Dysfonctions sexuelles après traumatisme crânien : revue systématique de la littérature

25 septembre 2019

Auteurs : H. Robert, B. Pichon, R. Haddad
Référence : Prog Urol, 2019, 11, 29, 529-543
Contexte

Les dysfonctions sexuelles (DS) sont fréquentes en population générale, jusqu’à 50 % dans la population féminine et sans prévalence clairement définie chez les hommes mais pouvant aller jusqu’à 30 % concernant la dysfonction érectile. Après un traumatisme crânien (TC), elles sont fréquentes mais restent peu évaluées en pratique clinique. Or c’est un aspect crucial de la personne avec des implications sur la relation à l’autre, le « bien-être » psychologique et la qualité de vie.

Objectif

Déterminer, à l’aide d’une revue systématique de la littérature, dans la population des TC, l’épidémiologie, les outils d’évaluation et le traitement des DS.

Sources documentaires (mots clés, langues)

Les bases de données Medline, COCHRANE et OVID ont été utilisées avec des mots clés spécifiques (MeSH), combinés avec des opérateurs booléens : « sexual dysfunction  », « sexuality  », « erectile dysfunction  » et « traumatic brain injury  ».

Sélection des études

Seules les études publiées en français ou en anglais, et disponibles intégralement ont été inclues. Les articles ont été examinés et extraits de façon indépendante selon les recommandations PRISMA (Preferred Reporting Items for Systematic Reviews and Meta-Analyses)

Résultats

Sur les 199 articles examinés après exclusion des doublons, 86 articles ont été étudiés dans leur texte intégral. Au total, 40 études ont été inclues dans l’analyse finale. Après un TC, 6 % à 83 % des patients rapportaient une DS : diminution de la fréquence des rapports sexuels (47 à 62 %), du désir et/ou de l’excitation (24 à 86 %), dysfonction érectile (24,2 à 57 %), dysorgasmie (29 à 40 %), comportement sexuel inapproprié (8,9 %). Il n’existait pas de méthode consensuelle d’évaluation des DS dans cette population, avec 16 outils recensés. Parmi eux, seuls deux questionnaires étaient validés dans cette population, le Brain Injury Questionnary of Sexuality – non validé en langue française – et l’Overt Behavior Scale, ce dernier étant destiné à l’évaluation des troubles du comportement sexuel. Plusieurs facteurs étaient associés de façon significative et positive aux DS : l’âge (p 0,01), la gravité du TC (p 0,002), la dépression (p <0,001), l’anxiété (p <0,001) et la fatigue (p =0,042). D’autres étaient associés négativement : le délai d’évolution (p =0,01), l’état de santé physique perçu (p <0,001) et la participation sociale (p <0,001). Il existait peu de données sur le traitement des DS en dehors d’études de cas.

Limite du travail

Une analyse quantitative n’a pas pu être réalisée en raison des différences des études inclues dans leur design, outils d’évaluation, choix de critères de gravité du TC, et délais post-TC. Quatre articles non disponibles n’ont pas pu être consultés.

Conclusion

Les DS sont fréquentes après un TC mais restent peu évaluées en pratique clinique, en dépit de leur impact sur les patients et leur partenaire. Leur évaluation et traitement devraient faire partie de la prise en charge globale des patients après un TC. Néanmoins, il n’existe pas actuellement d’outil validé en français pour évaluer ces DS, ni de recommandations sur leur traitement.




 




Introduction


L'OMS définit la santé sexuelle comme « un état de bien-être physique, mental et social dans le domaine de la sexualité » [1]. Selon Thorn-Gray et Kern, la sexualité est définie comme « la communication verbale, visuelle, tactile et olfactive qui exprime l'amour et l'intimité entre deux personnes » [2]. Elle englobe des dimensions biologiques, physiques, culturelles, psychosociales et comportementales, chacune pouvant être perturbée par diverses pathologies, dont les maladies neurologiques. Parmi ces causes neurologiques, les traumatismes crâniens (TC), représentent une cause majeure de décès et de handicaps pour la population des adultes jeunes [3]. En effet, l'incidence annuelle des TC hospitalisés est estimée entre 150 et 300 pour 100 000 habitants en France. Les hommes sont plus touchés que les femmes (3/1), principalement les adultes jeunes. Les lésions associées sont fréquentes, sources de séquelles, ce d'autant que le TC est grave. Cette gravité peut être déterminée par le Glasgow Coma Scale (GCS) et la durée de l'amnésie post-traumatique [4]. Après un TC, les patients et/ou leur famille peuvent rapporter des troubles cognitifs, des modifications comportementales et des déficiences physiques [5]. Parmi ces modifications, les dysfonctions sexuelles (DS) ; communes dans la population générale [6] : jusqu'à 50 % dans la population féminine et sans prévalence clairement définie chez les hommes mais pouvant aller jusqu'à 30 % concernant la dysfonction érectile [7] ; sont plus fréquentes après un TC. En dépit de leur impact sur la relation à l'autre, le bien-être psychologique et la qualité de vie [5], elles ne sont décrites que depuis 1976 [8] et les DS restent peu évaluées en pratique clinique [9]. L'objectif de cette revue systématique de la littérature est de déterminer, dans la population des TC, l'épidémiologie, les outils d'évaluation et le traitement des dysfonctions sexuelles.


Matériel et méthodes


Cette revue systématique de la littérature a été menée en accord avec les recommandations PRISMA (Preferred Reporting Items for Systematic Reviews and Meta-Analyses) [10].


Critères d'éligibilité


Types d'études


Les études originales, y compris les essais contrôlés randomisés, les études non randomisées, de cohorte, cas témoins, transversales et les séries de cas, ont été inclues. Les articles de synthèse et les méta-analyses n'ont pas été inclus.


Population


Seules les études impliquant des adultes ont été sélectionnées. Les sujets inclus devaient être les patients ayant un TC ou leur partenaire. Aucune limite de sexe, d'appartenance ethnique, de milieu, de localisation, sévérité ou d'évolution du TC n'a été appliquée. Concernant les DS, elles pouvaient concerner les altérations physiologiques (désir, excitation, lubrification, érection, orgasme, éjaculation, douleur), psychologiques de la sexualité ou les troubles du comportement sexuel (impulsivité, paraphilies, etc.). Les DS pouvaient être évaluées par des questionnaires spécifiques ou non.


Données d'intérêt


Les articles devaient inclure des données sur l'épidémiologie, les outils d'évaluation et le traitement des DS chez les patients avec TC.


Stratégie de recherche et sources d'information


Les bases de données Medline, COCHRANE et OVID ont été utilisées avec des mots clés spécifiques (MeSH), combinés avec des opérateurs booléens : « sexual dysfunction », « sexuality », « erectile dysfunction » et « traumatic brain injury ». La recherche s'est terminée en mai 2019 et aucune date limite n'a été fixée. Seules les études publiées en français ou en anglais ont été inclues. Les références citées dans les revues systématiques ou les méta-analyses ont été recherchées. Une fois les articles clés identifiés, des recherches supplémentaires ont été effectuées sur PubMed à l'aide de la fonction de recherche « Related Articles ». Une recherche additionnelle concernant les recommandations pour la prise en charge de ces patients a été réalisée sur les site des sociétés savantes d'urologie, de neurologie et de sexologie comme l'American Urological Association, l'European Urological Association, l'Association Française d'Urologie, l'European Academy of Neurology, l'International Society for Sexual Medicine et la Bristish Society for Sexual Medicine.


Collecte et analyse des données


Sélection des études


Les auteurs de la revue (HR et RH) ont examiné de façon indépendante les titres et les résumés issus de la recherche bibliographique. Le texte intégral des articles a été obtenu pour tous les titres qui semblaient répondre aux critères d'inclusion ou pour lesquels il y avait des incertitudes. Les auteurs de l'étude ont ensuite passé en revue l'ensemble des articles et déterminé de façon indépendante s'ils répondaient aux critères d'inclusion. Les désaccords ont été résolus par la discussion. Les raisons d'exclusion des articles ont été consignées. La Figure 1 résume ce processus de sélection.


Figure 1
Figure 1. 

Diagramme de sélection des articles.




Extraction des données


Les données ont été extraites indépendamment (HR et RH) à l'aide d'un tableur standard, qui recueillait les informations sur le type d'étude, la population, la prévalence des DS, les facteurs associés aux DS, leur évaluation et leur traitement. Un résumé est présenté dans la section des résultats (Tableau 1, Tableau 2, Tableau 3, Tableau 4 respectivement).


Résultats


Sélection des études


Un diagramme résumant le processus de recherche et de sélection des articles est présenté par la Figure 1. Sur les 199 articles examinés après exclusion des doublons, 86 articles ont été étudiés dans leur texte intégral. Au total, 40 études ont été inclues dans l'analyse finale. Parmi elles, de façon non exclusive, 16 évaluaient la prévalence des DS chez les patients avec TC [3, 6, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18, 19, 20, 21, 22, 23, 24], 9 chez les couples ou les partenaires [25, 26, 27, 28, 29, 30, 31, 32, 33], 23 les facteurs associés aux DS [3, 6, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18, 19, 20, 21, 22, 23, 24, 26, 28, 31, 32, 34, 35, 36, 37, 38, 39] et seulement 4 les traitements des DS [40, 41, 42, 43].


Prévalence des DS chez les patients avec un TC


Au total, 25 études estimaient la prévalence de ces troubles chez les patients avec TC ou leur partenaire, parmi lesquelles 13 études transversales [11, 12, 13, 14, 15, 18, 20, 22, 27, 28, 29, 30, 33], 8 cas-témoin [3, 6, 16, 21, 23, 24, 25, 31], 3 de cohorte [17, 26, 32] et une étude de cas [19] (Tableau 1). La prévalence des DS varie de 6 % à 83 % chez les TC modérés à sévères : diminution du désir et/ou de l'excitation, de la fréquence des rapports sexuels (RS), dysorgasmie et dysfonction érectile (DE), allant du plus au moins fréquemment rapporté. Seules 3 études rapportaient la survenue de comportements sexuels inappropriés après un TC [17, 19, 22].


En fonction de la gravité du TC


Seule une étude portait sur des TC légers (perte de connaissance initiale<15min), et rapportait 58 % de DS dont 53 % de diminution du désir et 42 % de DE [14]. Trois études [18, 22, 31] portaient uniquement sur des TC sévères (GCS<9), dont une sur les comportement sexuels inappropriés [22], dont la prévalence est estimée à 8,9 %, avec dans la majorité des cas des paroles à caractère sexuel. Si Quintard et al. rapportaient une insatisfaction sexuelle chez 68 % des patients [18], sans plus de précisions sur le type de DS, Bivona et al. relataient une diminution du désir et de la fréquence des RS chez les patients et leur partenaire [31]. Les autres études incluaient tous les degrés de sévérité de TC, avec une majorité de TC modérés à sévères.


En fonction du délai d'évolution du TC


Une seule étude évaluait les DS à la phase subaiguë (6 semaines) du TC [15], les autres études étant réalisées à 1 an ou plus du TC : 3 à 1 an [20, 32, 36], 4 à plus d'1 an [3, 6, 9, 11], 7 à plus de 2 ans [12, 14, 16, 21, 31, 33, 35] et 2 à plus de 5 ans [13, 18]. À 6 semaines du TC, seulement14 % des patients rapportaient une DS, principalement une DE pour ceux en couple et une diminution du désir pour les célibataires, mais il est possible qu'à cette phase les patients aient d'autres préoccupations [15]. À un an ou plus du TC : 24 % (20) à 86 % (16) des patients signalaient une diminution du désir, 47 % (13) à 62 % (20,32) une diminution de la fréquence des RS et environ 29 à 40 % avaient une dysorgasmie [13, 20]. Une seule étude a rapporté de manière prospective l'évolution des DS entre 6 et 12 mois d'un TC modéré à sévère [34]. Hormis l'excitation qui s'améliorait, il n'existait pas de différence significative pour la satisfaction sexuelle, les fantasmes, les expériences sexuelles ou l'orgasme.


En fonction du sexe


Onze études [3, 6, 12, 13, 17, 18, 20, 21, 22, 23, 34] portaient sur les DS chez les femmes avec un TC, mais sept études ne faisaient pas de distinction hommes-femmes [3, 12, 13, 18, 21, 23, 34] et une seule avait inclus exclusivement des femmes [6]. La prévalence globale de DS allait de 35 (20) à 83 % (6), avec, par ordre de fréquence : diminution du désir ou de l'excitation, trouble de la lubrification, diminution de la satisfaction sexuelle, dysorgasmie et dyspareunie [6]. Cette prévalence de DS n'était pas significativement différente chez les femmes sans TC dans une étude [24]. Dix-sept études portaient sur les hommes [11, 14, 15, 16, 24, 31] dont 6 de manière exclusive [3, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18, 19, 20, 21, 22, 23, 24, 26, 27, 28, 29, 30, 31, 32, 33]. La prévalence globale allait de 58 % (14) à 100 % (16), avec, par ordre de fréquence : de 62 % (11) à 86 % (16) une diminution de la fréquence des RS, 24,2 % (20) à 57 % (11) une DE, plus d'un tiers une dysorgasmie [11, 16]. Yang et al. retrouvaient une incidence de DE significativement plus importante dans la population TC, que dans la population générale [24]. Deux études ont retrouvé une insatisfaction sexuelle plus importante chez les hommes que chez les femmes après un TC [18, 20]. Les hommes avaient tendance à avoir plus de comportements sexuels inappropriés que les femmes [17, 22].


Les DS chez les partenaires


La prévalence des DS chez les partenaires variait de 9 % (27) à 20 % (29), avec le même éventail de troubles que ceux constatés chez les patients : diminution du désir, de l'excitation, DE, dysorgasmie. Si dans certaines études les partenaires rapportaient moins de DS (9 %) que les patients (50 %) [28] et notamment moins de trouble de la lubrification [33], d'autres alléguaient le contraire, comme dans le travail de Garden et al., où 64 % des partenaires femmes rapportaient une dysorgasmie après le TC de leur conjoint, contre 50 % des femmes ayant eu un TC [27]. Les couples signalaient tous une diminution de la fréquence des RS, avec jusqu'à 78,6 % des couples n'ayant plus de RS depuis le TC [28].


Facteurs associés aux DS


Parmi les 23 études évaluant les facteurs associés aux DS, seules 9 utilisaient des modèles multivariés pour déterminer l'indépendance de cette association[6, 13, 18, 23, 24, 32, 35, 36, 38] (Tableau 2). Ainsi, l'état de santé physique perçu (p <0,001) [13], la participation sociale (p <0,001) [36], l'âge (p ≤0,01) [6, 18, 23, 32, 35, 38], la gravité du TC (p ≤0,002) [18, 24, 36], le délai d'évolution (p =0,01) [6, 35], la dépression (p <0,001) [35, 38], l'anxiété (p <0,001) [38] et la fatigue (p =0,042) [23] étaient des facteurs indépendants de DS. Le sens de l'association entre sexe et DS était variable en fonction de ces études, avec parfois le sexe masculin [18] ou féminin [23, 36] retrouvés comme facteur de risque de DS. Seule une étude prenait en compte la iatrogénie, et il faut noter l'absence d'association entre prise d'antidépresseur et DS quand la relation était ajustée sur la dépression [35]. Concernant les facteurs associés aux DS chez le partenaire, étaient retrouvés en analyse univariée : l'âge et le fonctionnement sexuel du patient [32] et l'anxiété et la dépression [28] chez le partenaire.


Outils d'évaluation des DS


Un total de 16 outils standardisés a été utilisé pour évaluer les DS dans les études inclues (Tableau 3). Parmi ces méthodes d'évaluation, le Brain Injury Questionnary of Sexuality (BIQS), utilisé dans 3 études [21, 32, 35] a été validé dans une population de TC. Il est utilisable chez les hommes et les femmes, mais il n'est pas normé et n'est pas validé en Français. Le BIQS est un auto-questionnaire se composant de 3 items : Fonctionnement sexuel (8 questions), Qualité de la Relation et Estime de Soi (5 questions), Humeur (2 questions). Il s'agit d'une version améliorée du Sexual Questionnaire (Cronbach α=0,92), adapté du Psychosexual Assesment Questionnaire (PAQ), qui s'il n'est pas validé, a été créé pour une population de TC [11, 13]. Le BIQS a de bonnes propriétés psychométriques avec une bonne cohérence interne (Cronbach α=0,81-0,94) et une bonne validité convergente comparée au Derogatis Interview for Sexual Functioning-Self Report Version (DISF-SR). Un autre questionnaire, l'Overt Behavior Scale (OBS), a été validé dans cette population [44], mais s'intéresse aux comportements sexuels inappropriés et n'a été utilisé que dans une seule étude [22]. Les autres questionnaires n'ont pas été validés dans une population de TC, mais le Sexual Adjustement Questionnaire (SAQ) et le Sexual Interest and Satisfaction (SIS) ont été validés dans une population de médullolésés. Quand un questionnaire standardisé n'était pas utilisé, les auteurs avaient fait le choix d'entretiens non structurés, semi-structurés, de questionnaires non publiés ou d'utilisation de codes de la CIM-10 [14, 23, 24, 25, 26, 29, 30, 45].


Traitement des DS


Aucune recommandation émanant de différentes sociétés savantes concernant le traitement des DS chez les patients avec TC n'a été retrouvée. Les recommandations spécifiques de neuro-sexologie n'abordaient que les aspects cliniques et d'évaluation de ces patients [46]. Dans un article de revue, Denys et al. rapportaient des recommandations globales, comme la nécessité de traiter les troubles vésicosphinctériens et anorectaux avant d'envisager un traitement des DS [47]. Quelques articles (Tableau 4) évaluaient de façon spécifique des traitements des DS chez les TC, mais il s'agissait pour la majorité de séries de cas [40, 41, 42]. Une étude non randomisée rapportait les résultats de l'ajout de Miansérine chez 17 patients avec une DS sous Inhibiteur de la Recapture de la Sérotonine, consistant en une éjaculation retardée pour 70,5 % d'entre eux. À 2 mois, tous les patients avec une éjaculation retardée avaient une normalisation de leur éjaculation. Enfin, même si des essais thérapeutiques manquent dans cette indication et cette population, deux équipes ont développé des programmes d'éducation sur cette thématique : le programme « You and Me » [48], évalué en 2004 auprès de 37 professionnels et 12 patients après un TC et celui de Sander et al. [49]. Le 1er se composait de 15 modules abordant des thèmes différents autour de la sexualité : définition de la sexualité, des droits sexuels et des comportements inappropriés, les DS sont abordées, ainsi que la contraception, la grossesse et les infections sexuellement transmissibles. Celui de Sander et al. définissait les différentes DS, en expliquait les causes et donnait quelques conseils : en parler avec son médecin, faire un examen gynécologique/urologique, suivre une prise en charge avec un psychologue et/ou un sexologue, planifier les rapports sexuels quand le patient est le moins fatigué, choisir des positions non douloureuses, améliorer les relations sociales. Enfin, il comportait une partie « prévention » et rappellait la nécessité d'avoir une contraception et des RS protégés.


Discussion


Les DS sont fréquentes après un TC, que ce soit chez le patient ou son partenaire. Ces dysfonctions concernent les aspects physiologiques - désir, excitation, lubrification, érection, orgasme, éjaculation - et psychologiques de la sexualité, mais également les troubles du comportement sexuel. Dans cette première revue systématique de la littérature sur le sujet, vingt-cinq études ont évalué la prévalence et vingt-trois les facteurs associés aux DS dans cette population. Il est difficile de comparer toutes ces études, en raison des différences dans leur design, leurs outils d'évaluation, leurs choix de critères de gravité du TC, leurs délais post-TC. De plus, seul un petit nombre d'études utilisait un groupe contrôle permettant d'attribuer au TC la différence de prévalence de DS observée. Enfin, 4 articles non disponibles n'ont pas pu être consultés.


Concernant l'évaluation des DS, il n'existe pas de méthode consensuelle dans cette population, si bien que 16 outils différents ont été recensés. Parmi eux, seuls deux questionnaires ont été spécifiquement validés dans une population de TC, le BIQS-non validé en langue française - et l'OBS, ce dernier étant destiné à l'évaluation des troubles du comportement sexuel. Il s'agissait pour la majorité d'auto-questionnaires, avec de très probables biais subjectif ou de rappel, avec tendance à embellir la vie d'avant [5], ce qui était constaté dans l'étude de Bivona et al. : les patients TC et leurs partenaires avaient une meilleure sexualité avant comparée à celle des contrôles [31]. Le couple est donc impacté par le TC et les partenaires rapportaient les mêmes types de DS que les patients. Les DS dans le couple pourraient être liées à la détérioration de la relation et à un manque de communication [35, 36]. Les partenaires rapportaient également comme raisons aux DS le stress, leur propre fatigue, le changement de comportement et/ou la fatigue du patient ainsi que le sentiment d'être dans une relation de « soignant/aidant » plutôt que dans une relation de couple. D'après une étude qualitative, les facteurs favorisant une meilleure intimité étaient une plus longue relation avant le TC, le temps passé en couple et le fait d'avoir un soutien extérieur (famille, amis) [45].


Au-delà de cette analyse qualitative, plusieurs facteurs étaient associés de façon significative et positive aux DS : l'âge, la gravité du TC, la dépression, l'anxiété et la fatigue. D'autres étaient associés négativement : le délai d'évolution, l'état de santé physique perçu et la participation sociale. D'autres facteurs étaient rapportés comme associés aux DS, mais étudiés uniquement en analyse univariée et donc assujettis à l'existence de facteurs de confusion non pris en compte.


Tout comme pour l'évaluation des DS, concernant le traitement, le consensus fait encore défaut : il n'existe pas de recommandations spécifiques émanant de sociétés savantes et les seules études disponibles dans cette population étaient pour la majorité des séries de cas. En effet, la majorité des articles s'intéressait plutôt aux causes potentielles des DS chez les TC, et au bilan clinique et paraclinique à réaliser [50]. De plus, il existe à l'évidence une discordance entre les croyances des professionnels vis-à-vis des traitements et ce qu'ils proposent effectivement. En effet, dans une étude menée sur l'évaluation des pratiques de 324 professionnels à travers le monde, 54 % pensent que les médicaments, l'éducation, la psychothérapie et/ou la sexothérapie font parties intégrantes du panel thérapeutique. La prise en charge avec un sexologue était également rapportée comme particulièrement intéressante pour aider à améliorer l'image du corps, la prise en charge de la dyspareunie et pour apprendre à être à l'aise avec sa sexualité. Néanmoins, la majorité des centres de rééducation n'ont pas de protocole et/ou de recommandations sur la prise en charge des troubles sexuels des TC : seuls 21,8 % des professionnels utilisaient un protocole [51].


Pourtant, les troubles sexuels sont une source d'insatisfaction majeure après un TC sévère [47]. Selon les études, 67 % [11] à 79 % [16] des patients déclaraient une perte d'estime de soi en lien avec ces difficultés, et 71 % disaient être déprimés [16]. Même si l'évaluation des DS devrait faire partie intégrale de l'évaluation neurologique [52], le praticien se préoccupe le plus souvent de la sexualité lorsqu'elle est inappropriée [16]. Cela ne correspond pas à la demande des patients avec un TC, qui pour 68 % d'entre eux souhaitaient aborder la question de la sexualité lors de la prochaine visite avec le médecin [20]. Néanmoins, 22 % ne parleront des troubles sexuels que si le médecin initie la question et seulement 10 % ne veulent pas aborder la question [20]. Les professionnels semblent également gênés (9,3 %) ou incompétents (29,3 %) pour aborder le sujet et seulement 36 % l'abordent dont 23,6 % de manière systématique dans le cadre du suivi [9, 51]. Lors de l'évaluation d'un programme spécifique de Réadaptation réalisé en Hôpital de Jour du service de MPR de la Pitié-Salpêtrière, pour des patients après lésions cérébrales acquises, le point négatif le plus rapporté était que la sexualité n'était pas abordée dans ce programme [53].


Conclusion


Les dysfonctions sexuelles sont fréquentes après un traumatisme crânien mais restent peu évaluées en pratique clinique. Pourtant, il s'agit d'un aspect crucial de la personne ayant un impact sur la relation avec le partenaire, l'état thymique et la qualité de vie. L'évaluation et la prise en charge des dysfonctions sexuelles devraient faire partie de la prise en charge globale des patients après un TC. Néanmoins, il n'existe pas actuellement d'outil validé en français pour évaluer ces DS, ni de recommandations sur leur traitement.


Déclaration de liens d'intérêts


Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d'intérêts.




Tableau 1 - Fréquence des dysfonctions sexuelles chez les patients traumatisés crâniens ou leur partenaire.
Auteurs, année  Design±durée de suivi  Population  Fréquence des dysfonctions sexuelles 
Patients       
Kosteljanetz M et al., 1981 [14 Transversal, monocentrique  n =19, 100 % hommes, âge moyen : 39 ans. 100 % de TC légers à 47 mois d'évolution  58 % rapportent au moins une DS : 53 % désir, 42 % DE 
Kreutzer JS et al., 1989 [11 Transversal, monocentrique  n =21, 100 % hommes, 76 % mariés, âge moyen : 39 ans. 57 % de TC sévères, à 16,2 mois d'évolution  Pas de prévalence globale des DS. 57 % désir, 14 % désir, 57 % DE, 62 % fréquence des RS, 30 % dysorgasmie 
Sandel ME et al., 1996 [12 Transversal, monocentrique  n =52, 75 % hommes, 33 % mariés ou en couple, âge moyen : 34,6 ans. % de TC sévères inconnu, à 3,7 ans d'évolution  Pas de prévalence globale des DS. Scores pathologiques concernant l'orgasme et le désir 
Kreuter M et al., 1998 [13 Transversal, monocentrique  n =92, 70 % hommes, 58 % mariés ou en couple, âge moyen : 40 ans. 97 % TC sévères, à 9 ans d'évolution  Pas de prévalence globale des DS. 35 % désir, 30 % DE/éjaculation, 40 % dysorgasmie, 47 % fréquence des RS, 26 % n'ont plus eu de RS depuis le TC, 19 % masturbation. 11 % des patients en couples n'étaient pas satisfaits de la composante sexuelle de leur relation 
Aloni A et al., 1999 [15 Transversal, monocentrique  n =44, 100 % hommes, dont 64 % mariés ou en couple, âge moyen : 27 ans. % TC sévères inconnu, à 6 semaines d'évolution  14 % rapportent au moins une DS. Patients célibataires : 18 % trouble du désir, 12 % DE, 59 % trouble de l'éjaculation et 18 % trouble de l'excitation. Patients en couple : 4 % de DE et 7 % de dysorgasmie 
Crowe SF et al., 1999 [16 Étude cas-témoin, monocentrique  n =28 (dont 14 TC), 100 % hommes, âge moyen : 32,4 ans. % TC sévères inconnu, à 47 mois d'évolution  100 % des patients rapportent au moins une DS (sélectionnés sur la présence d'une DS) : 59 % fonction sexuelle, 86 % désir/fréquence RS, 36 % dysorgasmie, 43 % DE. Capacité à créer des images visuelles à caractère sexuel significativement différente des témoins 
Simpson G et al., 1999 [17 Cohorte rétrospective, monocentrique, suivi 10 ans  n =445, 81,6 % hommes, âge moyen : 30 ans. % TC sévères inconnu  6,5 % de l'échantillon ont commis une forme quelconque d'infraction sexuelle : frotteurisme>toucher le corps d'une personne (excluant les parties génitales) sans son consentement>exhibitionnisme> voyeurisme>agression sexuelle. Victimes : membres du personnel médical>public>autres patients avec un TC>membres de la famille 
Quintard B et al., 2002 [18 Transversal, multicentrique  n =79, 75 % hommes, 64 % mariés ou en couple, âge moyen : 40,5 ans. 100 % TC sévères, à 9,2 ans d'évolution  67 % des patients sont insatisfaits de leur vie sexuelle 
Ponsford J et al., 2003 [3 Étude cas-témoin, monocentrique  n =358 (dont 58 % de TC). Cas : 69 % hommes, 50 % mariés ou en couple, âge moyen : 33,6 ans, 77 % TC sévères, entre 1-5 ans d'évolution  Pas de prévalence globale des DS : 54 % fréquence RS, 41 % désir/capacité à maintenir l'excitation, 39 % capacité à satisfaire partenaire, 38 % capacité à initier un RS, 36 % dysorgasmie, 47 % sex appeal . Significativement différent des témoins 
Bianchi-Demicheli F et al., 2010 [19 Étude de cas  Homme de 34 ans, TC dans l'enfance avec atrophie fronto-pariétale  Développement d'une paraphilie attribuée aux séquelles de TC 
Sander AM et al., 2012 [20 Transversale, multicentrique  n =223, 74 % hommes, 26 % mariés ou en couple, âge moyen : 37 ans. 66 % TC sévères, à 1 an d'évolution  Pas de prévalence globale des DS : 55 % fréquence des RS, 15 % altération fantasmes, 28 % altération de l'excitation, 18 % altération des expériences sexuelles et 34 % dysorgasmie, 29,2 % sont insatisfaits sexuellement 
Downing MG et al., 2013 [21 Étude cas-témoin, monocentrique  n =1007 (dont 86 % de TC). Patients : 70,3 % hommes, 32,4 % mariés ou en couple, âge moyen : 34,7 ans, 72,3 % TC sévères, à 3,5 ans d'évolution  Pas de prévalence globale des DS : 54,4 % RS, 40,8 % désir, 36,4 % capacité à initier un RS, 37,8 % capacité à satisfaire leur partenaire, 36,6 % difficultés à maintenir l'excitation et 31,6 % dysorgasmie. Significativement différent des témoins 
Simpson GK et al., 2013 [22 Transversal, multicentrique  n =507, 74 % hommes, 26 % mariés ou en couple, âge moyen : 37 ans. 100 % TC sévères, à 2,2 ans d'évolution  Prévalence des comportements sexuels inappropriés : 8,9 %. Paroles inappropriées>toucher>exhibitionnisme>agression sexuelle 
Goldin Y et al., 2014 [23 Cas-témoin, monocentrique  n =283 (dont 71 % de TC). Patients : 52 % hommes, 19 % mariés ou en couple, âge moyen : 48 ans, % TC sévères inconnu, à au moins 1 an d'évolution  Pas de prévalence globale des DS. Absence de différence de fréquence de RS avec le groupe contrôle 
Strizzi J et al., 2015 [6 Cas-témoin, monocentrique  n =58 (dont 50 % de TC). Patients : 0 % hommes, 65,5 % mariés ou en couple, âge moyen : 36,4 ans, % TC sévères inconnu (tous modérés à sévères), à 18 mois d'évolution  83 % rapportent au moins une DS, non significativement différent des témoins. Différence significative avec pour : désir, excitation, lubrification, orgasme et satisfaction sexuelle 
Yang YJ et al., 2018 [24 Cas-témoin niché dans une cohorte, base de donnée de l'assurance maladie, suivi moyen 2,5 ans  n =290514 (dont 33 % de TC). Patients : 100 % hommes, 65,5 % mariés ou en couple, âge moyen : 36,4 ans, % TC sévères inconnu (tous modérés à sévères), à 18 mois d'évolution  Pas de prévalence globale des DS, données uniquement sur la DE. A la fin du suivi, taux d'incidence de DE : 24,7/100 000 dans le groupe TC vs 19,1/100 000 dans le groupe témoin, significativement différent. Taux d'incidence cumulé sur 10 ans : 0,09 % dans le groupe TC vs 0,07 %, significativement différent 
Partenaires ou couples       
Rosenbaum M et al., 1976 [25 Cas-témoin, monocentrique  n =30 épouses de vétérans (dont 33 % de TC), durée moyenne de mariage de 4,5 ans, âge moyen : 26 ans.  des activités sexuelles et de l'importance d'être une partenaire sexuelle pour leur époux, des "difficultés" sexuelles de leur partenaire. Significativement différent du groupe témoin 
Sabhesan S et al., 1989 [26 Cohorte, monocentrique, durée suivi inconnue  n =34, 82 % hommes, 82 % mariés ou en couple, âge moyen : 31,8 ans. % de TC sévères inconnu, délai d'évolution inconnu  62 % rapportent au moins une DS : 14,7 % comportement sexuel inapproprié, 23 % fréquence des RS, trouble de l'excitation, ou éjaculation prématurée, 38 % déclarent avoir retrouvé leur sexualité d'avant un an après le TC 
Garden FH et al., 1990 [27 Transversal, monocentrique  n =15 couples, durée moyenne de mariage de 11,5 ans. Patients : 73 % hommes, âge moyen : 39,2 ans. % de TC sévères inconnu, à 11,4 mois d'évolution  Couples : 47 % sont insatisfaits, en rapport avec fréquence des RS et désir. Patients : 36 % DE ou de l'éjaculation, 50 % de dysorgasmie. Partenaires : 25 % DE ou de l'éjaculation, 64 % de dysorgasmie 
O'Carroll RE et al., 1991 [28 Transversal, monocentrique  n =36 dont 17 couples, durée moyenne de mariage inconnu. Patients : 83 % hommes, âge moyen : 35,6 ans. 39 % de TC sévères, à 4,1 an d'évolution  50 % des patients et 9 % des partenaires ont une DS 
Gosling J et al., 1999 [29 Transversal, monocentrique  n =18 couples hétérosexuels, durée moyenne de relation 16, 2 ans. Patients : 100 % hommes, âge moyen : 42,1 ans, % de TC sévères inconnu, à 4,1 an d'évolution  Pas de prévalence globale des DS. Partenaires : 39 % désir chez le patient, satisfaction sexuelle comparativement à la période avant le TC, 50 % ressentent les avances des patients comme coercitives au moins une partie du temps 
Wedcliffe T et al., 2001 [30 Transversal, monocentrique  n =14 partenaires, durée moyenne du relation inconnue, 86 % femmes, âge moyen : 39,3 ans. Patients : aucune information  Pas de prévalence globale des DS. 78,6 % des couples n'ont plus de RS 
Bivona U et al., 2016 [31 Cas-témoin, monocentrique  n =40 couples (50 % de cas) hétérosexuels, durée moyenne de relation de 16 ans. Patients : 100 % hommes, âge moyen : 42,1 ans, 100 % TC sévères, à 2,5 ans d'évolution  Pas de prévalence globale des DS désir et fréquence des RS chez les patients et partenaires, masturbation chez patients, comparativement aux témoins 
Sander AM et al., 2016 [32 Cohorte, multicentrique, durée moyenne de suivi inconnue  n =70 couples, durée moyenne de relation inconnue. Patients : 84 % hommes, âge moyen : 45,1 ans, 62 % de TC sévères, à 1 an d'évolution  20 % des partenaires rapportent une DS :
62 % fréquence RS, 34 % désir/importance sexualité, 44 % insatisfaction sexuelle 
Downing M et al., 2018 [33 Transversal, monocentrique  n =55 couples, durée moyenne de relation inconnue. Patients : 74 % hommes, âge moyen : 36,7 ans, 60 % de TC sévères, à 3 ans d'évolution  27,3 % des patients ont une DS : 25,5 % trouble du désir, 21,8 % trouble de l'excitation, 29,1 % trouble de l'orgasme
16,4 % des partenaires ont une DS : 20 % trouble de l'excitation, 16,4 % dysorgasmie ou trouble du désir. Différence significative uniquement sur trouble de la lubrification, plus fréquent chez les patientes que chez les partenaires 



Légende :
DE : dysfonction érectile ; DS : dysfonction sexuelle ; RS : rapport sexuel ; TC : traumatisme crânien.



Tableau 2 - Facteurs associés aux dysfonctions sexuelles chez les patients traumatisés crâniens ou leur partenaire.
Auteurs, année  Facteurs sociodémographiques  Facteurs liés au TC : sévérité, délai d'évolution, localisation des lésions et séquelles  Symptômes neuropsychiatriques 
Kosteljanetz M et al., 1981 [14   Association entre troubles cognitifs sévères et DS (p <0,05)   
Sabhesan S et al., 1989 [26 Sexe masculin associé aux DS (p <0,05). Pas d'association de l'âge ou du niveau d'éducation avec les DS   Absence d'association entre sévérité du TC et DS   Association entre « troubles psychiatriques tardifs » et DS (p <0,01) 
Kreutzer JS et al., 1989 [11     Absence de corrélation entre troubles de l'humeur et DS  
O'Carroll RE et al., 1991 [28 Corrélation positive entre âge et DS chez les patients (p =0,016)  Corrélation négative entre délai d'évolution du TC et éjaculation prématurée (p =0,019) ou évitement des RS (p =0,030) chez les patients. Corrélation positive entre délai d'évolution du TC et insatisfaction sexuelle (p =0,012) chez les patients. Absence de corrélation entre sévérité du TC et DS chez le patient ou son partenaire.   Corrélation positive entre score HAD dépression et DS (p =0,038) chez les patients et les partenaires femmes (p =0,006). Chez les partenaires femmes, corrélation positive entre score HAD Anxiété et DS (p =0,001) 
Sandel ME et al., 1996 [12   Corrélation négative entre délai d'évolution du TC et excitation sexuelle (p =0,039). Absence de corrélation entre DS et sévérité du TC (mesuré par la durée d'APT, le GCS ou l'échelle de Russell modifiée) ou fonction cognitive. Pas d'association entre localisation des lésions et DS. Atteinte du lobe frontal : fantasmes ou pensées liées au sexe (p =0,04). Atteinte hémisphérique droite : excitation (p =0,044) et expériences sexuelles (p =0,026)   
Kreuter M et al., 1998 [13 Association positive entre DS et âge au moment du TC (p <0,01) ou mauvais état de santé perçu (p <0,001) et DS. L'état de santé physique perçu est un facteur indépendant de DS  Association positive entre sévérité du TC mesurée par la GOS (mais pas par la durée d'APT) et DS (p <0,001). Absence d'association entre handicap mesuré par la MIF et DS   Association positive entre dépression mesurée par l'échelle HAD et DS (p <0,001). 
Simpson G et al., 1999 [17 Association négative entre âge au moment du TC et risque d'infraction sexuelle (p <0,001)  Association positive entre sévérité du TC et risque d'infraction sexuelle (p <0,001)   
Quintard B et al., 2002 [18 Association entre âge et sexe masculin à l'insatisfaction sexuelle  Association entre score faible à la GOS et insatisfaction sexuelle   
Ponsford J 2003 [3 Corrélation positive entre âge et DS (p =0,002). Pas de corrélation avec le sexe  Absence de corrélation entre DS et délai d'évolution ou sévérité du TC mesurée par la durée d'APT   Corrélation entre score à l'échelle HADS pour l'anxiété (p <,0001), pour la dépression (p <,0001) et DS 
Sander AM et al., 2012 [20 Association entre sexe féminin et DS concernant les fantasmes (p <0,05) et l'excitation (p <0,01)     
Hanks RA et al., 2013 (même cohorte que Sander et al., 2012) [34   Amélioration de l'excitation à 1 an comparativement à 6 mois d'évolution du TC (p <0,05)   
Downing MG et al., 2013 [21 Association entre âge entre 46-55 ans et DS (p <0,001)     
Ponsford JL et al., 2013 (même cohorte que Downing et al., 2013) [35 Association positive entre âge et DS (p <0,001). Pas d'association avec le sexe   Association entre perte autonomie et DS (p <0,05). Association négative avec le délai d'évolution (p <0,05). Pas d'association entre sévérité du TC mesurée par la durée d'APT et DS   Association entre dépression et DS (p <0,001). Association négative entre estime de soi et DS (p <0,001). 
Sander AM et al., 2013 (même cohorte que Sander et al., 2012) [36 Association entre DS et : âge (p <0,0001), sexe féminin (p =0,01) et participation sociale (p =0,0009)  Association entre sévérité du TC mesurée par le GCS et DS (p =0,002). Pas d'association entre handicap mesuré par la MIF et DS    
Simpson GK et al., 2013 [22 Association négative entre âge au moment du TC (p <0,05) et comportement sexuel inapproprié  Association entre sévérité du TC mesurée par la durée d'APT (p <0,007) et comportement sexuel inapproprié   
Bellamkonda E et al., 2014 [37 Association entre « bas » niveau de revenu (<40 000$/an) et trouble de l'orgasme/éjaculation (p =0,003) ou trouble du désir (p =0,01). Absence de différence pour les catégories employé, chômage ou étudiant      
Goldin Y et al., 2014 [23 Association négative entre sexe féminin et fréquence (p =0,006) et importance (p =0,01) des RS. Association négative entre âge et importance des RS (p =0,008)    Association négative entre fatigue et fréquence des RS (p =0,04) 
Strizzi J et al., 2015 [6 Association positive entre âge et trouble de l'excitation sexuelle (p =0,006), trouble de la lubrification (p =0,005), dysorgasmie (p =0,018) et trouble du désir (p <0,001)  Association négative entre délai d'évolution et trouble de l'excitation sexuelle (p =0,006), trouble de la lubrification (p =0,018), dysorgasmie (p =0,001). Absence d'association entre sévérité du TC évaluée par le GCS et trouble de l'excitation sexuelle, trouble de la lubrification, dysorgasmie ou trouble du désir en analyse multivariée. Absence d'association entre délai d'évolution et trouble du désir    
Bivona U et al., 2016 [31 Pas de corrélation entre âge ou niveau d'éducation et fréquence des RS     Pas de corrélation entre fréquence des RS et anxiété ou dépression  
Sander AM et al., 2016 [32 Fonctionnement sexuel du patient (p <0,01) et âge du partenaire (p <0,01) associé aux DS chez le partenaire  Absence d'association entre DS chez le partenaire et handicap moteur ou cognitif mesuré par la MIF ou participation sociale    
Moreno JA et al., 2017 [38 Association positive entre âge et DS (p =0,00001)    Association positive entre DS et anxiété généralisée (p =0,00004) ou dépression (p =0,00001) 
Moreno JA et al., 2018 [39   Corrélation positive entre comportement sexuel à risque et trouble des fonctions exécutives (p <0,05). Absence de corrélation entre comportement sexuel à risque et gravité du TC mesuré par la durée d'APT, la durée de perte de conscience ou le GCS   Absence de corrélation entre comportement sexuel à risque et anxiété ou dépression  
Yang YJ et al., 2018 [24   Association entre sévérité du TC et dysfonction érectile (p <0,001)   



Légende :
En gras : les associations significatives en analyse multivariée ; en italique : les associations non significatives ; APT : amnésie post-traumatique ; DS : dysfonction sexuelle ; GCS : Glasgow coma scale ; GOS : Glasgow outcome scale ; TC : traumatisme crânien



Tableau 3 - Outils utilisés pour l'évaluation des dysfonctions sexuelles chez les patients traumatisés crâniens ou leur partenaire.
Nom de l'outil  Études utilisant l'outil  Outil validé pour l'évaluation des DS  Validation dans une population de TC/neurologique 
American Medical Association's Self-Evaluation of Sexual Behavior and Gratification (AMAS-ESBG)  [27 Outil non retrouvé   
Brain Injury Questionnary of Sexuality (BIQS)a  [21, 32, 35 Oui  Oui par Stolwyk RJ et al., 2013 
Derogatis Interview for Sexual Function (DISF)  [12, 20, 32, 34, 36, 37 Oui  Non/Non 
Derogatis Interview for Sexual Function- Self Reported (DISF-SR)  [20, 32, 33, 34, 36, 37 Oui  Non/Non 
Female Sexual Functioning Index (FSFI)  [6 Oui  Non/Non 
Life satisfaction questionnaire, item satisfaction vie sexuelle  [18 Non  Non/non 
Golombok Rust Inventory of Sexual Satisfaction (GRISS)  [28, 29 Oui  Non/non 
Index of Sexual Satisfaction (ISS)  [6 Oui  Non/Non 
Overt Behavior Scale (OBS)  [22 Oui  Oui par Kelly G et al., 2016 
Psychosexual Assessment Questionnaire (PAQ)  [11, 15, 16, 21 Non  Non, mais création dans une population de TC par Kreutzer JS et al., 1989 
Sexual adjustement Questionnaire (SAQ)  [13 Oui  Non/Oui, population de médullo-lésés 
Sexual Desire Inventory (SDI-2)  [6 Oui  Non/Non 
Sexual Interest and Satisfaction (SIS)  [13 Oui  Non/Oui, population de médullo-lésés 
Sexual Quality of Life Questionnaire (SQoL)  [6 Oui  Non/Non 
Sexuality Evaluation Schedule Assesment Monitoring (SESAMO)  [31 Oui  Non/Non 
Vivdness of sexual imagery scale of the imaginal processes inventory (VSISIPI)  [16 Non  Non/Non 
Entretien non structuré, semi-structuré, questionnaire non publié ou utilisation de codes CIM-10  [14, 23, 24, 25, 26, 29, 30, 45    



Légende :
DS : dysfonctions sexuelles ; TC : traumatisme crânien.

[a] 
Outil adapté par les auteurs de l'étude.


Tableau 4 - Traitement des dysfonctions sexuelles chez le patient traumatisé crânien.
Auteurs, année  Design  Population et type de DS  Type de prise en charge  Éfficacité et tolérance 
Zencius A et al., 1990 [39 Série de cas  Comportement sexuel inapproprié chez 3 patients  Psycho-comportementale  Absence d'évaluation statistique, amélioration clinique dans les 3 cas 
Dolberg OT et al., 2002 [42 Étude non randomisée  Dysfonction sexuelle (70,5 % éjaculation retardée, 23 % libido, 12 % DE, 6 % anorgasmie) chez 17 patients sous ISRS  Ajout de Miansérine de 7,5 à 15mg/jour  Absence d'évaluation statistique, 88 % d'amélioration à 2 mois, dont 59 % (toutes les éjaculations retardées) avec une disparition des symptômes de DS. Effets secondaires dans 35 % des cas : vertiges, sécheresse buccale 
Simpson G et al., 2003 [40 Cas clinique  Éjaculation prématurée chez 1 patient  Psycho-comportementale (sexologue), anesthésique locale  Amélioration 
Simpson GK et al., 2016 [41 Série de cas  Éjaculation retardée (1 cas) et dysfonction érectile (1 cas)  Psycho-comportementale (sexologue), médicamenteuse  Absence d'évaluation statistique, amélioration clinique dans les 2 cas 



Légende :
DE : dysfonction érectile ; DS : dysfonction sexuelle ; ISRS : inhibiteur sélectif de recapture de la sérotonine ; TC : traumatisme crânien.


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