Effets négatifs sur la sexualité des traitements médicamenteux des symptômes du bas appareil urinaire liés a l’hypertrophie bénigne de la prostate

25 mars 2015

Auteurs : A. Descazeaud, A. de La Taille, F. Giuliano, F. Desgrandchamps, G. Doridot
Référence : Prog Urol, 2015, 3, 25, 115-127
But

L’objectif de cette revue était de discuter les effets négatifs sur la sexualité des médicaments des symptômes du bas appareil urinaire liés à l’hypertrophie bénigne de la prostate (SBAU-HBP).

Matériel

Une revue non systématique de la littérature a été réalisée. Elle englobait les études randomisées des sept médicaments concernés et les résumés des caractéristiques de ces produits. Ce travail n’a pas pour objectif de comparer les différents médicaments.

Résultats

Seules les fréquences maximales rapportées sont présentées dans ce résumé. Avec l’alfuzosine LP, elles étaient de 2,8 % vs 1,3 % avec le placebo pour la dysfonction érectile (DE) et de 1 % vs 0 % pour les troubles de l’éjaculation (TEj). Avec la doxazosine, l’incidence était de 5,8 % vs 3,3 % pour la DE, 3,6 % vs 1,9 % pour la baisse de la libido (BL) et 0,4 % vs 1,4 % pour les TEj. L’incidence des TEj avec la tamsulosine était de 11 % vs <1 % pour le placebo, et pour la silodosine, elle était de 28,1 % vs 1,1 %. Avec le finastéride sur 12 mois, la fréquence la plus élevée était de 9 % vs 5 % pour la DE, 4,4 % vs 1,5 % pour les TEj et 6,4 % vs 3,4 % pour la BL. À 24 mois, pour le dutastéride, les fréquences étaient 7,3 % vs 4,0 % pour la DE, 2,2 % vs 0,8 % pour les TEj et 4,2 % vs 2,1 % pour la BL. Aucun effet négatif sur l’éjaculation ou la libido n’a été rapporté pour le tadalafil, inhibiteur de la PDE5 et la toltérodine, anticholinergique. Pour les extraits de plantes, aucun effet indésirable (EI) sexuel n’a été rapporté parmi les EI les plus fréquents.

Conclusion

Les médicaments des SBAU-HBP peuvent altérer l’érection, l’éjaculation et la libido. Une meilleure connaissance des effets indésirables de chaque médicament pourrait mieux orienter les médecins dans la prise en charge des hommes ayant des SBAU-HBP.




 




Introduction


Les symptômes du bas appareil urinaire (SBAU) reflètent une perturbation de la production d'urine, de son stockage dans la vessie ou de son évacuation via l'urètre et le méat. Ils se divisent en symptômes de la phase de remplissage (augmentation de la fréquence des mictions avec ou sans urgenturie), symptômes de la phase mictionnelle (gène à l'évacuation de l'urine) et symptômes de la phase post-mictionnelle (sensation de vidange incomplète et gouttes retardataires) [1].


L'hypertrophie bénigne de la prostate (HBP) représente l'étiologie la plus fréquente des SBAU.


La sexualité masculine est segmentée en libido (désir), érection, éjaculation et orgasme. Diverses études épidémiologiques ont montré la coexistence de SBAU-HBP et de dysfonction sexuelle chez l'homme vieillissant [2]. L'enquête MSAM-7 a mis en évidence un lien fort entre les troubles sexuels, l'âge et la sévérité des SBAU [3]. Chez ces patients, les troubles de l'éjaculation sont aussi fréquents que la dysfonction érectile [3, 4, 5]. Le fondement de la relation entre dysfonction érectile et SBAU n'est pas encore élucidé mais ce lien serait dû à des mécanismes physiopathologiques communs, mis en évidence par des études précliniques. Ces mécanismes passeraient par des dérèglements de la voie NO-cGMP, de la voie Rho-kinase et du système nerveux autonome. Toutes ces anomalies auraient comme point de départ une athérosclérose pelvienne [2].


De plus, il est admis depuis des décennies que certains traitements chirurgicaux ou pharmacologiques de l'HBP peuvent avoir un impact négatif sur la sexualité [6, 7].


Un médicament de la classe des inhibiteurs de la phosphodiestérase-5, indiqué par ailleurs dans le traitement de la dysfonction érectile, a été récemment introduit dans l'arsenal thérapeutique de l'HBP [1].


Cette revue discute les effets négatifs sur la sexualité des traitements pharmacologiques des SBAU-HBP en se basant sur les données des études cliniques randomisées publiées. Les classes thérapeutiques et molécules considérées dans cette revue sont les alpha-bloquants alfuzosine, doxazosine, tamsulosine et silodosine, les inhibiteurs de la 5-alpha-réductase finastéride et dutastéride, l'inhibiteur de la phosphodiestérase-5 tadalafil, l'anticholinergique toltérodine, et les extraits de plante Serenoa repens et Pygeum africanum .


Méthodologie


Une recherche non systématique de la littérature internationale a été réalisée en septembre 2013 à partir de la base de données Medline (National Library of Medicine, États-Unis) (Figure 1). Les études cliniques randomisées, rapportant les résultats de médicaments approuvés par les autorités de santé ou recommandés par les sociétés savantes dans la prise en charge des SBAU associés à une HBP, publiées ces 23 dernières années (1991 à 2013), ont été sélectionnées selon les avis des auteurs. Les informations sur les événements indésirables sexuels ont été extraites et présentées selon leur pertinence du point de vue des auteurs. Les mots clés en anglais utilisés pour la recherche principale étaient : alfuzosin, doxazosin, tamsulosin, silodosine, toltérodine, finasteride, dutasteride, tadalafil, Serenoa repens, Pygeum africanum, benign prostatic hyperplasia, sexual dysfunction, erectile dysfunction, ejaculatory dysfunction .


Figure 1
Figure 1. 

Diagramme PRISMA.




Au total, 34 études ou analyses groupées ont été retenues, 9 portant sur l'alfuzosine, 5 sur la tamsulosine, 11 sur le finastéride, 4 sur le tadalafil, 4 sur la doxazosine, 4 sur le dutastéride, 3 sur la silodosine et 1 sur la toltérodine. Huit études ou analyses groupées ont été exclues : 1 portant sur l'alfuzosine (<12 semaines), 1 sur la doxazosine (analyse groupée d'études à méthodologie différente), 1 sur la tamsulosine (analyse groupée d'études à méthodologie différente), 2 sur le finastéride (1 avec des résultats sur un sous-groupe, 1 analyse groupée d'études à méthodologie peu précise), 1 sur le dutastéride (patients autorisés à prendre la tamsulosine) et 2 sur le tadalafil (1 étude d'escalade de dose et 1 étude urodynamique).


Pour Serenoa repens et Pygeum africanum , seules les méta-analyses les plus récentes de la Cochrane Database of Systematic Reviews ont été consultées.


De plus le résumé des caractéristiques du produit (RCP) [8] de chaque médicament a été récupéré du répertoire des médicaments de l'agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) ou de l'agence européenne des médicaments (EMA).


Compte tenu de la méthodologie adoptée, ce travail ne permet de comparaison entre les différentes molécules.


Présentation de la littérature


Les alpha-bloquants


L'alfuzosine a obtenu son autorisation de mise sur le marché (AMM) le 12 novembre 1987. Plusieurs formulations ont été développées. L'alfuzosine à libération prolongée est recommandée à la posologie de 10mg en une prise quotidienne.


Avec l'alfuzosine standard (2,5mg), 3 prises par jour [9, 10, 11] et l'alfuzosine à libération soutenue (5mg), 2 prises par jour [12], la fréquence des troubles sexuels était similaire à celle rapportée avec le placebo. Dans les études évaluant l'alfuzosine à libération prolongée (10mg) en une prise quotidienne pendant 3 mois [11, 13, 14], la fréquence de la dysfonction érectile variait de 0 % à 2,8 % vs 0 à 1,1 % avec le placebo et celle des troubles de l'éjaculation de 0 à 1 % vs 0 %. L'analyse groupée de ces 3 études [15] trouvait une fréquence de 1,5 % (vs 0,6 %) pour la dysfonction érectile et de 0,6 % pour les troubles de l'éjaculation. Dans une étude menée sur 2ans chez 1522 patients, la dysfonction érectile a été rapportée chez 1,8 % et 2 % des patients traités par l'alfuzosine et le placebo respectivement. Les troubles de l'éjaculation n'ont été rapportés qu'avec l'alfuzosine et étaient de 0,4 % [16] (Tableau 1). Dans le RCP, seul le priapisme avec une fréquence indéterminée est mentionné dans les affections des organes de reproduction et du sein (Tableau 2 : RCP de l'alfuzosine).


La doxazosine a obtenu son AMM le 3 août 1999. La posologie recommandée est de 4 à 8mg en une prise quotidienne.


Aucun EI sexuel n'a été rapporté dans les premières études avec la doxazosine à libération prolongée [17, 18]. Dans les études menées sur 1 et 5ans comparant la doxazosine et un inhibiteur de la 5-alpha-réductase en monothérapie et en association [19, 20], les fréquences de la dysfonction érectile, de la baisse de la libido et des troubles de l'éjaculation avec la doxazosine étaient similaires à celles sous placebo (Tableau 1). Dans le RCP de la doxazosine, la dysfonction érectile est rapportée comme peu fréquente, le priapisme comme très rare et l'éjaculation rétrograde avec une fréquence inconnue (Tableau 2 : RCP de la doxazosine).


La tamsulosine a obtenu son AMM le 20 décembre1995. La posologie recommandée est de 0,4mg en une prise quotidienne.


Dans les études randomisées de la tamsulosine, l'incidence des troubles de l'éjaculation était significativement plus élevée par comparaison au placebo aussi bien dans les études de courte durée [21, 22] qu'au cours d'une extension à 1 an [23]. Les troubles de l'éjaculation ont été décrits comme éjaculation rétrograde, réduction de volume de l'éjaculât ou anéjaculation. L'incidence des troubles de l'éjaculation variait de 6 % à 11 % vs <1 % dans le groupe placebo [21, 22, 23].


Dans l'étude CombAT comparant la tamsulosine, le dutastéride et leur association, à 2ans, l'éjaculation rétrograde a été rapportée chez 1,1 % des patients traités par tamsulosine, l'anéjaculation chez 0,8 % et une diminution de volume d'éjaculât chez 0,8 % [24]. D'autre part, la dysfonction érectile, la diminution de la libido et la perte de la libido ont été rapportées chez 3,8 %, 1,7 % et 0,9 % respectivement. À 4ans, les fréquences étaient de 1 % pour l'éjaculation rétrograde et <1 % pour l'anéjaculation et la diminution de volume d'éjaculât Avec ce recul, la dysfonction érectile a été rapportée chez 5 % des patients, la baisse et la perte de la libido chez respectivement 2 % et 1 % des patients [25] (Tableau 1).


Dans une étude portant sur 48 volontaires sains, 90 % des sujets ayant reçu la tamsulosine 0,4mg, 2 fois par jour pendant 5jours ont eu une diminution d'au moins 20 % du volume d'éjaculât et 35 % une anéjaculation [26].


Dans le RCP de la tamsulosine, l'éjaculation anormale est rapportée comme peu fréquente et le priapisme est considéré comme très rare (Tableau 2 : RCP de la tamsulosine).


La silodosine a obtenu son AMM le 29 janvier 2010. La posologie recommandée est de 8mg en une seule prise quotidienne.


Dans les études randomisées, l'incidence des troubles de l'éjaculation (éjaculation rétrograde, émission réduite ou nulle de sperme) était significativement plus fréquente avec la silodosine qu'avec le placebo : 22,3 % vs 0 % ; 28,1 % vs 0,9 % et 14,2 % vs 1,1 % [27, 28, 29] (Tableau 1).


De plus, au moyen d'un questionnaire dans une série de 90 patients recevant la silodosine 4mg, 2 fois par jour, Sakata et al. rapportaient une fréquence de 42 % de troubles de l'éjaculation dans l'ensemble dont 87 % d'anéjaculation, et jusqu'à 95 % chez les patients sexuellement actifs [30] confirmant les résultats de Kobayashi [31]. L'anéjaculation a été rapportée chez les 15/15 sujets sains (100 %) ayant reçu la silodosine 4mg, 2 fois par jours pendant 3jours. Trois jours après l'arrêt de la silodosine, le volume d'éjaculât était revenu à son niveau initial [31].


Dans le RCP de la silodosine, en plus de l'éjaculation rétrograde et de l'émission réduite ou nulle de sperme rapportées comme très fréquentes, la diminution de la libido et la dysfonction érectile sont rapportées comme étant des effets indésirables peu fréquents (Tableau 2 : RCP de la silodosine).


Les inhibiteurs de la 5-alpha-réductase


Le finastéride a obtenu son AMM le 22 juin 1992. La posologie recommandée est de 5mg en une prise quotidienne.


Dès les premières études cliniques randomisées contrôlées [32, 33, 34], la baisse de la libido, les troubles de l'éjaculation et la dysfonction érectile étaient statistiquement supérieurs avec le finastéride comparé au placebo. La diminution de volume d'éjaculât avec le finastéride a été rapportée pour la première fois dans l'étude PLESS à 4ans [35]. Dans une publication ultérieure, les événements indésirables sexuels rapportés dans l'étude PLESS ont été analysés selon la date du recueil [36]. Au cours de la première année, 15 % des patients traités par le finastéride ont rapporté au moins un EI sexuel contre 7 % des patients sous placebo (p <0,001). Au cours de cet intervalle, tous les EI sexuels (baisse de la libido, dysfonction érectile, diminution de volume d'éjaculât et troubles de l'éjaculation) étaient statiquement plus fréquents dans le groupe finastéride (p <0,05 chacun). Au cours des 3 années suivantes, l'incidence des nouveaux EI sexuels était similaire entre les groupes placebo et finastéride avec cependant une fréquence plus élevée de diminution de volume d'éjaculât (1,5 % vs 0,5 %, p <0,05) pour le finastéride. L'étude MTOPS a confirmé le profil de tolérance de finastéride [20]. L'ensemble des données cliniques montre que le finastéride est associé à un risque plus élevé de dysfonction érectile, de baisse de la libido et de troubles de l'éjaculation aussi bien au cours de la première année qu'au-delà [37] (Tableau 1). Dans le RCP du finastéride, la diminution de la libido, la dysfonction érectile, et la diminution de volume d'éjaculât sont rapportées comme étant des effets indésirables fréquents. Les troubles de l'éjaculation y sont rapportés comme peu fréquents (Tableau 2 : RCP du finastéride).


Le dutastéride a obtenu son AMM le 27 mars 2003. La posologie recommandée est de 0,5mg en 1 prise quotidienne.


Comme le finastéride, le dutastéride s'accompagne d'événements indésirables sexuels à type de dysfonction érectile, de baisse de la libido et de troubles de l'éjaculation auxquels s'ajoute la gynécomastie. La fréquence était de 7,3 % pour l'impuissance (vs 4 % dans le groupe placebo), 4,2 % pour la baisse de la libido (vs 2,1 %) et 2,2 % pour les troubles de l'éjaculation (vs 0,8 %). La fréquence des troubles sexuels est maximale au cours de la première année et a tendance à diminuer au cours de la deuxième année pour se rapprocher de la fréquence observée dans le groupe placebo. La fréquence de la dysfonction érectile passe de 6 % la première année à 1,7 % la deuxième année, celle de la baisse de la libido passe de 3,7 % à 0,6 % et celle des troubles de l'éjaculation de 1,8 % à 0,5 %, respectivement. Il est surprenant de constater une diminution de fréquences également dans le groupe placebo : l'impuissance passe de 3 % à 1,2 %, la baisse de la libido de 1,9 à 0,3 % et les troubles de l'éjaculation de 0,7 % à 0,1 % [38].


Une tendance similaire a été observée dans l'étude d'extension ouverte chez les patients passant du placebo au dutastéride [39].


Dans l'étude CombAT citée plus haut, l'impuissance était de 6 % chez les patients traités par le dutastéride. Les troubles de l'éjaculation segmentés en éjaculation rétrograde, anéjaculation et réduction de volume d'éjaculât étaient respectivement de 0,6 %, 0,5 % et 0,3 %. Les EIs liés à la libido ont été segmentés en baisse de la libido (2,8 %) et perte de la libido (1,3 %) [24]. Les résultats de tolérance sexuelle à 4ans étaient inchangés [25]. Dans une étude randomisée de 6 mois, une baisse de la libido a été rapportée chez 1,59 % des patients contre 0 % dans le bras placebo [40] (Tableau 1).


En complément des résultats de tolérance publiés, le RCP du dutastéride rapporte les résultats de tolérance de l'étude CombAT analysés année par année qui montrent une fréquence d'EIs sexuels maximale au cours de la première année suivie d'une diminution franche dès la deuxième année (Tableau 2 : RCP du dutastéride).


L'étude EPICS [41] a comparé le dutastéride et le finastéride pendant un an en double insu. Les profils de tolérance sexuelle des deux médicaments étaient comparables avec 9 % et 8 % de dysfonction érectile, 6 % et 5 % de baisse de la libido, 2 % de troubles de l'éjaculation, et <1 % de troubles de la fonction sexuelle.


Les deux inhibiteurs de la 5-alpha-reductase sont considérés avoir un profil similaire de tolérance sexuelle et affectent la libido, l'érection et l'éjaculation. La fréquence de ces événements a été rapportée comme maximale au cours de la première année [20, 24, 25].


Les inhibiteurs de la phosphodiestérase de type 5


Le 20 septembre 2012, le tadalafil a reçu l'avis favorable de l'EMA pour le traitement des SBAU-HBP. La posologie recommandée dans cette indication est de 5mg en 1 prise quotidienne.


Dans les 5 études randomisées du tadalafil en monothérapie, aucun EI sexuel n'a été rapporté chez les patients traités à la dose recommandée de 5mg/j [42, 43, 44, 45, 46] (Tableau 1).


Dans le RCP du tadalafil, les érections prolongées et le priapisme rapportés lors de la surveillance après commercialisation ont une fréquence rare (comprise entre 1/10 000 et 1/1000) (Tableau 2 : RCP du tadalafil). Par ailleurs, le tadalafil est indiqué dans le traitement de la dysfonction érectile depuis le 12 novembre 2002.


Les anticholinergiques


Les anticholinergiques ne sont pas indiqués dans la prise en charge des SBAU-HBP, mais dans le traitement de l'hyperactivité vésicale neurogène et/ou idiopathique selon le produit (RCP de l'oxybutinine, RCP de la solifénacine, RCP du trospium, RCP de la fésotérodine, RCP de la toltérodine). Cependant, ils peuvent être associés aux alpha-bloquants dans le traitement de l'HBP [1]. Aucun effet indésirable sexuel masculin n'est rapporté dans les RCPs des 5 médicaments anticholinergiques disponibles en France (oxybutinine, solifénacine, trospium, fésotérodine et toltérodine). Très peu de données sont disponibles sur la tolérance de ces médicaments chez les hommes ayant des SBAU-HBP.


Toutefois, dans une étude de phase III qui a comparé la toltérodine à libération prolongée et la tamsulosine en monothérapie ou en association pendant 12 semaines chez des patients ayant des SBAU-PBH et une hyperactivité vésicale, aucun patient traité par la toltérodine n'a rapporté de troubles de l'éjaculation vs 2 % des patients traités par la tamsulosine et 3 % des patients traités par l'association [47].


Les extraits de plantes


Dans la dernière méta-analyse réalisée par la Cochrane sur les études de Serenoa repens , aucun effet indésirable sexuel n'a été rapporté parmi les EI les plus fréquemment observés [48].


Pygeum africanum a également fait l'objet d'une récente méta-analyse de la Cochrane Collaboration avec des résultats identiques [49].


Discussion


L'évaluation de l'effet d'un médicament sur la fonction sexuelle peut se faire par le recueil des événements indésirables (EI) sexuels recueillis à chaque visite et/ou à l'aide d'un questionnaire spécifique dispensé avant la première administration et en cours de traitement. Cependant, ces deux méthodes apportent des informations différentes. La première renseigne sur l'incidence d'événements particuliers et la seconde, par le biais d'un score moyen, présente une information globale sur l'ensemble des patients. Elle est donc susceptible de masquer une dégradation de la fonction sexuelle de certains individus dans la population. De plus, l'utilisation de tels questionnaires n'est le plus souvent pas intégrée dans l'évaluation des traitements des SBAU-HBP et l'utilisation de questionnaires différents d'une étude à l'autre complique toute tentative de comparaison entre les médicaments. La conception d'un questionnaire évaluant les divers aspects de la sexualité, sa validation et son utilisation dans les études cliniques doivent être encouragées. Une version abrégée adaptée à la pratique clinique pourrait même trouver sa place dans la prise en charge de ces patients.


Dans le cas de recueil des événements indésirables dans les études cliniques, plusieurs facteurs peuvent influer sur les résultats. Les modalités de recueil (spontané ou dirigé), la fréquence du recueil, la durée de l'étude et le dictionnaire (MedDRA, COSTART...) utilisé pour le codage du verbatim (symptômes, signes, maladies, syndromes et diagnostics) rapporté par les investigateurs en font partie. D'autres facteurs d'importance sont la période de réalisation de l'étude ainsi que la population étudiée compte tenu du caractère intime des informations et de l'influence sociétale. Tous ces éléments nous rappellent que la comparaison des résultats de deux études distinctes devrait être réalisée par l'intermédiaire d'une méta-analyse soigneusement pensée et conduite par des experts qui prennent en compte tous les biais potentiels au cours de l'interprétation. Dans ce paragraphe, nous continuons à souligner - à notre avis - les éléments pertinents des études citées.


Pour toutes les raisons exposées ci-dessus, nous avons fait le choix de nous baser plutôt sur les événements indésirables sexuels rapportés dans les études cliniques et dans les résumés des caractéristiques des produits que sur les questionnaires évaluant la fonction sexuelle car cette approche, loin d'être parfaite, nous semble la mieux renseignée. En effet, les limites de cette approche sont liées à celles du recueil des événements indésirables, de leur analyse (codage) et de leur communication plus ou moins complète.


Le traitement des données brutes de tolérance, étape incontournable, peut faire appel à différentes classifications ou dictionnaires. Et même l'utilisation d'une même classification dans deux études réalisées sur des périodes décalées peut faire appel à des versions différentes. Le codage des EIs est lui-même dépendant de la personne responsable du codage, des éléments plus ou moins précis reportés par l'investigateur dans le cahier d'observation et des moyens diagnostiques requis par le protocole.


Il s'agit d'une revue essentiellement basée sur la littérature principale, les recommandations françaises et européennes et les RCPs des médicaments. Ce n'était pas une revue systématique, ni une méta-analyse de la littérature.


Seuls les résultats d'études cliniques ou analyses groupées contrôlées, impliquant un nombre conséquent de patients (≥ 100 patients par groupe) traités pendant une durée d'au moins 12 semaines aux posologies approuvées ont été décrits.


Les traitements médicamenteux des SBAU-HBP ont des impacts différents sur la sexualité, certains affectent négativement l'érection et/ou l'éjaculation et d'autres impactent même la libido. Dans la classe des inhibiteurs de la phosphodiestérase de type 5, déjà connue pour son effet thérapeutique sur la dysfonction érectile, plusieurs études sur le tadalafil n'ont rapporté d'effet négatif ni sur l'éjaculation, ni sur la libido.


Une meilleure connaissance des effets indésirables de chacun de ces médicaments peut aider les médecins à mieux orienter la prise en charge médicale des hommes se plaignant de SBAU-HBP.


Déclaration d'intérêts


A.D. : consultant occasionnel pour les laboratoires Bouchara-Recordati, GSK, Ipsen, Lilly, Pierre Fabre Médicament, Sanofi, Takeda, et investigateur pour Allergan.


F.D. : interventions ponctuelles : activités de conseil, conférence (intervenant ou auditeur) pour GSK, Lilly, Recordati, Rottapharm.


F.G. : consultant et investigateur pour les laboratoires Bayer-Schering, Lilly, Johnson et Johnson.


A. de la T. : consultant pour les laboratoires Allergan, Astellas, Astra Zeneca, Beckman Coulter, BioMerieux, Bouchara-Recordati, Coloplast, Ferring, GSK, Gen Probe, General Electric, Intuitive Surgical, Ipsen, Lilly, Pierre Fabre Médicament, Sanofi, Storz, Takeda et Zambon.


G.D. : ancien employé de Lilly France.




Tableau 1 - Résumé des effets indésirables sexuels dans les études cliniques randomisées contrôlées.
Référence étude  Posologie  Durée du traitement  Effectif 
Effets indésirables (% patients) 
      Érection 
Éjaculation 
Libido 
Dysfonction sexuelle 
     
Alpha-bloquants                          
Alfuzosine                         
Jardin [9 Std 2,5mg, 3 fois/j  6mois  251  267  < 2,3 
Hyearsen [10 Std 2,5mg, 3 fois/j  12 semaines  104  101 
Debruyneb [50 5mg LP, 2 fois/j  6 mois  358  2,2  0,6     
Buzelin [12 5mg LP, 2 fois/j  12 semaines  194  196 
Van Kerrebroeck [11 Std 2,5mg, 3 fois/j
10mg LP, 1 fois/j 
3 mois  149
143 
154  0,7
1,3 
Roehrborn [13 10mg LP, 1 fois/j  3 mois  176  175  2,8  1,1  <
Nordling [14 10mg LP, 1 fois/j  12 semaines  154  154 
Roehrborna [15 10mg LP, 1 fois/j  12 semaines  473  482  1,5  0,6  0,6 
Roehrborn [16 10mg LP, 1 fois/j  2ans  759  763  1,8  0,4 
Doxazosine                         
Andersen [17 Std 1-8mg/j
4-8mg LP/j 
13 semaines  322
317 
156 
Kirbya [19 Std 1-8mg/j
4-8mg LP/j 
13 semaines  651
666 
156  -
Kirby [18 Std 1-8mg/j  52 semaines  275  269  5,8  3,3  0,4  1,5  3,6  1,9 
McConnell [20 Std 1-8mg/j  5ans  756  737  3,6e  3,3e  1,1e  0,8e  1,6e  1,4e 
Tamsulosine                         
Narayan [21 0,4mg/j  13 semaines  248  239  11  <
Lepor [22 0,4mg/j  13 semaines  254  254 
Lepor [23], extension  0,4mg/j  53 semaines  139  128  10 
Nordling [14 0,4mg/j  12 semaines  158  154  3
Roehrbornb [24 0,4mg/j  24 mois  1611  3,8  1,1h
0,8i
0,8c 
1,7f
0,9g 
Roehrbornb [25 0,4mg/j  4ans  1611  1h
<1i
<1c 
2f
1g 
Oelke [42 0,4mg/j  12 semaines  168  172  0,6 
Silodosine                         
Kawabe [27 4mg, 2 fois/j  12 semaines  176  89  22,3 
Marksa [28 8mg, 1 fois/j  12 semaines  466  457  28,1  0,9 
Chapple [29 8mg/j  12 semaines  381  190  14,2  1,1 
 
Inhibiteurs de la 5-alpha- réductase                          
Finastéride                         
Gormley [32 5mg/j  12 mois  297  300  3,4  1,7  4,4  1,7  4,7  1,3 
Byrnes [33 5mg/j  12 mois  1821  596  6,8  3,2  2,3  0,5  3,1  1,2 
Andersen [34 5mg/j  24 mois  353  354              19  10 
Debruyneb [50 5mg/j  6 mois  344  6,3  1,5  1,7     
Lepor [51 5mg/j  12 mois  310  305 
Nickel [52 5mg/j  24 mois  310  303  15,8  6,3  7,7  1,7  10,0  6,3 
Marberger [53 5mg/j  24 mois  1477  1591  6,6  4,7  2,1  0,6  4,0  2,8 
Mc Connell [35 5mg/j  12 mois  1524  1516  8,1  3,7  3,7c
0,8d 
0,8c
0,1d 
6,4  3,4 
Wessells [36 5mg/j  4ans  1524  1516  22  14 
Kirby [19 5mg/j  12 mois  264  269  4,9  3,3  2,3  1,5  3,4  1,9 
Mc Connell [20 5mg/j  5ans  768  737  4,5e  3,2e  1,8e  0,8e  2,4e  1,4e 
Nickelb [41 5mg/j  12 mois  817     
Dutastéride                         
Roehrborna [38 0,5mg/j  24 mois  2167  2158  7,3  4,0  2,2  0,8  4,2  2,1 
bRoehrborn [24 0,5mg/j  24 mois  1623  0,6h
0,5i
0,3c 
2,8f
1,3g 
Roehrbornb [25 0,5mg/j  4ans  1623  <1h
<1i
<1c 
3f
1g 
Na [40 0,5mg/j  6 mois  126  127  0,8  1,6 
Nickelb [41 0,5mg/j  12 mois  813         
 
Inhibiteurs de la phosphodiestérase de type 5                          
Tadalafil                         
Roehrborn [24 0,5mg/j  12 semaines  212  211 
Porst [45 5mg/j  12 semaines  161  164 
Egerdie [46 5mg/j  12 semaines  208  200 
Oelke [42 5mg/j  12 semaines  171  172 
 
Anticholinergiques                          
Toltérodine                         
Kaplan [47 4mg LP/j  12 semaines  217  222 



Légende :
T : traitement ; P : placebo ; LP : libération prolongée.

[a] 
Études cliniques groupées.
[b] 
Études cliniques randomisées double-insu en groupes parallèles (sans groupe placebo).
[c] 
Diminution de volume d'éjaculât
[d] 
Troubles de l'éjaculation.
[e] 
Fréquence par 100 personne-années de suivi.
[f] 
Baisse de la libido.
[g] 
Perte de la libido.
[h] 
Éjaculation rétrograde.
[i] 
Anéjaculation.


Tableau 2 - Événements indésirables sexuels d'après les résumés des caractéristiques des produits.
  Impuissance ou dysfonction érectile  Éjaculation rétrograde  Émission réduite ou nulle de sperme  Diminution de volume de l'éjaculât (exploration)  Éjaculation anormale  Érection prolongée  Priapisme  Hémorragie pénienne  Hémospermie  Gynécomastie  Dimution de la libido 
Alfuzosine              Fréquence non déterminée         
Doxazosine  Peu fréquente  Fréquence inconnue          Très rare      Fréquence inconnue   
Tamsulosine          Peu fréquente    Très rare         
Silodosine  Peu fréquente  Très fréquente  Très fréquente                Peu fréquente 
Finastéride  Fréquente      Fréquente  Peu fréquente          Peu fréquente  Peu fréquente 
Dutastéridea  6 % (fréquente)        1,8 % (fréquente)            3,7 % (fréquente) 
Tadalafil            Rare  Rare  Peu fréquente  Peu fréquente     



Légende :
Très fréquent : ≥1/10 ; fréquent : ≥1/100 et <1/10 ; peu fréquent : ≥1/1000 et <1/100 ; rare : ≥1/10 000 et<1/1000 ; très rare : <1/10 000.

[a] 
Les fréquences sont chiffrées et présentées par année de traitement.


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