Devenir vésicosphinctérien et anorectal des enfants ayant un lipome du cône. Analyse rétrospective sur 114 cas

25 avril 2012

Auteurs : A. Guinet, G. Audry, M. Zerah, V. Forin
Référence : Prog Urol, 2012, 5, 22, 291-300




 




Introduction


Les dysraphismes spinaux ont une prévalence de 0,05 à 0,25 pour 1000 naissances. Ils regroupent l’ensemble des anomalies de fermeture sur la ligne médiane du rachis, de la peau au corps vertébral. Le lipome du cône fait partie des dysraphismes spinaux fermés, la malformation médullaire se développant alors que le revêtement cutané est présent. La physiopathologie expliquant la formation des lipomes du cône est imparfaitement élucidée, mais résulterait en partie d’une anomalie de la différentiation du mésoderme dorsal [1].


Le diagnostic est réalisé facilement dès la naissance devant des anomalies cutanées lombosacrées, chez un nouveau-né pouvant être asymptomatique par ailleurs. En l’absence de signes cutanés, il est plus difficile, orienté par l’apparition progressive d’un dysfonctionnement vésicosphinctérien et/ou neuro-orthopédique révélateur.


Chez le petit enfant, avant l’âge de la propreté, les conséquences neurologiques urinaires et/ou anorectales peuvent être difficiles à diagnostiquer.


Le traitement des lipomes du cône est controversé. Deux attitudes neurochirurgicales s’opposent. Certaines équipes réalisent une neurochirurgie systématique d’emblée ou, comme c’est le cas dans notre équipe pluridisciplinaire, secondairement lors d’une décompensation neurologique, en rapport avec une moelle attachée basse fixée, tendue ou comprimée [2].


Afin d’essayer de préciser la prise en charge diagnostique, thérapeutique, la surveillance et le devenir des enfants ayant un lipome du cône, nous avons réalisé une étude rétrospective.


Patients et méthodes


Type d’étude


Étude rétrospective, monocentrique, avec analyse de dossiers médicaux. Unité pédiatrique de médecine physique et de réadaptation (MPR) et explorations fonctionnelles neuro-urologiques, hôpital Trousseau pédiatrique, Paris, France.


Patients et méthodes


Deux cent quatre-vingt-onze enfants (âge<18ans au moment du diagnostic) sont actuellement suivis dans notre unité pour dysraphisme ouvert (myéloméningocèle) ou fermé (lipome du cône, diastématomyélie, filum court et/ou lipomateux). Cent seize enfants (39,8 %), nés de 1986 à 2009 et suivis de 1993 à juillet 2010, avaient un lipome du cône opéré ou non. Deux patients ont été sortis de cette revue du fait de données manquantes.


Diagnostic clinique


Le diagnostic devait être certain, fondé sur des stigmates cliniques cutanés, neuro-orthopédiques ou vésicosphinctériens/anorectaux. Une imagerie par résonance magnétique était réalisée au moment du diagnostic, en préopératoire ou dans l’enfance pour confirmer le type de dysraphisme. Ont été recueillis, la date de la première consultation dans notre unité, la date du diagnostic (anté- ou post-natal), les anomalies génétiques ou viscérales associées, les symptômes vésicosphinctériens et anorectaux, la continence anorectale et vésicale, l’évolution de ces signes en postopératoire, les indications opératoires et l’âge au moment de la neurochirurgie, les explorations complémentaires réalisées en pré- et postopératoire, l’efficacité des traitements à visée digestive/urinaire (chirurgie urologique associée ou non).


Symptomatologie clinique


Tous les signes cliniques recueillis (neuro-orthopédique, vésicosphinctérien et anorectaux) ont été classés en items à réponse binaire oui/non (Annexe).


Le mode mictionnel (spontané, sondages intermittents, médicaments à visée urinaire ou sonde à demeure) était noté, en pré-, postopératoire et chez les enfants non opérés.


La continence des enfants aux sondages intermittents était évaluée par le score validé d’incontinence de Schulte-Baukloh [3] (Annexe), celle des enfants en miction spontanée évaluée par une règle binaire (oui/non) en fonction de l’existence de fuites.


Les examens complémentaires à visée urinaire réalisés en pré- ou postopératoire neurochirurgical étaient répertoriés :

catalogue mictionnel : nombre de mictions par jour et/ou nuit, importance des fuites, volume en millilitre uriné ou sondé ;
bilan urodynamique (BUD) associant une cystomanométrie et une débitmétrie interprétées selon les recommandations de l’International Children Continence Society (ICCS) [4]. Le BUD était orienté par la clinique (syndrome d’hyperactivité vésicale clinique/infections urinaires fébriles/dysurie) analysant le régime des pressions vésicales (hyperactivité détrusorienne [HAD] et/ou des troubles de la compliance). La débitmétrie recherchait l’existence ou non d’une dysurie et/ou d’une dyssynergie vésicosphinctérienne grâce au recueil de l’électromyogramme périnéal par électrodes collées de part et d’autre de la marge anale ;
échographie rénovésicale (ECRV), régulière dans le cadre du suivi des neurovessies, recherchait un retentissement sur le haut appareil urinaire, sur la paroi vésicale ou un résidu post-mictionnel rapporté au volume prémictionnel [5] ;
cystographie rétrograde (CGR) objectivait un éventuel reflux vésico-urétéral (RVU) lors de l’existence de pyélonéphrites ou de malformation urologique associée.


L’efficacité des traitements à visée de continence urinaire ou fécale était analysée en fonction de critères cliniques recueillis lors des consultations de suivi :

sur le plan anorectal : nombre de selles par semaine, existence d’une encoprésie, consistance des selles (score de Bristol [6]–Annexe), existence de douleurs défécatoires ou de douleurs abdominales par semaine, permettant de classer l’incontinence fécale selon les critères de Pena [7] ;
sur le plan urinaire (normes ICCS) : persistance d’urgenturie après l’âge de cinq ans, de pollakiurie diurne et/ou nocturne avec ou sans fuites, nombre d’infections urinaires fébriles ou non [4].


Indications opératoires neurochirurgicales


Les indications opératoires du lipome du cône ont été répertoriées en fonction des manifestations cliniques associées au dysraphisme (Tableau 1).


Résultats


Le diagnostic de lipome du cône était rarement réalisé en anténatal (Tableau 2). Une combinaison de symptômes cutanés était associée au lipome du cône médullaire (31,4 %) (Tableau 3).


Sept enfants (6 %) avaient une anomalie génétique associée au dysraphisme (Tableau 2) : syndromes de Currarino (trois enfants), de Prader-Willi (un enfant), des pathologies du type neurofibromatose de type 1 (deux enfants) et un syndrome de Cantrell et Crittenden par anomalies de développement du mésoderme au cours de l’embryogenèse (un enfant).


Données épidémiologiques


Les Tableau 2, Tableau 4 décrivent les données épidémiologiques utiles.


Vingt-huit enfants sur les 77 opérés (36,4 %) avaient eu une consultation spécialisée dans notre unité avant la neurochirurgie avec un délai moyen entre la consultation et la date opératoire égal à 1,7±2,2ans. Nous les suivons toujours dans notre unité. Les 49 enfants restants (63,6 %) n’avaient été vus dans notre service qu’après la neurochirurgie avec un délai moyen entre la date opératoire et notre consultation égal à 2,1±2,9ans.


Les indications détaillées des reprises neurochirurgicales sont rapportées dans le Tableau 1. Le délai moyen de reprise entre deux chirurgies était de 2,6±4,3ans.


Quarante-quatre enfants (57,1 % des enfants opérés) avaient été opérés devant l’existence d’une vessie neurologique (compliquée ou non) isolée ou associée à d’autres symptômes. Trente-trois enfants (42,9 %) ont été opérés pour une indication autre que vésicosphinctérienne.


Cinq enfants (4,4 % des enfants inclus) étaient en attente de chirurgie.


Données vésicosphinctériennes : 32 patients non opérés


Le Tableau 5 met en évidence le mode mictionnel et la continence urinaire.


Trente et un des enfants non opérés (96,9 %) étaient en miction spontanée.


Quatre d’entre eux (13 %) avaient cependant des troubles mictionnels (fuites sur hyperactivité vésicale [un cas], sur incompétence sphinctérienne [un cas], incontinence urinaire mixte [un cas]).


Le Tableau 6 met en évidence les bilans uronéphrologiques réalisés en préopératoire, postopératoire et en l’absence de neurochirurgie au moment du recueil.


Tous les enfants non opérés (100 %) avaient eu une ECRV annuelle, avec un haut appareil normal.


Données vésicosphinctériennes : 77 patients opérés


Le Tableau 5 met en évidence que la pratique des sondages intermittents en postopératoire était réalisée dans 48 % (37 enfants), par rapport à 6,5 % (cinq enfants) en préopératoire.


Le Tableau 6 présente les résultats des BUD. Vingt et un enfants (27 %) avaient eu un BUD en préopératoire, qui était pathologique dans 62 % des cas (13 enfants) avec une dyssynergie vésicosphinctérienne à la débitmétrie et une HAD à la cystomanométrie, non modifiée en postopératoire.


Seize enfants (20,7 %) avaient eu une CGR en préopératoire, anormale dans 62,5 % des cas (RVU dans neuf cas, vessie de lutte diverticulaire dans un cas).


Chirurgie urologique associée


Neuf enfants sur les 114 inclus (7,9 %) avaient eu une chirurgie urologique (Tableau 4).


Un enfant avait également bénéficié d’une infiltration détrusorienne par de la toxine botulinique dans le cadre du traitement de sa vessie hyperactive réfractaire au traitement par anticholinergiques.


La chirurgie urologique était indiquée :

dans cinq cas pour améliorer la continence et protéger le haut appareil urinaire, dans un contexte de pronostic rénal engagé (RVU à la CGR mal toléré avec pyélonéphrites aiguës dans quatre cas, insuffisance rénale débutante dans un cas) ;
dans quatre cas, pour améliorer la continence seule, le pronostic rénal n’étant pas engagé.


L’âge moyen au moment de la chirurgie urologique était de 8,6ans (SD : 5,5ans).


Données anorectales


Le Tableau 7 met en évidence les symptômes anorectaux et les traitements associés.


Avant la neurochirurgie, près de 50 % des enfants présentaient une constipation.


Onze enfants (14,3 %) présentaient une incontinence fécale par débordement ou pseudo-incontinence.


Soixante-dix-sept pour cent des traitements mis en place en postopératoire étaient efficaces.


Discussion


Les troubles vésicosphinctériens étaient fréquents et souvent associés aux dysraphismes occultes et notamment au lipome du cône [8]. Il est difficile, à l’heure actuelle, de faire la part entre le normal et le pathologique en particulier chez l’enfant de moins de trois ans, dans des domaines aussi spécifiques que sont la neuro-urologie.


La collaboration entre neurochirurgiens et neuro-urologues était indispensable [9] en pré- et postopératoire pour dépister une éventuelle vessie neurologique. Dans la littérature, un tiers des enfants avec myéloméningocèle dégradaient leur rein pendant la première année de vie [10].


Le suivi en neuro-urologie du lipome non opéré permettait d’affiner l’indication opératoire neurochirurgicale que ce soit en sa faveur ou sa défaveur.


Dans 60 % des cas, l’indication neurochirurgicale dans notre cohorte était une vessie neurologique compliquée ou non d’un RVU, d’une hydronéphrose ou d’une symptomatologie infectieuse (pyélonéphrite).


Les méthodes d’évaluation de ces troubles urinaires en accord avec l’ICCS [4, 11] étaient le catalogue mictionnel et l’ECRV utilisés en première intention pour la surveillance néphro-urologique des enfants opérés ou non, confirmant les données de la littérature [5]. Au BUD, nous avions souvent retrouvé des anomalies type HAD, en accord avec la littérature, la lésion dysraphique étant située au niveau du cône médullaire [12]. La compliance était souvent normale, un trouble pouvant être masquée par une HAD non traitée [13]. Il n’existe pas de valeur de référence de compliance normale en pédiatrie [4], l’interprétation de la forme de la courbe obtenue lors de la cystomanométrie étant primordiale.


La continence urinaire passait par des procédures de prise en charge invasives telles que l’introduction des sondages urinaires associée ou non à l’obtention d’un réservoir capacitif à basse pression, par des moyens médicamenteux puis chirurgicaux. En cela, nos résultats confirmaient ceux de la littérature [9, 14]. Les sondages urinaires étaient réalisés dans le cadre d’une éducation thérapeutique de la famille pour l’enfant de moins de huit ans. Ce soin, quand il était bien intégré dans le quotidien et de procédure simplifiée, était rarement perçu comme un fardeau par les parents que ce soit dans notre expérience ou dans la littérature [15].


Quand les procédures médicales étaient insuffisantes, la chirurgie urologique était nécessaire pour corriger deux anomalies : un défaut du réservoir vésical de trop faible capacité et/ou une insuffisance sphinctérienne majeure.


Les interventions urologiques « ouvertes » modifiaient définitivement l’anatomie de l’organe qu’elles visaient à réparer :

l’agrandissement de vessie par une entérocystoplastie ;
les cervicoplasties du col.


Au début de notre expérience, les enfants obtenaient un réservoir vésical capacitif par chirurgie d’agrandissement plus ou moins associée à un rétablissement des pressions de clôture, souvent indiquées dès cinq ans, âge où la continence sociale devenait importante [16].


Depuis 2000, l’injection endoscopique de toxine botulique intradétrusorienne était indiquée en cas d’inefficacité ou d’intolérance aux anticholinergiques. Elle corrigeait l’hyperactivité vésicale pour une durée de six à neuf mois voire beaucoup plus.


Elle pouvait être partiellement efficace, comme c’était le cas chez un de nos patients, imposant une chirurgie urologique de continence et/ou de protection du haut appareil urinaire. À long terme, on ne sait encore quel pourcentage de patients développera un trouble de la compliance malgré le traitement par toxine botulique, qui nécessiterait secondairement une entérocystoplastie d’agrandissement.


La continence était souvent évaluée après l’injection de toxine botulique. Lors d’incontinence persistante à l’effort, une injection endoscopique péri-urétrale de dextronanomère visait à renforcer les pressions périphériques [17]. Elles évitaient les cervicoplasties, mais leur succès était inconstant avec des résultats similaires à ceux retrouvés dans la littérature. Dans 40 % des cas, il fallait renouveler l’injection.


Comme dans la littérature internationale, nous proposons, dans un premier temps, d’associer les anticholinergiques à dose maximale tolérée efficace et les sondages urinaires intermittents. Chez les patients non répondeurs ou intolérants à cette thérapeutique médicamenteuse, la pratique d’injections de toxine botulinique intradétrusorienne semble être une alternative à une chirurgie urologique définitive [13]. L’entérocystoplastie d’agrandissement peut cependant rester indiquée et avec d’excellents résultats à long terme [18].


Les symptômes anorectaux associés aux dysraphismes spinaux sont décrits dans la littérature mais peu d’auteurs s’intéressent à leurs diagnostic et prise en charge [19]. La majorité de nos enfants avaient une pseudo-incontinence par débordement du fait d’une stase stercorale liée à des difficultés d’exonération. La stase stercorale était secondaire à une diminution de la motricité colique et à l’existence de troubles sensitifs du canal anal à l’origine d’une absence congénitale de signal défécatoire [7]. La majorité des enfants porteurs de lipome du cône étaient constipés dès les premiers mois de vie, constipation qui n’a jamais été une indication neurochirurgicale. Ramollir les selles chez le nourrisson permettait d’éviter toute douleur défécatoire à l’origine d’un anisme. L’éducation à la propreté se faisait alors à l’âge normal en dehors de tout contexte douloureux donnant une chance à l’enfant d’obtenir une continence fécale spontanée. Nous ne proposions les lavements coliques rétrogrades réguliers qu’en cas d’échec. Nous n’avons jamais eu à envisager des lavements antérogrades [Malone] du fait de très bons résultats sur la continence fécale [20].


Conclusion


Le diagnostic de lipome du cône était un diagnostic à ne pas méconnaître et à rechercher, les signes cliniques pouvant être frustres. L’évolution des patients atteints de lipome du cône pouvait être lente : un suivi neuro-urologique et neuro-orthopédique régulier en milieu très spécialisé était nécessaire tout au long de la période pédiatrique.


La description de notre cohorte nous permet de voir que l’existence d’une vessie neurologique est au premier rang pour décider d’une libération médullaire neurochirurgicale.


La difficulté restait alors l’acceptation au long cours des traitements à visée de protection rénale et de continence urinaire et fécale, par les familles puis les enfants devenus adolescents. La continuité du suivi à l’âge adulte passait par des consultations de passage entre les équipes pédiatriques et d’adulte qui devaient harmoniser leurs pratiques.


Déclaration d’intérêts


Les auteurs déclarent ne pas avoir de conflits d’intérêts en relation avec cet article.



Annexe. Matériels complémentaires


(19 Ko)
 Tableau S1 
Tableau S1. 

Signes cliniques recueillis.

(459 Ko)
 S1 
S1. 

Score de Schulte-Baukloh.

(26 Ko)
 S2 
S2. 

Échelle de Bristol.



 Niveau de preuve : 5.
 Ce travail n’a bénéficié d’aucune aide financière et n’a jamais fait l’objet ni d’une communication ni d’une publication.





Tableau 1 - Indications de la chirurgie de lipome du cône.
  VN non compliquée  VN symptomatique (UHN/PNA/RVU)  Neuro-orthopédie  Sinus dermique en préventif  Constipation  Autrea  Indications multiplesb 
  Nombre (%)  Nombre (%)  Nombre (%)  Nombre (%)  Nombre (%)  Nombre (%)  Nombre (%) 
Enfants opérés 1 fois ou indication posée (n =75)  8 (10,7)  8 (10,7)  10 (13,3)  12 (16)  1 (1,3)  7 (9,3)  29 (38,7) 
Enfants opérés>1 fois
1er temps (n =7) 
1 (14,3)  1 (14,3)  3 (42,8)  2 (28,6) 
Enfants opérés>1fois
2e temps (n =7) 
2 (28,6)  1 (14,3)  3 (42,8)  1 (14,3) 
Enfants opérés>1fois
3e temps (n =2) 
2 (100) 



Légende :
VN : vessie neurologique ; PNA : pyélonéphrite aiguë ; UHN : urétéro-hydronéphrose ; RVU : reflux vésico-urétéral.

[a] 
Asymptomatique, augmentation taille lipome, diastématomyélie, syrinx, esthétique.
[b] 
VN±neuro-orthopédie±sinus dermique±constipation.


Tableau 2 - Données démographiques, épidémiologiques et descriptives.
Sexe (n =114)  Âge moyen (ans) au moment du recueil de données (écart-type)  Durée moyenne de suivi (ans) depuis la première consultation (écart-type)  Diagnostic du lipome du cône (% nombre total enfants inclus)
Anténatal
Post-natal 
Nombre de patients avec anomalies génétiques associées au dysraphisme (% nombre total d’enfants inclus) 
63 F–51 M  9,3 (5,2)  6,4 (4)  8 (7)  7 (6) 
      106 (93)   



Légende :
F : féminin ; M : masculin.



Tableau 3 - Symptômes cliniques révélateurs du lipome du cône.
  Lipome sous-cutané  Angiome  Déviation du pli fessier  Sinus dermique  IRM  Autrea  Symptômes multiples 
Lipome sous-cutané  30 (26,3 %)  3 (2,6 %)  7 (6 %)  3 (2,6 %)  11 (9,6 %) 
Angiome    5 (4,4 %)  1 (0,9 %)  1 (0,9 %)  5 (4,4 %)  10 (8,8 %) 
Déviation du pli fessier      1 (0,9 %)  3 (2,6 %)  1 (0,9 %)  9 (7,8 %) 
Sinus dermique        8 (7 %)  2 (1,7 %) 
IRM          11 (9,6 %) 
Autrea            10 (8,8 %)  4 (3,5 %) 



Légende :
Nombre de patients présentant ces symptômes (% nombre total d’enfants inclus=114). Treize inconnus.

[a] 
Appendice caudal, défect cutané coccygien, ombilication, aplasie cutanée, fossette sacrée, touffe poils, pyélonéphrite aiguë vue aux urgences, inégalité de longueur des membres inférieurs, reflux vésico-urétéral, priapisme.


Tableau 4 - Données neurochirurgicales (lipome du cône opéré).
Nombre d’enfants opérés 1 fois
Nombre d’enfants opérés plus d’une fois (% nombre total enfants opérésa
Nombre d’enfants non opérés (% nombre total enfants inclusb Nombre de chirurgies en attente=indication posée (% nombre total enfants inclusb Âge moyen (ans) au moment de la chirurgie lipome du cône (écart-type)  Durée moyenne de suivi (ans) en MPR entre la chirurgie et le recueil de données (écart-type)  Nombre de chirurgies urologiques (entérocystoplastie d’agrandissement±cervicoplastie) associées à la neurochirurgie (% nombre total enfants inclusb
70 (90,9)
7 (9,1) 
32 (28)  5 (4,4)  2,5 (2,8)  7,6 (5,1)  9 (7,9) 



Légende :
MPR : médecine physique et de réadaptation.

[a] 
Nombre total enfants opérés est égal à 77.
[b] 
Nombre total enfants inclus est égal à 114.


Tableau 5 - Mode mictionnel, continence urinaire.
  Miction spontanée  Miction spontanée+Traitement anticholinergique  SPI  SPI+anticholinergique±Deflux col  SPI+TB±Deflux col  SAD  Inconnu ou tt antichol. mal toléré 
  Nombre d’enfants (%)  Nombre d’enfants (%)  Nombre d’enfants (%)  Nombre d’enfants (%)  Nombre d’enfants (%)  Nombre d’enfants (%)  Nombre d’enfants (%) 
  (Continence Oui/Non)  (Continence Oui/Non)  (Score de continence moyen*)  (Score de continence moyen*)  (Score de continence moyen*)     
Non opérés
(n =32) 
31 (96,9)
(27/4) 
1 (3,1)
(0) 
En attente de chirurgie
(n =5) 
4 (80)
(3/1) 
1 (20)
(1/0) 
Avant chirurgie du lipome du cône
(n =77) 
64 (83,1)
(35/28) 
2 (2,6)
(1/1) 
1 (1,3)
(1) 
4 (5,2)
(0) 
1 (1,3)  5 (6,5) 
Après chirurgie lipome du cône et/ou chirurgie urologique associée
(n =77) 
26 (33,8)
(22/4) 
11 (14,3)
(7/4) 
5 (6,5)
(0) 
25 (32,5)
(0-1) 
7 (9)
(0) 
3 (3,9) 



Légende :
SPI : sondages propres intermittents ; TB : toxine botulique ; SAD : sonde à demeure. Score de continence * : de 0 à 3.



Tableau 6 - Bilan uronéphrologique réalisé et résultats.
  ERV réalisé
Oui/Non/? 
Cystomanométrie réalisé
Oui/Non/? 
Débimétrie réalisé
Oui/Non/? 
CGR réalisé
Oui/Non/? 
  Normal/Anormal
(% total oui) 
Normal/Anormal
(% total oui) 
Normal/Anormal
(% total oui) 
Normal/Anormal
(% total oui) 
    Activité détrusor  Compliance     
Non opérés
(n =32) 
29/2/1  5/25/2  5/25/2  5/25/2  4/32/1 
29 (100)/0  3 (60)/2 (40)  5 (100)/0  1 (20)/4 (57,1)  3 (75)/1 (25) 
 
En attente de chirurgie
(n =5) 
5/0/0  2/3/0  2/3/0  2/3/0  0/5/0 
4 (80)/1 (20)  1 (50)/1 (50)  2 (100)/0  2 (100)/0  0/0 
 
Avant chirurgie
(n =77) 
48/16/13  21/50/6  21/50/6  19/52/6  16/56/5 
42 (87,5)/6 (12,5)  8 (38)/13 (62)  17 (81)/4 (19)  7 (36,8)/12 (63,2)  6 (37,5)/10 (62,5) 
 
Après chirurgie lipome du cône et/ou PEC urologique associée
(n =77) 
73/1/3  55/19/3  54/19/4  51/23/3  28/47/2 
68 (93,1)/5 (6,9)  35 (63,6)/20 (36,4)  48 (88,9)/6 (11,1)  39 (76,5)/12 (23,5)  18 (64,3)/10 (35,7) 



Légende :
ERV : échographie rénovésicale ; BUD : bilan urodynamique ; CGR : cystographie rétrograde ; PEC urologique : prise en charge type chirurgie urologique, anticholinergique, toxine botulique detrusor ; CNID : contraction non inhibée du détrusor.



Tableau 7 - Symptômes anorectaux, traitements mis en route et efficacité.
  Constipation  Incontinence fécale vraie  Incontinence fécale par débordement (pseudo-incontinence)  Traitement laxatifs seuls  Traitement lavements rétrogrades±laxatifs 
  Oui  Oui  Oui  Oui  Oui 
  Non  Non  Non  Non  Non 
 
  n (%)  n (%)  n (%)  n (%)  n (%) 
Non opéré (n =32)  6 (18,8)  3 (9,3)     
25 (78)  31 (96,8)  28 (87,5)     
1 (3,2)  1 (3,2)  1 (3,2)     
 
En attente de chirurgie (n =5)  5 (100)  3 (60)     
5 (100)  2 (40)     
 
Avant chirurgie (n =77)  37 (48,1)  5 (6,5)  11 (14,3)     
36 (46,7)  68 (88,3)  62 (80,5)     
4 (5,2)  4 (5,2)  4 (5,2)     
 
Après chirurgie (n =77)  52 (67,5)  5 (6,5)  24 (31,2)  29 (37,6)  23 (29,9) 
24 (31,2)  71 (92,2)  52 (67,5)  45 (58,5)  51 (66,2) 
1 (1,3)  1 (1,3)  1 (1,3)  3 (3,9)  3 (3,9) 
 
Efficacité traitement (n =52 traités)        Oui : 40 (77) 
      Non : 2 (3,8) 
      ? : 3 (5,7) 
      En attente de réévaluation : 7 (13,5) 
      21 patients n’ont aucun traitement 




Références



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 [cross-ref]
Schulte-Baukloh H., Michael T., Stürzebecher B., Knispel H.H. Botulinuma toxin detrusor injection as a novel approach in the treatment of bladder spasticity in children with neurogenic bladder Eur Urol 2003 ;  44 : 139-143 [cross-ref]
Neveus T., Gontard A., Hoebeke P., Hjälmas K., Bauer S., Bower W., et al. The standardization of terminology of lower urinary tract function in children and adolescents: report from the standardisation committee of the International Children’s Continence Society (ICCS) J Urol 2006 ;  176 (1) : 314-324 [cross-ref]
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