Enquête nationale sur la pratique de la surveillance active pour cancer de la prostate en Tunisie

05 novembre 2020

Auteurs : S. Zaghbib, A. Saadi, M. Chakroun, A. Oueslati, A. Bouzouita, A. Derouiche, M. Ben Slama, K. Mahjoubi, Z. Naimi, C. Nasr, A. Mezlini, M. Ayedi, K. Meddeb, H. Ayed, M. Chebil
Référence : Prog Urol, 2020, 13, 30, 695-696
Objectifs

La surveillance active (SA) est actuellement recommandée par les sociétés savante comme option thérapeutique pour les cancers de la prostate à faible risque (CPFR), dont l’incidence a augmenté vu l’amélioration des techniques de détection de ce cancer. Vu l’absence de données relatives à la pratique de la SA en Tunisie, une enquête nationale a été réalisée.

Méthodes

Un questionnaire Google Forms a été envoyé à 163 urologues de façon anonyme, comprenant 28 items répartis comme suit : données sociodémographiques des répondants ; les critères d’inclusion et les obstacles pour inclure les patients dans un protocole de SA ; pratique de la SA : les modalités du suivi des patients sous SA et les critères de passage à une autre modalité thérapeutique.

Résultats

Nous avons analysé 74 questionnaires. L’âge moyen était de 45,59 ans avec une expérience moyenne de 16 ans. Devant un CPFR, 95 % des urologues considèrent que la SA ne compromet pas la survie des patients et 51 % préfèrent cette option thérapeutique. Les principaux obstacles à la SA étaient l’anxiété des patients (86 %) et la peur de perdre le malade de vue (75 %). Bien que 78 % % des répondants avaient des patients sous SA, ils représentaient moins de 10 % des patients ayant un CPFR. Les critères d’inclusion et d’arrêt de la SA suivaient globalement les recommandations françaises et européennes (Fig. 1, Fig. 2). L’IRM prostatique était faite par 83,3 % des répondants avant la SA et les biopsies prostatiques n’étaient refaites systématiquement que dans 52,7 % des cas.

Conclusion

Notre enquête montre que malgré les bonnes connaissances des urologues de notre pays sur la SA, cette option n’est proposée que pour un faible nombre de patients ayant une CPFR et le taux de biopsies prostatiques systématique au cours du suivi était assez faible. Des recommandations nationales semblent nécessaires pour codifier et encourager la SA.




 




Fig. 1
Fig. 1. 

Les critères d'inclusions de la surveillance active.




Fig. 2
Fig. 2. 

Les critères de sortie de la surveillance active.





Déclaration de liens d'intérêts


Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d'intérêts.






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