État des lieux de l'épidémiologie des prolapsus génitaux

25 décembre 2009

Auteurs : R. Lousquy, P. Costa, V. Delmas, F. Haab
Référence : Prog Urol, 2009, 13, 19, 907-915

La prévalence des prolapsus varie de 2,9 à 11,4 % ou 31,8 à 97,7 % selon que l’on utilise un questionnaire ou un examen clinique respectant la classification Pelvic Organ Prolapse Classification (POPQ). L’incidence cumulée de la chirurgie atteint 11 % au-delà de 70 ans. L’âge est associé significativement à une augmentation de la prévalence des prolapsus jusque 50 ans. Après la ménopause, c’est la sévérité des prolapsus qui est associé à l’âge, la prévalence restant stable. Les prolapsus constituent un problème de santé publique auquel vont devoir faire face de plus en plus souvent les médecins en raison des revendications légitimes de soins des patientes et de l’amélioration de l’espérance de vie sans handicap associé. Il conviendra de bien identifier les divers facteurs de risque afin de pratiquer une médecine préventive et diagnostiquer les prolapsus aux stades avancés symptomatiques nécessitant une prise en charge chirurgicale.

   
 
 

 

 

Introduction

Si de nombreuses études se sont attachées à mesurer la prévalence de l'incontinence urinaire, les travaux consacrés aux prolapsus génito-urinaires sont nettement moins fréquents. Pourtant, le nombre de consultations et d'interventions chirurgicales pour correction d'un prolapsus ne cesse d'augmenter tant dans les unités de chirurgie gynécologiques qu'urologique [1

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Cliquez ici pour aller à la section Références]. Les patientes elles mêmes sont de plus en plus nombreuses à demander une prise en charge [3

Cliquez ici pour aller à la section Références]. De plus, une projection prenant en compte différents facteurs et notamment l'allongement de l'espérance de vie prévoit que le taux de femmes recherchant ce type de soins doublera [3

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Sur le plan médico-économique, le coût direct des prolapsus est très élevé, dépassant un milliard de dollars par an aux États-Unis [4

Cliquez ici pour aller à la section Références], avec près de 200 000 interventions chirurgicales [5

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La difficulté à mesurer précisément la prévalence du prolapsus en population générale tient à plusieurs facteurs. Les études peuvent être basées sur l'utilisation de questionnaires de symptômes, auto-administrés le plus souvent [6

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Cliquez ici pour aller à la section Références]. Ces études par définition ne peuvent que donner des chiffres de prévalence concernant des prolapsus symptomatiques méconnaissant la plupart des lésions de bas stade et ne permettant pas de caractériser avec précision le type de prolapsus. Par ailleurs, certaines études se basent sur des notions d'examen cliniques effectués en population générale mais le plus souvent limitées en effectifs inclus compte tenu de leur complexité de réalisation [10

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Cliquez ici pour aller à la section Références]. Certaines patientes expriment une réticence à parler d'un sujet intime, préférant ne pas être opérées, d'autres pensent que l'apparition d'un prolapsus fait parti du phénomène naturel de vieillissement et ne recherchent pas de soins médicaux [13

Cliquez ici pour aller à la section Références]. Enfin, il paraît important de pouvoir disposer de données longitudinales afin de mieux comprendre l'histoire naturelle de la pathologie.

Cet article a pour objet de décrire les données existantes dans la littérature concernant l'incidence et la prévalence des prolapsus génito-urinaires.

 

Matériels et méthodes

Une recherche bibliographique sans restriction de date a été réalisée sur la base des données Medline® par les mots clés suivants : pelvic organ prolapse , pelvic floor disorders , epidemiology , prevalence . Les articles ont été sélectionnés s'ils traitaient de la prévalence, de l'incidence, de la corrélation anatomoclinique. Nous avons ainsi regroupé les informations selon différents critères (prévalence des prolapsus en population générale, gravité clinique, l'âge, compartiment anatomique, prévalence et incidence du recours à la chirurgie, corrélation anatomoclinique) afin d'en exposer les résultats.

 

Résultats

 

Prévalence générale

Différentes études ont étudié la prévalence des prolapsus génitaux en population générale (Tableau 1). La prévalence des prolapsus est située entre 2,9 et 97,7 % selon les études. Elle varie entre 2,9 et 11,4 % selon que l'on utilise un questionnaire pour dépister les prolapsus ou entre 31,8 et 97,7 % si l'on pratique un examen clinique avec la classification de Baden ou la classification Pelvic Organ Prolapse (POPQ), respectivement. Il est important de noter que les deux premiers stades de la classification POPQ correspondent à des prolapsus intravaginaux et donc extrêmement limités expliquant les chiffres de prévalence très élevés. Ainsi, lorsque la classification POPQ a été utilisée, les chiffres de prévalence des différents stades sont de 21,4 à 43,3 % pour le stade I, 4 à 62,9 % pour le stade II, 0 à 6,8 % pour le stade III et 0 à 1,8 % pour le stade 4. Le pourcentage maximum de patientes présentant un stade strictement supérieur à II (classification POPQ) a été de 8,6 % [26

Cliquez ici pour aller à la section Références] (Tableau 2).

Swift retrouve une aggravation progressive des prolapsus avec le vieillissement, se traduisant par une diminution statistiquement significative de la proportion de stade I aux dépends des stades II et III [14

Cliquez ici pour aller à la section Références]. Ainsi, les lésions de stade I qui représentent 50 % des prolapsus avant 20 ans ne représentent plus que 26 % des lésions après 70 ans tandis que les lésions de stades III passent de 0 % avant 20 ans à 21 % après 70 ans. À noter que dans cette étude aucune patiente n'avait de prolapsus de stade IV. Les prolapsus retrouvés chez Swift sont moins sévères de façon significative avant la ménopause (p =0,001) avec 8,9 % de stade 0, 47,3 % de stade I, 43,1 % de stade II, 0,7 % de stade III et 0 % de stade IV en périménopause, 3,7 % de stade 0, 35,8 % de stade I, 56,0 % de stade II, 4,5 % de stade III et 0 % de stade IV en post-ménopause en cas d'association à une hormonothérapie et 2,4 % de stade 0, 41,5 % de stade I, 50,0 % de stade II, 6,1 % de stade III et 0 % de stade IV en post-ménopause en absence d'association à une hormonothérapie (Tableau 3).

 

Prévalence par étages

Concernant le type de prolapsus, l'étude des compartiments des prolapsus dans la littérature montre une prédominance de l'étage antérieur par rapport à l'étage postérieur qui lui-même est plus fréquent que l'étage moyen (Tableau 4). Versi et al. trouvent 51 % de cystocèle, 27 % de rectocèle et 20 % d'hystérocèle [27

Cliquez ici pour aller à la section Références] ; Handa et al. 24,6 % de cystocèle, 12,9 % de rectocèle et 3,8 % d'hystérocèle [17

Cliquez ici pour aller à la section Références] ; puis Dietz et al. 73 % de cystocèle, 65 % de rectocèle et 23 % d'hystérocèle [28

Cliquez ici pour aller à la section Références]. Les rapports de fréquence selon le compartiment sont d'ailleurs identiques à tous les stades de la classification POPQ. L'incidence est de 9,3 cas pour 100 femmes par année pour la cystocèle, 5,7 pour la rectocèle et 1,5 pour l'hystérocèle chez Handa et al. [17

Cliquez ici pour aller à la section Références]. Ces derniers ont étudié l'évolution des prolapsus à un an selon le compartiment et le stade initial. Ils trouvent une régression significative du stade I au stade 0 de 23,5 % (IC95 % 0,19–0,28) pour la cystocèle, 22 % (IC95 % 0,16–0,28) pour la rectocèle et 48 % (IC95 % 0,34–0,62) pour l'hystérocèle, une progression plus faible que la régression du stade I aux stades II ou III de 9,5 % (IC95 % 0,07–0,13) pour la cystocèle, 13,5 % (IC95 % 0,09–0,19) pour la rectocèle et 1,9 % (IC95 % 0–0,001) pour l'hystérocèle. La régression des stades II ou III au stade 0 est de 9,3 % (IC95 % 0,005–0,14) pour la cystocèle, 3,3 % (IC95 % 0,01–0,07) pour la rectocèle et 0 % (IC95 % 0–0,37) pour l'hystérocèle (Tableau 5).

 

Corrélations anatomocliniques

Dans une étude prospective, Bradley et al. ont étudié la corrélation anatomoclinique des prolapsus chez 260 femmes ménopausées soumises à un questionnaire et présentant des prolapsus aux stades I et II de la classification POPQ à l'examen clinique [23

Cliquez ici pour aller à la section Références]. Ils trouvent des associations significatives entre la diminution de la longueur vaginale totale et la sensation ou la vision d'une masse vaginale (odds ratio [OR] 2,6 ; IC95 % 1,4–4,6), la présence de signes fonctionnels urinaires obstructifs (OR 1,6 ; IC95 % 1,2–1,9), la présence de signes fonctionnels digestifs obstructifs (OR 1,2 ; IC95 % 1,1–1,4). Des associations significatives sont également retrouvées concernant les descentes du point C et la sensation ou la vision d'une masse vaginale (OR 1,3 ; IC95 % 1,1–1,5), du point Ba et la présence de douleurs mictionnelles (OR 2,1 ; IC95 % 1,2–3,8) ou de signes fonctionnels urinaires obstructifs (OR 1,4 ; IC95 % 1,2–1,8) et du point Bp et l'incontinence annale (OR 1,3 ; IC95 % 1,1–1,7) (Tableau 6).

Miedel et al. retrouvent une association significative entre la sensation de boule vaginale et la présence de cystocèle aux stades II à IV (OR 5,8 ; IC95 % 2,5–13,3), de rectocèle aux stades II à IV (OR 2,9 ; IC95 % 0,9–9,2) et d'hystérocèle aux stades I à IV (OR 4,2 ; IC95 % 2,1–8,5) [22

Cliquez ici pour aller à la section Références]. L'urgenturie est associée à la présence d'une cystocèle des stades II à IV (OR 2,5 ; IC95 % 1,2–5,3). L'incontinence urinaire d'effort est associée à la présence de rectocèle aux stades II à IV (OR 5,4 ; IC95 % 1,9–15,2) et la défécation douloureuse est associée à la présence de rectocèle aux stades I (OR 7,6 ; IC95 % 1,5–37,7) et II à IV (OR 6,0 ; IC95 % 1,0–36,0) (Tableau 7).

 

Évolution des prolapsus avec le vieillissement

L'étude de la corrélation entre l'âge et la prévalence des prolapsus après un examen clinique respectant la classification POPQ montre une association jusque l'âge d'environ 50 ans. Ainsi, Tegerstedt et al. rapportent les chiffres suivants : 4,1 % (IC95 % 0,032–0,052) entre 30 et 39 ans, 6,2 % (IC95 % 0,050–0,077) entre 40 et 49 ans, 11,8 % (IC95 % 0,0101–0,0137) entre 50 et 59 ans, 12,2 % (IC95 % 0,0101–0,0147) entre 60 et 69 ans et 11 % (IC95 % 0,089–0,0135) entre 70 et 79 ans [9

Cliquez ici pour aller à la section Références]. Les OR ajustés sont respectivement pour chaque tranche d'âge 1,0, 1,2 (IC95 % 0,8–1,7), 2,3 (IC95 % 1,7–3,2), 2,3 (IC95 % 1,6–3,2) et 2,0 (IC95 % 1,4–2,8). Nygaard et al. trouvent des prévalence plus basses, mais la même tendance à la stagnation à partir de l'âge moyen de la ménopause : 1,6 % (IC95 % 0,006–0,026) entre 20 et 39 ans, 3,8 % (IC95 % 0,020–0,057) entre 40 et 59 ans, 3,0 % (IC95 % 0,009–0,051) entre 60 et 79 ans, puis 4,1 % (IC95 % 0,011–0,071) au-delà de 80 ans [24

Cliquez ici pour aller à la section Références] (Tableau 8).

Shah et al., en 2008, trouvent une diminution des patientes ayant recours à la chirurgie à partir de l'âge de 59 ans [2

Cliquez ici pour aller à la section Références]. Ils montrent des taux de chirurgie pour 10 000 femmes de 7 (IC95 % 7–10) entre 18 et 39 ans, 24 (IC95 % 21–27) entre 40 et 59 ans, 31 (IC95 % 26–35) entre 60 et 79 ans et 17 (IC95 % 10–25) au-delà de 80 ans, soit pour l'ensemble de la population 18 (IC95 % 16–20) patientes opérées sur 10 000 (Tableau 9). Olen et al., en 1997 [11

Cliquez ici pour aller à la section Références] et Fialkow et al. en 2008 [29

Cliquez ici pour aller à la section Références] trouvent des incidences cumulées des premières interventions chirurgicales pour prolapsus identiques pour chaque groupe d'âge, à savoir respectivement 0,1 % et 0,2 % entre 20 et 29 ans, 0,9 % et 1,0 % entre 30 et 39 ans, 2,8 et 2,7 % entre 40 et 49 ans, 4,7 % et 5,1 % entre 50 et 59 ans, 7,5 % et 8,2 % entre 60 et 69 ans, puis 11,1 % et 11,8 % entre 70 et 79 ans (Tableau 10). Swift a retrouvé une relation significative entre la présence de prolapsus et l'antécédent de chirurgie pour prolapsus en comparaison à une population jamais opérée (p <0,0001) [14

Cliquez ici pour aller à la section Références]. Ses résultats sont confirmés par Dallenbach, en 2007, qui trouve un OR de 7,89 (IC95 % 1,29–48,17) (p =0,03) concernant le risque de récidive de prolapsus après chirurgie [30

Cliquez ici pour aller à la section Références]. Olsen en 1997 trouve un risque de 29,2 % d'intervention pour récidive de prolapsus après un délai de plus en plus court entre les différentes interventions (Tableau 11) [11

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Discussion

De nombreux auteurs relatent leur expérience concernant l'épidémiologie des prolapsus. Les résultats en termes de prévalence et d'incidence sont très différents.

Les données de la littérature montrent des écarts considérables dans les chiffres concernant la prévalence située entre 2,9 et 97,7 %. Ces différences de chiffres peuvent être dues à des populations étudiées non comparables, mais surtout à la méthode de diagnostic employée posant le problème de la définition de la maladie. La prévalence des prolapsus varie entre 2,9 et 11,4 % lorsque l'on utilise un questionnaire pour le dépistage et entre 31,8 et 97,7 % si les patientes sont examinées en adoptant la classification de Baden ou POPQ, respectivement. Le symptôme le plus corrélé à la présence d'un prolapsus à un stade avancé est la « vision » ou la « sensation » d'une boule vaginale [31

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Cliquez ici pour aller à la section Références]. La spécificité des questionnaires afin de dépister un prolapsus au-delà de l'hymen est élevée dans une population à faible prévalence de la maladie (94–100 %), mais la sensibilité est plus faible (66 %), ce qui explique une sous-estimation [6

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Cliquez ici pour aller à la section Références]. Les questionnaires permettent de dépister les prolapsus symptomatiques uniquement, alors que l'examen clinique est descriptif de l'anatomie et permet une comparaison entre les patientes selon la gravité de la maladie grâce à une variabilité inter- et intra-observateur très faible [35

Cliquez ici pour aller à la section Références]. En revanche, l'examen clinique seul surestime les besoins de soins des patientes, car il dépiste de nombreuses patientes asymptomatiques ne nécessitant pas de chirurgie.

L'évaluation de la gravité du prolapsus par la classification POPQ montre des taux plus faibles de prolapsus allant de 43,1 à 69,8 % si l'on considère les stades supérieurs ou égaux à II et de 1,2 à 8,6 % si l'on considère les stades supérieurs ou égaux à III (Tableau 2). Seul Bland et al. trouvent des pourcentages encore plus faibles [26

Cliquez ici pour aller à la section Références]. Une hypothèse afin d'expliquer les chiffres de Bland serait que l'examen clinique serait pratiqué avec une manœuvre de Valsalva moins intense que chez les autres auteurs. Le pourcentage de prolapsus nécessitant une prise en charge active semble alors bien plus faible. Lorsque la classification POPQ a été établie, il n'existait pas de données concernant les normes en population générale et la classification repose uniquement sur un consensus d'experts internationaux. Trowbridge et al. ont d'ailleurs mesuré de façon empirique la distribution des valeurs de la classification POPQ en population générale [21

Cliquez ici pour aller à la section Références]. Il trouve 67 % des patientes présentant un stade II. Or ces patientes ne sont pas symptomatiques.

Il en ressort la nécessité d'une corrélation anatomoclinique afin d'optimiser les effets de la chirurgie selon les symptômes des patientes. Bradley et al. [23

Cliquez ici pour aller à la section Références] trouvent des associations significatives entre la diminution de la longueur vaginale totale et la sensation ou la vision d'une masse vaginale (OR 2,6 ; IC95 % 1,4–4,6), la présence de signes fonctionnels urinaires obstructifs (OR 1,6 ; IC95 % 1,2–1,9), la présence de signes fonctionnels digestifs obstructifs (OR 1,2 ; IC95 % 1,1–1,4). Des associations significatives sont également retrouvées concernant les descentes du point C et la sensation ou la vision d'une masse vaginale (OR 1,3 ; IC95 % 1,1–1,5), du point Ba et la présence de douleurs mictionnelles (OR 2,1 ; IC95 % 1,2–3,8) ou de signes fonctionnels urinaires obstructifs (OR 1,4 ; IC95 % 1,2–1,8) et du point Bp et l'incontinence annale (OR 1,3 ; IC95 % 1,1–1,7) (Tableau 6). La corrélation entre le compartiment et la symptomatologie apparaît dès des stades précoces, mais il n'est alors pas recommandé de pratiquer une intervention chirurgicale en raison de l'étiologie possiblement non liée au prolapsus. La corrélation anatomoclinique en revanche s'accentue avec le stade du prolapsus. En effet, Miedel et al. retrouvent une association significative entre la sensation de boule vaginale et la présence de cystocèle aux stades II à IV (OR 5,8 ; IC95 % 2,5–13,3), de rectocèle aux stades II à IV (OR 2,9 ; IC95 % 0,9–9,2) et d'hystérocèle aux stades I à IV (OR 4,2 ; IC95 % 2,1–8,5) [22

Cliquez ici pour aller à la section Références]. L'urgenturie est associée à la présence d'une cystocèle des stades II à IV (OR 2,5 ; IC95 % 1,2–5,3), l'incontinence urinaire d'effort à la présence de rectocèle aux stades II à IV (OR 5,4 ; IC95 % 1,9–15,2) et la défécation douloureuse à la présence de rectocèle aux stades I (OR 7,6 ; IC95 % 1,5–37,7) et II à IV (OR 6,0 ; IC95 % 1,0–36,0) (Tableau 7). Il semble important de réfléchir à une correction anatomique prenant en considération les symptômes associés aux différents compartiments des prolapsus. Cependant, il s'agit le plus souvent d'une combinaison clinique des différents compartiments et les prolapsus ne passant pas la frontière clinique de l'hymen ne semblent pas nécessiter de recours à la chirurgie.

Le prolapsus est une maladie pouvant concerner la femme à tous les âges. La prévalence augmente avec l'âge jusqu'environ 50 ans pour ensuite rester stable. Tegerstedt et al. rapportent les chiffres suivants 4,1 % entre 30 et 39 ans, 6,2 % entre 40 et 49 ans, 11,8 % entre 50 et 59 ans, 12,2 % entre 60 et 69 ans et 11 % entre 70 et 79 ans [9

Cliquez ici pour aller à la section Références]. Les OR ajustés sont respectivement pour chaque tranche d'âge 1,0, 1,2 (IC95 % 0,8–1,7), 2,3 (IC95 % 1,7–3,2), 2,3 (IC95 % 1,6–3,2) et 2,0 (IC95 % 1,4–2,8). Nygaard et al. trouvent des prévalence plus basses, mais la même tendance à la stagnation à partir de l'âge moyen de la ménopause : 1,6 % (IC95 % 0,006–0,026) entre 20 et 39 ans, 3,8 % (IC95 % 0,020–0,057) entre 40 et 59 ans, 3,0 % (IC95 % 0,009–0,051) entre 60 et 79 ans, puis 4,1 % (IC95 % 0,011–0,071) au-delà de 80 ans [24

Cliquez ici pour aller à la section Références] (Tableau 8). En revanche après la ménopause, la sévérité du prolapsus semble corrélée à l'âge, ce qui suggère que le processus dégénératif ne s'arrête pas avec l'âge (Tableau 3). Dans l'étude de Handa, l'incidence est de 9,3 cas pour 100 femmes par année pour la cystocèle, 5,7 pour la rectocèle et 1,5 pour l'hystérocèle [17

Cliquez ici pour aller à la section Références]. Ce dernier a étudié l'évolution des prolapsus à un an selon le compartiment et le stade initial et trouve une régression significative du stade I au stade 0 de 23,5 % (IC95 % 0,19–0,28) pour la cystocèle, 22 % (IC95 % 0,16–0,28) pour la rectocèle et 48 % (IC95 % 0,34–0,62) pour l'hystérocèle, une progression plus faible que la régression du stade I vers les stades II ou III de 9,5 % (IC95 % 0,07–0,13) pour la cystocèle, 13,5 % (IC95 % 0,09–0,19) pour la rectocèle et 1,9 % (IC95 % 0–0,001) pour l'hystérocèle. La régression des stades II ou III au stade 0 est de 9,3 % (IC95 % 0,005–0,14) pour la cystocèle, 3,3 % (IC95 % 0,01–0,07) pour la rectocèle et 0 % (IC95 % 0–0,37) pour l'hystérocèle. Cependant, l'étude de Handa étudie l'évolution sur une courte durée de seulement une année. En outre, Handa ne précise pas le pourcentage de régression des stades II et III vers le stade I qui est souvent asymptomatique et ne nécessite pas de prise en charge. Le prolapsus semble être une maladie dynamique pouvant à la fois s'aggraver ou régresser [17

Cliquez ici pour aller à la section Références]. Il paraît donc licite de ne pas proposer de chirurgie prophylactique chez les patientes ménopausées présentant un prolapsus modéré et de rassurer les patientes arrivant à l'âge de la ménopause ne présentant pas de prolapsus, voire un stade I. En revanche, les prolapsus à des stades avancés sont de plus mauvais pronostic à long terme. La régression des prolapsus est également rapportée par certains auteurs chez des femmes enceintes dans le post-partum [36

Cliquez ici pour aller à la section Références].

La prévalence de la maladie et le recours à la chirurgie ne semble pas corrélées. La prévalence stagne vers l'âge de 50 ans avec des patientes atteintes de façon plus sévère à mesure qu'elles vieillissent. Or l'incidence de la chirurgie chute à partir de 59 ans dans l'étude de Shah et al. en 2008 (Tableau 9) [2

Cliquez ici pour aller à la section Références]. Cette constatation peut trouver de diverses explications : un refus d'aborder un sujet tabou chez des patientes d'un certain âge, un défaut d'information des patientes les plus âgées n'ayant pas connaissance de la maladie et sa prise en charge, ou la considérant comme une évolution normale liée à l'âge, une difficulté d'accès aux soins, une négligence de l'état de santé des personnes âgées, une demande de soins plus importante des femmes actives en périménopause, le fait que les patientes aient été opérées plus jeunes, la réticence des chirurgiens à opérer des patientes présentant des comorbidités plus importantes. Il n'en reste pas moins que le prolapsus constitue un problème de santé publique de plus en plus important avec une incidence cumulée atteignant plus de 11 % entre 70 et 79 ans [11

Cliquez ici pour aller à la section Références, 29

Cliquez ici pour aller à la section Références] du collagène.

En conclusion, le prolapsus constitue un problème de santé publique auquel vont devoir faire face de plus en plus souvent les médecins en raison des revendications légitimes de soins des patientes et de l'amélioration de l'espérance de vie sans handicap associé. Il conviendra de bien identifier les divers facteurs de risque afin de pratiquer une médecine préventive et de diagnostiquer les prolapsus aux stades avancés symptomatiques nécessitant une prise en charge chirurgicale.

   

 



Tableau 1 - Prévalence en population générale des prolapsus génitaux.
Étude  Nombre de patientes  Âge  Prévalence (%)  IC 95 %  Diagnostic 
Samuelson et al. 1999 [10 641  20–59  30,8    Q+ Examen clinique (classification de Baden) 
Swift 2000 [14 497  18–82  93,6    POPQ 
Maclennan et al. 2000 [15 1546  15–97  8,8   
Eva et al. 2003 [16 2000  40–60   
Handa et al. 2004 [17 412  50–79  31,8    Examen clinique (classification de Baden) 
Nygaard et al. 2004 [18 270  50–84  97,7    POPQ 
Tegerstedt et al. 2005 [9 5489  30–79  8,3  (7,3–9,1) 
Sewell et al. 2007 [19 177  18–89  85,6    POPQ 
Rortveit et al. 2007 [20 2109  40–69  5,7  (4,8–6,8) 
Trowbridge et al. 2008 [21 394  35–64  91,2    POPQ 
Lawrence et al. 2008 [1 4103  25–84  6,3   
Miedel et al. 2008 [22 5489  30–79  8,3   
Bradley et al. 2008 [23 260  63–73  10    Q
POPQ 
Nygaard et al. 2009 [24 1961  >20  2,9  (2,1–3,7)  Q puis POPQ 
Slieker et al. 2009 [25 1224  45–85  11,4   

 

Légende :
Q : questionnaire ; POPQ : Pelvic Organ Prolapse Classification ; IC95 % : Intervalle de confiance à 95 %.
 

Tableau 2 - Prévalence des prolapsus selon le stade POPQ.
Étude  Nombre de patientes  Âge (années)  Stade 0 (%)  Stade I (%)  Stade II (%)  Stade III (%)  Stade IV (%) 
Bland et al. 1999 [26 241  45–55  73  23 
Swift 2000 [14 497  18–82  6,4  43,3  47,7  2,6 
Nygaard et al. 2004 [18 270  57–84  2,3 (0,8–4,8)  33 (27,4–39,0)  62,9 (56,8–68,7)  1,9 (0,6–4,3) 
Sewell et al. 2007 [19 167  18–89  14,4  42,5  41,3  1,2  0,6 
Miedel et al. 2008 [22 280  30–79  15,7  34  41,8  6,8  1,8 
Trowbridge et al. 2008 [21 394  35–64  8,8  21,4  67,7  2,1 

 

Légende :
POPQ : Pelvic Organ Prolapse Classification.
 

Tableau 3 - Prévalence des prolapsus selon le stade POPQ, l'âge ou le statut ménopausique [14].
Âge (année)  Stade 0 (%)  Stade I (%)  Stade II (%)  Stade III (%)  Stade IV (%) 
18–82  6,4  43,3  47,7  2,6 
18–29  22,7  50,0  27,3 
30–39  6,9  50,9  41,4  0,9 
40–49  2,6  44,2  51,9  1,3 
50–59  3,2  38,9  55,8  2,1 
60–69  4,3  27,7  59,6  8,5 
≥70  26,3  52,6  21,1 
Préménopause  8,9  47,3  43,1  0,7 
Post-ménopause, THS+  3,7  35,8  56,0  4,5 
Post-ménopause, THS−  2,4  41,5  50,0  6,1 

 

Légende :
POPQ : Pelvic Organ Prolapse Classification.
 

Tableau 4 - Prévalence des prolapsus selon le compartiment anatomique (POPQ).
Étude  Nombre de patientes  Âge (ans)  Compartiment anatomique  Stade 0 (%)  Stade I (%)  Stade II (%)  Stade III (%)  Total (%)  Incidence
Nombre de cas pour 100 femmes par année 
Versi 2001 [27 285  Post-ménopause  Cystocèle        51   
      Hystérocèle        20   
      Rectocèle        27   
 
Handa 2004 [17 412  50–79  Cystocèle  85,4  14,4  9,5  0,7  24,6  9,3 
      Hystérocèle  96,2  3,3  0,6  3,8  1,5 
      Rectocèle  87,1  7,8  5,1  12,9  5,7 
 
Blain 2008 [28 954  17–90  Cystocèle  27  32  23  18  73   
      Hystérocèle  78  15  23   
      Rectocèle  35  34  26  65   

 

Légende :
POPQ : Pelvic Organ Prolapse Classification.
 

Tableau 5 - Potentiel évolutif des POP à un an [17].
Compartiment anatomique  Évolution du stade POPQ  Pourcentage (IC 95 %) 
Cystocèle  I → 0  23,5 (0,19–0,28) 
  I → II ou III  9,5 (0,07–0,13) 
  II ou III → 0  9,3 (0,005–0,14) 
 
Rectocèle  I → 0  22 (0,16–0,28) 
  I → II ou III  13,5 (0,09–0,19) 
  II ou III → 0  3,3 (0,01–0,07) 
 
Hystérocèle  I → 0  48 (0,34–0,62) 
  I → II ou III  1,9 (0–0,01) 
  II ou III → 0  0 (0–0,37) 

 

Légende :
POPQ : Pelvic Organ Prolapse Classification.
 

Tableau 6 - Corrélation anatomoclinique (n =260) [23].
Descente des points de la classification POPQ  Symptôme  OR (IC95 %) 
LVT  Sensation ou vision de masse vaginale  2,6 (1,4–4,6) 
  Signes fonctionnels urinaires obstructifs  1,6 (1,2–1,9) 
  Signes fonctionnels digestifs obstructifs  1,2 (1,1–1,4) 
 
Point C (apex)  Sensation ou vision de masse vaginale  1,3 (1,1–1,5) 
 
Point Ba (antérieur)  Douleurs mictionnelles  2,1 (1,2–3,8) 
  Signes fonctionnels urinaires obstructifs  1,4 (1,2–1,8) 
 
Point Bp (postérieur)  Incontinence annale  1,3 (1,1–1,7) 

 

Légende :
LVT : longueur vaginale totale ; OR : odds ratio ; POPQ : Pelvic Organ Prolapse Classification.
 

Tableau 7 - Odds ratio évaluant la symptomatologie clinique selon le compartiment [22].
Symptôme  Cystocèle  Rectocèle  Hystérocèle 
  II–IV  II–IV  I–IV 
Sensation de boulle vaginale  1 (réf)  1,6 (0,7–3,5)  5,8 (2,5–13,3)  1 (réf)  1,2 (0,4–3,9)  2,9 (0,9–9,2)  1 (réf)  4,2 (2,1–8,5) 
Urgenturie  1 (réf)  1,7 (0,9–3,1)  2,5 (1,2–5,3)  1 (réf)  2,2 (0,9–5,5)  2,1 (0,8–5,9)  1 (réf)  1,0 (0,5–1,8) 
IUE  1 (réf)  1,0 (0,5–1,9)  1,8 (0,9–3,6)  1 (réf)  4,2 (1,6–11)  5,4 (1,9–15,2)  1 (réf)  0,7 (0,4–1,3) 
Défécation douloureuse  1 (réf)  3,1 (1,8–8,1)  1,5 (0,5–4,4)  1 (réf)  7,6 (1,5–37,7)  6,0 (1,0–36,0)  1 (réf)  0,9 (0,4–2,2) 

 

Légende :
IUE : incontinence urinaire d'effort.
 

Tableau 8 - Prévalence des prolapsus selon l'âge.
Étude  Nombre de patientes  Âge  Prévalence (%)  IC 95 %  OR ajusté 
Tegerstedt et al. 2005 [9 5489  30–79  8,3  7,3–9,1   
    30–39  4,1  3,2–5,2  1,0 (réf) 
    40–49  6,2  5,0–7,7  1,2 (0,8–1,7) 
    50–59  11,8  10,1–13,7  2,3 (1,7–3,2) 
    60–69  12,2  10,1–14,7  2,3 (1,6–3,2) 
    70–79  11,0  8,9–13,5  2,0 (1,4–2,8) 
 
Nygaard et al. 2009 [24 1961  >20  2,9  2,1–3,7   
    20–39  1,6  0,6–2,6   
    40–59  3,8  2,0–5,7   
    60–79  3,0  0,9–5,1   
    ≥80  4,1  1,1–7,1   

 

Légende :
OR : odds ratio .
 

Tableau 9 - Patientes bénéficiant d'une intervention chirurgicale pour prolapsus selon l'âge [2].
Âge (années)  Nombre de patientes (%)  Taux de chirurgie pour 10 000 femmes (IC 95 %) 
18–39  29 239 (14)  7 (7–10) 
40–59  95 472 (47,8)  24 (21–27) 
60–79  63 434 (31,8)  31 (26–35) 
≥80  11 553 (5,8)  17 (10–25) 
 
Total  199 698 (100)  18 (16–20) 

 

Tableau 10 - Incidence cumulée des premières interventions chirurgicales pour POP ou IU par groupe d'âge (en années).
Étude  Nombre de patientes  Âge (années)  Incidence cumulée (%) 
Olsen et al. 1997 [11 149 554  20–29  0,1 
    30–39  0,9 
    40–49  2,8 
    50–59  4,7 
    60–69  7,5 
    70–79  11,1 
 
Fialkow et al. 2008 [29 147 719  20–29  0,2 
    30–39  1,0 
    40–49  2,7 
    50–59  5,1 
    60–69  8,2 
    70–79  11,8 

 

Légende :
POP : Pelvic Organ Prolapse ; IU : incontinence urinaire.
 

Tableau 11 - Délai entre les ré-interventions pour prolapsus [11].
Procédures  Nombre de patientes  Années 
1re–2e  107  12,5 
2e–3e  33  4,6 
3e–4e  11  3,2 
4e–5e  1,5 

 

 
 

Références

 

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