Effets opposés de l’hypogonadisme sur les caractéristiques histologiques et le devenir des cancers de la prostate localisés traités par prostatectomie radicale

25 novembre 2015

Auteurs : Y. Neuzillet, J. Raynaud, A. Pichon, T. Ghoneim, T. Lebret, C. Radulescu, V. Molinie, H. Botto
Référence : Prog Urol, 2015, 13, 25, 741
Objectifs

L’étude préalablement publiée d’une cohorte de 431 patients traités par prostatectomie radicale pour un cancer de la prostate localisé a montré une association entre l’agressivité du cancer définie par le grade de Gleason prédominant (PrdGP), et la testostéronémie préopératoire. L’objectif était d’étudier la survie sans récidive biologique (SSRB) de ces patients en fonction de leur statut gonadique.

Méthodes

Étude prospective où 431 patients consécutifs adressés à notre département (entre janvier 2007 et mai 2011) pour une prostatectomie totale ont eu un dosage de la testostéronémie totale (TT) sérique préopératoire. Le GS et le PrdGP ont été déterminés sur la biopsie prostatique et la pièce de prostatectomie par une relecture croisée par deux uro-pathologistes. L’hypogonadisme a été défini par une testostéronémie totale<3ng/mL. La SSRB a été estimé selon la méthode de Kaplan-Meier (SPSS® v.17, Chicago, IL).

Résultats

Sur les pièces de prostatectomies, la fréquence du PrdGP4 était de 31 % (132 patients). Chez ces patients, la TT était inférieure en comparaison au 299 patients ayant un PrdGP3 (4,19 vs 4,76ng/mL, p =0,001) et le PSA était supérieur (10,8 vs 7,8ng/mL, p <0,00001). L’extension extra-prostatique (49 vs 20 %, p <0,000001) et les marges positives étaient plus fréquentes (23 vs 14 %, p =0,02). Les 62 patients hypogonadiques avaient plus fréquemment un PrdGP4 (47 vs 28 %, p =0,002). La SSRB à 5ans était inférieure chez les patients PrdGP4 (50,2 vs 91,8 %, p <0,001), pT3 (61,9 vs 86,0 %, p <0,001), et ayant des marges positives (63,7 vs 82,9 %, p =0,014), mais pas chez les patients hypogonadiques (81,0 vs 78,9 %, p >0,05). De plus, l’hypogonadisme était associé à une SSRB supérieure, notamment chez les patients PrdGP4 (Fig. 1).

Conclusion

Alors qu’une TT faible est associée à une fréquence supérieure de PrdGP4, qui est un marqueur de l’agressivité du cancer de la prostate, les patients hypogonadiques qui ont un PrdGP4 ont une SSRB supérieure après prostatectomie radicale. Cet effet contradictoire de l’hypogonadisme sur le risque de récidive biologique justifie des études complémentaires.




 




Fig. 1
Fig. 1. 





Déclaration d'intérêts


Les auteurs n'ont pas transmis de déclaration de conflits d'intérêts.






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Publié par Elsevier Masson SAS.