Enquête épidémiologique nationale annuelle sur les tumeurs du rein (avril 1993-mars 1994: 970 patients

16 juillet 2001

Mots clés : Rein, Tumeur, Épidémiologie
Auteurs : Coulange C, Bretheau D et les membres du CCAFU
Référence : Prog Urol, 1995, 5, 529-539
BUT : Evaluation épidémiologique nationale annuelle des tumeurs du rein par une enquête multicentrique proposée par le comité de cancérologie de l'Association Française d'Urologie. PATIENTS ET METHODES : Du ler Avril 1993 au 31 Mars 1994, 970 patients ont été inclus, repartis en 54 centres. Pour chaque patient, une fiche informatique était saisie, qui comprenait: Age et sexe du patient, modalités de découverte de la tumeur, examens complémentaires (radiologiques et biologiques) réalisés, traitement réalisé, stadification TNM, caractéristiques histologiques de la tumeur.
RESULTATS : L'âge moyen des patients a été de 62,1 ans avec un sex ratio de 2 Hommes/ 1 Femme. Le taux de tumeurs de découverte fortuite a été de 40%. Une néphrectomie totale élargie a été réalisée dans 90% et une chirurgie conservatrice dans 7% des cas. Un traitement médical a été institué dans 5% des cas. La répartition des tumeurs par stade TNM a été: pT1: 8%, pT2: 53%, pT3a: 21% et pT3b: 18%. Une atteinte ganglionnaire a été retrouvée dans 12% des cas, et des métastases viscérales dans 6% des cas. Les tumeurs incidentes étaient dans 80% des cas intracapsulaires. Sur le plan histologique, l'adénocarcinome à cellules claires a été la tumeur majoritairement représentée (66%). La taille tumorale moyenne de l'ensemble des tumeurs a été 6,4+3,5 cms. Cette taille a été significativement plus élevée chez les patients symptomatiques et chez ceux qui avaient des facteurs de mauvais pronostic (atteinte surrénalienne, atteinte de la veine cave inférieure, atteinte ganglionnaire et/ou viscérale). Une atteinte surrénalienne a été retrouvée dans 4% des cas de même qu'une atteinte de la veine cave inférieure. La multifocalité tumorale a touché 14% des patients et n'a pas été influencée par la taille ni par le type cellulaire. Un grade nucléaire a été déterminé dans 66% des cas. Il a été significativement corrélé à l'atteinte de la graisse péri-rénale et ganglionnaire.
CONCLUSION : Cette enquête a permis de colliger environ 1/5ème des nouveaux cas annuels d'adénocarcinome rénal dans notre pays. Elle a ainsi permis d'obtenir une évaluation précise de l'épidémiologie actuelle de cette tumeur.