Éditorial

25 septembre 2012

Auteurs : P. Coloby, L. Boccon-Gibod, C. Coulange, S. Culine, J.-L. Davin, P. Richaud, M. Zerbib, M. Soulié
Référence : Prog Urol, 2012, 22, S29, suppl. S2




 



Tant que les patients atteints de cancer prostatique métastatique symptomatique ont représenté le « coeur de cible » de la suppression androgénique, les effets secondaires de cette dernière (bouffées de chaleur, impuissance, gynécomastie, ...) sont restés au second plan du fait des bénéfices souvent spectaculaires du traitement ainsi que de sa relative brièveté dans le temps (18 à 36 mois avant la résistance à la castration).


Le tableau a été bouleversé ces dix dernières années en raison de l’augmentation significative du nombre de malades soumis à la suppression androgénique pendant des périodes de plus en plus longues: en cas de maladie métastatique reconnue à un stade précoce, en cas de maladie localement avancée (dans le cadre de l’association d’une hormonothérapie longue à une radiothérapie) ou en cas de « récidive biologique » asymptomatique après traitement local.


L’attention des urologues, étayée par une série de publications d’internistes, de rhumatologues, de cardiologues et d’endocrinologues, a été alors attirée sur les effets potentiellement néfastes de la suppression androgénique au long cours: ostéoporose avec risque accru de fracture du col du fémur, syndrome métabolique, apparition ou aggravation d’un diabète faisant le lit de complications cardiovasculaires.


L’ensemble des travaux réunis dans cette publication est le fruit de la réflexion d’un panel d’experts réunis à l’initiative du laboratoire Ferring (les groupes de travail DUO « Dialogues en Uro-Oncologie »), associant au cours de plusieurs réunions en régions, plus de 50 experts en onco-urologie (Urologue, Oncologue médical, Radiothérapeute) et des spécialistes confrontés aux divers effets secondaires de la suppression androgénique (cardiologue, endocrinologue, neuro-gériatre, onco-gériatre, psychiatre, rhumatologue, sexologue...). Le résultat de ce travail est une série de remarquables mises au point qui permettront à l’ensemble des médecins prenant en charge un patient sous suppression androgénique, de rafraichir leurs connaissances sur le sujet et de leur fournir des outils d’évaluation simples et concrets pour des patients « à risque ».


Il appartiendra à l’urologue notamment, lors de toute prescription d’un blocage androgénique ou lors du suivi du patient de rechercher les patients à risque, de reconnaître les effets secondaires, et de diriger son patientvers le médecin généraliste ou le(s) spécialiste(s) adapté(s) pour la prise en charge de ces pathologies associées, tout en gardant la maitrise du traitement, le cancer prostatique demeurant au centre de ses préoccupations.


S’il est fondamental que l’urologue du XXIe siècle soit informé des conséquences potentielles de la suppression androgénique, il est aussi fondamental d’en bien respecter les indications précises; c’est indiscutablement la mesure préventive prioritaire.






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