Epithéliomas de la verge traités par chirurgie.

16 juillet 2001

Mots clés : Pénis, Tumeur, Chirurgie, amputation de verge
Auteurs : Rozan R, Albuisson L, Giraud B, Boiteux JP, Dauplat J
Référence : Prog Urol, 1996, 6, 926-935
BUTS : Evaluer l'efficacité et la morbidité du traitement chirurgical de l'épithélioma de la verge. Cette série de patients est issue d'une étude multicentrique rétrospective (1959-1989), portant initialement sur 506 malades, tous traitements confondus. METHODES : Cent soixante-huit patients traités par chirurgie ou chirurgie suivie de radiothérapie externe de 1959 à 1989 ont été retenus. Le suivi moyen est de 14,4 ans et le temps de participation de 4,7 ans. Une amputation totale ou partielle a été employée en première intention pour 89 patients (53%) et en seconde intention pour 11 patients (7%). Trente-deux malades ont eu une radiothérapie externe en complément de la chirurgie. Un curage ganglionnaire inguinal a été effectué en première intention pour 68 patients (41%) et de façon différée pour 19 patients (11%). Une radiothérapie inguinale post-opératoire a été réalisée pour 52 patients. Une étude statistique monofactorielle des facteurs de pronostic est proposée.
RESULTATS : A 5 ans, le contrôle local est de 84%; il est indépendant du stade de la tumeur; la survie des malades décédés de toute cause est de 53%, celle des malades vivants sans évolution de 69% et celle des patients décédés du cancer de la verge de 75%. Le pronostic vital est lié de façon statistiquement significative à l'état ganglionnaire. Il n'existe pas de relation significative entre le statut ganglionnaire et le stade tumoral. Au niveau du pénis, 61 complications sont survenues chez 40 patients (24%). Trente-sept patients ont eu des complications consécutives au traitement des aires ganglionnaires (24 oedèmes des membres inférieurs et 13 scléroses des creux inguinaux).
CONCLUSION : Le traitement chirurgical procure un contrôle local globalement comparable à celui de la curiethérapie, mais, à la différence de cette technique, le contrôle local est indépendant du stade. Il convient de ne pas vouloir à tout prix éviter une mutilation pour les tumeurs évoluées en privilégiant la curiethérapie car les effets iatrogènes de cette dernière deviennent dans ce cas importants. Une attitude vis-à-vis des aires ganglionnaires est proposée en tenant compte de notre expérience et des données de la littérature.