Dérivation urétéro-rectale avec agrandissement rectal. Résultats cliniques

16 juillet 2001

Mots clés : dérivation urinaire interne, vessie rectale
Auteurs : Baron JC, Boccon-Gibod L
Référence : Prog Urol, 1992, 2, 874-881
Après cystectomie totale, il est des patients chez qui l'urèthre n'est pas utilisable et ne permet pas de réaliser une entéro-cystoplastie de substitution. Dans ces cas, une dérivation urétéro-colique ou rectale serait une alternative à une dérivation cutanée si l'on pouvait rendre ses classiques complications moins fréquentes. Une technique de dérivation urétéro-rectale avec agrandissement rectal a été réalisée chez 6 patients : un segment de grêle était prélevé, ouvert le long de son bord anti-mésentérique, replié en U et suturé aux berges d'une large rectotomie. Dans ce patch de grêle, les uretères étaient implantés selon la technique du sillon muqueux. Cette technique a été utilisée chez 4 hommes, après cystectomie totale, qui avaient un envahissement de l'urèthre prostatique par leur tumeur vésicale et 2 femmes pour incontinence par destruction sphinctérienne qui refusaient une dérivation cutanée. Aucune mortalité n'est à déplorer. Les complications post-opératoires ont été marquées par une fièvre prolongée résolutive dans deux cas. Sur 12 unités urétérales, 4 sténoses sévères ont dû être réopérées et 3 sténoses modérées ont été observées. Tous les patients sont continents de jour sauf une qui se plaint de fuites aux changements de position. La nuit, tous sont continents avec 2 levers nocturnes. Cette expérience préliminaire montre que l'agrandissement rectal au cours d'une dérivation urétérorectale est suivi de résultats fonctionnels très satisfaisants. La réalisation d'une valve d'invagination colorectale pour prévenir les troubles métaboliques ne paraît pas nécessaire. La technique d'implantation urétérale du sillon muqueux doit être abandonnée au profit d'un procédé utilisant un tube d'iléon interposé entre les uretères et le rectum.