Définitions, classifications et lexique des douleurs pelvipérinéales chroniques

25 novembre 2010

Auteurs : D. Delavierre, J. Rigaud, L. Sibert, J.-J. Labat
Référence : Prog Urol, 2010, 12, 20, 853-864

Objectif

Faire le point sur les définitions et les classifications des douleurs pelvipérinéales chroniques. Introduire les notions de syndromes douloureux pelvipérinéaux chroniques et d’approche diagnostique et étio-pathogénique globale.

Matériel et méthodes

Ce travail est une revue de la littérature ayant utilisé la base de données bibliographique Medline (National library of medicine). Les termes de recherche étaient soit les mots clés issus du medical subject heading (MeSH) [classification , complex regional pain syndrome , fibromyalgia , myofascial pain syndromes , neuralgia , pelvic pain , post-operative pain , prostatitis , referred pain , syndrome ] soit des termes issus du titre ou du résumé. Les termes ont été utilisés seuls ou combinés avec l’opérateur « ET ». La recherche a porté de 1990 à nos jours.

Résultats

Les douleurs pelvipérinéales chroniques ne sont pas seulement des symptômes localisés à une région anatomique évoluant depuis trois à six mois mais des pathologies à part entière, complexes, multidimensionnelles, associant des phénomènes psychologiques, organiques et psychosomatiques, dénommées « syndromes douloureux pelvipérinéaux chroniques ». Ces syndromes sont sources de handicaps, d’altérations de la qualité de vie, et induisent une consommation importante de soins et d’arrêts de travail. Ils altèrent la personnalité du patient et influent sur son comportement, sa vie sexuelle, familiale, sociale et professionnelle. Face à ces syndromes la démarche clinique habituelle à la recherche d’une pathologie d’organe ou tissulaire, responsable d’un excès de nociception, est négative. L’approche de ce type de douleurs se veut beaucoup plus globale et consiste à rechercher des perturbations de la régulation des messages douloureux pelvipérinéaux et du fonctionnement (« dysfonctions ») de l’organe ou de la structure touchée.

Conclusion

Les définitions et classifications actuelles des douleurs pelvipérinéales chroniques intègrent les concepts de syndromes, de pathologies fonctionnelles et d’approche globale. Elles s’éloignent du cadre strict des organes et des processus médicaux habituels (infectieux, inflammatoires, métaboliques, endocriniens) et recentrent les pathologies douloureuses sur la douleur elle-même et les symptômes associés.

   
 
 

 

 

Introduction

Les définitions et classifications des douleurs pelvipérinéales chroniques ont évolué depuis le milieu des années 1990 sous l'impulsion de groupes d'experts et de sociétés savantes impliquées dans ce type de douleurs. En effet les définitions et classifications classiques, basées sur la notion de pathologies d'organes et sur des processus médicaux habituels (infectieux, inflammatoires, métaboliques...) ne permettaient pas d'appréhender correctement les pathologies fonctionnelles.

 

De la notion de douleur chronique à celle de syndrome douloureux chronique

La définition d'une douleur pelvipérinéale chronique fait théoriquement intervenir trois composantes : la douleur elle-même, son caractère chronique et sa topographie pelvipérinéale. Mais en réalité la définition est plus complexe et dépasse ces trois aspects car la douleur chronique n'est pas seulement un symptôme reposant sur une notion de durée mais un syndrome associant diverses conditions, le syndrome douloureux chronique.

 

La douleur

Selon l'International Association for the Study of Pain (IASP) la douleur est une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable, associée à une lésion tissulaire potentielle ou réelle, ou décrite en des termes évoquant une telle lésion [1

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Cliquez ici pour aller à la section Références]. Cette définition large s'applique à tout type de douleur quelle que soit sa topographie, son mécanisme ou son ancienneté. Elle témoigne de la nature subjective de la douleur et introduit l'importance des dimensions émotionnelles, affectives, cognitives et comportementales inhérentes à toute douleur [3

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Cliquez ici pour aller à la section Références]. La douleur existe dès qu'une personne affirme la ressentir et interfère autant avec le psychique et le social qu'avec les fonctions physiques [4

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La douleur chronique

En 1992, l'Organisation Mondiale de la santé (OMS) a défini la douleur chronique comme une « douleur... permanente ou récurrente... qui dure plus de six mois » [8

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En France, en 1999, le groupe de travail de l'Agence nationale pour l'accréditation et l'évaluation en santé (ANAES) a proposé pour définition « la douleur est une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable, associée à une lésion tissulaire potentielle ou réelle, ou décrite en des termes évoquant une telle lésion, évoluant depuis plus de trois à six mois et/ou susceptible d'affecter de façon péjorative le comportement ou le bien-être du patient, attribuable à toute cause non maligne » [9

Cliquez ici pour aller à la section Références]. Les douleurs chroniques sont sources de handicaps, d'altérations majeures de la qualité de vie, et induisent une consommation importante de soins et d'arrêts de travail. Elles altèrent la personnalité du patient et influent sur son comportement, sa vie sexuelle, familiale, sociale et professionnelle [4

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Indépendamment de son étiologie, la douleur chronique devient un concept, une véritable pathologie à part entière, complexe et multidimensionnelle, dénommée « syndrome douloureux chronique » [9

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Selon Sanders et al. et son travail de synthèse et recommandations proposé en 1995 et révisé en 2005 [12

Cliquez ici pour aller à la section Références] le syndrome douloureux chronique (chronic non-malignant pain syndrome ou syndrome douloureux chronique d'origine non carcinologique) associe plusieurs des conditions suivantes :

douleur persistante ou récurrente ;
durant au-delà de ce qui est habituel pour la cause initiale ou associée à un processus pathologique intermittent ou chronique ;
répondant mal au traitement médical et/ou invasif approprié ;
accompagnée d'une altération significative et durable du statut fonctionnel.

La définition de l'American Society of Anesthesiologists (ASA) proposée en 1997 est proche [13

Cliquez ici pour aller à la section Références]. Selon cette société le syndrome douloureux chronique peut être en rapport avec des données somatiques mais est en outre associé à au moins deux des conditions suivantes :

une régression significative et progressive de la capacité fonctionnelle et relationnelle dans les activités de la vie journalière, au domicile comme au travail ;
une demande excessive de recours à des médicaments ou à des procédures médicales souvent invasives tout en reconnaissant leur inefficacité à soulager ;
un trouble de l'humeur (dépression, anhédonie, etc.) ;
un sentiment de révolte et de revendication ou au contraire de résignation et d'impuissance, souvent accompagné d'une hostilité envers les soignants, traduisant l'incapacité de s'adapter à la situation.

L'ensemble de ces définitions fait apparaître la complexité du syndrome douloureux chronique. Pour définir ce syndrome les mécanismes impliqués et l'impact de la douleur sont plus importants que la durée [4

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Cliquez ici pour aller à la section Références]. Si la notion de douleur chronique repose sur un caractère temporel celle de syndrome douloureux chronique va bien au-delà en raison notamment de ses retentissements et implications.

 

Cas particulier : la douleur chronique postopératoire [14Macrae W.A., Davies H.T.O. Chronic post surgical pain. Epidemiology of pain International Association for the Study of Pain. Seattle : (1999). 125-142Cliquez ici pour aller à la section Références]

En 1999, l'IASP a proposé quatre critères pour définir la douleur chronique postopératoire :

douleur développée dans les suites d'une intervention chirurgicale ;
évolution depuis au moins deux mois ;
exclusion d'une cause telle qu'une évolution carcinologique ou une infection chronique ;
exploration et exclusion de l'éventualité que la douleur soit en rapport avec un problème préexistant

 

La topographie pelvipérinéale

Le pelvis (ou cavité pelvienne) et le périnée sont des entités anatomiques distinctes mais très intriquées. La cavité pelvienne occupe la partie caudale du tronc. Elle comprend un certain nombre d'éléments viscéraux, vasculaires, neurologiques, musculaires et aponévrotiques contenus dans un cadre osseux, le bassin. Le périnée est l'ensemble des parties molles fermant en bas la cavité pelvienne. Il est également important de prendre en compte la région glutéale (ou fessière) située derrière le bassin, étendue en hauteur entre la crête iliaque et le bord inférieur du muscle grand fessier.

 

Différents types de douleurs

Par souci d'exhaustivité nous décrivons tous les types de douleurs connues et répertoriées mais certaines ne relèvent pas du chapitre des douleurs pelvipérinéales chroniques fonctionnelles telles qu'elles sont décrites actuellement.

 

Douleur nociceptive ou douleur par excès de nociception [3Labat JJ, Robert R. Algies pelvipérinéales chroniques : une approche globale. Rapport du 28e congrès de la SIFUD. Nantes, 2005.Cliquez ici pour aller à la section Références, 4Fall M., Baranowski A.P., Elneil S., Engeler D., Hughes J., Messelink E.J., et al. EAU Guidelines on chronic pelvic pain Eur Urol 2010 ; 57 : 35-48 [cross-ref]Cliquez ici pour aller à la section Références, 7Vanhalewyn M., Cerexhe F. Société Scientifique de Médecine Générale  La douleur chronique. Recommandations de bonne pratique. Bruxelles : (2004). Cliquez ici pour aller à la section Références]

La douleur nociceptive est la plus fréquente des douleurs. Elle est secondaire à une stimulation directe des nocicepteurs sans lésion du système nerveux. Les nocicepteurs sont des récepteurs spécialisés dans la transduction des informations douloureuses, ils correspondent aux terminaisons libres des nerfs.

 

Douleur neuropathique [3Labat JJ, Robert R. Algies pelvipérinéales chroniques : une approche globale. Rapport du 28e congrès de la SIFUD. Nantes, 2005.Cliquez ici pour aller à la section Références, 4Fall M., Baranowski A.P., Elneil S., Engeler D., Hughes J., Messelink E.J., et al. EAU Guidelines on chronic pelvic pain Eur Urol 2010 ; 57 : 35-48 [cross-ref]Cliquez ici pour aller à la section Références, 7Vanhalewyn M., Cerexhe F. Société Scientifique de Médecine Générale  La douleur chronique. Recommandations de bonne pratique. Bruxelles : (2004). Cliquez ici pour aller à la section Références, 15Dworkin R.H., Backonja M., Rowbotham M.C., Allen R.R., Argoff C.R., Bennett G.J., et al. Advances in neuropathic pain : diagnosis, mechanisms, and treatment recommendations Arch Neurol 2003 ; 60 : 1524-1534 [cross-ref]Cliquez ici pour aller à la section Références, 16Attal N., Bouhassira D. Les douleurs neuropathiques : des avancées expérimentales aux applications cliniques Rev Neurol (Paris) 2004 ; 160 : 199-203 [inter-ref]Cliquez ici pour aller à la section Références, 17Bouhassira D., Attal N., Alchaar H., Boureau F., Brochet B., Bruxelle J., et al. Comparison of pain syndromes associated with nervous or somatic lesions and development of a new neuropathic pain diagnostic questionnaire (DN4) Pain 2005 ; 114 : 29-36 [cross-ref]Cliquez ici pour aller à la section Références]

La douleur neuropathique est secondaire à une lésion ou à un dysfonctionnement du système nerveux périphérique (douleur neuropathique périphérique) ou central (douleur neuropathique centrale). La douleur neuropathique comporte des caractéristiques sémiologiques particulières : douleur spontanée continue, souvent décrite comme des brûlures, douleur paroxystique (sensations de décharges électriques, de coups de poignards), allodynie ou hyperalgésie, association à des dysesthésies et/ou paresthésies. La douleur neuropathique, souvent invalidante, s'accompagne volontiers d'anxiété et dépression.

Une douleur peut être considérée comme neuropathique quand elle comprend quatre des dix items de l'échelle diagnostique DN4 proposée et validée par D. Bouhassira, N. Attal et un groupe d'experts français avec une sensibilité de 83 % et une spécificité de 90 % [16

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Cliquez ici pour aller à la section Références] (Tableau 1).

 

Douleurs mixtes [3Labat JJ, Robert R. Algies pelvipérinéales chroniques : une approche globale. Rapport du 28e congrès de la SIFUD. Nantes, 2005.Cliquez ici pour aller à la section Références, 9Agence nationale d'accréditation et d'évaluation en santé (ANAES) Évaluation et suivi de la douleur chronique chez l'adulte en médecine ambulatoire  Recommandations pour la pratique clinique. Paris : (1999). Cliquez ici pour aller à la section Références]

Certaines douleurs neurologiques font intervenir à la fois des éléments de nociception (la compression nerveuse) et des éléments neuropathiques (la lésion nerveuse), c'est le cas des compressions nerveuses par une atteinte lésionnelle (lors des cancers par exemple) ou celui des sciatiques radiculaires par hernie discale. Le tableau clinique est alors plus complexe.

 

Autres types de douleurs

L'IASP reconnait d'autres tableaux cliniques douloureux reproductibles : la fibromyalgie, le syndrome myofascial douloureux et le syndrome douloureux régional complexe [2

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la fibromyalgie est une maladie complexe caractérisée par une douleur diffuse musculaire ou tendino-musculaire associée à de multiples points douloureux dans des sites définis [12 parmi 18 points douloureux définis) [18] ;
le syndrome myofascial douloureux est une perturbation fonctionnelle douloureuse et réversible de l'appareil locomoteur qui se distingue par des points déclencheurs (points gâchettes) siégeant dans les muscles squelettiques du corps. Contrairement aux points sensibles de la fibromyalgie, les points déclencheurs sont répartis inégalement dans l'ensemble des régions musculaires [19] ;
le syndrome douloureux régional complexe (SDRC) (autrefois dystrophie réflexe sympathique) de type I ou II survient après un évènement délétère et associe douleur continue, allodynie, hyperalgésie, œdème, altération de la vascularisation cutanée et anomalie de l'activité sudorale dans la zone douloureuse. Le type I (autrefois algoneurodystrophie) se développe après un événement causal habituellement peu important qui intéresse essentiellement l'appareil locomoteur. Le type 2 (autrefois causalgie) se développe après une lésion nerveuse. Dans ce type 2 l'examen clinique retrouve des troubles de la sensibilité dans le territoire douloureux alors qu'ils sont absents dans le type 1 [20, 21].

 

Limites de la définition et approche holistique

Du chapitre sur les douleurs pelvipérinéales chroniques, mieux dénommées syndromes douloureux pelvipérinéaux chroniques, sont exclues toutes les pathologies lésionnelles, tissulaires relevant d'une approche d'organe, révélées par la biologie, l'imagerie ou l'endoscopie, comme les cancers, les pathologies infectieuses prouvées, métaboliques ou endocriniennes [3

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Cliquez ici pour aller à la section Références]. Dans le cadre des douleurs pelvipérinéales chroniques fonctionnelles, liées à des perturbations du fonctionnement (dysfonctions) de l'organe ou de la structure touchée, la démarche clinique habituelle à la recherche d'une pathologie d'organe ou tissulaire responsable d'un excès de nociception est négative. L'approche de ce type de douleurs se veut beaucoup plus globale et consiste à rechercher des perturbations de la transmission nociceptive et de la régulation des messages douloureux [3

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De nombreux arguments plaident pour cette approche globale :

les caractéristiques des douleurs pelvipérinéales chroniques les rapprochent de pathologies douloureuses extrapelvipérinéales (douleurs neuropathiques, fibromyalgie, syndrome douloureux régional complexe, syndrome de stress post-traumatique) dont l'étude nous permet de proposer des schémas physiopathologiques communs éloignés de la vision classique de pathologies tissulaires ou d'organes ;
l'association de plusieurs douleurs pelvipérinéales chroniques entre elles est fréquente ;
les facteurs de risque et les mécanismes physiopathologiques sont souvent partagés ;
cette approche intègre toutes les composantes de la douleur, psychocomportementales, familiales et socioprofessionnelles [3].

La complexité du syndrome douloureux pelvipérinéal chronique et ses multiples implications justifient de prendre en charge la personne douloureuse plus que la douleur [5

Cliquez ici pour aller à la section Références] et légitiment cette approche holistique.

 

Définitions et classifications des syndromes douloureux pelvipérinéaux chroniques

Introduire la notion de syndrome douloureux chronique et le localiser dans la région pelvipérinéale ne suffit pas pour définir le syndrome douloureux pelvipérinéal chronique ou plutôt les syndromes pelvipérinéaux chroniques tels qu'il sont reconnus actuellement, à savoir des pathologies fonctionnelles de la régulation des messages douloureux pelvipérinéaux. Conscients des limites des définitions et classifications classiques, des groupes d'experts et des sociétés savantes impliquées dans le domaine des douleurs pelvipérinéales, ont proposé de nouvelles dénominations à partir du milieu des années 1990. L'objectif était de s'éloigner du cadre strict des organes et des processus médicaux habituels (infectieux, inflammatoires, métaboliques...), notamment de se débarrasser des suffixes ites inappropriés et de recentrer les pathologies douloureuses sur la douleur elle-même et les symptômes associés.

C'est dans cette optique que le National institutes of health (NIH) États-Unis) a défini en 1995 le syndrome douloureux pelvien chronique dans le cadre d'une nouvelle classification de la prostatite chronique [23

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Cliquez ici pour aller à la section Références]. Cette définition ne s'applique pas à tous les syndromes douloureux pelvipérinéaux chroniques décrits actuellement mais elle a amorcé une nouvelle orientation.

En 2002, l'International Continence Society (ICS) a également préconisé la dénomination de syndrome pour définir les douleurs pelvipérinéales chroniques, cette dénomination étant justifiée par l'association à la douleur d'au moins un autre symptôme [4

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Cliquez ici pour aller à la section Références]. La terminologie de l'ICS a été adaptée en français par un groupe de spécialistes [25

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L'European Association of Urology (EAU) a repris les définitions en syndromes de l'ICS en lui associant la classification de l'IASP, décrite en 1994, basée sur différents axes (région, appareil, organes, siège, caractéristiques temporelles) [2

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Cliquez ici pour aller à la section Références]. La version la plus récente de la classification de l'EAU a été publiée en 2010 et se présente sous la forme d'un tableau [4

Cliquez ici pour aller à la section Références] (Tableau 2). Toutefois certaines définitions de l'ICS et l'EAU diffèrent des définitions proposées par des sociétés savantes spécialisées. C'est pourquoi nous proposons une synthèse des différentes définitions publiées et reconnues.

 

Douleur pelvienne chronique (chronic pelvic pain ) [4Fall M., Baranowski A.P., Elneil S., Engeler D., Hughes J., Messelink E.J., et al. EAU Guidelines on chronic pelvic pain Eur Urol 2010 ; 57 : 35-48 [cross-ref]Cliquez ici pour aller à la section Références]

Douleur d'origine non carcinologique ressentie au niveau de structures en rapport avec le pelvis de l'homme ou de la femme. Dans le cas d'une douleur nociceptive documentée devenant chronique, la douleur doit être continue ou récurrente depuis au moins six mois. Si des mécanismes douloureux d'hypersensibilisation centrale, non aigüe, sont bien documentés, la douleur peut être considérée comme chronique quelle que soit son ancienneté. Dans tous les cas les douleurs sont souvent associées à des conséquences cognitives, comportementales, sexuelles et émotionnelles négatives.

 

Syndrome douloureux pelvien (pelvic pain syndrome ) [4Fall M., Baranowski A.P., Elneil S., Engeler D., Hughes J., Messelink E.J., et al. EAU Guidelines on chronic pelvic pain Eur Urol 2010 ; 57 : 35-48 [cross-ref]Cliquez ici pour aller à la section Références, 22Abrams P., Cardozo L., Fall M., Griffiths D., Rosier P., Ulmsten U., et al. The standardisation of terminology of lower urinary tract function: report from the Standardisation Sub-committee of the International Continence Society Neurourol Urodyn 2002 ; 21 : 167-178 [cross-ref]Cliquez ici pour aller à la section Références]

Douleur pelvienne persistante ou récurrente associée à des symptômes évocateurs de dysfonction du bas appareil urinaire, sexuelle, intestinale ou gynécologique, en l'absence d'infection prouvée ou d'une autre pathologie évidente. Ce syndrome douloureux pelvien s'intègre au chapitre plus large de la douleur pelvienne chronique définie précédemment.

 

Syndrome douloureux périnéal (perineal pain syndrome ) [4Fall M., Baranowski A.P., Elneil S., Engeler D., Hughes J., Messelink E.J., et al. EAU Guidelines on chronic pelvic pain Eur Urol 2010 ; 57 : 35-48 [cross-ref]Cliquez ici pour aller à la section Références, 22Abrams P., Cardozo L., Fall M., Griffiths D., Rosier P., Ulmsten U., et al. The standardisation of terminology of lower urinary tract function: report from the Standardisation Sub-committee of the International Continence Society Neurourol Urodyn 2002 ; 21 : 167-178 [cross-ref]Cliquez ici pour aller à la section Références]

Douleur périnéale persistante ou récurrente en relation avec le cycle mictionnel ou associée à des symptômes évocateurs de dysfonction de l'appareil urinaire ou sexuelle, en l'absence d'infection prouvée ou d'une autre pathologie évidente.

 

Syndrome douloureux vésical/cystite interstitielle (interstitial cystitis/bladder pain syndrome )

En 2002, l'ICS a remplacé la terminologie de cystite interstitielle par celle de syndrome de la vessie douloureuse (painful bladder syndrome ) et défini ce syndrome comme une douleur sus-pubienne en relation avec le remplissage vésical et accompagnée de symptômes tels qu'une pollakiurie diurne et nocturne, en l'absence d'infection prouvée ou d'une autre pathologie évidente [22

Cliquez ici pour aller à la section Références]. En 2005, l'European Society for the Study of interstitial cystitis/bladder pain syndrome [IC/PBS] [ESSIC]) a proposé de remplacer le terme de painful bladder syndrome par celui de bladder pain syndrome (syndrome douloureux vésical) en conservant pour une période transitoire le terme de cystite interstitielle: syndrome douloureux vésical/cystite interstitielle (IC/BPS) [26

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Cliquez ici pour aller à la section Références]. Cette société a également modifié la définition en précisant que la douleur, la pression ou la gêne pelvienne chronique (évoluant depuis plus de six mois) était « perçue comme étant en relation » avec la vessie (et non pas en relation) et associée à au moins un autre symptôme urinaire tel qu'une urgence mictionnelle persistante ou une pollakiurie. La cystite interstitielle fait partie des syndromes douloureux vésicaux avec, en plus, des caractéristiques typiques cystoscopiques (glomérulations grades 2 ou 3 et/ou lésion de Hunner) et/ou histologiques (infiltration par des cellules inflammatoires mononucléaires incluant les cellules mastocytaires et un tissu de granulation). L'ESSIC a également proposé des critères diagnostiques et une classification des syndromes douloureux vésicaux basée sur la cystoscopie avec hydrodistension et les biopsies vésicales (Tableau 3). Selon cette classification les cystites interstitielles sont des syndromes vésicaux douloureux de type XC, 1C, 2 (X, A, B ou C) ou 3 (X, A, B ou C).

 

Prostatite chronique/syndrome douloureux pelvien chronique et syndrome douloureux prostatique (chronic prostatitis/chronic pelvic pain syndrome, prostate pain syndrome )

En 1995, le NIH et un groupe de travail sur la prostatite chronique (the Chronic Prostatitis Collaborative Research Network Study Group ) ont proposé une nouvelle classification de la prostatite [23

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Cliquez ici pour aller à la section Références]. Basée sur la clinique et la microbiologie, cette classification reconnait quatre situations différentes (Tableau 4) :

la prostatite aiguë bactérienne (catégorie I) est une infection aiguë de la prostate ;
la prostatite chronique bactérienne (catégorie II) est une infection chronique ou récidivante de la prostate par des agents bactériens ;
le syndrome douloureux pelvien chronique (catégorie III) est une douleur pelvienne génito-urinaire sans bactéries évoluant depuis au moins trois mois parfois associée à des troubles mictionnels et sexuels, inflammatoire (IIIA) ou non (IIIB) selon la présence ou non de leucocytes dans les sécrétions prostatiques, les urines recueillies après massage prostatique ou le sperme. Le terme de prostatite chronique reste le plus souvent accolé à ce syndrome en conséquence dénommé prostatite chronique/syndrome douloureux pelvien chronique ;
la prostatite inflammatoire asymptomatique (catégorie IV) est définie soit par une inflammation histologique soit par la présence, sans symptômes et notamment sans douleurs, de leucocytes dans les sécrétions prostatiques, les urines recueillies après massage prostatique ou le sperme.

L'EAU a proposé de dénommer « syndrome douloureux prostatique » la catégorie III de prostatite chronique du NIH en le définissant comme une douleur prostatique persistante ou récurrente, associée à des symptômes évocateurs de dysfonction de l'appareil urinaire et/ou sexuelle, en l'absence d'infection prouvée ou d'une autre pathologie évidente [4

Cliquez ici pour aller à la section Références]. Cette définition a pour inconvénient de recentrer la douleur sur la prostate dont le NIH souhaitait au contraire l'éloigner ! De ce point de vue la prostatite chronique illustre parfaitement les difficultés pour définir les douleurs pelvipérinéales chroniques et les insuffisances des classifications.

 

Syndrome douloureux urétral (urethral pain syndrome ) [4Fall M., Baranowski A.P., Elneil S., Engeler D., Hughes J., Messelink E.J., et al. EAU Guidelines on chronic pelvic pain Eur Urol 2010 ; 57 : 35-48 [cross-ref]Cliquez ici pour aller à la section Références, 22Abrams P., Cardozo L., Fall M., Griffiths D., Rosier P., Ulmsten U., et al. The standardisation of terminology of lower urinary tract function: report from the Standardisation Sub-committee of the International Continence Society Neurourol Urodyn 2002 ; 21 : 167-178 [cross-ref]Cliquez ici pour aller à la section Références, 28Kaur H., Arunkalaivanan A.S. Urethral pain syndrome and its management Obstet Gynecol Surv 2007 ; 62 : 348-351 [cross-ref]Cliquez ici pour aller à la section Références]

Douleur urétrale récurrente survenant habituellement lors de la miction, accompagnée d'une pollakiurie diurne et nocturne, en l'absence d'infection prouvée ou d'une autre pathologie évidente. Par analogie avec la prostatite chronique et le syndrome douloureux pelvien chronique Fall et Baranowski ont proposé une classification des urétrites et du syndrome douloureux urétral en quatre catégories [29

Cliquez ici pour aller à la section Références] (Tableau 5).

 

Syndromes douloureux scrotaux, épididymaires et testiculaires (scrotal, testicular and epididymal pain syndromes )

Les douleurs scrotales et épididymo-testiculaires sont souvent confondues. Cette confusion, liée à l'usage courant du terme de douleurs scrotales pour désigner les douleurs épididymaires ou testiculaires, est entretenue par les définitions de l'ICS et de l'EAU [4

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Cliquez ici pour aller à la section Références].

Le scrotum est l'enveloppe cutanée du testicule et de ses annexes. Les douleurs scrotales sont donc des douleurs cutanées à distinguer des douleurs du testicule, de l'épididyme ou du cordon spermatique et des douleurs inguinales. Cette distinction est importante car les innervations du scrotum et des testicules sont différentes.

Selon l'ICS et l'EAU, le syndrome douloureux scrotal est défini comme une douleur scrotale persistante ou récurrente associée à des symptômes évocateurs de dysfonction de l'appareil urinaire ou sexuelle, en l'absence d'orchi-épididymite prouvée ou d'une autre pathologie évidente [4

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Cliquez ici pour aller à la section Références], mais l'EAU propose des définitions plus précises pour le syndrome douloureux testiculaire ou épididymaire [4

Cliquez ici pour aller à la section Références]. Ce syndrome est défini comme une douleur testiculaire ou épididymaire persistante ou récurrente localisée à l'examen au testicule ou à l'épididyme associées à des symptômes évocateurs de dysfonction de l'appareil urinaire ou sexuelle, en l'absence d'orchi-épididymite prouvée ou d'une autre pathologie évidente.

Les douleurs survenant dans les suites d'une vasectomie constituent une entité individualisée au sein de ce chapitre (post-vasectomy pain syndrome ) [4

Cliquez ici pour aller à la section Références].

 

Syndrome douloureux pénien (penile pain syndrome ) [4Fall M., Baranowski A.P., Elneil S., Engeler D., Hughes J., Messelink E.J., et al. EAU Guidelines on chronic pelvic pain Eur Urol 2010 ; 57 : 35-48 [cross-ref]Cliquez ici pour aller à la section Références]

Douleur située au niveau du pénis, dont l'origine n'est pas urétrale, en l'absence d'infection prouvée ou d'une autre pathologie évidente. La dyspareunie masculine peut entrer dans le cadre des douleurs péniennes.

 

Syndrome douloureux associé à l'endométriose (endometriosis-associated pain syndrome ) [4Fall M., Baranowski A.P., Elneil S., Engeler D., Hughes J., Messelink E.J., et al. EAU Guidelines on chronic pelvic pain Eur Urol 2010 ; 57 : 35-48 [cross-ref]Cliquez ici pour aller à la section Références]

Douleur pelvienne chronique ou récurrente en présence d'une endométriose ne pouvant toutefois pas complètement expliquer tous les symptômes.

 

Syndrome douloureux vaginal (vaginal pain syndrome ) [4Fall M., Baranowski A.P., Elneil S., Engeler D., Hughes J., Messelink E.J., et al. EAU Guidelines on chronic pelvic pain Eur Urol 2010 ; 57 : 35-48 [cross-ref]Cliquez ici pour aller à la section Références, 22Abrams P., Cardozo L., Fall M., Griffiths D., Rosier P., Ulmsten U., et al. The standardisation of terminology of lower urinary tract function: report from the Standardisation Sub-committee of the International Continence Society Neurourol Urodyn 2002 ; 21 : 167-178 [cross-ref]Cliquez ici pour aller à la section Références]

Douleur vaginale persistante ou récurrente associée à des symptômes évocateurs de dysfonction de l'appareil urinaire ou sexuelle, en l'absence d'infection vaginale ou d'une autre pathologie évidente.

 

Syndrome douloureux vulvaire et vulvodynie (vulvar pain syndrome, vulvodynia )

La vulvodynie a été définie en 2003 par l'International Society for the Study of Vulvovaginal Disease (ISSVD) comme un inconfort vulvaire, le plus souvent à type de brûlures, survenant en l'absence de signes visibles pertinents ou de pathologie neurologique cliniquement identifiable [30

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Cliquez ici pour aller à la section Références]. Elle n'est pas liée à une infection, une inflammation, un cancer ou une pathologie neurologique. Sa classification repose sur le site de la douleur (généralisée ou localisée au clitoris, à l'hémi-vulve ou au vestibule) et sur son caractère provoqué par le contact ou spontané. La vulvodynie localisée au vestibule est une vestibulodynie. La vulvodynie provoquée est le plus souvent une vestibulodynie et peut entrer dans le cadre des dyspareunies. La vulvodynie spontanée est le plus souvent généralisée.

Selon l'ICS, le terme de vulvodynie devrait être abandonné car il entretient la confusion entre un simple symptôme et un syndrome [22

Cliquez ici pour aller à la section Références]. L'ICS, suivie par l'EAU, reconnait le syndrome douloureux vulvaire et le définit comme une douleur vulvaire persistante ou récurrente en relation avec le cycle mictionnel ou associée à des symptômes évocateurs de dysfonction de l'appareil urinaire ou sexuelle, en l'absence d'infection prouvée ou d'une autre pathologie évidente [4

Cliquez ici pour aller à la section Références, 22

Cliquez ici pour aller à la section Références].

 

Dyspareunie (dyspareunia )

La dyspareunie a été définie en 2003 par un groupe d'experts comme une douleur génitale persistante ou récurrente associée à un rapport sexuel [32

Cliquez ici pour aller à la section Références]. Elle entre dans le cadre plus large des douleurs sexuelles (douleurs, pelvipérinéales ou non, associées à une activité sexuelle) dont il n'existe toutefois aucune définition reconnue. Habituellement individualisée et décrite chez la femme la dyspareunie concerne également l'homme. Chez la femme, cette dyspareunie peut être profonde ou superficielle. La dyspareunie superficielle peut entrer dans le cadre de la vestibulodynie provoquée.

 

Syndrome douloureux pudendal et névralgie pudendale (pudendal pain syndrome, pudendal neuralgia )

L'EAU distingue le syndrome douloureux pudendal de la névralgie pudendale [4

Cliquez ici pour aller à la section Références] et le définit comme une douleur neuropathique survenant dans le territoire du nerf pudendal avec des signes de dysfonction rectale, de l'appareil urinaire ou sexuelle, en l'absence d'une autre pathologie évidente prouvée. En 2007, un groupe d'experts a validé des critères indispensables au diagnostic de névralgie pudendale par syndrome canalaire (critères de Nantes) [33

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Cliquez ici pour aller à la section Références].

 

Syndrome de l'intestin irritable (irritable bowel syndrome )

Le syndrome de l'intestin irritable (SII), anciennement nommé syndrome du côlon irritable, est défini par des critères internationaux (critères de Rome 3) [35

Cliquez ici pour aller à la section Références]: douleur ou inconfort abdominal récurrent, évoluant depuis au moins six mois, survenant au moins trois jours par mois pendant les trois derniers mois associé à au moins deux des critères suivants :

soulagement par la défécation ;
survenue associée à une modification de la fréquence des selles ;
survenue associée à une modification de la consistance des selles.

Les critères de Rome 3 distinguent trois syndromes de l'intestin irritable selon les caractéristiques des selles (Tableau 6).

 

Douleur anorectale fonctionnelle (functional anorectal pain )

Cette douleur a également été définie par les critères de Rome 3 et regroupe les proctalgies chronique et fugace [35

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Cliquez ici pour aller à la section Références].

La proctalgie chronique (chronic proctalgia ) est une douleur rectale chronique ou récurrente, évoluant par épisodes d'au moins 20minutes au cours des trois derniers mois, à l'exclusion d'autres causes de douleurs rectales telles qu'une ischémie, un syndrôme de l'intestin irritable, une cryptite, un abcès ou une fissure anale, des hémorroïdes, une prostatite ou une coccygodynie. Dans le syndrome du releveur de l'anus (levator ani syndrome ) la traction postérieure du muscle bulbo-rectal au toucher rectal est sensible ce qui n'est pas le cas lors de la douleur anorectale fonctionnelle non spécifique (unspecified functional anorectal pain ) [35

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La proctalgie fugace (proctalgia fugax ) est une douleur récurrente localisée au niveau de l'anus ou du bas rectum, évoluant par épisodes de quelques secondes à quelques minutes, sans aucune douleur anorectale entre les épisodes [35

Cliquez ici pour aller à la section Références, 36

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L'EAU a introduit le concept de syndrome douloureux anorectal (anorectal pain syndrome ) [4

Cliquez ici pour aller à la section Références] et le définit comme une douleur rectale persistante ou récurrente associée à une sensibilité ou des points gâchettes rectaux en relation avec des signes de dysfonction intestinale, en l'absence d'infection prouvée ou d'une autre pathologie évidente.

 

Syndrome douloureux musculaire du plancher pelvien (pelvic floor muscle pain syndrome ) [4Fall M., Baranowski A.P., Elneil S., Engeler D., Hughes J., Messelink E.J., et al. EAU Guidelines on chronic pelvic pain Eur Urol 2010 ; 57 : 35-48 [cross-ref]Cliquez ici pour aller à la section Références]

Douleur persistante ou récurrente du plancher pelvien associée à des points gâchettes, en relation avec le cycle mictionnel ou associée à des symptômes évocateurs de dysfonction de l'appareil urinaire, intestinale ou sexuelle, en l'absence d'infection prouvée ou d'une autre pathologie évidente.

 

Syndrome douloureux pelvien complexe (complex pelvic pain syndrome ) [20Harden R.N., Bruehl S., Stanton-Hicks M., Wilson P.R. Proposed new diagnostic criteria for complex regional pain syndrome Pain Med 2007 ; 8 : 326-331 [cross-ref]Cliquez ici pour aller à la section Références, 21Vincent B., Wood C. Les syndromes douloureux régionaux complexes (SDRC) de type I et II Douleurs. Évaluation – diagnostic – traitement 2008 ; 9 : 11-20 [inter-ref]Cliquez ici pour aller à la section Références, 38Janicki T.I. Chronic pelvic pain as a form of complex regional pain syndrome Clin Obstet Gynecol 2003 ; 46 : 797-803 [cross-ref]Cliquez ici pour aller à la section Références]

Les douleurs pelvipérinéales chroniques présentent souvent des caractères communs avec le SDRC (autrefois dystrophie réflexe sympathique) de type I (autrefois algoneurodystrophie) ou II (autrefois causalgie) que nous avons défini au chapitre des différents types de douleurs. Malgré des différences il est possible par analogie de qualifier certaines douleurs pelvipérinéales chroniques de syndrome douloureux pelvien complexe, même si ce terme n'apparaît pas dans les définitions officielles, car les mécanismes physiopathologiques sont proches et la plupart des critères diagnostiques sont réunis.

 

Critiques des classifications

Les définitions et classifications des maladies (nosologie) reposent classiquement sur la notion de pathologies d'organe et sur des processus pathologiques courants et habituels (infectieux, inflammatoires, métaboliques, endocriniens, immunitaires...). Ces classifications traditionnelles sont aisément compréhensibles par tous, médecins, patients ou organismes de santé. Pourtant elles ne permettent pas d'aborder correctement le chapitre des douleurs pelvipérinéales chroniques fonctionnelles.

En effet les termes usuels et anciens utilisés pour définir et classifier ces douleurs laissent supposer des étiologies non confirmées et notamment les suffixes ites orientent vers des phénomènes inflammatoires ou infectieux non documentés [39

Cliquez ici pour aller à la section Références]. Les exemples les plus démonstratifs sont la prostatite chronique, la cystite interstitielle et la vestibulite vulvaire. Ces dénominations peuvent conduire à des traitements inadaptés, voire dangereux [40

Cliquez ici pour aller à la section Références].

La référence à un organe est également trompeuse car le plus souvent il n'est pas certain que l'origine de la douleur se situe au niveau de cet organe [39

Cliquez ici pour aller à la section Références]. La topographie de la douleur n'est pas toujours un indicateur fiable de l'organe qui souffre. Des erreurs sont liées à l'imprécision de la description du patient ou aux caractéristiques de la douleur [41

Cliquez ici pour aller à la section Références]. Ainsi les douleurs projetées sont ressenties à distance de la lésion causale et par exemple, dans le domaine des douleurs pelvipérinéales chroniques, une douleur projetée sur la zone testiculaire peut être d'origine rénale, digestive ou vertébrale.

La notion de douleurs psychogènes, parfois proposée malgré l'absence de définition reconnue, est très discutable et va à l'encontre d'une approche globale des douleurs chroniques. En effet il serait caricatural de définir deux catégories de patients douloureux, les organiques et les psychogènes, alors qu'un syndrome douloureux chronique se définit par sa complexité et l'intrication de phénomènes psychologiques, organiques et psychosomatiques.

Actuellement les syndromes douloureux pelvipérinéaux chroniques, non carcinologiques, fonctionnels, sont bien décrits mais leurs mécanismes physiopathologiques sont mal compris et les étiologies souvent inconnues ce qui rend difficile le choix de critères de définitions et de classifications [39

Cliquez ici pour aller à la section Références]. C'est pour cette raison que l'ICS a proposé en 2002 une approche descriptive plutôt qu'étiopathogénique et introduit la notion de syndrome, justifiée et définie par l'association à la douleur d'au moins un autre symptôme [21

Cliquez ici pour aller à la section Références, 40

Cliquez ici pour aller à la section Références]. Selon cette classification l'identification d'un organe affecté principalement autorise une dénomination faisant référence à cet organe mais si aucun organe n'est clairement identifié le syndrome douloureux est appelé pelvien ou périnéal chronique avec l'avantage de ne pas incriminer à tort un organe et l'inconvénient d'un terme générique regroupant des situations différentes. En attribuant le syndrome douloureux à un organe l'ICS recentre la douleur sur cet organe, ce qui est discutable, et le plus exact serait de parler de syndrome douloureux à « expression... » ou « attribué » à ... ou (comme le propose l'ESSIC dans la définition du syndrome douloureux vésical) « perçu comme étant en relation avec... » L'ICS a également été critiquée pour le manque de sensibilité de sa définition du syndrome de la vessie douloureuse [42

Cliquez ici pour aller à la section Références].

L'EAU a repris la dénomination en syndrome de l'ICS en y associant la classification axiale de l'IASP publiée en 1994 [2

Cliquez ici pour aller à la section Références, 4

Cliquez ici pour aller à la section Références] mais la classification de l'EAU reste néanmoins perfectible car elle entretient la confusion entre pelvis et périnée (les douleurs vulvaires sont classées dans les douleurs pelviennes !), également entre douleurs scrotales et épididymotesticulaires. Par ailleurs, elle ne prend en compte ni les connexions entre les douleurs pelvipérinéales chroniques, abdominales et musculosquelettiques ni les associations de plusieurs syndromes douloureux pelvipérinéaux pourtant fréquentes [39

Cliquez ici pour aller à la section Références].

Proposer de nouvelles définitions et classifications des douleurs pelvipérinéales chroniques reste donc un challenge permanent d'autant que se débarrasser des anciennes dénominations n'est pas sans implication pour les associations de patients, les assurances, les codages d'activité, les tarifications ou les remboursements par les systèmes de santé. Ainsi l'ESSIC ou les experts de la prostatite chronique ont suggéré, du moins pour un certain temps, de conserver les anciennes dénominations conjointement aux nouvelles : cystite interstitielle/syndrome douloureux vésical, prostatite chronique/syndrome douloureux pelvien chronique [27

Cliquez ici pour aller à la section Références, 43

Cliquez ici pour aller à la section Références]. Ces juxtapositions ne contribuent pas à clarifier une problématique déjà complexe !

 

Lexique [2Anon. Classification of chronic pain: descriptions of chronic pain syndromes and definitions of pain terms Task force on taxonomy. International association for the study of pain Seattle: IASP Press (1994). Cliquez ici pour aller à la section Références, 3Labat JJ, Robert R. Algies pelvipérinéales chroniques : une approche globale. Rapport du 28e congrès de la SIFUD. Nantes, 2005.Cliquez ici pour aller à la section Références, 4Fall M., Baranowski A.P., Elneil S., Engeler D., Hughes J., Messelink E.J., et al. EAU Guidelines on chronic pelvic pain Eur Urol 2010 ; 57 : 35-48 [cross-ref]Cliquez ici pour aller à la section Références, 7Vanhalewyn M., Cerexhe F. Société Scientifique de Médecine Générale  La douleur chronique. Recommandations de bonne pratique. Bruxelles : (2004). Cliquez ici pour aller à la section Références, 9Agence nationale d'accréditation et d'évaluation en santé (ANAES) Évaluation et suivi de la douleur chronique chez l'adulte en médecine ambulatoire  Recommandations pour la pratique clinique. Paris : (1999). Cliquez ici pour aller à la section Références, 39Wesselmann U., Baranowski A.P. Classifications and definitions of urogenital pain Urogenital pain in clinical practice New York: Informa healthcare Inc (2008). 3-15Cliquez ici pour aller à la section Références]

Allodynie (allodynia ) : douleur provoquée par une stimulation normalement non douloureuse. Elle peut être dynamique (lors d'un frottement léger) ou statique (lors d'une pression douce).

Analgésie (analgesia ) : absence de douleur en réponse à une stimulation normalement douloureuse.

Anesthésie douloureuse (anesthesia dolorosa ) : douleur ressentie dans une zone ou une région anesthésiée.

Douleur neuropathique (neuropathic pain ) : douleur secondaire à une lésion ou à un dysfonctionnement du système nerveux périphérique (douleur neuropathique périphérique) ou central (douleur neuropathique centrale ).

Douleur nociceptive (nociceptive pain ) : douleur secondaire à une stimulation directe des nocicepteurs sans lésion du système nerveux.

Douleur projetée (referred pain ) : douleur ressentie à distance de la lésion causale.

Dysesthésies (dysesthesia ) : sensations anormales et désagréables, spontanées ou provoquées. C'est le caractère désagréable ou non qui permet de distinguer les dysesthésies des paresthésies.

Hyperalgésie (hyperalgesia ) : réponse anormalement intense à une stimulation douloureuse. Elle peut être mécanique (lors d'une piqûre ou d'une pression forte) ou thermique (lors d'application de tubes chauds ou froids).

Hyperesthésie (hyperaesthesia ) : sensibilité accrue à toute stimulation douloureuse ou non à l'exception des stimulations sensorielles spécifiques. Elle peut être mécanique ou thermique.

Hyperpathie (hyperpathia ) : syndrome douloureux caractérisé par une sensation anormalement douloureuse après une stimulation, en particulier répétée (phénomène de sommation) et dont le seuil est augmenté. La douleur apparaît après un temps de latence, est perçue au-delà de la zone de stimulation et dure plus longtemps qu'attendu.

Hypoalgésie (hypoalgesia ) : réponse douloureuse diminuée à un stimulus normalement douloureux.

Hypoesthésie (hypoaesthesia ) : sensibilité diminuée à toute stimulation douloureuse ou non à l'exception des stimulations sensorielles spécifiques.

Névralgie (neuralgia ) : douleur localisée sur le trajet d'un nerf, au niveau de ses racines ou dans sa zone d'innervation.

Nocicepteurs (nociceptors ) : récepteurs spécialisés dans la transduction des informations douloureuses. IIs correspondent aux terminaisons libres des nerfs, distinctes des récepteurs de la sensibilité générale (récepteurs somesthésiques).

Pathologie fonctionnelle (dysfunction ) : anomalie de fonctionnement d'un organe ou d'un tissu (synonymes: dysfonction ou dysfonctionnement).

Paresthésies (paresthesia ) : sensations cutanées anormales, mais non désagréables, spontanées ou provoquées (fourmillements, picotements, engourdissements). C'est le caractère désagréable ou non qui permet de distinguer les dysesthésies des paresthésies.

Seuil douloureux (pain threshold ) : expérience douloureuse la plus faible qu'un sujet puisse identifier.

Tolérance douloureuse (pain tolerance level ) : expérience douloureuse la plus forte qu'un sujet puisse tolérer.

 

Conflit d'intérêt

Aucun.

   

 



Tableau 1 - Questionnaire DN4 [15, 16].
      Oui 1 point  Non 0 point 
Interrogatoire  La douleur présente-t-elle une ou plusieurs caractéristiques suivantes ?  Brûlure     
Sensation de froid douloureux     
La douleur est-elle associée dans la même région à un ou plusieurs des symptômes suivants ?  Décharges électriques     
Fourmillements     
Picotements     
Engourdissements     
Démangeaisons     
 
Examen  La douleur est-elle localisée dans un territoire où l'examen met en évidence  Une hypoesthésie au tact ?     
Une hypoesthésie à la piqure ?     
La douleur est-elle provoquée ou augmentée par  Le frottement ?     
 
  Total (douleur neuropathique si score ≥ 4)     

 

Tableau 2 - Classification des syndromes douloureux pelviens chroniques de l'EAU [4].
Axe 1
Région 
  Axe 2
Appareil 
Axe 3
Organe identifié par l'historique, l'examen et les investigations 
    Axe 4
Siège 
Axe 5
Caractéristiques temporelles 
Axe 6
Type de douleurs 
Axe 7
Signes associés 
Axe 8
Signes psychologiques 
Douleur pelvienne chronique  Syndrome douloureux pelvien  Urologique  Syndrome de la vessie douloureuse (classification de l'ESSIC)            Urinaires  Anxiété 
      Syndrome douloureux urétral        Déclenchement    Pollakiurie
Dysurie
Urgenturie
Incontinence
Autre
Gynécologiques
Menstruels
Sexuels
Dyspareunie
Dysfonction érectile
Digestifs
Musculaires
Hyperalgésie
Cutanés
Allodynie 
Dépession
Honte
Culpabilité
Syndrome de stress
Post-traumatique
Délire mono symptomatique 
      Syndrome douloureux prostatique  Type A inflammatoire
Type B non-inflammatoire
Syndrome douloureux testiculaire
Syndrome douloureux épididymaire
Syndrome douloureux post-vasectomie 
    Aigu
Chronique
Évolution
Sporadique
Cyclique
Continue 
 
             
      Syndrome douloureux scrotal    Sus-pubien
Inguinal
Urétral
Clitoridien
Périnéal
Rectal
Rachidien
Fessier 
 
          Douleur
Brûlure
Coup de couteau
Décharge électrique
Autre 
         
    Gynécologique  Syndrome douloureux associé à l'endométriose       
      Syndrome douloureux vaginal      Moment   
      Syndrome douloureux vulvaire  Généralisé    Pendant le remplissage vésical   
        Localisé  vestibulaire  Pendant la miction   
          clitoridien  Post-mictionnelle immédiate       
    Ano-rectal          Post-mictionnelle tardive       
    Neurologique  Syndrome douloureux pudendal        Provoquée       
    Musculaire                 
  Autre  Neurologique  Névralgie pudendale               
    Urologique                 

 

Tableau 3 - Classification des syndromes douloureux vésicaux [26, 27].
    Cystoscopie avec hydrodistension 
    Non effectuée  Normale  Glomérulations  Lésion de Hunner 
Biopsies  Non effectuées  XX  1X  2X  3X 
  Normales  XA  1A  2A  3A 
  Non contributives  XB  1B  2B  3B 
  Positives  XC  1C  2C  3C 

 

Légende :
Les données cystoscopiques sont cotées X, 1, 2 ou 3 et les données histologiques X, A, B ou C.
 

Tableau 4 - Définition et classification des prostatites [23, 24].
Prostatite aiguë bactérienne (catégorie I)  Infection aiguë de la prostate 
Prostatite chronique bactérienne (catégorie II)  Infection chronique ou récidivante de la prostate par des agents bactériens 
 
Syndrôme douloureux pelvien chronique (catégorie III)  Douleur pelvienne génito-urinaire sans bactéries évoluant depuis au moins 3 mois parfois associée à des troubles mictionnels et sexuels, inflammatoire (IIIA) ou non (IIIB) selon la présence ou non de leucocytes dans les sécrétions prostatiques, les urines recueillies après massage prostatique ou le sperme 
 
Prostatite inflammatoire asymptomatique (catégorie IV)  Inflammation histologique ou présence de leucocytes dans les sécrétions prostatiques, les urines recueillies après massage prostatique ou le sperme 

 

Tableau 5 - Classification du syndrome douloureux urétral [29].
Urétro-cystite aigüe bactérienne 
Urétrite chronique bactérienne secondaire à un foyer infectieux caractérisé 
Syndrome douloureux urétral chronique 
Inflammatoire 
Non inflammatoire 
Syndrome douloureux urétral chronique par déficit œstrogénique 

 

Tableau 6 - Classification des syndromes de l'intestin irritable [35].
  Syndrome de l'intestin irritable 
  Avec diarrhée SSI-D  Avec constipation SSI-C  Mixte SSI-M 
Selles molles  >25 % du temps  <25 % du temps  >25 % du temps 
Selles dures  <25 % du temps  >25 % du temps  >25 % du temps 

 

 
 

Références

 

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