Effet des traitements médicaux et chirurgicaux sur la nycturie de l’homme présentant une obstruction prostatique bénigne

25 novembre 2018

Auteurs : G. Robert, A. De La Taille, A. Descazeaud
Référence : Prog Urol, 2018, 15, 28, 848-855

Introduction

La nycturie est le symptôme du bas appareil urinaire le plus fréquemment rapporté par les hommes âgés mais l’impact des traitements médicaux et chirurgicaux sur ce symptôme reste mal connu. L’objectif de ce travail était de réaliser une revue systématique de littérature sur la prise en charge médicale et chirurgicale de la nycturie chez l’homme présentant une obstruction sous vésicale d’origine prostatique.

Matériel et méthode

Une revue systématique de la littérature a été conduite pour compléter la précédente revue de littérature publiée sur le sujet et traiter de l’efficacité des prises en charges chirurgicales. Les articles sélectionnés par 3 relecteurs indépendants ont été analysés et synthétisés.

Résultats

Parmi les traitements médicaux, le plus efficace pour réduire la nycturie semble être la desmopressine. Néanmoins, les restrictions de prescription aux hommes de moins de 65 ans gênent son utilisation en pratique courante. L’effet des autres traitements médicaux reste modeste bien que significatif en comparaison avec les groupes placebo. La diminution du nombre d’épisodes de nycturie diminuerait ainsi de 0,25 à 0,7 levers avec un placebo contre 0,29 à 1,1 levers avec les traitements dit actifs (alpha bloquant, diurétique, anti-inflammatoire, IPDE-5, inhibiteur de 5 alpha réductase). Les traitements chirurgicaux semblent avoir une meilleure efficacité sur la nycturie. Bien que persistant chez la moitié des patients opérés, le nombre d’épisodes de nycturie diminuait chez 70 % d’entre eux.

Conclusion

La nycturie est l’un des symptômes urinaires les plus fréquent et celui qui répond le moins bien aux prises en charges médicales et chirurgicales proposées. L’information délivrée aux patients par les urologues doit insister sur les effets modestes à attendre dans ce domaine.

   
 
 

 

 

Introduction

La nycturie est le symptôme du bas appareil urinaire (SBAU) le plus fréquemment rapporté par les hommes âgés [1

Cliquez ici pour aller à la section Références]. Selon l'International Continence Society (ICS), elle se définit pour un individu par au moins un réveil nocturne provoqué par le besoin d'uriner [2

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Chez les hommes après l'âge de 50 ans, la nycturie est souvent associée à plusieurs autres SBAU et bien qu'elle ne soit pas toujours au premier plan de la symptomatologie elle peut être responsable, lorsqu'elle est fréquente, d'une altération significative de la qualité de vie voire d'un surcroît de mortalité selon certains auteurs [3

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Compte tenu de sa fréquence dans la population générale, elle ne doit pas être systématiquement considérée comme pathologique ni conduire à une prise en charge spécifique. Néanmoins, lorsqu'elle devient gênante, un bilan étiologique doit être réalisé et des solutions thérapeutiques doivent être discutées.

La démarche diagnostique (qui repose en premier lieu sur la réalisation d'un calendrier mictionnel) et les traitements médicaux ont déjà fait l'objet de plusieurs revues de littérature [5

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Cliquez ici pour aller à la section Références] et de recommandations récemment mises à jours par l'EAU (European Association of Urology ) [8

Cliquez ici pour aller à la section Références]. En revanche, très peu de données sont disponibles sur l'impact des traitements chirurgicaux.

L'objectif de ce travail était d'actualiser la dernière revue systématique de littérature sur la prise en charge médicale de la nycturie chez l'homme et de réaliser une revue systématique de l'effet sur la nycturie des traitements chirurgicaux de l'obstruction sous vésicale (OSV) d'origine prostatique.

 

Matériel et Méthode

Cette revue de littérature a été conduite selon la méthodologie PRISMA.

Concernant l'effet des traitements médicaux sur la nycturie, la recherche a été conduite à partir de la base de données PubMed entre septembre 2016 et décembre 2017 (pour couvrir la période suivant la dernière revue de littérature publiée par le guideline office de l'EAU [7

Cliquez ici pour aller à la section Références]). Le MeshTerm Nocturia a été utilisé pour identifier les articles d'intérêt.

Concernant l'effet des traitements chirurgicaux et interventionnels, une revue systématique de la littérature scientifique a été conduite à partir de la base de données PubMed sans limite de date avec comme mot clef le MeshTerm Nocturia plus ou moins associé à chacune des techniques chirurgicales et interventionnelles actuellement validées en pratique courante pour le traitement de l'obstruction sous vésicale d'origine prostatique (TURP, Laser, HoLEP, GreenLight, Prostatectomy, UROLIFT, Rezum, prostatic arterial embolization). Une recherche complémentaire a été menée à partir des références citées dans les articles retenus et dans les revues de littératures et méta-analyses déjà publiées.

Une première sélection d'articles a été faite sur la base des titres et des abstracts retrouvés en ne retenant que les articles originaux concernant la prise en charge médicale, chirurgicale ou interventionnelle de la nycturie chez l'homme. Les études sur modèles animaux, les revues de littérature, les avis d'expert et les lettres à l'éditeur ont été écartés. De même, les articles consacrés à la prise en charge de la polyurie nocturne, des pathologies du sommeil, des pathologies cardiaques, des pathologies neurologiques, ou des pathologies vésicales de type cystite interstitielle ou cystite radique ont été exclus.

Les articles retenus ont été analysés sur texte intégral par trois relecteurs indépendants afin de confirmer qu'ils correspondaient au sujet du travail, qu'ils avaient comme critère de jugement principal ou secondaire l'évaluation de la nycturie, et pour déterminer la méthodologie, la taille de l'échantillon, la durée de suivi, les biais, la limitation et le niveau de preuve de chaque étude. Des études randomisées et des études observationnelles prospectives et rétrospectives pouvaient être retenues si leur méthodologie était jugée satisfaisante.

 

Résultats

Concernant l'effet des traitements médicaux sur la nycturie, seuls deux articles ont été identifiés après la période de recherche de la précédente revue de littérature. Ces articles n'ont pas été retenus après lecture en texte intégral car ils ne correspondaient pas au sujet du travail. Les données disponibles ont été synthétisées ci-dessous.

Concernant l'effet des traitements chirurgicaux et interventionnels sur la nycturie, 805 articles ont été retrouvés et analysés sur la base des titres et abstracts. Après cette première analyse, 45 ont été retenus pour analyse sur texte intégral et 22 ont été synthétisés dans ce travail.

 

Mesures comportementales et activité physique

Une étude comparant la desmopressine en monothérapie à la desmopressine associée à des mesures comportementales (niveau de preuve (NP) 1b) a mis en évidence une diminution du nombre de levers nocturnes de 1,2 avec la desmopressine contre 1,5 lorsqu'elle était associée aux mesures comportementales [9

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À l'inverse une autre étude randomisée a comparé la tamsulosine seule à la tamsulosine associée à une perte de poids chez des patients obèses (NP 2b) [10

Cliquez ici pour aller à la section Références]. L'amélioration de la nycturie était similaire dans les deux groupes.

 

Traitements médicaux

 
Traitement antidiurétique

Les traitements antidiurétiques augmentent la réabsorption de l'eau et l'osmolarité urinaire. Ce type de traitement, administré à une dose optimale (titration progressive jusqu'à obtention d'un effet suffisant) était plus efficace que le placebo pour réduire le nombre de levers nocturnes et la durée de sommeil ininterrompu dans la totalité des études randomisées réalisées. Parmi les études publiées, on peut mentionner les suivantes.

Dans une première étude randomisée, des adultes présentant un minimum de 2 levers nocturnes ont reçu des doses croissantes (0,1mg, 0,2mg, ou 0,4mg) de desmopressine en fonction de leur réponse (NP 1b) [11

Cliquez ici pour aller à la section Références]. Un total de 127 patients (dont 85 hommes) chez qui une réduction de plus de 20 % de la diurèse nocturne était obtenue poursuivaient l'étude en double aveugle versus placebo. Une réduction de plus de 50 % du nombre d'épisodes de nycturie était obtenue chez 33 % des patients sous desmopressine contre 15 % des patients sous placebo (soit une différence moyenne de 0,84 levers entre les deux groupes).

Dans une seconde étude, des hommes adultes présentant un minimum de 2 levers nocturnes ont été suivis 3 semaines après une période d'adaptation de dose en comparaison avec un placebo (NP 1b) [12

Cliquez ici pour aller à la section Références]. Le nombre de levers nocturnes passait de 3,0 à 1,7 sous desmopressine contre 3,2 à 2,7 sous placebo. Jusqu'à 34 % des patients sous desmopressine avaient une diminution de plus de 50 % de leurs levers nocturnes contre 3 % sous placebo. La durée du premier cycle de sommeil était également allongée de 2,7 à 4,5h sous desmopressine contre 2,5 à 2,9h sous placebo. Une hyponatrémie (<130mmol/L) n'était constatée que chez 4 % des patients.

Dans une autre étude randomisée comparant la desmopressine à 0,1mg au placebo chez 60 hommes suivis pendant 8 semaines (NP 2b), le nombre de levers nocturnes passait de 2,6 à 1,6 dans le groupe desmopressine contre 2,5 à 2, 3 dans le groupe placebo [13

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L'hyponatrémie sévère (<125mmol/L) était un effet secondaire rare dans ces études sous réserve d'une natrémie à plus de 130mmol/L à l'inclusion et d'un suivi rigoureux en cours de traitement.

Une autre étude randomisée a inclus 115 hommes de plus de 65 ans présentant une polyurie nocturne et une nycturie (NP 1b) traités par desmopressine 0,1mg ou placebo [14

Cliquez ici pour aller à la section Références]. La desmopressine réduisait le nombre d'épisodes de nycturie et la polyurie nocturne (p <0,01). Le risque d'hyponatrémie n'était pas majoré bien qu'il puisse potentiellement augmenter avec la durée de la prescription.

Des doses réduites de desmopressine ont également été proposées (10 à 100μg) à 757 patients (57 % d'hommes) présentant une moyenne de 3 levers nocturnes et une polyurie (NP 1b) [15

Cliquez ici pour aller à la section Références]. L'efficacité était moindre aux doses les plus faibles mais la fréquence de l'hyponatrémie était plus importante aux doses les plus fortes. De la même manière, deux autres études randomisées ont comparé la desmopressine 50μg ou 75μg au placebo (NP 1b) [16

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Cliquez ici pour aller à la section Références]. Même à ces faibles doses, la desmopressine permettait de réduire le nombre de levers nocturnes et allongeait la période de premier sommeil de 40minutes.

Une voie d'administration intra-nasale a également été testée à 20 et 40μg contre placebo (NP 1b) [18

Cliquez ici pour aller à la section Références]. Cette étude retrouvait une diminution du nombre de levers nocturnes à partir d'une dose de 40μg de desmopressine.

Une autre étude a étudié l'intérêt d'une bithérapie par furosemide et desmopressine (NP 1b) [19

Cliquez ici pour aller à la section Références]. Un total de 82 patients (dont 58 hommes) a reçu une monothérapie par furosemide (20mg 6h avant le coucher) associée à de la desmopressine (à dose optimisée au coucher) ou à un placebo et ont été suivis pendant 3 semaines. La réduction du nombre de levers nocturnes était de 3,5 dans le groupe recevant furosemide et desmopressine contre 2,0 dans le groupe recevant furosemide et placebo (p <0,01).

À ce jour, la Desmopressine reste difficile à utiliser dans les SBAU de l'homme liés à une HBP. Elle n'a pas d'AMM spécifique dans ce domaine et la prise en charge des polyuries nocturnes reste contrainte par la limite d'âge pour sa prescription.

 
Alpha-bloquant

Plusieurs études ont étudié l'effet des alpha-bloquants sur la nycturie.

Une étude prospective observationnelle a suivi des patients traités par Alfuzosine pendant 3 ans (NP2b) [20

Cliquez ici pour aller à la section Références]. Dans cette étude, le nombre de levers nocturnes diminuait de 0,8 après la prise d'Alfuzosine.

Une étude post-hoc regroupant les données issues de 3 études randomisées a étudié l'impact d'une prescription de silodosine à la dose de 8mg sur la question 7 de l'IPSS [21

Cliquez ici pour aller à la section Références]. Dans cette étude, la silodosine permettait une réduction des levers nocturnes dans 53 % des cas contre 43 % sous placebo. Pour le sous-groupe des patients se levant plus de 2 fois la nuit, la fréquence de réduction des levers nocturnes était de 61 % contre 49 % avec le placebo.

Dans une autre étude randomisée multicentrique comportant un groupe silodosine, un groupe tamsulosine et un groupe placebo, seule la silodosine réduisait de manière significative les épisodes de nycturie (respectivement −0,9 vs −0,8 et −0,7) [22

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Inhibiteur de la 5-alpha réductase

L'analyse combinée des données de 4321 patients inclus dans 3 études randomisées comparant le dutasteride au placebo a étudié son impact sur la nycturie grâce à la question 7 de l'IPSS [23

Cliquez ici pour aller à la section Références]. Après 12 mois de traitement, le dutasteride permettait une réduction significative du nombre d'épisodes de nycturie par rapport au placebo. Après 24 mois de traitement, cette réduction était de 0,28 dans le groupe dutasteride contre 0,11 dans le groupe placebo. La différence entre les groupes était plus marquée pour les patients ayant plus de 2 à 3 levers nocturnes à l'inclusion.

 
Inhibiteur de la PDE5

Prises séparément, aucune des études réalisées avec le tadalafil n'a mis en évidence d'amélioration de la nycturie. Une analyse combinée des réponses obtenues à la question 7 de l'IPSS a été réalisée à partir de 4 études d'enregistrement du tadalafil (NP 1b) [24

Cliquez ici pour aller à la section Références]. Pour une valeur de base de 2,3±1,2 épisodes de nycturie, l'amélioration était de 0,5 points sous tadalafil contre 0,4 sous placebo. Cette amélioration concernait 47,5 % des patients sous tadalafil contre 41,3 % sous placebo (significatif ?).

 
Anti-muscarinique

Une analyse post-hoc de deux études randomisées avec de la tolterodine à libération prolongée (4mg) administrée à 745 homme rapportant un minimum de 2,5 épisodes de nycturie et suivis pendant 12 semaines a mis en évidence une réduction significative du nombre de mictions urgentes la nuit (NP 1b) [25

Cliquez ici pour aller à la section Références]. Une autre étude randomisée comparant tolterodine et placebo mettait en évidence une réduction du nombre de mictions urgentes la nuit mais pas du nombre total de mictions nocturnes évaluées grâce à un calendrier mictionnel (NP 1b) [26

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La fesoterodine a été administrée à dose variable à 963 adultes présentant un syndrome clinique d'hyperactivité vésicale et au moins 2 mictions urgentes la nuit (NP 1b) [27

Cliquez ici pour aller à la section Références]. La réduction du nombre de mictions nocturnes (−1,02 vs −0,85) et du nombre d'urgences mictionnelles nocturnes (−1,28 vs −1,07) était meilleure sous fesoterodine que sous placebo.

Une analyse post-hoc a été conduite à partir des résultats d'une étude randomisée comparant deux dosages de fesoterodine (4 et 8mg) au placebo chez 555 hommes rapportant un minimum de deux épisodes de nycturie, un minimum de 8 mictions et au moins 1 épisode d'incontinence par urgence (NP 2b) [28

Cliquez ici pour aller à la section Références]. Après exclusion des patients présentant une polyurie nocturne, la diminution du nombre d'épisodes de nycturie était significativement meilleure sous fesoterodine 8m que sous placebo et s'accompagnait d'une augmentation du volume mictionnel moyen (+42mL vs +15mL).

Une analyse en sous-groupe a étudié l'évolution des épisodes de nycturie chez des patients traités par solifenacine 5 ou 10mg (NP 2b) [29

Cliquez ici pour aller à la section Références]. À la dose de 10mg, la solifenacine réduisait les épisodes de nycturie de 0,46 et augmentait le volume mictionnel nocturne moyen de 41mL contre 30mL à la dose de 5mg.

 
Beta-3 agoniste

Une étude de phase 2 randomisée a mis en évidence une réduction significative des épisodes de nycturie de 0,6 par apport à la valeur de départ avec 50mg de mirabegron contre 0,22 sous placebo (NP 1b) [30

Cliquez ici pour aller à la section Références].

 
Diurétique

L'administration de diurétique dans l'après-midi a été proposée pour réduire la charge hydro-sodée avant le coucher.

Une étude randomisée a comparé la prise d'un diurétique (azosemide 60mg) à celle d'un anxiolytique (diazepam 5mg) chez 51 patients (47 hommes) présentant au moins 3 épisodes de nycturie sans autre trouble mictionnel (NP 1b) [31

Cliquez ici pour aller à la section Références]. La prise de diurétique permettait de réduire le nombre de levers nocturnes chez les patients présentant une valeur de base de l'hormone atriale natriurétique élevée. Le diazepam réduisait également le nombre de levers nocturnes chez 22 des 29 patients.

La prise d'1mg de bumetamide a été évaluée chez 28 patients (dont 15 hommes) (NP 2b) [32

Cliquez ici pour aller à la section Références]. Le nombre d'épisodes de nycturie qui était de 13,8 par semaine sous placebo était réduit de 3,8 sous bumetamide.

Une étude randomisée a comparé le furosemide 40mg pris 6h avant le coucher au placebo chez 49 hommes présentant une polyurie nocturne (NP 1b) [33

Cliquez ici pour aller à la section Références]. La réduction du nombre de levers nocturnes était de 0,5 dans le groupe furosemide vs 0 dans le groupe placebo. Notons que les diurétiques n'ont pas d'AMM dans l'HBP ni les troubles mictionnels.

 
Traitement anti-inflammatoire

Le diclofenac a été comparé au placebo chez 26 patients (dont 20 hommes) suivis pendant 2 semaines (NP 1b) [34

Cliquez ici pour aller à la section Références]. Les épisodes de nycturie ont diminué de 2,7 à 2,3 dans le groupe diclofenac.

Une étude randomisée a comparé le celecoxib au placebo chez 80 hommes rapportant au mois 2 épisodes de levers nocturnes (NP 1b) [35

Cliquez ici pour aller à la section Références]. Dans le groupe celecoxib, le nombre moyen de levers nocturnes diminuait de 5,2 à 2,5 contre 5,3 à 5,1 dans le groupe placebo.

La tamsulosine en monothérapie ou en association avec 15mg de meloxicam a été étudiée chez 400 hommes présentant des SBAU et une nycturie (NP 1b) [36

Cliquez ici pour aller à la section Références]. La nycturie et la qualité du sommeil étaient significativement améliorées en cas d'association thérapeutique.

Enfin, une étude randomisée a comparé chez 40 hommes une bithérapie alpha-bloquant et inhibiteur de la 5 alpha réductase à une association de la bithérapie avec du loxoprofen (NP 1b) [37

Cliquez ici pour aller à la section Références]. La réduction du nombre d'épisodes de nycturie était meilleure avec loxoprofen (−1,5 vs −1,1 ; p =0,034).

 

Traitements chirurgicaux

Une étude randomisée a comparé la résection transurétrale de prostate (RTUP) à un traitement alpha bloquant chez 66 patients avec comme critère de jugement principal le nombre de levers nocturnes (NP 2a) [38

Cliquez ici pour aller à la section Références]. Les deux traitements permettaient de diminuer le nombre de levers nocturnes, mais la RTUP (−0,9 épisodes de nycturie) semblait plus efficace que la Tamsulosine (−0,5 épisodes de nycturie). Après 3 mois et après 1 an, la différence entre les deux traitements restait significative (Tableau 1).

Une étude randomisée a comparé la RTUP à l'adénomectomie par voie haute (AVH) chez 75 patients suivis pendant 5 ans et présentant une nycturie (NP 2a) [39

Cliquez ici pour aller à la section Références]. La nycturie était dans cette étude le principal symptôme persistant après intervention. Le pourcentage de patients présentant une nycturie diminuait néanmoins d'environ 40 % dans les deux groupes, passant de 96 % à 60 % 5 ans après adénomectomie voie haute (AVH), et de 92 % à 52 % 5 ans après RTUP.

Une autre étude rétrospective a porté sur 472 patients opérés d'une énucléation laser et ayant rempli un calendrier mictionnel avec un suivi de 12 mois (NP 4) [40

Cliquez ici pour aller à la section Références]. Avant d'être opérés, 74,6 % des patients présentaient une nycturie. Pour les patients ne présentant pas de polyurie nocturne, le nombre de levers nocturnes passait de 1,6±0,6 à 0,9±0,8 après 1 an de suivi.

Une étude de cohorte prospective a inclus 165 patients opérés d'une énucléation laser et ayant rempli un calendrier mictionnel (NP 3) [41

Cliquez ici pour aller à la section Références]. Dans cette étude, les épisodes de nycturie passaient de 1,9±1,0 à 0,9±0,8 après 6 mois de suivi (p <0,001).

Une étude de cohorte rétrospective a comparé 213 cas opérés par phtovaporisation laser (PVP) à 273 opérés par énucléation au laser Holmium (HoLEP) avec un suivi de 1 an (NP 4) [42

Cliquez ici pour aller à la section Références]. Dans cette étude, l'amélioration du nombre de levers nocturnes évaluée par la question 7 du score IPSS était de 0,9 dans chaque groupe. L'extension du suivi à 5 ans pour cette même cohorte retrouvait des résultats stables (NP4) [43

Cliquez ici pour aller à la section Références].

Une étude rétrospective portant sur 103 patients opérés d'une vaporisation laser et rapportant un minimum de 2 levers nocturnes a également été conduite (NP 4) [44

Cliquez ici pour aller à la section Références]. Le pourcentage de patients présentant une amélioration de leur nycturie était de 27,9 % après 12 mois avec une fréquence moyenne de levers nocturnes passant de 2,5±0,8 à 1,5±0,8 sur le calendrier mictionnel.

Les données disponibles sur la plupart des traitements interventionnels de type embolisation des artères prostatiques, Rezum et Aquablation n'étaient pas assez précises pour permettre de déterminer leur impact sur la nycturie. Par contre, les données de l'étude randomisée BPH-6 comparant l'Urolift à la RTUP mettaient en évidence une diminution du nombre d'épisodes de nycturie dans le groupe Urolift (Question 7 de l'IPSS) de 0,8 après 1 an et 0,6 après 2 ans de suivi [45

Cliquez ici pour aller à la section Références]. Dans le groupe RTUP, les épisodes de nycturie diminuaient également de 1 et 1,3 après 1 ou 2 ans de suivi.

 

Discussion

Le diagnostic étiologique est la première étape de la prise en charge de la nycturie. Chaque fois que cette dernière est liée à une polyurie nocturne plutôt qu'à une pollakiurie, la prise en charge est extra-urologique. Néanmoins, il existe de véritables pollakiuries nocturnes en rapport avec l'obstruction prostatique bénigne. Elles entrent alors dans le cadre d'un syndrome clinique d'hyperactivité vésicale faisant suite à l'obstruction chronique. Dans ce cas, et dans ce cas seulement, une prise en charge urologique médicale ou chirurgicale peut être proposée pour traiter une nycturie devenue gênante et améliorer la qualité de vie des patients.

Parmi les traitements médicaux, le plus efficace pour réduire la nycturie est la desmopressine qui permet une réduction du nombre d'épisodes de levers nocturnes (de 0,8 à 1,5 levers en moins) [11

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Cliquez ici pour aller à la section Références, 13

Cliquez ici pour aller à la section Références]. Malheureusement, les restrictions de prescription qui accompagnent l'AMM de cette molécule rendent difficile son utilisation dans la population des hommes âgés de plus de 65 ans qui sont pourtant les plus fréquemment concernés.

Concernant les autres thérapeutiques médicales employées pour le traitement des troubles mictionnels de l'homme, l'effet sur la nycturie reste modeste et doit être mis en balance avec celui observé dans les groupes placebo de ces mêmes études. Ainsi, on constate que les patients présentant un minimum de 2 levers nocturnes, ont une amélioration attendue après traitement par placebo de 0,25 à 0,7 levers selon les études alors que cette amélioration varie de 0,29 à 1,1 levers avec les traitements actifs (alpha bloquant, diurétique, anti-inflammatoire, IPDE-5, inhibiteur de 5 alpha réductase). À l'heure actuelle, il n'existe pas d'étude de niveau de preuve suffisant pour pouvoir affirmer que l'un ou l'autre des traitements médicaux soit plus efficace sur la nycturie que les autres.

En ce qui concerne les traitements chirurgicaux, la nycturie a rarement été considérée comme un critère de jugement à part entière dans les études cliniques réalisées. Elle peut parfois être isolée par l'intermédiaire de la question 7 du score IPSS mais il est très rare qu'elle ait été explorée de manière spécifique par la réalisation d'un calendrier mictionnel. L'analyse des données disponibles permet de conclure que la nycturie est certainement le symptôme du bas appareil urinaire qui persiste le plus fréquemment après chirurgie (environ 50 % des patients). Néanmoins, si la disparition de la nycturie est loin d'être systématique, la diminution du nombre de levers nocturnes après chirurgie semble être supérieure à celle observée grâce aux différents traitements médicaux [38

Cliquez ici pour aller à la section Références].

 

Conclusion

La nycturie est un SBAU fréquent qui répond assez mal aux prises en charges médicales et chirurgicales proposées aux patients.

Cette information doit être prise en compte par les urologues et par leurs patients lors des prises de décision thérapeutiques, qu'elles soient médicales ou chirurgicales.

 

Déclaration de liens d'intérêts

A.D. est consultant régulier pour Bouchara Recordati, a été consultant pour Lilly, Pierre Fabre, GSK, est investigateur pour procept biorobotic, est coordonnateur d'étude clinique pour Pierre Fabre Médicament.

A.D.L.T. est consultant pour Pierre Fabre Médicament, Bouchara reordati, IPSEN, GSK, Lilly, Astellas, Intuitive Surgical.f

G.R. est consultant pour Boston Scientific, Bouchara Recordati, Edap-TMS, Pierre Fabre, Lumenis, Teleflex, Zambon.

   

 



Tableau 1 - Principales études ayant étudié l'effet des traitements chirurgicaux sur la nycturie.
Technique chirurgicale  Type d'étude  Nombre de patients  Suivi  Critère de jugement  Effet observé  Référence 
RTUP vs alpha bloquant  Randomisée  66  1 an  Nombre de levers nocturne  −0,9 lever après RTUP
−0,5 lever après alpha-bloquant 
Simaioforidis et al., Int J Urol 1986 
AVH vs RTUP  Randomisée  75  5 ans  Présence de levers nocturnes  Diminution de 50 % du nombre de patients présentant une nycturie dans chacun des groupes  Meyhoff et al., Scand J Urol Nephrol 1986 
Urolift vs RTUP  Randomisée  80  2 ans  IPSS Q7  −0,6 lever après Urolift
−1,3 lever après RTUP 
Gratzke et al., BJU int 2017 
HoLEP  Cohorte prospective  165  6 mois  Calendrier mictionnel  −1 lever  Known et al., Urology 2014 
HoLEP  Cohorte rétrospective  472  1 an  Calendrier mictionnel  −0,7 lever  Choi et al., Urology 2014 
PVP vs HoLEP  Cohorte rétrospective  486  1 an  IPSS Q7  −0,9 lever après PVP
−0,9 lever après HoLEP 
Cho et al., Worl J Urol 2015 
PVP vs HoLEP  Cohorte rétrospective  266  5 ans  IPSS Q7  −0,7 lever après PVP
−0,8 lever après HoLEP 
Cho et al., J Urol 2018 
PVP  Cohorte rétrospective  103  1 an  Calendrier mictionnel  28 % de patients améliorés
−1 lever 
Lee et al., Korean J Urol 2010 

 

Légende :
RTUP : résection trans-urétrale de la prostate ; AVH : adénomectomie voie haute ; HoLEP : holmium laser enucleation of the prostate .
 
 
 

Références

 

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Kupelian V., Fitzgerald M.P., Kaplan S.A., Norgaard J.P., Chiu G.R., Rosen R.C. Association of nocturia and mortality: results from the Third National Health and Nutrition Examination Survey J Urol 2011 ;  185 (2) : 571-577 [cross-ref]
 
Kupelian V., Wei J.T., O'Leary M.P., Norgaard J.P., Rosen R.C., McKinlay J.B. Nocturia and quality of life: results from the Boston area community health survey Eur Urol 2012 ;  61 (1) : 78-84 [cross-ref]
 
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