Enquête de l'Association française d'urologie sur les pratiques de prescriptions d'arrêt de travail auprès de 145 chirurgiens urologues

25 juillet 2011

Auteurs : J.-B. Fassier, B. Charbotel, E. Fort, X. Rebillard, J.-L. Moreau, C. Borgogno, M. Devonec, P. Paparel, A. Ruffion
Référence : Prog Urol, 2011, 7, 21, 479-485
Objectifs

Décrire et évaluer l’homogénéité des pratiques des urologues s’agissant de leurs prescriptions d’arrêts de travail au décours de différentes interventions chirurgicales.

Patients et méthodes

Entre janvier et avril 2006, une enquête basée sur internet a été remplie par les chirurgiens urologues volontaires pour participer. Le questionnaire portait sur les caractéristiques des urologues et la durée moyenne des arrêts de travail prescrits pour quinze interventions différentes et selon la pénibilité estimée du travail du patient. Les analyses statistiques ont été effectuées au moyen du logiciel SAS™ version 9.2. Des statistiques descriptives ont été effectuées dans un premier temps, puis le test de Kruskal-Wallis a été utilisé pour rechercher des différences significatives entre variables (p <0,05).

Résultats

Cent quarante-huit urologues ont participé à l’enquête et 145 réponses ont pu être analysées. Les urologues étaient âgés en moyenne de 46,3±9,4ans avec un mode d’exercice dans le secteur public (n =73/140 ; 52 %), libéral (n =43/140 ; 31 %) ou mixte (n =24/140 ; 17 %). Le test de Kruskal-Wallis a montré dans tous les cas une différence significative avec des prescriptions d’arrêts de travail plus longs lorsque le travail du patient était considéré comme pénible. Les urologues plus jeunes (moins de 40ans) avaient tendance à prescrire des arrêts de travail plus courts que leurs confrères plus âgés.

Conclusion

Les résultats ont mis en évidence des pratiques globalement homogènes chez les urologues ayant participé à cette enquête. Seule une minorité d’interventions a donné lieu à des prescriptions d’une durée significativement différente selon le mode d’exercice ou l’âge du chirurgien. Les variations de pratiques observées soulèvent plusieurs hypothèses de recherche quant aux déterminants à l’origine de ces écarts. Les résultats obtenus peuvent constituer une première base de référence pour les différents acteurs intéressés par l’évaluation et l’amélioration des pratiques.




 




Introduction


Le déficit du régime général de la sécurité social a doublé en 2009 pour atteindre −20,3 Md€. Dans cette dégradation qui est due pour l'essentiel à l'impact de la récession, la branche maladie a connu la plus forte dégradation (d'environ 6 Md€) ; elle est redevenue en 2009 la branche la plus déficitaire avec −10,6 Md€ [1]. Dans ce contexte de déficit chronique des comptes de la protection sociale, le législateur et l'assurance-maladie ont mis en œuvre une politique de contrôle des dépenses de santé en fixant annuellement l'objectif national des dépenses d'assurance-maladie (ONDAM). Dans ce cadre, la lutte contre les arrêts de travail injustifiés est un thème prioritaire et récurrent affiché par l'assurance-maladie et relayé dans les médias. Les services médicaux de l'assurance-maladie ont ainsi contrôlé plus d'un million d'arrêts maladie en 2008 en contrôlant de façon systématique les arrêts de longue durée (supérieurs à 45jours) et de façon ciblée les arrêts répétitifs de courte durée [2]. Parallèlement au développement du contrôle et de la répression des fraudes et des abus, des actions de sensibilisation et d'amélioration des pratiques ont été développées auprès des assurés sociaux et des professionnels de santé.


Ces actions rejoignent les recommandations émises en 2004 par l'agence nationale d'accréditation et d'évaluation en santé (Anaes, devenue depuis la Haute Autorité de santé) qui formulait des propositions pour améliorer la pratique de prescription des arrêts maladie [3]. Parmi les outils à développer, l'Anaes proposait de faire définir par les sociétés savantes concernées les écarts de durée d'arrêts de travail pour certaines pathologies. L'établissement de tels référentiels médicaux issus des sociétés savantes permettrait le développement d'une maîtrise médicalisée plutôt que strictement comptable des dépenses de santé associée aux indemnités journalières.


L'Association française d'urologie (AFU) s'est engagée dans une démarche de production de recommandations de bonnes pratiques fondées sur l'analyse critique de la littérature scientifique [4, 5]. Cependant, ces recommandations ne donnent pas de durées indicatives pour les prescriptions d'arrêts de travail au décours de différentes interventions, ces données faisant le plus souvent défaut dans les publications scientifiques originales. À titre d'exemple, une récente revue de la littérature sur les résultats des différentes techniques chirurgicales de la prostatectomie totale ne donne aucune indication sur les durées moyennes des arrêts de travail prescrits au décours des interventions [6, 7]. Dans ce contexte, l'association française d'urologie a souhaité analyser les pratiques des urologues s'agissant de leurs prescriptions d'arrêts de travail au décours de différentes interventions chirurgicales.


Patients et méthodes


L'objectif principal de l'étude était de décrire les pratiques de prescriptions d'arrêts de travail par les chirurgiens urologues français, en considérant à la fois la nature de l'intervention chirurgicale pratiquée et la pénibilité du travail du patient. Les objectifs secondaires étaient d'évaluer l'homogénéité des pratiques en comparant les durées moyennes de prescriptions d'arrêts de travail pour chaque pathologie selon la région d'exercice des urologues, leur âge, leur mode d'exercice (libéral, public, mixte) et la pénibilité supposée du travail du patient.


La méthode utilisée a été une enquête déclarative remplie sur internet sur la base du volontariat des urologues souhaitant participer. L'enquête a été publicisée durant un congrès national de l'AFU avec un relais par écrit dans la lettre mensuelle de l'association et trois relances par internet auprès des membres de l'AFU. La collecte des données est intervenue sur une période de trois mois entre janvier et avril 2006. Les questions posées dans l'enquête portaient sur les caractéristiques des urologues (âge, région et mode d'exercice) et la durée moyenne des arrêts de travail prescrits (en jours) pour un(e) patient(e) opéré(e) selon la nature de l'intervention et selon que son emploi était considéré comme pénible ou non. Quinze interventions différentes ont été considérées (Tableau 1). La notion de travail pénible n'était pas définie dans le cadre de cette enquête et était laissée à la libre appréciation de chaque urologue répondant à l'enquête.


Les analyses statistiques ont été effectuées au moyen du logiciel SASâ„¢ version 9.2. Des statistiques descriptives ont été effectuées dans un premier temps, puis des tests ont été utilisés pour rechercher des différences significatives entre variables. Le test du Chi2 a été utilisé pour comparer les variables qualitatives. Le test non paramétrique de Kruskal-Wallis a été utilisé pour rechercher une différence des durées moyennes d'arrêts de travail selon les caractéristiques des urologues et selon que le travail du patient était considéré comme pénible ou non.


Résultats


Caractéristiques des urologues participants


Cent quarante-huit urologues ont participé à l'enquête et 145 réponses ont pu être analysées. Les caractéristiques des urologues ayant participé à l'enquête sont décrites dans le Tableau 2. Les urologues étaient âgés en moyenne de 46,3±9,4 ans avec un mode d'exercice dans le secteur public (n =73/140 ; 52 %), libéral (n =43/140 ; 31 %) ou mixte (n =24/140 ; 17 %). Le résultat du test de Kruskal-Wallis (p =0,009) a mis en évidence une différence d'âge significative entre les urologues exerçant en secteur public (44,1±10,1 ans), libéral (48,6±8 ans) ou mixte (49,9±7,4 ans). Le regroupement par zone géographique n'a pas mis en évidence de différence d'âge entre les différentes zones. Le Tableau 3 présente des éléments de comparaison entre l'échantillon des répondants ayant participé à l'enquête et les données nationales sur la démographie des urologues français [8, 9].


Prescriptions d'arrêts de travail selon la pénibilité du travail


La comparaison des durées moyennes des arrêts de travail (DMAT) selon que le travail du patient était considéré comme pénible ou non pénible a été effectuée pour chacune des 15 interventions considérées (Tableau 1). Le test de Kruskal-Wallis a montré dans tous les cas une différence significative avec des prescriptions d'arrêts de travail plus longs lorsque le travail du patient était considéré comme pénible. La plus faible différence observée concernait les interventions de biopsie prostatique (différence de 0,8 jours) et la plus forte différence observée concernait les interventions de prostatectomie totale rétropubienne (différence de 10,2 jours).


Prescriptions d'arrêts de travail selon l'âge du chirurgien


Les comparaisons ont été effectuées en classant les urologues en quatre tranches d'âge (moins de 40ans ; de 40ans jusqu'à moins de 45ans ; de 45ans jusqu'à moins de 55ans ; 55ans et plus). Le Tableau 4 représente uniquement les interventions pour lesquelles une différence statistiquement significative a été observée selon l'âge du chirurgien. Pour les patients ayant un travail considéré comme non pénible, trois interventions ont donné lieu à des prescriptions d'une durée variant avec l'âge du chirurgien (extraction d'un calcul par urétéroscopie ; résection endoscopique de prostate ; résection endoscopique de vessie). À chaque fois, ce sont les urologues les plus jeunes (moins de 40ans) qui prescrivaient des arrêts de travail plus courts et les urologues entre 45 et 55ans qui prescrivaient des arrêts de travail plus longs. Pour les patients ayant un travail considéré comme pénible, deux interventions ont donné lieu à des prescriptions d'une durée variant avec l'âge du chirurgien (extraction d'un calcul par urétéroscopie ; résection endoscopique de prostate). Ici encore, ce sont les urologues âgés de 45 à 55ans qui prescrivaient des arrêts de travail plus longs tandis que les arrêts plus courts étaient le fait des urologues âgés de 40 à 45ans (extraction d'un calcul par urétéroscopie) et des urologues de moins de 40ans (résection endoscopique de prostate).


Prescriptions d'arrêts de travail selon le mode d'exercice du chirurgien


Le Tableau 5 représente uniquement les interventions pour lesquelles une différence statistiquement significative a été observée selon le mode d'exercice du chirurgien (libéral ; public ; mixte). Pour ces interventions, les urologues exerçant en secteur libéral étaient systématiquement prescripteurs d'arrêts de travail plus longs que leurs confrères en secteur public ou mixte. La plus faible différence observée concernait les interventions de cure d'hydrocèle chez des patients ayant un travail considéré comme non pénible (différence de 2,3jours entre urologues libéraux et ceux à exercice mixte). La plus forte différence observée concernait les interventions de résection endoscopique de prostate chez des patients ayant un travail considéré comme pénible (différence de 5,6jours entre urologues libéraux et ceux en secteur public).


Prescriptions d'arrêts de travail selon la région d'exercice du chirurgien


Le Tableau 6 représente uniquement les interventions pour lesquelles une différence statistiquement significative a été observée selon la région d'exercice du chirurgien. Ces différences ont été observées uniquement pour les prescriptions d'arrêts de travail chez des patients ayant un travail considéré comme non pénible. S'agissant des arrêts de travail après lithotripsie extracorporelle, la plus longue DMAT était observée dans la zone du Grand-Sud avec 3,4±3,5jours d'arrêt prescrits en moyenne (cf Tableau 2 pour le regroupement des régions en zones géographiques). La plus courte DMAT était observée dans la région Rhône-Alpes avec 1,9±1,2jours d'arrêt prescrits en moyenne (différence de 1,5jours entre les deux zones géographiques). S'agissant des arrêts de travail après prostatectomie totale rétropubienne, la plus longue DMAT était observée dans la zone du Nord-Ouest avec 35,1±10,8jours d'arrêt prescrits en moyenne. La plus courte DMAT était observée dans la région Île de France avec 27±5,2jours d'arrêt prescrits en moyenne (différence de 8,1jours entre les deux zones géographiques).


Discussion


Les résultats mettent en évidence des pratiques homogènes en termes de durées des arrêts de travail prescrits par les urologues ayant participé à cette enquête. Sur les quinze interventions considérées, seule une minorité d'entre elles ont donné lieu à des prescriptions d'une durée significativement différente selon le mode d'exercice (cure d'hydrocèle, résection endoscopique de prostate, adénomectomie par voie haute) ou l'âge du chirurgien (extraction d'un calcul par urétéroscopie, résection endocopique de prostate, résection endoscopique de vessie). Par ailleurs, les résultats démontrent que tous les chirurgiens ont adapté la durée de prescription des arrêts de travail lorsqu'on leur signale que le patient effectue un travail considéré comme pénible. Cette adaptation a été sur le plan statistique très significative (p <0,0001 pour 13 interventions sur les 15). Le caractère homogène de ces résultats leur confère une certaine valeur de comparaison pour les urologues qui souhaiteraient évaluer leurs pratiques comparativement à celles de leurs collègues. Sous réserve des limites méthodologiques évidentes que nous signalons dans la fin de notre discussion, ces résultats pourraient servir de base pour des discussions ultérieures entre les acteurs concernés (urologues, assurance-maladie, médecins du travail) souhaitant élaborer des recommandations pour les durées de prescription des arrêts de travail selon la méthodologie préconisée par la Haute Autorité de santé [10].


Plusieurs hypothèses peuvent expliquer les déterminants à l'origine des écarts de variations de pratiques observées. Les urologues les plus jeunes (d'âge moyen inférieur à 40ans) sont les plus faibles prescripteurs, alors que les urologues d'une tranche d'âge plus élevée (de 45ans jusqu'à moins de 55ans) sont en revanche prescripteurs d'arrêts de travail plus longs. On peut penser que les urologues plus jeunes ont été sensibilisés plus que leurs aînés aux aspects économiques des prescriptions d'arrêts de travail pendant leur formation médicale initiale et ensuite par les campagnes de sensibilisation de l'assurance-maladie. Une autre hypothèse serait que les urologues plus âgés sont plus sensibles que leurs jeunes collègues au retentissement des interventions sur la capacité de travail des patients, que ce travail soit considéré comme pénible ou non. Les différences de pratiques observées selon le mode d'exercice du chirurgien soulèvent également plusieurs questions quant à leur origine, considérant le fait que les urologues exerçant en secteur libéral ont tendance dans cette étude à prescrire des arrêts de travail plus longs pour trois interventions (cure d'hydrocèle, résection endoscopique de prostate, adénomectomie par voie haute). La méthodologie utilisée dans cette enquête ne permet pas de confirmer ces hypothèses qui nécessiteraient un projet de recherche complémentaire pour explorer les déterminants à l'origine de ces variations de pratiques.


La méthodologie de l'étude a du faire face à l'absence de définition explicite de la notion de pénibilité du travail, ce qui peut constituer une limitation à l'utilisation des résultats par d'autres professionnels de santé souhaitant s'y référer (médecins du travail ; médecins-conseils de l'assurance-maladie ; médecins traitants ; etc.). La littérature scientifique mentionne différentes conditions de travail pénibles, dont : le travail de nuit en horaire alternant ; le travail à la chaîne ou sous cadences imposées ; le port de charges lourdes, contrainte associée à des contraintes posturales, articulaires, de déplacement et de pénibilité physique en général et enfin l'exposition aux produits toxiques [11, 12]. D'autres études ajoutent à ces dimensions la notion de demande psychologique, qui intègre pénibilité physique perçue et pression psychologique, la latitude décisionnelle, renvoyant aux possibilités d'action et d'évolution professionnelle et enfin la récompense reçue, monétaire ou non [13]. Enfin, la loi no 2010–1330 du 9 novembre 2010 portant réforme des retraites propose dans son article 60 une définition des conditions de pénibilité comme l'exposition à des « facteurs de risques professionnels déterminés par décret et liés à des contraintes physiques marquées, à un environnement physique agressif ou à certains rythmes de travail susceptibles de laisser des traces durables identifiables et irréversibles sur sa santé ». Devant cette complexité scientifique et juridique, il n'a pas été possible de proposer dans cette étude une définition simple de la pénibilité. En vue de pallier à cette absence de consensus scientifique et social sur cette notion, une voie de recherche possible serait la définition par un groupe de chirurgiens urologues, médecins de santé au travail et médecins-conseils de l'assurance-maladie des différents paramètres de la pénibilité à prendre en compte pour adapter la prescription des arrêts de travail aux décours de différentes interventions chirurgicales urologiques.


Il convient de mentionner d'autres limites de cette étude qui doivent conduire à interpréter ces résultats avec prudence. L'échantillonnage des urologues participants à l'enquête ne peut pas être considéré comme représentatif de l'ensemble de la profession compte tenu de leur participation sur une base volontaire qui ne permet pas d'éliminer certains biais associés aux caractéristiques des répondants. Les éléments de comparaison obtenus à partir des données de l'observatoire national de la démographie des professions de santé (Tableau 3) montrent que les urologues exerçant en secteur libéral sont probablement sous-représentés dans cette enquête.De plus cette étude n'était qu'une enquête d'opinion, qui peut ne pas refléter la réalité de la pratique. De plus, certains aspects artificiels de l'analyse, comme le fait de scinder de principe le travail comme « pénible » ou « non pénible » pourrait avoir amené à des biais statistiques d'analyse.


Il convient enfin de souligner que la comparaison des pratiques par zones géographiques a procédé après des regroupements dictés par les nécessités de l'analyse statistique afin d'obtenir des échantillons de taille suffisante. Les résultats obtenus à partir de ces regroupements ne correspondent pas nécessairement à la variété ou l'homogénéité des pratiques rencontrées dans les différents départements ou régions de France.


Conclusion


Malgré les limitations énoncées, les résultats de cette enquête possèdent un caractère innovateur important puisqu'il s'agit à notre connaissance de la première enquête de pratiques sur les prescriptions des arrêts de travail par les urologues en France. À ce titre, les résultats obtenus peuvent constituer une première base de référence pour les différents acteurs intéressés par l'évaluation et l'amélioration des pratiques. Il s'agit d'une réponse concrète à la demande effectuée aux sociétés savantes par l'Anaes en 2004 qui leur demandait d'établir des études de référence dans ce domaine [3]. Ces résultats ouvrent la voie à des projets de recherche ultérieurs permettant d'explorer les déterminants à l'origine des variations de pratiques observées dans cette étude. Une autre voie de recherche concerne l'exploration des paramètres de la pénibilité considérés par les chirurgiens urologues pour adapter la durée de leurs prescriptions d'arrêts de travail à la suite de différentes interventions chirurgicales. Des médecins et des chercheurs en santé au travail pourraient être associés aux projets ultérieurs afin de développer une approche pluridisciplinaire susceptible de répondre aux attentes des différents acteurs dans le domaine. On pourrait enfin imaginer que le comité des pratiques de l'association française d'urologie se saisit de cette question et propose un référentiel pour nos collègues, sur le modèle de ce qui est fait au Canada.


Déclaration d'intérêts


Enquête faite par l'AFU par l'intermédiaire du site uroFrance.



 Niveau de preuve : 3.





Tableau 1 - Durée moyenne d'arrêt de travail (en jours) selon la pénibilité du travail.
  Travail non pénible  Travail pénible     
  Moyenne±ET  Moyenne±ET  Δ  p -value 
Néphrectomie élargie par voie ouverte  30,2±9,5  40,1±15,1  9,9  <0,0001 
Néphrectomie élargie par coelioscopie  20,8±8,3  27,7±11,3  6,90  <0,0001 
Pyélonéphrite aiguë  10±4,9  14,2±5,6  6,20  <0,0001 
Extraction d'un calcul par urétéroscopie  4,8± 7,7±4,2  2,90  <0,0001 
Lithotripsie extracorporelle  2,5±2,2  4±3,4  1,80  <0,0001 
Colique néphrétique  3,3± 4,6±2,5  1,30  <0,0001 
Circoncision  3,1±2,5  4,4±3,3  1,30  0,0004 
Cure d'hydrocèle  7,5±3,6  11,1±5,7  3,60  <0,0001 
Prostatectomie totale rétropubienne  31,6±11,7  41,8±16,2  10,20  <0,0001 
Prostatectomie totale par coelioscopie  24,9±11,4  32,7±13,5  7,80  <0,0001 
Résection endoscopique de prostate  17,2±8,8  22,1±9,7  4,90  <0,0001 
Adénomectomie par voie haute  24±8,6  31,1±12  7,10  <0,0001 
Biopsies prostatiques  1,5±1,1  2,3± 0,80  <0,0001 
Cure d'incontinence par T.V.T. ou T.O.T.  9,6±6,8  16,3±10,3  6,40  <0,0001 
Résection endoscopique de vessie  9±4,9  12± 3,00  0,0004 



Légende :
ET : écart-type ; Δ : différence entre la DMAT pour un travail pénible et un travail non pénible ; test utilisé : test de Kruskall-Wallis



Tableau 2 - Caractéristiques des urologues participant à l'enquête.
  n   Âge (moyenne±écart-type)  p -value 
Âge   145  46,3±9,4   
 
Âge selon le mode d'exercice (n=140)       0,009 
Libéral  43  48,6±  
Mixte  24  49,9±7,4   
Public  73  44,1±10,1   
 
Âge selon la zone géographique a(n=137)       0,4 
Rhône-Alpes  21  46,6±11,5   
Ile-de-France  23  44,0±8,6   
Grand-Sud  33  47,8±8,8   
Nord-Ouest  34  44,8±10,0   
Nord-Est  26  48,4±8,4   



[a] 
Le faible effectif par région (sauf Rhône-Alpes et Ile-de-France) a conduit à opérer des regroupements par zone géographique afin d'obtenir des effectifs compatibles avec l'analyse statistique des données. Ces regroupements sont les suivants : Zone Sud [Languedoc (n =3), PACA (n =10), Corse (n =3), Aquitaine (n =9), Midi-Pyrénées (n =5), Auvergne (n =1), Limousin (n =2)] ; zone Nord-Ouest [Bretagne (n =9), Pays de la Loire (n =6), Poitou-Charentes (n =7), Haute-Normandie (n =6), Basse-Normandie (n =3), Centre (n =4)] ; zone Nord-Est [Nord Pas de Calais (n =5), Picardie (n =4), Champagne-Ardenne (n =5), Lorraine (n =5), Alsace (n =3), Franche-Comté (n =2), Bourgogne (n =3)]


Tableau 3 - Comparaison de l'échantillon des répondants aux données nationales.
  Enquête AFU  Données nationales [1, 2
Nombre d'urologues  145  800 
Âge<55 ans  76,6 %  78,9 % 
Âge55 ans  23,4 %  21,1 % 
Exercice libéral  30,7 %  70 % 
Exercice public/salarié  52,1 %  30 % 
Exercice mixte  17,1 % 





Tableau 4 - Durée moyenne d'arrêt de travail (en jours) selon l'âge du chirurgien.
  Âge<40  40 et <45  45 et <55  55   
Moyenne±ET  Moyenne±ET  Moyenne±ET  Moyenne±ET  p -value 
Travail non pénible  
Extraction d'un calcul par urétéroscopie  3,9 (±3,2)  4,7 (±2,7)  5,2 (±3,3)  5,2 (±2,6)  0,047 
Résection endoscopique de prostate  14,0 (±8,1)  18,4 (±9,3)  19,8 (±8,5)  17,2 (±8,0)  0,01 
Résection endoscopique de vessie  8,1 (±4,7)  9,6 (±4,4)  10,2 (±4,9)  8,2 (±5,3)  0,049 
 
Travail pénible  
Extraction d'un calcul par urétéroscopie  6,9 (±3,9)  6,5 (±3,0)  8,7 (±5,3)  8,5 (±3,5)  0,01 
Résection endoscopique de prostate  19,5 (±9,5)  22,9 (±9,5)  25,2 (±9,7)  21,1 (±9,3)  0,03 



Légende :
ET : écart-type ; test utilisé : test de Kruskall-Wallis



Tableau 5 - Durée moyenne d'arrêt de travail (en jours) selon le mode d'exercice du chirurgien.
  Moyenne±ET  Moyenne±ET  Moyenne±ET  p -value 
Travail non pénible  
Cure d'hydrocèle  8,6±3,2  6,36± 7,36± 0,01 
Résection endoscopique de prostate  20,06±8,1  17,56± 14,76± 0,002 
Adénomectomie par voie haute  26,26±8,2  24,16± 226± 0,03 
Résection endoscopique de vessie  10,76±4,5  86± 8,46± 0,01 
 
Travail pénible  
Cure d'hydrocèle  12,86±5,4  9,66± 10,26± 0,01 
Résection endoscopique de prostate  25,16±8,7  22,56±11  19,56± 0,002 



Légende :
ET : écart-type ; test utilisé : test de Kruskall-Wallis



Tableau 6 - Durée moyenne d'arrêt de travail (en jours) selon la région d'exercice du chirurgien.
  Rhône-Alpes 
Ile-de-France 
Grand-Sud 
Nord-Ouest 
Nord-Est 
 
n   moy.±ET  n   moy.±ET  n   moy.±ET  n   moy.±ET  n   moy.±ET  p -value 
Travail non pénible 
Lithotripsie extracorporelle  20  1,9 (±1,2)  23  2 (±1,6)  29  3,4 (±3,5)  34  1,8 (±1,2)  25  3,1 (±2)  0,026 
Prostatectomie totale rétropubienne  20  33,9 (±16,3)  22  27 (±5,2)  29  32,2 (±11,8)  32  35,1 (±10,8)  27  29,1 (±12,3)  0,046 



Légende :
ET : écart-type ; n : nombre de réponses considérées ; test utilisé : test de Kruskall-Wallis


Références



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