Epidémiologie du cancer de la prostate familial : bilan à 4 ans des études françaises.

16 juillet 2001

Mots clés : prostate, Tumeur, génétique, Épidémiologie
Auteurs : Valeri A, Drelon E, Azzouzi R, Delannoy A, Teillac P, Fournier G, Mangin P, Berthon P, Cussenot O
Référence : Prog Urol, 1999, 9, 672-679
BUTS : (1) Déterminer la fréquence des formes familiales de cancer de la prostate (CaP) (au moins 2 cas) et héréditaires, (2) préciser les résultats en fonction de l'âge au diagnostic des patients. En effet différentes études épidémiologiques ont mis en évidence une possible agrégation familiale du CaP dans environ 15 à 25% des cas. L'étude de ségrégation familiale de Carter (P.N.A.S. 1992, 89, 3367-71) a montré qu'une prédisposition génétique, à transmission autosomique dominante, pourrait être à l'orgine de 9% de l'ensemble des cancers de la prostate.
MATÉRIEL ET MÉTHODES : Nous avons effectué une étude systématique des généalogies de patients atteints de CaP nouvellement diagnostiqués ou suivis pour des CaP connus dans 3 centres urologiques français, à partir de questionnaires remplis par les patients. Par extension, une collecte nationale de familles avec au moins 2 CaP a permis d'identifier les familles à forme héréditaire. Ont été considérés comme héréditaires les cas pour lesquels il existait au moins : un CaP chez 3 parents du 1er degré, ou encore 3 cas sur 3 générations dans la même branche familiale (paternelle ou maternelle), ou enfin 2 cas précoces avant 55 ans. L'analyse statistique a été réalisée en utilisant le test de régression logistique univariée entre le statut familial et le centre médical ou l'âge au diagnostic du patient.
RÉSULTATS : A partir de juillet 1994, nous avons inclus dans l'étude systématique : 801 patients (tous stades confondus), 110 patients (13,7%) ont été exclus (refus de participation, âge avancé). Pour les 691 familles étudiées (Brest : 225, Nancy : 249, Paris-Saint Louis : 217), nous avons respectivement observé : 32 (14,2%), 29 (11,6%), 37 (17,1%) formes familiales au total (moyenne : 14,2%) et 11 (4,9%), 6 (2,4%), 8 (3,7%) formes héréditaires (moyenne : 3,6%) (différences entre les centres non significatives). De plus, l'analyse des résultats en fonction de l'âge au diagnostic du CaP a montré une fréquence de formes familiales (différence significative) et héréditaires (limite de significativité) plus élevée pour les CaP survenant à un plus jeune âge (avant 65 ans). La collection nationale a permis de collecter un total de 624 formes familiales de CaP dont 236 (37,8%) de formes héréditaires, 115 familles étant informatives pour étude de liaison génétique.
CONCLUSION : Ces résultats confirment les données d'études antérieures observant environ 15 à 25% de formes familiales de CaP, et 5 à 10% de formes héréditaires. De même, l'étude systématique a confirmé la survenue plus précoce des CaP à prédisposition génétique. Ces données incitent donc à rechercher systématiquement les antécédents familiaux de CaP afin de proposer dans les familles concernées un dépistage ciblé des sujets à risque et d'intensifier l'identification des formes héréditaires pour rechercher les gènes impliqués.