Cystectomie totale robot-assistée : impact sur les complications anastomotiques urinaires

05 novembre 2020

Auteurs : F. Lannes, J. Walz, T. Maubon, S. Rybikowski, S. Fakhfakh, G. Pignot
Référence : Prog Urol, 2020, 13, 30, 716-717
Objectifs

La chirurgie mini-invasive est un pilier de la récupération améliorée après chirurgie (RAAC). La cystectomie totale par voie robot-assistée (CTRA) a fait la preuve de son équivalence carcinologique par rapport à la chirurgie ouverte. Son utilisation est en pleine expansion en France avec une courbe d’apprentissage qui semble courte. Cependant, l’impact de cette voie d’abord sur les complications anastomotiques est encore mal évalué.

Méthodes

Il s’agit d’une étude monocentrique avec recueil de données prospectif et analyse rétrospective ayant inclus tous les patients traités par CT pour cancer entre janvier 2015 et juillet 2019. Un protocole de RAAC a été appliqué chez tous les patients à partir de février 2018 incluant des mesures pré-, per- et postopératoires, anesthésiques et chirurgicales. Nous avons analysé et comparé, entre le groupe CT par voie ouverte (CTO) et le groupe CTRA, les caractéristiques démographiques des patients et les complications anastomotiques urinaires (fistules et sténoses) à long terme (suivi médian de 12 mois).

Résultats

Il y avait 79 patients dans le groupe CTO et 71 dans le groupe CTRA. L’âge médian était de 69,5 ans (32–91). Les groupes étaient comparables sur les données démographiques. Il y avait plus de complications de l’anastomose urinaire dans le groupe CTRA comparé au groupe CTO (32,4 vs 13,9 % ; p =0,007). Le taux de fistules urinaires était de 15,5 % dans le groupe CTRA vs 6,3 % dans le groupe CTO (p =0,069). Le taux de sténoses anastomotiques était 16,9 % dans le groupe CTRA vs 7,6 % dans le groupe CTO (p =0,080). Il n’y avait pas de différence en termes de complications anastomotiques entre le groupe CTRA ayant eu une reconstruction intracorporelle par rapport à ceux ayant eu une reconstruction extracorporelle, ni en fonction du mode de dérivation urinaire.

Conclusion

La voie d’abord robot-assistée pour la cystectomie totale suscite un intérêt croissant, avec des améliorations techniques continues. Le risque de complications anastomotiques semblent cependant plus importants qu’en chirurgie ouverte, au moins en début d’expérience (70 premiers cas). L’impact de la courbe d’apprentissage sur ce taux de complications mérite d’être exploré de manière multicentrique.




 




Déclaration de liens d'intérêts


Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d'intérêts.






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