Défis et contraintes de la prise en charge chirurgicale des traumatismes des organes génitaux externes chez l'homme expérience de dix ans (154 patients)

25 novembre 2012

Auteurs : M.A. Lakmichi, J. Kabour, B. Sadiki, R. Zahraoui, R. Jarir, B. Wakrim, N. Bentani, Z. Dahami, S.M. Moudouni, I. Sarf
Référence : Prog Urol, 2012, 13, 22, 764




 

Objectifs.– Faire le point sur les défis et les contraintes de la prise en charge chirurgicale des traumatismes des organes génitaux externes (OGE) masculins qui pourraient poser de sérieuses difficultés aux urologues faces à des situations peu fréquentes.


Méthodes.– C’est une étude rétrospective portant sur une série de 154 patients victimes d’un traumatise des OGE, colligée sur dix ans (du 1er janvier 2002 au 31 octobre 2011) dans un service d’urologie. L’âge moyen de nos patients était de 25ans. Quatre formes cliniques ont étés identifiés (les fractures des corps caverneux, les automutilations génitales, les morsures d’animaux, les traumatismes de bourses d’origines diverses). Les traumatismes ont été classés selon la classification des traumatismes de l’American Association for the Surgery of Trauma (AAST).


Résultat.– Les fractures des corps caverneux ont été rapportées chez 119 patients (77,28 %). Le mécanisme principal des traumatismes des corps caverneux était la manipulation forcée de la verge en érection (73,3 %). Le traitement chirurgical a été pratiqué chez 117 patients (98,3 %) avec un refus de la chirurgie chez deux patients. L’évolution était favorable chez la plupart des patients revus en consultation (82 patients). Par ailleurs, 27 patients (17,53 %) étaient victimes d’un traumatisme des bourses d’origines diverses, dont 18 cas fermés et neuf ouverts. Les accidents de la voie publique étaient les principales étiologies identifiées. Le traitement chirurgical a été pratiqué chez 20 patients (74 %) dont quatre ont eu une orchidectomie. L’évolution a été marquée par la survenue d’une atrophie testiculaire chez sept patients. Nous rapportons aussi cinq cas d’automutilation génitale (3,24 %) dont un a bénéficié d’une réimplantation de la verge et qui a eu un rétrécissement urétral avec une dysfonction érectile. En fin, trois patients (1,95 %) étaient victimes d’une morsure d’animal dont un avait eu un arrachement total de la verge par morsure de mulet.


Conclusion.– Les traumatismes des OGE chez l’homme pourraient mettre l’urologue dans des situations délicates de prise en charge chirurgicale. L’expérience d’une équipe chirurgicale urologique entraînée est le meilleur garant d’une bonne prise en charge de cette affection.




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