Complications urologiques de l’endométriose pelvienne profonde et de sa chirurgie

25 novembre 2017

Auteurs : M. Lefevre, P. Glémain, S. Ploteau, M. Nedelec, M. Vallée, J. Rigaud, L. Lenormand
Référence : Prog Urol, 2017, 13, 27, 695
Objectifs

L’endométriose pelvienne profonde (EPP) est connue pour son retentissement urétéro-rénal. Mais ses conséquences vésicales sont peu exposées. Ces complications urologiques peuvent être la conséquence directe de l’infiltration des tissus par l’EPP, ou bien des dissections pelviennes chirurgicales étendues. L’objectif de cette étude prospective était de décrire les atteintes urologiques, anatomiques et fonctionnelles, pré- et postopératoires de chirurgie d’EPP, ainsi que les facteurs associés à ces complications.

Méthodes

De mars 2015 à avril 2016, les données pré-, per- et postopératoires de 50 femmes opérées d’EPP ont été recueillies de façon prospective et monocentrique. Les symptômes du bas appareil urinaire (SBAU), la débitmétrie, la mesure du résidu post-mictionnel, les caractéristiques IRM des nodules d’EPP, et l’atteinte urétéro-rénale étaient relevés. La dissection vésicale, urétérale, de la cloison recto-utérine, des ligaments utéro-sacrés (LUS), et le nerve sparing étaient étudiés. La reprise mictionnelle postopératoire et la dilatation rénale postopératoire étaient surveillées.

Résultats

En préopératoire, on relevait 36 % de SBAU, 10 % de dilatations urétéro-rénales dont 6 % symptomatiques, 20 % d’endoprothèses urétérales préopératoires, et aucun nodule vésical. Il a été réalisé 86 % de nerve sparing , 42 % de résection de LUS, 64 % d’urétérolyse, 50 % de shaving rectal et 22 % de résection rectosigmoïdienne. Quarante-six pour cent (n =23) des patientes avaient au moins une complication urologique per- ou postopératoire : 30 % de SBAU dont 20 % de rétentions urinaires avec 8 % de nécessité d’auto-sondages intermittents propres prolongés. On retrouvait 10 % d’atteinte urétérale et 4 % de réimplantation urétérale. Les facteurs associés aux SBAU postopératoires étaient les SBAU préopératoires (p =0,0074) et l’exérèse unilatérale des LUS (p =0,0017). Les facteurs associés à la rétention d’urines postopératoire étaient l’exérèse unilatérale des LUS (p <0,001), et le shaving rectal (p <0,001).

Conclusion

Les SBAU chez les femmes atteintes d’EPP et opérées sont sous-estimés. Ces complications, pouvant aller jusqu’à la nécessité d’auto-sondages pendant plusieurs mois, incitent à proposer une évaluation urologique pré- et postopératoire systématique, afin de délivrer une information ciblée sur l’évolution des symptômes urologiques, et permettre à la patiente d’envisager les soins éventuels à venir et de s’y préparer.




 




Déclaration de liens d'intérêts


Les auteurs déclarent ne pas avoir de liens d'intérêts.






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Publié par Elsevier Masson SAS.