Effets sur le long terme d’injections de toxine botulinique intra-détrusorienne

25 novembre 2015

Auteurs : B. Tremblais, J. Terrier, K. Charvier, M. Scheiber Nogueira, A. Ruffion
Référence : Prog Urol, 2015, 13, 25, 738
Objectifs

Évaluer sur le long terme, les effets d’injections répétées de toxine botulinique intra-détrusorienne dans une population composée de patients atteints d’hyperactivité vésicale neurologique et idiopathique.

Méthodes

De 2001 à 2015, évaluation rétrospective d’une cohorte de 118 patients ayant reçus5 injections de toxine botulinique intra-détrusorienne (TBA) sur une période5ans dans un centre de neuro-urologie. Chaque injection de TBA était réalisée en ambulatoire. Deux toxines étaient administrées : Botox® (100 à 400UI) et Dysport® 1000. Une consultation de contrôle ainsi qu’un bilan urodynamique étaient réalisés 1 mois après chaque injection afin de juger de l’efficacité clinique et paraclinique de la TBA. L’ensemble du recueil a été fait à partir de données informatisées.

Résultats

Parmi les patients traités, 68,6 % depuis plus de 5ans sont toujours contrôlés par les injections itératives de TBA. Il y a 90,6 % des patients qui étaient continents 4 semaines après la première injection. L’âge moyen était de 45ans (14–84) avec une proportion de femme à 65 %. Quatre-vingt-neuf pour cent de la cohorte était atteints d’hyperactivité vésicale d’origine neurologique. L’intervalle moyen entre 2 injections était de 7 mois avec un nombre maximal d’injections à 24. Toute la population a bénéficié d’une période de traitement de minimum 5ans avec 44 % de patients suivis ≥8ans. Parmi les patients, 25,4 % ont présenté un échappement thérapeutique et 70 % d’entre eux ont bénéficié d’une alternative thérapeutique chirurgicale (10 agrandissements vésicaux, 6 cystectomies Bricker, 2 neuromodulations sacrées, 3 ballonnets ACT). Il y a eu 41 % de changement de toxine (21 % Dysport® vers Botox® et 20 % Dysport® vers Botox®).

Conclusion

Notre étude démontre que les injections répétées de toxine botulinique intra-détrusorienne sont à la fois une thérapeutique efficace et durable chez les patients atteints d’hyperactivité vésicale. Un suivi sur le long terme est préconisé dans cette jeune population afin d’identifier les échappements thérapeutiques à temps (Tableau 1, Fig. 1).




 





Fig. 1
Fig. 1. 

Timeline of the proportion of patients still having intravesical BTA.





Déclaration d'intérêts


Les auteurs n'ont pas transmis de déclaration de conflits d'intérêts.




Tableau 1 -









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Publié par Elsevier Masson SAS.