Dépistage du cancer de la prostate en France : résultats des enquêtes EDIFICE

25 mai 2020

Auteurs : J.-F. Morère, C. Touboul, C. Lhomel, M. Rouprêt
Référence : Prog Urol, 2020, 6, 30, 332-338
Introduction

Le cancer de la prostate (CaP) est le plus fréquent des cancers masculins en 2018 en Europe. La question du dépistage du CaP en population générale a été débattue après la publication d’études internationales européenne (ERSPC) et nord-américaine (PLCO). Il n’existe pas aujourd’hui de dépistage organisé du CaP. L’objectif de cette analyse était d’évaluer la pratique du dépistage du CaP dans la population française sans antécédent de cancer entre 2005 et 2016.

Méthodes

Les enquêtes EDIFICE se sont intéressées, depuis 2005, à la connaissance et aux comportements des Français face au dépistage des cancers. La pratique du dépistage a été évaluée selon la réponse à la question : « Avez-vous déjà fait un dépistage du CaP ? » Les réponses ont été analysées en fonction de l’âge, de la catégorie socioprofessionnelle et du niveau de précarité sociale.

Résultats

Après une forte augmentation entre 2005 et 2008 (de 36 % à 49 %, p 0,01), une baisse significative du taux déclaré de dépistage du CaP a été observée entre 2014 (49 %) et 2016 (42 % ; p =0,02). Cette baisse se répercute principalement dans les catégories socialement favorisées et chez les plus jeunes (50–54 ans). Les pratiques de dépistage restent identiques chez les hommes plus âgés.

Conclusion

La perception de l’efficacité du dépistage du CaP pourrait expliquer les changements de comportement dans la population française. Cette baisse de participation au dépistage du CaP nécessite une surveillance afin d’éviter une perte de confiance générale dans le dépistage des cancers.

Niveau de preuve

3.




 




Introduction


Le cancer de la prostate (CaP) est le plus fréquent des cancers masculins en 2018 en Europe. Avec 449 761 nouveaux cas estimés en 2018, il représente 21,8 % des cas de cancers chez l'homme. La France se positionne au cinquième rang des pays européens pour le taux d'incidence standardisé sur l'âge (144,9 cas/100 000) avec 64 955 nouveaux cas en 2018 [1, 2].


Un décès sur 10 par cancer est attribué au CaP en Europe [1]. La France a compté 9002 décès par CaP en 2018, soit un taux de mortalité standardisé sur l'âge de 14,5/100 000 qui place cette pathologie au 3e rang chez l'homme après le cancer du poumon et le cancer colorectal [1].


L'âge est l'un des principaux facteurs de risque de CaP, pathologie rare avant 50 ans [2, 3]. En 2015, l'âge médian au diagnostic était de 68 ans et l'âge médian des décès par CaP de 83 ans [3]. Par ailleurs, 20 % des cas sont associés à un antécédent familial [4]. Parmi plus d'une centaine de variants génétiques, les mutations germinales de BRCA1/2 et HOXB13 sont le plus souvent impliquées. Les ascendances afro-antillaise et afro-américaine sont également évoquées comme augmentant le risque de cancer de la prostate [4, 5]. Seulement 0,6 % des CaP sont attribuables à des facteurs de risque modifiables [6].


Les CaP sont généralement d'évolution lente sans provoquer de symptômes spécifiques. La détection précoce des CaP repose sur le dosage biologique du PSA (prostate specific antigen ) et l'examen par toucher rectal (TR) [7]. Les tumeurs détectées à la suite d'un test PSA sont plus fréquemment localisées que les tumeurs détectées par TR. Aujourd'hui, 81 % des CaP sont localisés au moment du diagnostic [5]. L'évolution des pratiques de dépistage et de détection précoce ont largement affecté l'épidémiologie du CaP [4, 5, 7, 8].


La question du dépistage du CaP en population générale est débattue au sein de la communauté scientifique depuis quelques décennies. Les études internationales, européenne (ERSPC) [9, 10] et nord-américaine (PLCO) [11, 12], évaluant les bénéfices sur la mortalité spécifique d'un dépistage systématique sur une population d'homme de 55 et 69 ans, ont ravivé les débats du fait de leurs résultats contradictoires entre 2009 et 2012. En 2013, la revue Cochrane [13] a conclu qu'un dépistage par dosage PSA était associé à peu ou pas d'effet sur la mortalité spécifique et qu'il existait des risques associés aux faux-positifs et au surdiagnostic.


Aujourd'hui, l'Association française d'urologie (AFU) préconise une stratégie de détection précoce fondée sur l'identification de facteurs de risque, le TR et le dosage PSA [4, 14], applicable entre 50 et 75 ans, sans définir strictement l'intervalle entre deux procédures (2 à 4 ans). Par ailleurs, les autorités de santé françaises ont maintenu que les données scientifiques ne permettaient pas de conclure sur la mise en place d'un dépistage systématique du cancer de la prostate par dosage PSA (Anaes 1998 et 2004 ; HAS 2010). Pour autant, l'information à apporter aux hommes, envisageant la réalisation d'un dépistage individuel sur les bénéfices et les incertitudes d'une détection précoce, reste primordiale [7].


Aux États-Unis, l'US Preventive Services Task Force préconise un dépistage qui, pour les hommes entre 55 et 69 ans, reste une décision individuelle prise au regard de l'information transmise par les praticiens sur les bénéfices potentiels et risques du dépistage par dosage PSA [15].


Dans ce contexte changeant, les enquêtes EDIFICE (Étude sur le DépIstage des cancers et ses Facteurs de complIanCE) se sont intéressées aux pratiques de dépistage des Français. Les résultats issus des précédentes vagues d'enquêtes avaient montré une augmentation du taux déclaré de dépistage du CaP entre 2005 et 2008 suivie d'une stabilisation jusqu'en 2014 [16]. Les résultats de la dernière enquête menée en 2016 sont présentés ici.


Méthodologie


Les enquêtes EDIFICE, initiées en 2005, ont pour objectif d'améliorer la connaissance des comportements des Français sur le dépistage des cancers. Les vagues successives, réalisées en 2005, 2008, 2011, 2014 et 2016, ont porté sur des échantillons représentatifs de la population française (environ 1500 personnes) selon la méthode des quotas ajustés sur le sexe, l'âge, la catégorie socioprofessionnelle (CSP), le type d'agglomération (5 catégories) et la région UDA 9. Ces personnes ont été interrogées par téléphone avec le système CATI (Computed Assisted Telephone Interview ). Sur cette période, un total de 2554 hommes, âgés de 50 à 75 ans, sans antécédent de cancer, ont été interrogés sur leur participation à au moins un dépistage du CaP au cours de leur vie (Tableau 1). La pratique du dépistage a été évaluée selon la réponse à la question suivante : « Avez-vous déjà fait un dépistage du CaP ? ». Le statut de précarité sociale a été évalué par le score EPICES, construit sur la base des réponses à 11 questions relatives à différents aspects sociaux : logement, loisir, relations familiales et amicales, recours à l'aide sociale, entre autres [17].


Les analyses statistiques se sont appuyées sur le test de Student pour les comparaisons entre deux populations, le test Z et le Chi2 pour des comparaisons de données catégorielles. Les différences étaient considérées comme statistiquement significatives lorsque la valeur du p était inférieure à 0,05. La méthodologie des enquêtes EDIFICE a été décrite en détails précédemment [18].


L'objectif de cette analyse était d'évaluer la pratique du dépistage du cancer de la prostate dans la population française sans antécédent de cancer et ses tendances entre 2005 et 2016 en fonction de l'âge, de la catégorie socioprofessionnelle et du niveau de précarité.


Résultats


Après une forte augmentation entre 2005 et 2008 (de 36 % à 49 %, P ≤0,01), la proportion de personnes déclarant avoir réalisé un examen de dépistage du CaP au moins une fois dans leur vie s'est stabilisée. Jusqu'en 2014, environ un homme sur deux entre 50 et 74 ans déclarait avoir déjà réalisé au moins un test de dépistage du CaP dans sa vie. Une diminution significative (p =0,02) jusqu'à 42 % a ensuite été observée entre 2014 et 2016 (Figure 1).


Figure 1
Figure 1. 

Proportions d'individus ayant déclaré avoir réalisé un examen de dépistage du cancer de la prostate au moins une fois dans leur vie. Populations interrogées lors de cinq enquêtes EDIFICE successives entre 2005 et 2016, individus âgés de 50 à 74 ans sans antécédents de cancer. * : augmentation statistiquement significative (p <0,05) par rapport à 2005 ; ** : baisse statistiquement significative (p <0,05) par rapport à 2008.




Impact de l'âge


Les tendances étaient comparables dans la catégorie d'âge des plus jeunes (50-54 ans et 55-59 ans) : depuis l'augmentation significative en 2008, le taux d'hommes dépistés était en baisse jusqu'en 2016 atteignant 20 % des 50-54 ans et 36 % des 55-59 ans. Ces tendances n'étaient pas retrouvées de façon significative dans les tranches d'âge plus élevées, entre 60 et 75 ans (Figure 2).


Figure 2
Figure 2. 

Impact de l'âge sur le dépistage du cancer de la prostate. Proportions d'individus ayant déclaré avoir réalisé un examen de dépistage du cancer de la prostate au moins une fois dans leur vie. Populations interrogées lors de cinq enquêtes EDIFICE successives entre 2005 et 2016, individus âgés de 50 à 74 ans sans antécédents de cancer. * : augmentation statistiquement significative (p <0,05) par rapport à 2005 ; ** : augmentation statistiquement significative (p <0,05) par rapport à 2008.




Impact de la catégorie socioprofessionnelle


La proportion d'hommes appartenant aux catégories socioprofessionnelles supérieures déclarant avoir réalisé au moins un test de dépistage du CaP dans leur vie était en baisse significative depuis 2008. Aucune variation significative n'a été observée concernant les individus appartenant aux catégories socioprofessionnelles inférieures (Figure 3).


Figure 3
Figure 3. 

Impact de la catégorie socioprofessionnelle sur le dépistage du cancer de la prostate. Proportions d'individus ayant déclaré avoir réalisé un examen de dépistage du cancer de la prostate au moins une fois dans leur vie. Populations interrogées lors de cinq enquêtes EDIFICE successives entre 2005 et 2016, individus de catégories socioprofessionnelles élevées (CSP+) ou basses (CSP−). * : augmentation statistiquement significative (p <0,05) par rapport à 2005 ; ** : baisse statistiquement significative (p <0,05) par rapport à 2008.




Impact de la précarité


Si la précarité n'avait pas d'impact significatif sur le dépistage du CaP en 2011 (46 % d'individus précaires dépistés contre 52 %, p =0,47), les individus précaires étaient moins dépistés en 2014 (37 % vs. 53 % des non précaires en 2014, p <0,01) et en 2016 (34 % vs. 46 % en 2016, p =0,01). De plus, au sein des individus précaires, le taux de dépistés a significativement baissé entre 2014 et 2016 (Figure 4).


Figure 4
Figure 4. 

Impact de la précarité sociale sur le dépistage du cancer de la prostate. Proportions d'individus ayant déclaré avoir réalisé un examen de dépistage du cancer de la prostate au moins une fois dans leur vie. Populations interrogées lors de trois enquêtes EDIFICE successives entre 2011 et 2016, selon le niveau de précarité sociale déterminé par le score EPICES. * : baisse statistiquement significative (p <0,05) par rapport à 2014.





Discussion


Pour la première fois en 2016, une baisse significative du taux déclaré de dépistage du CaP a été observée dans les enquêtes EDIFICE. Cette baisse se répercute principalement chez les individus des catégories socioprofessionnelles élevées et chez les personnes non-précaires. On note également que la baisse du taux de dépistage chez les plus jeunes, qui entrent dans le dépistage, s'est amorcée dès 2011 et s'est poursuivie en 2014 puis en 2016. Les pratiques de dépistage sont restées identiques chez les hommes plus âgés.


Les données épidémiologiques nationales rendent compte de variations comparables [19] : la proportion d'hommes de 40 ans et plus, sans cancer de la prostate, ayant réalisé au moins un dépistage dans l'année était stable entre 2009 et 2011 (30 %), a diminué en 2014 (26,9 %) puis a augmenté en 2015 (28,9 %). Le taux de dépistage chez les plus de 85 ans restait stable (33 %).


Les résultats des enquêtes EDIFICE ont montré des taux de dépistage du CaP plus élevés. En effet, ces données recensent le nombre de personnes ayant réalisé au moins un dépistage « au cours de leur vie », plus élevé que le nombre de dépistages pratiqués « dans l'année ».


Les biais caractéristiques des enquêtes déclaratives peuvent aussi expliquer des taux déclarés plus hauts que les taux évalués d'après les données de l'Assurance maladie. Le taux de dépistage « au moins une fois dans la vie » n'a, par ailleurs, pas la précision temporelle du taux de dépistage « dans l'année ». Le comportement des individus plus jeunes évalué dans EDIFICE reflète probablement mieux un taux de dépistage « dans l'année ».


Plus globalement, les données EDIFICE, en accord avec les données de l'Assurance maladie, suggèrent que la participation au dépistage du CaP a été impactée par le débat autour de l'utilisation du test PSA quand les résultats des études internationales randomisées ont été publiés.


En France, comme aux États-Unis, les hommes ont remis en cause le dépistage par test PSA, sauf pour les plus âgés d'entre eux [20]. Ce comportement des hommes les plus âgés suggère qu'ils devraient être d'avantage sensibilisés aux risques et aux avantages du dépistage, notamment en abordant la question de l'espérance de vie [22, 21].


Le comportement des sujets les plus jeunes pourrait être associé à une plus grande sensibilité à la controverse et au besoin ressenti d'un test plus fiable. Les enquêtes EDIFICE suggèrent également que les catégories socialement favorisées ont d'avantage modifié leur comportement vis-à-vis du dépistage.


Aujourd'hui, les sociétés savantes, l'Association Française d'Urologie [4] en accord avec le National Comprehensive Cancer Network nord-américain [5], recommandent une pratique différenciée et éclairée du test PSA. Le dépistage cible les sujets âgés de 55 à 69 ans. En présence de facteurs de risque connus - selon l'origine ethnique, les antécédents familiaux - un dialogue avec le patient peut être plus précoce. Et, dans tous les cas, les risques et bénéfices associés au dépistage devraient être présentés et compris par le patient ; la décision de réaliser un test restant néanmoins personnelle.


Conclusion


Cette analyse des enquêtes EDIFICE, conduites entre 2005 et 2016, montre que le dépistage du cancer de la prostate, après une augmentation (jusqu'en 2008) puis une stabilisation (2008-2014), a été moins pratiqué en 2016 parmi les hommes français de 50 à 74 ans sans antécédent de cancer. Cette baisse a été constatée dès 2008 chez les plus jeunes (50-54 ans) et touche d'avantage les personnes non-précaires et les catégories socioprofessionnelles élevées. La perception de l'efficacité du dépistage du cancer de la prostate dans la population française pourrait expliquer ces changements de comportement. La baisse de participation au dépistage du CaP nécessite une surveillance afin d'éviter une perte de confiance générale dans le dépistage des cancers.


Déclaration de liens d'intérêts


Jean-François Morère et M. Rouprêt ont reçu des honoraires de la part de Roche SAS. Christine Lhomel est employée de Roche SAS.



Remerciements


Les enquêtes EDIFICE ont reçu le soutien institutionnel de Roche SAS.


Une aide à la rédaction a été apportée par Potentiel d'Action (France), financée par Roche SAS.




Tableau 1 - Échantillon principaux et populations interrogées au cours des enquêtes EDIFICE entre 2005 et 2016 et populations analysées sur les questions liées au cancer de la prostate [23, 24, 25].
  EDIFICE 1  EDIFICE 2  EDIFICE 3  EDIFICE 4  EDIFICE 5 
Année de l'enquête  2005  2008  2011  2014  2016 
Échantillon principal
n (âge) 
1602 (40-74 ans)  1801 (40-85 ans)  1603 (40-75 ans)  1602 (40-75 ans)  1501 (40-75 ans) 
Population 50-74 ans, sans antécédents de cancer  970  928  946  955  1299 
Population analysée (hommes, 50-74 ans, sans antécédents de cancer)  475  448  494  481  656 




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