Embolisation artérielle prostatique dans l’hyperplasie bénigne de prostate : une évaluation rétrospective de l’efficacité et de la morbidité précoce

25 novembre 2019

Auteurs : M. Baboudjian, R. Boissier, V. Vidal, P. Proye, A. Akiki, S. Gaillet, V. Delaporte, G. Karsenty, E. Lechevallier
Référence : Prog Urol, 2019, 13, 29, 716-717
Objectifs

L’embolisation artérielle prostatique (EAP) pourrait être une alternative thérapeutique dans la prise en charge des symptômes du bas appareil urinaire (SBAU) secondaires à une hypertrophie bénigne de prostate (HBP). Depuis janvier 2016, l’EAP est disponible dans notre centre, en collaboration avec le service de radiologie interventionnelle. L’objectif de cette étude était de rapporter nos premiers résultats sur l’efficacité et la morbidité précoce de l’EAP.

Méthodes

Étude rétrospective incluant toutes les EAP réalisées dans notre centre de janvier 2016 à décembre 2018. Les indications d’EAP étaient les SBAU modérés à sévère en alternative à un traitement chirurgical en considérant 2 sous-groupes : techniques chirurgicales conventionnelles contre-indiquées ou refusées par le patient (groupe A), soit les échecs de sevrage de sonde urinaire à demeure (SAD) (groupe B). L’EAP était réalisée selon une technique habituelle et l’instrumentation utilisée était à la discrétion du radiologue. Le critère de jugement principal était l’amélioration de l’IPSS à 3 mois post-interventionnel dans le groupe A et le succès du sevrage de la SAD dans le groupe B.

Résultats

Entre janvier 2016 et décembre 2018, 23 EAP consécutives ont été inclues : 15 pour SBAU invalidants (groupe A) et 8 pour échec de sevrage de SAD (groupe B). Dans les groupes A et B, l’âge médian était de 72 (54–90) vs 78 (70–93) ans (p =0,01), le score de Charlson médian à 3 (1–11) vs 5 (3–10) (p =0,01) et la prévalence d’un traitement anti-thrombotique était de 40 % vs 50 % (p =0,68). Le volume prostatique médian était de 70 (35–170) vs 94 (70–285) cm3 (p =0,04). Dans le groupe A, le score IPSS médian préopératoire était de 23,5 (9–28). Le succès technique était de 100 %. À 3 mois post-interventionnel, il existait une diminution significative du score IPPS (13 vs 23,5, p =0,02) et la SAD a pu être sevrée chez 4 patients (50 %). Il n’y avait pas d’évènements indésirable Clavien 3. Trois cas (12 %) de prostatite et trois cas (12 %) d’hématurie ont été rapportés.

Conclusion

L’EAP semble être une alternative efficace aux techniques chirurgicales conventionnelles de l’HBP. Dans notre centre, les indications étaient essentiellement limitées à des patients nécessitant le maintien d’un traitement anti-thrombotique en période peropératoire ou refusant la chirurgie. Les principaux avantages de l’EAP sont l’absence de recours à une anesthésie générale et une morbidité associée faible.




 




Déclaration de liens d'intérêts


Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d'intérêts.






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