %  2,50 %  5,13 % 
Un problème modéré  13  5 %  10,00 %  15,38 % 
Un problème mineur  24  9 %  5,00 %  12,82 % 
Un problème très mineur  48  19 %  20,00 %  23,08 % 
Pas un problème  168  66 %  25  62,50 %  17  43,59 % 
Pas de réponse         
      Écart-moyen=0,606 (p =0,0370) 





Tableau 6 - Fonction sexuelle.
  Litwin 
Avant 
Après 
Désir sexuel (dernier mois) 
Très mauvaise  35  14 %  18,42 %  10  29,41 % 
Mauvais  44  17 %  13,16 %  12  35,29 % 
Acceptable  76  29 %  18  47,37 %  17,65 % 
Bon  64  25 %  15,79 %  14,71 % 
Très bon  39  15 %  5,26 %  2,94 % 
Pas de réponse         
      Écart-moyen=0,594 (p =0,0012) 
 
Capacité à obtenir une érection (dernier mois) 
Très mauvaise  61  24 %  23,68 %  16  47,06 % 
Mauvais  47  19 %  21,05 %  13  38,24 % 
Acceptable  52  21 %  14  36,84 %  8,82 % 
Bon  66  26 %  10,53 %  5,88 % 
Très bon  26  10 %  7,89 %  0,00 % 
Pas de réponse         
      Écart-moyen=0,806 (p =0,0002 
 
Capacité à atteindre l'orgasme (dernier mois) 
Très mauvaise  48  20 %  24,32 %  17  54,84 % 
Mauvais  38  16 %  18,92 %  19,35 % 
Acceptable  43  18 %  14  37,84 %  19,35 % 
Bon  61  25 %  16,22 %  6,45 % 
Très bon  55  22 %  2,70 %  0,00 % 
Pas de réponse         
      Écart-moyen=−1,067 (p =0,0051) 
 
Qualité des érections (dernier mois) 
Aucune érection  39  15 %  10  25,64 %  17  45,95 % 
Pas suffisamment  44  17 %  20,51 %  12  32,43 % 
Suffisamment masturbation  46  18 %  17,95 %  13,51 % 
Suffisamment pénétration  127  50 %  14  35,90 %  8,11 % 
Pas de réponse    0 %     
      Écart-moyen=0,259 (p =0,2148) 
 
Fréquence des érections désirées (dernier mois) 
Jamais  69  27  12  31,58 %  25  67,57 % 
Moins d'une fois sur deux  88  35  5,26 %  16,22 % 
Une fois sur deux  47  18  23,68 %  5,41 % 
Plus d'une fois sur deux  37  15  13,16 %  2,70 % 
Toujours  81  32  10  26,32 %  8,11 % 
Pas de réponse         
      Écart-moyen=0,778 (p =0,0022) 
 
Fréquence des érections nocturnes ou matinales (dernier mois) 
Jamais  63  25 %  14  36,84 %  25  65,79 % 
Rarement  88  35 %  15  39,47 %  10  26,32 % 
Pas souvent  47  18 %  13,16 %  5,26 % 
Souvent  37  15 %  10,53 %  2,63 % 
Très souvent  19  7 %  0,00 %  0,00 % 
Pas de réponse         
      Écart-moyen=0,720 (p =0,0128) 
 
Rapports avec pénétration (dernier mois) 
Non  159  65 %  18  46,15 %  33  86,84 % 
Oui, une seule fois  21  9 %  10  25,64 %  5,26 % 
Oui, plus d'une fois  65  26 %  11  28,21 %  7,69 % 
Pas de réponse         
      Écart-moyen=0,871 (p =0,002) 
 
Aptitude sexuelle (dernier mois) 
Très mauvaise  81  32 %  10  26,32 %  22  61,11 % 
Mauvaise  36  14 %  10  26,32 %  10  27,78 % 
Acceptable  55  22 %  13  34,21 %  5,56 % 
Bonne  47  19 %  10,53 %  5,56 % 
Très bonne  31  12 %  2,63 %  0,00 % 
Pas de réponse         
      Écart-moyen=1,226 (p =0,0007) 
 
Problème vis-à-vis de la fonction sexuelle (dernier mois) 
Aucun problème  64  26 %  13  35,14 %  16,67 % 
Problème très mineur  39  16 %  12  32,43 %  19,44 % 
Problème mineur  32  13 %  18,92 %  19,44 % 
Problème modéré  35  14 %  0,00 %  8,33 % 
Grand problème  77  31 %  13,51 %  13  36,11 % 
Pas de réponse         
      Écart-moyen=0,581 (p =0,0071) 




Références



Rebillard X., Davin J.L., Soulie M. Treatment by HIFU of prostate cancer: survey of literature and treatment indications Prog Urol 2003 ;  13 : 1428-1456
Karakiewicz P.I., Kattan M.W., Tanguay S., Elhilali M.M., Bazinet M., Scardino P.T., et al. Cross-cultural validation of the UCLA prostate cancer index Urology 2003 ;  61 : 302-307 [cross-ref]
Ware J.E., Gandek B., Kosinski M., Aaronson N.K., Apolone G., Brazier J., et al. The equivalence of SF-36 summary health scores estimated using standard and country-specific algorithms in 10 countries: results from the IQOLA Project. International quality of life assessment J Clin Epidemiol 1998 ;  51 : 1167-1170
Litwin M.S. Health related quality of life in older men without prostate cancer J Urol 1999 ;  161 : 1180-1184 [cross-ref]
Poissonnier L., Gelet A., Chapelon J.Y., Bouvier R., Rouviere O., Pangaud C., et al. Results of transrectal focused ultrasound for the treatment of localized prostate cancer (120 patients with PSA<or +10ng/ml Prog Urol 2003 ;  13 : 60-72
Vallancien G., Prapotnich D., Cathelineau X., Baumert H., Rozet F. Transrectal focused ultrasound combined with transurethral resection of the prostate for the treatment of localized prostate cancer: feasibility study J Urol 2004 ;  171 : 2265-2267 [cross-ref]
Hu J.C., Elkin E.P., Pasta D.J., Lubeck D.P., Kattan M.W., Carroll P.R., et al. Predicting quality of life after radical prostatectomy: results from CaPSURE J Urol 2004 ;  171 : 703-707[discussion 707–08].
 [cross-ref]
Thuroff S., Chaussy C., Vallancien G., Wieland W., Kiel H.J., Le Duc A., et al. High-intensity focused ultrasound and localized prostate cancer: efficacy results from the European multicentric study J Endourol 2003 ;  17 : 673-677
Dawkins S, Ogden C, Emberton M. Erectile dysfunction in men treated with visually directed HIFU for clinically localized prostate cancer. UK: University College London. Urology 2006;68.
Rebillard X., Gelet A., Davin J.L., Soulie M., Prapotnich D., Cathelineau X., et al. Transrectal high-intensity focused ultrasound in the treatment of localized prostate cancer J Endourol 2005 ;  19 : 693-701 [cross-ref]
Arredondo S.A., Elkin E.P., Marr P.L., Latini D.M., Duchane J., Litwin M.S., et al. Impact of comorbidity on health-related quality of life in men undergoing radical prostatectomy: data from CaPSURE Urology 2006 ;  67 : 559-565 [cross-ref]
Roehrborn C.G. Efficacy and safety of once-daily alfuzosin in the treatment of lower urinary tract symptoms and clinical benign prostatic hyperplasia: a randomized, placebo-controlled trial Urology 2001 ;  58 : 953-959 [cross-ref]
Soderdahl D.W., Knight R.W., Hansberry K.L. Erectile dysfunction following transurethral resection of the prostate J Urol 1996 ;  156 : 1354-1356 [cross-ref]
Chaussy C., Thuroff S. Results and side effects of high-intensity focused ultrasound in localized prostate cancer J Endourol 2001 ;  15 : 437-440[discussion 447–438].
Ware Jr JE, Snow KK, Kosinski M, Ganbek B. SF-36 health survey: manual and interpretation guide; 1993. Quality Metric Inc 2003:35–37.
Jaeschke R., Singer J., Guyatt G.H. Measurement of health status. Ascertaining the minimal clinically important difference Control Clin Trials 1989 ;  10 : 407-415 [cross-ref]
Illing R, Dawkins S, Ogden C, Emberton M. Early quality of life assessment in men treated with visually directed HIFU for clinically localized prostate cancer. UK: University College London. Urology 2006;68.
Mccammon K.A., Kolm P., Main B., Schellhammer P.F. Comparative quality-of-life analysis after radical prostatectomy or external beam radiation for localized prostate cancer Urology 1999 ;  54 : 509-516 [cross-ref]
Almeras C., Zerbib M., Eschwege F., Debre B. UCLA/RAND cancer prostate index quality of life questionnaire after external beam radiotherapy for localized prostate cancer: repercussions of complications and quality of life in general Prog Urol 2003 ;  13 : 256-265
Descazeaud A., Chaskalovic J., Debre B., Zerbib M., Peyromaure M. Sexual function after radical prostatectomy does not affect global patient satisfaction Prog Urol 2004 ;  14 : 1177-1180






© 2009 
Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés.