Efficacité et tolérance à long terme de la toxine botulique Dysport dans l’hyperactivité vésicale du patient neurologique

25 novembre 2017

Auteurs : M. Baron, C. Delcourt, C. Pfister, J.N. Cornu
Référence : Prog Urol, 2017, 13, 27, 697
Objectifs

La tolérance et l’efficacité de l’abobotulinum toxine (Dysport) à long terme n’est pas connue chez les patients neurologiques. Nous avons voulu rapporter les effets à long terme de la toxine botulique Dysport chez les patients traités depuis plus de 5 ans dans notre centre.

Méthodes

L’ensemble des patients atteints de sclérose en plaque ou blessés médullaires et traités, dans notre centre, par toxine Dysport pour hyperactivité détrusorienne réfractaire entre 2005 et 2012 dans ont été inclus. Étaient évalués, le score EDSS, le niveau lésionnel, le score ASIA, la réalisation d’autosondages intermittents, le nombre d’injections effectuées, la nécessité d’un traitement ultérieur. Les patients dont le suivi était inférieur à 1 an, étaient considérés en échec de toxine botulique. La première dose délivrée était principalement de 750 UI en 10 points d’injection.

Résultats

Quatre-vingt-deux patients, 48 femmes (58,5 %) et 34 hommes (41,5 %), ont été consécutivement inclus. Quarante patients étaient blessés médullaires et 42 patients étaient atteints de SEP avec un score EDSS médian de 6,0 [3,5–7,5]. La moyenne d’âge était de 46,6 ans. Le suivi médian était de 60,2 mois [0,0–176,6] avec un nombre médian d’injections de 3 [1–12]. Le taux de personnes encore traité par Dysport en fin de suivi était de 43,9 % (n =36). Parmi les 35 patients (42,6 %) ayant arrêté les injections, 25 (71,4 %) ont arrêté la toxine pour inefficacité, 4 (11,4 %) pour dégradation neurologique de la SEP, 3 (8,5 %) pour des effets secondaires et 3 patients blessés médullaires (8,5 %) pour amélioration des symptômes sans nécessité de réinjection. Parmi eux, 8 (22,8 %) ont eu une cystectomie Bricker, 4 (11,4 %) une entérocystoplastie et 13 (37,1 %) des injections de Botox dont 7 (53,8 %) ont eu, de nouveau, une efficacité.

Conclusion

Le recul important de cette étude nous permet de constater que la tolérance et l’efficacité de la toxine dysport à long terme est satisfaisant avec près de 1 patient neurologique sur 2 poursuivant le traitement à 5 ans. En cas d’échec de Dysport, les injections de Botox peuvent être une alternative.




 




Déclaration de liens d'intérêts


Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d'intérêts.






© 2017 
Publié par Elsevier Masson SAS.