Dysfonction érectile après prostatectomie radicale : intérêt de la programmation des injections intracaverneuses avant l'intervention.

16 juillet 2001

Mots clés : prostatectomie radicale, complication iatrogène, dysérection, Injection intra-caverneuse
Auteurs : Lebret T, Hervé JM, Yonneau L, Colau A, Kassardjian Z, Barré P, Lugagne-Delpon PM, Botto H
Référence : Prog Urol, 1999, 9, 483-488
BUTS : Les drogues vaso-actives utilisées en auto-injections intracaverneuses sont actuellement les traitements de référence de la dysfonction érectile après prostatectomie radicale. L'acceptabilité et l'observance de cette thérapeutique freinent souvent leur utilisation. Cette étude a pour but d'analyser ces deux paramètres en fonction du type de prise en charge andrologique décidée avant la prostatectomie radicale.
MATÉRIEL ET MÉTHODES : De janvier 1996 à janvier 1997, 45 patients de 52 à 69 ans, sexuellement actifs, devant subir une prostatectomie radicale sans préservation des nerfs érecteurs, pour cancer localisé de la prostate, ont été inclus dans cette étude prospective. Avant l'intervention les 45 patients ont tous été informés du risque de dysfonction érectile après prostatectomie radicale. Quinze patients (groupe 1) n'ont pas reçu de consignes particulières pour la prise en charge de la dysfonction érectile après la prostatectomie radicale. En fonction de leur plainte, ils étaient orientés ou non vers la consultation d'Andrologie. Quinze patients (groupe 2) ont eu à titre systématique une consultation andrologique trois mois après la prostatectomie radicale pour information sur les traitements proposés. Pour 15 patients (groupe 3) la consultation andrologique (3 mois après l'intervention), avait été programmée avant la prostatectomie radicale pour réaliser une injection test de prostaglandine E1. Les injections (prévues avant l'intervention) s'inscrivaient alors, pour ce groupe 3, dans la prise en charge globale du cancer de prostate . Tous ces patients ont été suivis pendant au moins 1 an en consultation d'urologie.
RÉSULTATS : Seuls 7 patients sur les 15 du groupe 1 ont consulté en Andrologie. Parmi ces patients, 5 ont reçu une injection intracaverneuse test contre 14 dans le groupe 2 et 15 dans le groupe 3. Les 5 patients de ce groupe 1 ayant reçu l'injection intracaverneuse l'ont acceptée comme traitement contre 8 dans le groupe 2 et 12 dans le groupe 3. Après un an, respectivement 4, 5 et 9 patients dans les groupe 1, 2 et 3 continuent les injections intracaverneuses.
CONCLUSION : La prise en charge de la dysfonction érectile après prostatectomie radicale commence dès la décision opératoire. L'incitation préopératoire systématique à utiliser les injections intracaverneuses après prostatectomie radicale permet d'améliorer l'accès à ce traitement de l'impuissance. L'acceptabilité, et surtout l'observance, semblent être supérieures chez les patients pour qui les injections intracaverneuses ont été intégrées comme faisant partie du traitement global de leur cancer de prostate.